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Nommé aux Golden Globes pour sa prestation dans "Shame", admiré dans les derniers films de Cronenberg et Ridley Scott, il est à l'affiche cette semaine de Jane Eyre. Pourquoi un tel engouement ? Tentative d'explication, à travers l'exploration de 5 facettes du fascinant Michael Fassbender.
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La prestation qui a valu tous les éloges à Michael Fassbender est bien sûr celle de Hunger, présenté à Cannes en 2008 -le film a failli être en compétition, l'acteur aurait alors à coup sûr décroché le Prix d'interprétation.... Pour incarner Bobby Sands, ce militant emprisonné qui fit une grève de la faim de 66 jours, l’acteur a perdu 14 kilos. Le tournage a d’ailleurs été interrompu pendant quelques semaines, le temps de cette transformation. "Michael est arrivé à un point qu’il n’aurait pas atteint sans ce régime. Sur le plateau, il ne parlait à personne à part moi, pour rester dans cet état très particulier", témoigne le réalisateur Steve McQueen. François Ozon, qui l’avait recroisé pendant cette période, avait été très impressionné par cette métamorphose. A propos de ce comédien très fan du cinéma américain des années 70, il juge : « Il a un côté très Actor’s studio dans sa manière de travailler, il se met dans la peau du personnage, il va chercher les émotions. S’il doit être saoul, il se bourre la gueule avant. On sent qu’il va très loin. » L’intéressé tempère : « Quand j’ai commencé, je prenais très au sérieux la méthode de l’Actor’s studio. Aujourd’hui, je pioche ici et là, même si cette approche fait partie de mon bagage. Mais c’est souvent du bon sens en fait. »

Evidemment, quand on tourne un film comme 300, tenir une bonne forme physique est essentiel : « Il a fallu s’entraîner pendant dix semaines, apprendre à manier les armes », rappelle l’acteur, qui raconte avec tout autant de plaisir son travail sur les dialogues si précis de A Dangerous Method, ces inlassables relectures du scénario pour parvenir à capturer le rythme, la musicalité des répliques. Même s’il a quitté une école de comédie avant d’obtenir un diplôme, Fassbender est un vrai bosseur, une qualité qui remonte sans doute à ses débuts au théâtre, au sein d’une compagnie qu’il avait fondée avec ses amis, à 17 ans. Auparavant, l’adolescent, qui chantait et avait pris des cours de guitare, se destinait plutôt à la musique. Pour comparer le type de discipline exigée au théâtre et au cinéma, il use d’une métaphore sportive : « Le cinéma, c’est comme un sprint : on fait un 100 mètres, et après il faut relâcher la pression, et recommencer. Le théâtre, c’est une plus longue distance : on est sur scène pendant deux heures, mais après il n’y a pas de deuxième prise. »

Une de ses premières productions sur les planches, en tant que metteur en scène et comédien, est une version théâtrale de Reservoir Dogs en 1995. 14 ans plus tard, il sera dirigé au cinéma par Quentin Tarantino dans Inglourious Basterds. Pour y jouer l’espion cinéphile inspiré par l’acteur britannique George Sanders, Fassbender s'applique a visionner nombre de ses films. Avec le maniaque Tarantino, il s'est trouvé un maître ! « Il élabore une biographie pour chaque personnage, avec à chaque fois des tas de références ! Il faut donc être assez malin pour l’écouter attentivement », dit l’acteur avide d’informations sur ses rôles. « Si je ne connait pas le background du personnage, je le crée moi-même. C’est ce que j’ai fait avec Connor [Fish Tank] .»
Pas de quoi rassurer les parents... Un extrait de Hunger

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