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    Sundance 2006 : rencontre avec les Beastie Boys et Police !

    Les Beastie Boys et Police, deux groupes cultes, dévoilaient chacun à Sundance leur premier film, les documentaires "Awesome ! I fuckin' shot that !" et "Everyone stares : The Police inside out". Rencontre...

    De 1978 à 1983, Sting, Andy Summers et Stewart Copeland ont marqué de leur empreinte la pop avec le groupe Police. Ce qu'on en connaît, ce sont des tubes comme "Roxanne", "Message in a bottle", "Driven to Tears" ou "Every breath you take". Ce qu'on ignorait, c'est que durant ces cinq années, avant que Sting ne s'envole vers une carrière solo, le batteur Stewart Copeland capturait avec sa caméra tous les instants de la vie du groupe. Près de vingt-cinq and plus tard, Copeland dévoile à Sundance un documentaire compilant ses images : Everyone stares : The Police inside out, vision inédite et backstage de ce groupe légendaire. Rencontre...

    Stewart Copeland

    Quel effet ça fait de présenter ce film sur Police à Sundance ?

    Stewart Copeland : C'est génial d'être ici ! Je suis déjà venu à Sundance en tant que compositeur de bandes originales dans la mesure où je travaille principalement pour le cinéma maintenant, mais être ici avec un film à vous, c'est une expérience incroyable et complètement dingue, où l'on enchaîne les présentations, les interviews, les photos... Nous avons également organisé une super fiesta la nuit dernière, où Sting nous a rejoints. J'aime bien skier également quand je viens ici, car la neige est géniale. Mais je crois que cette fois ci, avec tout ce que j'ai à faire pour le film, je serai content si j'arrive à skier plus de 30 minutes ! En tout cas, c'est assez étrange de savoir que ces images, que nous tournions simplement pour nous, forment désormais un film qui permet à chacun de se replonger dans cette grand époque de nos vies ! Mais ma présence ici, même si je m'éclate, relève vraiment du boulot et de la promotion. Je n'ai pas encore eu le temps de voir un seul film !

    Comment s'est passée cette sélection pour Sundance ?

    C'était un coup de chance total. J'ai envoyé le film, puis je suis passé à autre chose, et un jour, je reçois un coup de téléphone du directeur du Festival qui m'apprend ma sélection. J'étais en pleine écriture pour une bande originale de film justement, et j'ai mis un peu de temps avant de réaliser ce qui m'arrivait. Et puis soudain, le téléphone s'est mis à sonner pour ne plus s'arrêter, et je recevais des appels d'attachés de presse, d'avocats, de distributeurs, de gens qui souhaitaient faire plein de choses avec le film. C'était assez étonnant, car après toute ces années, je ne m'attendais pas à une telle passion pour le film et pour Police.

    Vous comptez présenter le film dans d'autres festivals par la suite ?

    Peut-être, mais pour le moment j'ai besoin de redescendre sur Terre et de reprendre le cours de ma vie. J'ai besoin de rentrer à la maison, de m'éloigner de tout ce zoo, et de passer du temps avec mes enfants...

    Quand vous regardez le film et que vous vous replongez dans votre passé et votre vie avec Police, est-ce que cela vous donne envie de reformer un groupe ?

    Non ! Pas le moins du monde... C'était une période spéciale vous savez, un moment particulier où tout s'est mis en place, où tout a fonctionné pendant pas mal de temps. Mais ce moment n'existe plus, cest terminé désormais. Même si nous nous réunirons probablement pour le mariage de la fille d'Andy Summers pour lui chanter "Roxane" ! Nous sommes restés très proches, comme une famille. Nous avons vécu tellement de choses ensemble.

    Le film est donc un "film fait à la maison" ?

    Totalement. Et il montre l'incroyale aventure que fut Police...

    Avec le recul, qu'est-ce qui vous amuse le plus concernant Police ?

    Clairement nos shorts ! Les joueurs de basket de l'époque portaient des shorts très courts, et nous avons donc pris l'habitude de porter le même genre de shorts très short. C'était marrant. Mais bon, si ça convient à Magic Johnson, ça me convient vous savez ! (Rires)

    Vous considériez-vous comme le marrant du groupe ?

    Clairement le plus bizarre ! Drôle, je ne sais pas. Peut-être... Le film montre ça, notamment dans les coulisses. Vous devez décompresser et vous amuser un peu quand vous jouez la même chanson tous les soirs. Donc oui, j'essayais de faire des conneries et de m'amuser. C'est également un moyen de relâcher la pression, quand vous jouez devant autant de gens chaque nuit.

    Qu'est-ce qui vous fait rire dans le film ?

    Les scènes les plus drôles ont été coupées ! C'était trop grossier et trop cru, j'en ai peur...

    En quoi l'industrie de la musique a t-elle changé par rapport à l'époque de Police ?

    Beaucoup de choses ont changé ! Aujourd'hui, on ne parle que de chiffres et tout coûte beaucoup plus cher. Que ce soit dans le cinéma ou la musique. Et puis le marché est devenu très saturé et très compétitif, ce qui fait que tout le monde suit de très près les chiffres de ventes, ce qui marche ou pas. C'est beaucoup plus difficile de réussir dans ce milieu aujourd'hui... Déjà, à l'époque, notre travail consistait à être interviewés 15 heures par jour et à jouer 1 heure. C'était dingue ! Aujourd'hui c'est encore pire je crois. Mais je ne me plains pas, nous avons été chanceux de pouvoir faire tout ça...

    Il y a actuellement une déferlante de documentaires musicaux, que ce soit le vôtre, celui des Beastie Boys ou sur Neil Young. Que pensez-vous de ce phénomène ?

    Je trouve ça génial ! C'est une autre façon de vivre notre musique et de ce qu'elle signifiait. C'est assez dur de faire ces films, et ça ne marche pas toujours, mais quand ça fonctionne comme c'est le cas avec notre film, c'est une expérience intéressante et rafraîchissante je trouve. Mon film préféré dans le genre reste celui sur Bob Dylan (Bob Dylan : anthology project de Martin Scorsese, NDLR). C'était incroyable. J'ai également beaucoup aimé Walk the line sur Johnny Cash. Faire de la musique est quelque chose de tellement intérieur et viscéral que ce n'est pas évident de mettre ça en images. Notre film est assez authentique, je pense, car il dévoile le groupe de l'intérieur, avec nos propres images, et sans prétention. Je le vois comme un merci aux fans qui ont fait de nous ce que nous sommes.

    Propos recueillis par Emmanuel Itier au Festival de Sundance en janvier 2006

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