Rencontre avec Michael Lonsdale : 4 visages de prêtres
Par Thomas Imbert ▪ vendredi 31 janvier 2014 - 19h00

Tout au long de son impressionnante carrière, Michael Lonsdale, monstre sacré du cinéma français, a de nombreuses fois consacré ses rôles à un thème qui lui est cher : celui de la religion. Alors qu'il incarne à nouveau un prêtre dans "Le village de carton", en salles cette semaine, retour sur cet étonnant parcours à travers les yeux de 4 hommes d'églises... (Thomas Imbert)

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© Les Acacias

 

Parlant aussi bien anglais que français, Michael Lonsdale exporte avec aisance ses talents d'acteur devant la caméra de prestigieux réalisateurs du monde entier. Même si sa toute première expérience dans ce domaine a lieu à Paris, elle revêt une importance particulière dans la carrière du comédien. En effet, pour les besoin du Procès, Lonsdale est dirigé par Orson Welles et donne la réplique à Anthony Perkins, rien que ça...

 

Et c'est dans une église, en haut d'une chaire et en habits de prêtre, que l'acteur fait ses premiers pas à l'international. Une sorte de baptême conduit par Monsieur Welles en personne, et des souvenirs inoubliables pour le comédien...

 

"Un soir, je rentre à la maison et je vois un mot écrit par une employée : «Rappeler Mr Welles à ce numéro. Urgent.»"

 

Vous souvenez-vous comment Orson Welles vous a contacté pour jouer dans "Le Procès" ?

Je jouais une pièce avec Laurent Terzieff dans un petit théâtre. Et un soir, on nous a dit qu’Anthony Perkins était dans la salle. On s’est demandé comment ça se faisait que cette grande star internationale vienne dans notre modeste petit théâtre. J’ai compris plus tard, parce qu’il tournait dans Le Procès. Un soir, je rentre à la maison et je vois un mot écrit par une employée : "Rappeler Mr Welles à ce numéro. Urgent." Il était 11 heures du soir, mais comme c’était "urgent", j’ai composé le numéro et demandé à qui j’avais affaire. J'ai entendu : "I’m Orson Welles" (rires). Je me suis dit que quelqu’un était en train de me jouer un tour. Il m'a proposé de venir le voir sur le tournage du Procès, de nuit, pour le rencontrer et parler. Tout ça en anglais. Il voulait tester mon anglais. J’ai vraiment cru que c’était une blague, j’ai failli raccrocher (rires). Mais quand même, c’était vraiment sa voix. Ou alors quelqu’un qui l’imitait vachement bien.

 

© Mila Deth / Allociné


Dès l’entrée dans les studios, j'ai entendu rugir, et je me suis dit que ça devait être lui. Il était très content. C’est le dernier film où il a pu tourner tout ce qu’il voulait. Le producteur, qui connaissait les déboires de Welles, lui a proposé une somme importante, et a gardé le double en cachette. Parce que naturellement, au bout de 10 jours, Welles demandait à faire une certaine scène comme ci, une certaine scène comme ça… Et ça ne posait pas de problème, du coup. Une limousine avec un chauffeur, des boissons alcoolisées, un bar dans la voiture, des cigares bien sûr, la grande vie !


Comment s'est déroulé le tournage de vos scènes ?

La gare d’Orsay abandonnée était transformée en église avec une chaire catholique. On répète, et puis on tourne. Après la première prise, il me demande si ça va, si je suis content. On a tourné 25 prises ! C’était un plan-séquence assez long où Monsieur K (Anthony Perkins) rentrait dans l’église, se promenait, passait derrière une colonne, et était tout d’un coup interpellé par ce prêtre en chaire qui allait le sermonner. C’était très long à faire. Moi j’aime bien tourner 4 ou 5 prises, mais après, la fraicheur et la spontanéité s’en vont un peu.

© Mila Deth / Allociné

 

Ensuite, il a fallu attendre deux heures pour les lumières, pratiquement. Alors Welles est parti avec Perkins qui le suivait comme un petit chien. Il est parti dans sa limousine et s'est rendu dans un cabaret se saouler la gueule, plus ou moins. On est allé le chercher quand la lumière a été prête. Moi, on m’avait parqué dans une loge, j’ai attendu (rires). Et pour le deuxième plan, une prise ! "Ok, Mr Lonsdale, you can go back home ! Vous pouvez rentrer vous coucher !" J’aurais bien préféré rester là, passer la nuit à le voir tourner.

 

 

La bande annonce du "Procès"



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Commentaires

  • Le Nouveau Cin?phile

    Très bon dossier, un grand acteur avec de grands rôles, et il est vrai qu'il joue merveilleusement les prêtres. Cela dit, un détail: Frère Luc n'était pas un prêtre, mais un moine cistercien, un "frêre convers" comme on dit dans les monastères; mais c'est un léger détail.

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