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    Sébastien Grall, réalisateur de 3 femmes...1 soir d'été

    Après avoir dénoué les liens ardents de la famille Soubeyrand, le temps d'"Un été de canicule", Sébastien Grall a pris le vert, direction le Gers.

    Jouant tour à tour la carte du suspens et celle du coeur, c'est avec élégance que le réalisateur Sébastien Grall a su retracer la double enquête, policière et personnelle, mise en lumière dans la saga 3 femmes... un soir d'été. Point de vue d'un regard tendre et avisé.

    Pour commencer, une petite révélation pour nous mettre en haleine ?

    Je peux vous dire que la série démarre en fanfare puisque la première scène s'ouvre sur l'une de ces Bandas, grandes fêtes typiques du sud-ouest. Une trentaine d'orchestres de France, de Belgique, du Portugal envahissent les rues de Condor. La ville explose. Un prélude extrêmement tonique, tout en musique, durant lequel se déroule le premier meurtre...

    S'ensuit une série de meurtres plutôt originaux...

    Oui. Et l'arme du crime est à chaque fois surprenante : le tracteur sans conducteur, les vapeurs d'armagnac, une fontaine profonde de 10 cm d'eau, la canne... Ces meurtres nous plongent dans l'univers du Cluedo. Comme je suis un grand amateur de films noirs, je me suis follement amusé. La mise en scène de ces crimes consistait à en montrer peu, juste ce qu'il fallait afin de laisser aux téléspectateurs le soin de se faire une idée, de proposer eux-mêmes des solutions.

    La ville participe à créer cette atmosphère inquiétante...

    Pour paraphraser un film célèbre, la série aurait tout aussi bien pu s'appeler "Les trois femmes de Condor" ! Dans cette ville de taille moyenne, on peut penser que tout le monde se connaît. Tous les personnages y ont leur place et occupent une fonction : le toubib, l'agent immobilier, le directeur du club de rugby, le maire, le bistrotier... Mais derrière ce côté terroir, aux allures de Toscane britannique, se cachent de véritables combats de Titans ! L'intrigue circonscrite à ce lieu, nous découvrons des habitants emmurés dans leur ville ; nous devinons aussi que c'est là et là seulement que se trouve la solution. Aspirée par Condor, Julie, cette jeune capitaine de police venue de Toulouse, sera d'ailleurs incapable d'en partir. Le thème de la vengeance, confinée dans cette atmosphère provinciale, nous rapproche d'un univers à la Chabrol.

    Comment définiriez-vous cette fiction d'été ?

    De "policier romantique". La série porte sur une enquête policière sur laquelle viennent se greffer des personnages qui sont en questionnement, en pleine recherche d'identité. Et c'est à travers l'amour que tous vont trouver la solution à leurs problèmes. Si la mort rôde beaucoup, l'énergie et la vie, jusqu'alors contenues, vont peu à peu se libérer.

    La résilience ?

    Oui. Il s'agit d'un thème déjà très présent dans "Un été de Canicule". Le principe en est tout simple : la mise en parole d'un secret n'est pas forcément porteuse d'un malheur. Au contraire, elle peut être détentrice d'une force et d'une renaissance. La résilience, c'est au fond l'expérience que traversent pas mal de personnages de la série. Julie, en premier lieu. Cette femme ne peut plus vivre sans savoir, sans connaître la vérité sur ses origines... D'ailleurs, plus elle avancera dans son enquête policière, plus elle se rapprochera de son enquête personnelle.

    Comment vous décririez-vous en tant que directeur d'acteurs ?

    J'aime les comédiens. Et je fais d'abord ce métier pour être avec eux. Disons que je les regarde, en direct, pas derrière un écran. Mon rôle est de parvenir à extraire d'eux le meilleur. Et ils me le rendent bien. Je trouve la distribution de ce film très réussie. Agathe a su faire preuve d'une vraie générosité... Quand ses yeux s'ouvrent, deux billes noires apparaissent tout d'un coup. Elle est bouleversante. Anthony, avec sa tête de barbu plutôt inhabituelle, est très touchant en médecin de campagne débonnaire ; Martin Lamotte et Nicole Calfan forment un couple magnifique ; Fanny Cottençon et Nathalie Richard sont remarquables ; Guy Marchand est très émouvant ; Stéphane Audran fait une composition étonnante en grand-mère, à la fois très "femme d'intérieur" et inquiétante. Quant à Jean-Claude Drouot, c'est Dominici ! Virgil Sauveterre, son personnage, vit dans une demeure sublime et... complètement déglinguée : la pluie traverse le toit, le papier peint et le mobilier ont 100 ans. Cet endroit est étrange, hanté. Pour le coup, on sort des schémas classiques des fictions d'été : on est loin de la belle villa avec piscine !

    C'est l'aspect "troupe de comédiens" qui vous a donné envie de renouveler l'expérience de la fiction d'été ?

    Oui. Ce travail sur le long terme permet de tisser une vraie complicité. Les comédiens, on apprend à les connaître, à se voir, se revoir. Et puis, quand on aime, comme moi, raconter des histoires, il n'y a rien de mieux. Mon plaisir est d'en relater un bout tous les jours, de la manière la plus simple et la plus élégante qu'il soit.

    Propos recueillis par Amélie de Vriese et Céline Boidin

    + France 2 lance 3 femmes...1 soir d'été

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