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    "Un crime dans la tête" : rencontre avec Jonathan Demme
    3 nov. 2004 à 07:00
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    Après "Philadelphia", "Un crime dans la tête" marque les retrouvailles de Jonathan Demme et Denzel Washington. Le cinéaste revient pour nous sur ce thriller politique, remake d'un film avec Frank Sinatra.

    AlloCiné : qu'est-ce qui vous a convaincu que cette histoire devait être remise au goût du jour ?
    Jonathan Demme : Tout simplement parce que la plupart des films américains évitent aujourd'hui de traiter de la réalité et de ce qui se passe dans le monde. Quand j'ai reçu le scénario de Un crime dans la tête, j'y ai vu un excellent thriller psychologique mais surtout un film ancré dans le réel, traitant des problèmes qui m'inquiètent aujourd'hui. Il ne s'agissait pas d'améliorer le film original : je cherchais avant tout à faire un film qui vaille la peine d'être fait pour lui-même, pas en tant que remake. Le défi majeur était de faire un film qui soit aussi pertinent aujourd'hui que celui de John Frankenheimer a pu l'être à l'époque. Et je pense que nous y sommes parvenus.

    Dans le film original, l'ennemi était un autre pays, la Russie, ou du moins une autre idéologie, le communisme. Dans votre version, le danger vient d'une multinationale. C'est votre vision du monde au jour d'aujourd'hui ?
    A mes yeux, les multinationales sont un des problèmes majeurs dans notre monde. Et plus précisément ces multinationales qui tirent des profits de la guerre, et dont les dirigeants sont en réalité les dirigeants des grandes puissances mondiales, dont les Etats-Unis bien évidemment. Pour moi, elles représentent le plus grand danger actuel. Les sociétés qui profitent de la guerre, surtout quand des gens comme George W. Bush et Dick Cheney sont à la Maison Blanche, sont de sérieuses menaces pour l'humanité.

    Les techniques de lavage de cerveau sont assez inquiétantes dans votre film. Ce n'est vraiment que de la fiction ?
    Toutes les techniques que vous voyez dans le film sont présentées de la façon dont elles sont réellement pratiquées de nos jours. Simon McBurney, qui incarne le chirurgien en chef, le Dr. Noyle, était entouré sur le plateau de véritables chirurgiens du cerveau qui veillaient à ce que nous soyons rigoureux dans notre façon de montrer l'implant de puces électroniques dans le cerveau. Bien évidemment, ces docteurs utilisent les implants à des fins positives, alors que notre Dr. Noyle les utilise de façon bien plus diabolique et perverse. C'est une frontière très ténue de la science moderne, et les multinationales "profiteuses de guerre" investissent beaucoup d'argent pour développer ce type d'implants. J'espérais que ce ne soit qu'une dimension science-fictionnelle du film, mais plus nous avancions dans nos recherches et plus nous essayions d'être proche de la réalité, plus nous nous apercevions que la science-fiction était une réalité scientifique.

    Propos recueillis par Yoann Sardet






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