Palme d'or :
Uncle Boonmee Who Can Recall His Past Lives d'Apichatpong Weerasethakul
Grand Prix :
Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois
Prix d'interprétation masculine :
ex aequo
Javier Bardem (Biutiful d'Alejandro González Inárritu
Elio Germano (La Nostra Vita de Daniele Luchetti)
Prix d'interprétation féminine :
Juliette Binoche (Copie conforme)
Prix du scénario :
Poetry de Lee Chang-Dong
Prix de la mise en scène
Tournée de Mathieu Amalric
Prix du Jury :
Un Homme qui crie de Mahamat Saleh Haroun
Caméra d'or (jury présidé par Gael García Bernal)
Année Bissextile (Año bisiesto) de Michael Rowe (Mexique)
Un film présenté à la Quinzaine des réalisateurs qui sortira en salles le 16 juin
Caméra d'or Palme d'or du court métrage : (jury présidé par Atom Egoyan)
Chienne d'histoire de Serge Avédikian
Prix du jury : Micky Bader de Frida Kempf
Certaines années, les Présidents de jury attribuent la Palme d’or à un film qui n’a strictement rien à voir avec leur univers (
Emir Kusturica qui prime
L' Enfant en 2005,
Wong Kar-Wai qui sacre
Le Vent se lève en 2006…). Ce n’est pas le cas cette fois : le cinéma du Thaïlandais
Apichatpong Weerasethakul, peuplé de fantômes et de créatures merveilleuses, et celui de
Tim Burton, bien que très différents, ont évidemment des choses à se dire… On n’est donc pas complètement surpris par la Palme d’or décernée ce soir à
Uncle Boonmee Who Can Recall His Past Lives, une Palme cinéphile et audacieuse.
En quelques années seulement,
Apichatpong Weerasethakul, né à Bangkok en 1970, a su se faire un nom (certes imprononçable) chez les cinéphiles. Formé aux Beaux-arts, il signe des documentaires et des films expérimentaux, puis un premier long métrage,
Mysterious objects at noon en 2002. Il arrive sur la Croisette deux ans plus tard avec
Blissfully yours, et en repart avec le Prix Un Certain regard. En 2004,
Tropical Malady, avec sa jungle, son couple de garçons, et son générique en plein milieu, fait l’événement en compétition, et divise les festivaliers.
Tarantino lui décernera le Prix du jury. Après un passage à Venise pour
Syndromes and a Century en 2006, il revient à Cannes comme membre du jury de
Sean Penn en 2008.
Prolongement d’un court métrage,
Uncle Boonmee Who Can Recall His Past Lives, se présente comme un voyage dans les souvenirs d’un vieil homme qui est sur le point de mourir. Au fil de cette méditation poétique et sensuelle, le spectateur croisera des fantômes, des hommes singes, un poisson-chat… Présenté en fin de festival, le film a reçu un accueil dithyrambique d’une partie de la presse, même si certains ont été déconcertés par son originalité. A noter que le réalisateur a failli rester bloqué en Thaïlande, un pays qui est actuellement au bord de la guerre civile.
Comme l’an dernier, la France est très présente à l’heure du palmarès. Deux des trois films de la sélection sont distingués :
Des hommes et des dieux de
Xavier Beauvois, plébiscité par la presse internationale, décroche le très convoité Grand Prix, sorte de Médaille d’argent, qui avait été décerné en 2009 à
Un prophète. Jolie promotion pour Beauvois qui était reparti avec le « petit » Prix du Jury en 1995 pour
N'oublie pas que tu vas mourir.
Tournée de
Mathieu Amalric repart avec le Prix de la mise en scène, un beau prix pour un film qui est, entre autres, une lettre d’amour au monde du spectacle. Le Prix d’interprétation féminine revient à
Juliette Binoche, qui complète ainsi sa collection de trophées (Oscar, César, Bafta, Prix à Venise et Berlin). Primée pour sa prestation dans
Copie conforme, tourné par l’Iranien
Kiarostami, elle succède à
Charlotte Gainsbourg, qui fut récompensée en 2009 pour son rôle
chez un Danois… Signalons aussi la Palme du court métrage qui revient au Français d'origine arménienne
Serge Avédikian pour
Chienne d'histoire.
Lui aussi habitué aux récompenses (il a déjà reçu 2 Prix d’interprétation à Venise !), l’Espagnol
Javier Bardem est sacré Meilleur acteur pour son rôle de père courage dans
Biutiful d’
Inárritu. Il le partage avec l’Italien
Elio Germano, homme endeuillé dans
La Nostra Vita de
Daniele Luchetti. L’outsider
Un Homme qui crie, premier film tchadien présenté en compétition, obtient le Prix du jury, tandis que
Poetry, un des favoris pour la Palme, se contentera du Prix du scénario.
Le grand absent du palmarès est donc
Another Year de l’Anglais
Mike Leigh, un des rares films de la compétition qui avait suscité l’enthousiasme quasi-général sur la Croisette. Voilà qui n’arrangera pas les rapports compliqués du Festival de Cannes avec l’orgueilleux Leigh (palmé en 96) : on se souvient qu’en recevant le Lion d’or à Venise en 2004 pour
Vera Drake, il avait perfidement lancé : « Je remercie le Festival de Cannes de ne pas avoir sélectionné le film…» A cet "oubli" près, reconnaissons que le jury à réussi à mijoter un palmarès plein d'allure à partir d'une Sélection peu emballante : encore un joli tour du magicien
Tim Burton ?
Julien Dokhan, Eric Kervern et Guillaume Martin
Cannes 2010 : Les images dont on se souviendra...
Guillaume : Mon souvenir cannois ultime :
Emilie Dequenne,
Valeria Bruni Tedeschi,
Ludivine Sagnier,
Pascale Arbillot,
Ana Girardot, ou lorsque le glamour s'invite en interview...
Max : Une discussion foot hors-caméra avec
Gael García Bernal, une rencontre avec
Naomi Watts, un gag raté avec
Alejandro González Inárritu, les larmes de
Juliette Binoche, la Croisette envahie par la police, l'humour bienvenu de
Jamel Debbouze, un
Tim Burton invisible ou presque, l'interview d'
Aaron Johnson sur un balcon, un foot dans les couloirs du palais... interrompu par un vigile.
Eric : Rubber le pneu serial killer, la terrasse du Palais Stéphanie qui se tait pour laisser jouer le staff
Benda Bilili!, la belle scène du repas dans
Des hommes et des dieux,
Takeshi Kitano en dentiste très particulier, la pêche des filles de
Tournée et les lumières nocturnes de la baie cannoise
Clem : Un début de festival, un journaliste déjà fatigué,
Un Homme qui crie, un film d'horreur uruguayen en un seul plan séquence, un début d'insolation, une grosse fatigue, puis une bonne dose de café, un
Michael Douglas qui me prend par l'épaule, un
Mark Hamill croisé sur la Croisette, une demi-douzaine de steaks tartare, un film ukrainien qui m'achève, une fin de festival, un palmarès, un retour à Paris, une drôle de quinzaine...
Julien : Liste non exhaustive d’un festivalier
exhausted : la nuque et le regard inquiet de
Géraldine Pailhas dans
Rebecca H., plein d’enfants sauvages (
Kaboom,
Un poison violent…), les confidences du monstre
Depardieu (dans le
making fuck off de
Mammuth), le caméléon-
Carlos (plus grand film et plus basse polémique du festival), la souffrance si humaine des personnages d’
Another Year, la vitalité des filles de
Tournée, les couleurs des
Amours Imaginaires, les hommes-singes d’
Apichatpong, la chauve-souris et les grenouilles de
The Tree, C’est bien connu : Cannes est un vaste zoo.
Vincent : Les larmes de
Juliette Binoche, la petite forme de
Woody Allen qui ne l'empêcha pas de se montrer impérial en conf de presse, la durée interminable de certains films (vous voulez notre mort, les gars ?), le marathon
Carlos (sans même un sandwich), ce festivalier harassé lâchant à un collègue journaliste : "T'as dormi combien de temps au Beauvois ?", la gentillesse du staff cannois.