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| Posté par AlloCiné
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jeudi 26 octobre 2006
Plus grosse production de l'histoire du court métrage britannique, "The Bridge" de Richard Raymond met en scène Andrea Corr, du groupe The Corrs. Rencontre avec la comédienne et l'équipe du film...
AlloCiné : Comment êtes-vous devenu réalisateur ?
Richard Raymond : J'aime les films. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu faire des films. Quand j'avais 15 ans, j'ai commencé à me faufiler au nez et à la barbe des gardiens des Studios Shepperton and Pinewood près de Londres. Je vivais littéralement avec les équipes, je les regardais travailler sur d'énormes productions, j'essayais simplement d'aider du mieux que je pouvais et dans la mesure de mes possibilités dans le but d'apprendre. J'ai travaillé de cette manière en essayant de progresser petit à petit.
Avez-vous étudié dans une école de cinéma ?
Non pas du tout. J'ai grandi dans sur les plateaux de cinéma. Je travaille sur les plateaux depuis que j'ai 15 ans, ce qui m'a permis d'obtenir de l'expérience sur des productions américaines et britanniques telles que
Entretien avec un vampire,
Le Monde perdu,
Le Cinquième élément... J'étais sur les plateaux, j'observais, j'apprenais, j'essayais de me rendre utile en faisant de petites choses comme préparer le thé et le café. Ce fut une expérience incroyable que de voir travailler ces personnes tellement talentueuses.
Comment le scénario de "The Bridge" a t-il fini entre vos mains ?
Le scénario a été écrit par un ami qui s'appelle
Ludwig Shammasian. Quand je l'ai lu, j'ai vraiment adoré toute l'imagerie qui était inhérente à cette histoire, c'était tellement différent de tout ce que j'avais pu lire auparavant. J'ai aimé toutes les possibilités qu'offrait cette histoire sur le plan visuel. J'ai immédiatement su dans quelle direction je voulais aller et les émotions que je voulais procurer. J'ai tout de suite ressenti ce projet et immédiatement senti ce que je pouvais en faire, c'était pour moi l'opportunité de pouvoir faire un film vraiment différent.
Avez-vous travaillé sur le scénario avec Ludwig ?
Nous avons travaillé ensemble pendant un long moment pour donner un style plus "film noir" au scénario mais il est le seul à être crédité du scénario et c'est parfaitement normal car tous les réalisateurs doivent s'approprier un scénario avant de travailler dessus.
Comment avez-vous choisi Andrea Corr et Leonard Fenton ?
Quand vous faîtes un film de cette ampleur, car c'est le court-métrage avec le plus gros budget jamais réalisé, vous devez avoir des "stars" à l'affiche mais pour le rôle de Mary, je voulais quelqu'un de différent, quelqu'un de nouveau, une personne que les gens n'auraient pas vu auparavant. Notre directeur de casting a mentionné
Andrea Corr. Elle a lu le scénario et elle l'a adoré. Dès que nous nous sommes rencontrés, nous avons été sur la même longueur d'onde. On s'est très bien entendus. Elle était parfaite pour le rôle, elle est vraiment très belle. Elle a une telle présence à l'image. Elle semble vulnérable mais elle est tellement forte en même temps.
Leonard Fenton est un véritable génie. Il a joué dans EastEnders pendant de nombreuses années. Nous avons fait un casting. Leonard est venu à l'audition, il a été brillant. J'ai adoré son visage, ses traits sont incroyables. Nous avons tous été subjugués par sa performance. C'est un homme fantastique et très drôle. La chimie entre lui et Andrea a tout de suite fonctionné à l'écran. Et le plus incroyable est que Andrea et Leonard n'ont tourné à aucun moment ensemble, ils n'ont pas tourné au même moment et ne se sont jamais rencontrés sur le tournage. C'est incroyable. C'est pour ça que les films sont magiques.
Pouvez-vous nous en dire plus à propos du tournage proprement dit ? N'était-ce pas intimidant de diriger un tel projet ?
Il y a eu beaucoup de stress. Mais ce n'était pas intimidant car les choses se sont faites de manière progressive. C'est un processus. En outre, j'avais une certaine expérience des grosses productions. C'était un rêve car tout le monde rêve de tourner un film dans les Studios Pinewood. Nous avions deux ou trois plateaux à notre disposition. L'équipe du
Da Vinci code qui tournait dans le studio juste à côté venait voir nos plateaux tellement les décors étaient splendides. Nous avons construit les décors et filmé l'intégralité du film dans les Studios Pinewood Shepperton. Ces studios ont un tel passé. C'est vraiment fantastique de pouvoir travailler sur des plateaux de cette envergure. Nous étions tous très excités. Si vous êtes bien préparé, si vous savez ce que vous faîtes et savez ce que vous voulez, vous pouvez faire des merveilles. J'avais une équipe tellement talentueuse. Ils ont été simplement brillants. J'aimerais tellement pouvoir tourner de nouveau avec eux car nous avons passé un moment fabuleux. Nous nous sommes tous tellement bien entendus.
Quels sont vos films préférés ?
J'aime tous les films. J'adore les films de
Terrence Malick, j'admire
Steven Spielberg, il est fantastique, c'est un véritable maître.
Créatures célestes, tous les films de
Peter Jackson en général, j'aime vraiment tous les genres de films mais ce que j'aime par-dessus tout c'est être transporté dans un autre monde. C‘est ce que je voulais faire avec
. Lorsque vous regardez
sur grand écran, vous n'êtes plus dans un cinéma à Londres ou bien à Paris. Je désirais vraiment faire un film qui vous fasse complètement oublier qui vous êtes et le monde qui vous entoure pendant quelques minutes. Vous êtes dans l'univers du film. J'admire énormément le travail de
Bryan Singer égalment. J'aime aussi beaucoup ce que fait
Michael Mann :
est un film tout simplement fantastique. Vous savez, dans
, il y a cette fameuse scène entre
Al Pacino et
Robert De Niro. Pour tourner une telle scène, la plupart des réalisateurs auraient fait un plan large mais Michael n'a pas fait ça du tout et si vous regardez attentivement cette scène, c'est exactement comme s'ils étaient le reflet l'un de l'autre dans un miroir et il fait des allers et retours entre les plans, c'est terriblement efficace. C'est le genre de films que j'aspire à faire, ce genre de cinéma. Des films dont les gens se souviennent et discutent après.
Et quels sont vos acteurs et actrices préférés : en d'autres termes, avec qui aimeriez-vous travailler ?
Anthony Hopkins. J'ai eu la chance d'être sur le tournage de
Les Ombres du coeur et de pouvoir le regarder travailler. C'était fabuleux. C'est difficile de répondre à cette question car un comédien est spécifique à un projet et il y a tellement d'acteurs talentueux. Selon moi, la star du film c'est le film. En outre, j'aimerais énormément travailler de nouveau avec
Andrea Corr. C'est une fille formidable. Elle vient de faire un film qui s'appelle
Broken Thread. C'est un excellent thriller. En ce moment, elle travaille sur un film qui s'appelle
Knife Edge, un thriller également. Mais le tournage a été reporté pour le moment.
Quels sont vos projets ?
Je travaille sur un film qui s'appelle
Jacob's Wings. C'est l'histoire d'un ange déchu dont les ailes sont noires et qui cherche la rédemption. Le film se passe à notre époque et est en développement pour le moment mais nous allons bientôt tourner. Je rentre juste de New York où j'ai passé les six derniers mois à travailler dessus.
Propos recueillis par Frédéric Souclier
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Interview - Ludwig Shammasian (scénariste)
AlloCiné : Pouvez-vous nous parler de vous ? Comment avez-vous débuté votre carrière ?
Ludwig Shammasian : J'ai étudié le cinéma à l'université à la fin des années 90. Depuis lors, je fais équipe avec mon frère (Paul) avec qui nous formons The Shammasian Brothers. Rapidement nous avons signé avec une boîte de production de vidéos publicitaires et musicales. Nous avons fait notre première publicité l'année dernière pour Bang & Olufsen. Nous avons gagné la récompense du meilleur jeune réalisateur de publicité à Cannes. C'est une récompense internationale visant à distinguer les meilleurs nouveaux réalisateurs dans l'industrie publicitaire. Les publicités et les clips vidéo sont un moyen formidable pour apprendre à maîtriser à la fois sa créativité et aussi tout le côté technique de notre métier, mais ma seule et véritable passion, est et sera toujours l'écriture, la réalisation de fictions et notamment de courts-métrages.
Donc vous êtes scénariste, réalisateur et producteur ?
J'ai produit seulement lorsque cela s'avèrait nécessaire. J'ai écrit l'histoire et le scénario de
seul mais pour d'autres projets comme le long-métrage sur lequel je travaille, je co-écris avec mon frère et nous co-réaliserons également.
Comment avez-vous eu l'idée de l'histoire de "The Bridge" ?
A l'origine, lorsque j'ai écrit
, c'était un court-métrage qui ne faisait que dix minutes. Le résultat, une fois tourné, est un peu plus long que sur le papier. L'idée m'est venue lorsque je visitais Bristol, ici au Royaume-Uni. Je faisais du tourisme et alors que je passais sur le Clifton Suspension Bridge, j'ai remarqué un vieux téléphone qui se trouvait sur le pont lui-même. Au-dessus du téléphone, il y avait une plaque sur laquelle on pouvait lire : "Si vous souhaitez parler à quelqu'un, s'il vous plaît utilisez ce téléphone". J'ai pensé que c'était vraiment un endroit étrange pour y placer un téléphone. En outre, la plaque et son message m'ont vraiment intrigué, c'est pourquoi j'ai demandé à la personne responsable du pont la raison de la présence de ce téléphone à cet endroit. Il m'a dit qu'il était connecté directement aux Samaritans (une association dont le but est de donner des conseils aux personnes dépressives ou bien suicidaires par téléphone). Après quelques recherches, j'ai découvert que ce pont était en fait un endroit particulièrement "prisé" par ceux qui souhaitaient sauter. J'ai pensé alors que c'était une situation unique et incroyable. Une personne, sur le point de se suicider, décrochant un téléphone pour parler à quelqu'un qu'elle ne connaît pas. C'est alors que j'ai commencé à penser à cette histoire. Cependant je trouvais que c'était un peu difficile à croire que quelqu'un qui était vraiment déterminé à se suicider prenne le temps d'aller jusqu'au téléphone et de le décrocher (ce qui le mettait directement en contact avec l'association) pour parler à quelqu'un. Alors, je me suis dit, pourquoi le téléphone ne se mettrait-il pas à sonner plutôt ...
Avez-vous travaillé sur le scénario avec Richard Raymond ? Et si oui, quelles modifications avez-vous apportées ?
Lorsque j'ai écrit le scénario, c'était dans le but de le réaliser. Richard l'a lu et a tout de suite voulu le réaliser. Il m'a "torturé" pendant toute une année, il n'a pas arrêté et finalement j'ai capitulé et je lui ai confié le projet. Ensuite le scénario a été retravaillé pendant un certain temps, mais finalement nous l'avons rechangé et l'avons gardé comme il était à l'origine. Le film que vous pouvez voir est quasiment identique au scénario original, mais Richard a réussi à le rendre encore meilleur grâce à son talent de réalisateur et en a fait non seulement un spectacle mais une véritable expérience pour les spectateurs. La seule différence qu'il y a avec le scénario original est qu'à la fin, elle ne jette pas l'alliance dans l'eau, elle la trouve, la ramasse, regarde vers l'eau pour essayer de savoir ce qui s'est passé. A-t-il sauté ou bien est-il parti (en clair l'a-t-elle sauvé ou pas ...) ? C'est une chose que l'on ne saura jamais.
Avez-vous été impliqué dans le choix des comédiens ?
Non, pas du tout. C'est entièrement le choix de Richard. Je suis vraiment très heureux du travail d'Andrea et Len.
Avez-vous été sur le tournage ?
Oui, tous les jours. J'ai aidé comme je le pouvais. Richard était vraiment ouvert à toutes mes remarques et je l'admire énormément pour cela. Cela a été formidable de voir cet immense pont dans les studios Pinewood. Il a été construit à une échelle bien plus imposante que tout ce que j'avais imaginé. Richard est un producteur incroyable. Il arrive à faire des choses que 99 % des gens n'oseraient même pas rêver.
Quels souvenirs gardez-vous de votre passage à Cannes pour présenter le film en 2005 ?
L'année dernière, j'étais à Cannes pour recevoir notre récompense des jeunes réalisateurs (YDA), je n'ai par conséquent pas pu me rendre compte par moi-même de l'impact du film, mais je sais que cela s'est très bien passé et que tout le monde a été impressionné.
Quels sont vos projets ?
Je viens de réaliser un court-métrage en 35 mm avec mon frère qui s'appelle
The Carriageway. Nous l'avons écrit et réalisé ensemble et je l'ai produit. En ce moment même, nous travaillons sur le mixage. Puis, nous allons faire le tour des festivals. Ensuite, nous allons préparer notre long-métrage qui s'intitule
The Unspoken, un drame ayant pour trame le paranormal et son rôle dans le chagrin.
Propos recueillis par Frédéric Souclier
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Interview - Leonard Fenton (comédien)
AlloCiné : Pourquoi et comment êtes-vous devenu comédien ?
Leonard Fenton : J'ai commencé par la chanson. Mon proviseur m'a poussé à devenir ingénieur. C'était la guerre, il fallait faire quelque chose, quelque chose d'utile, quelque chose de concret qui permettait de gagner de l'argent. J'ai fait l'armée en tant qu'ingénieur et à cause de mon diplôme j'ai été officier. Je suis resté dans l'armée pendant deux ans. Ensuite, j'ai travaillé comme ingénieur pendant cinq ans tout en étudiant en même temps le chant et la peinture. Je suis peintre. Mon professeur de chant savait que je n'étais pas heureux dans mon métier et m'a dit d'aller dans une école de théâtre. Il m'a présenté aux personnes de cette école qui m'ont donné une bourse pour devenir comédien. Et je suis devenu comédien. Cela fait cinquante et un ans que je joue la comédie. C'est une longue histoire.
Comment avez-vous été impliqué sur "The Bridge" ?
C'est la directrice de casting. Elle a choisi
Andrea Corr. Ensuite, il lui fallait trouver le vieil homme et je suis un vieil homme. Je crois que j'ai été le premier à rencontrer
Richard Raymond. Nous avons fait des essais filmés, il a aimé ce que j'ai fait et m'a demandé de faire le rôle. Je ne sais pas combien d'autres comédiens il a vu après moi.
Après une telle carrière, pourquoi avoir choisi de tourner dans un court-métrage ?
En partie parce que je n'avais jamais fait quelque chose comme cela auparavant. C'était tellement intense. J'ai joué dans de nombreux films mais c'était simplement des petits rôles dans de gros films. J'ai fait un film avec Paul McCartney qui retraçait sa carrière. J'ai joué avec Mel Smith et Griff Rhys Jones dans un film qui s'appelle
Les Débiles de l'Espace et aussi dans plein d'autres choses mais seulement de petits rôles, donc celui-ci était vraiment très intéressant. J'ai adoré le faire. J'aime vraiment tourner.
Que pouvez-vous vous dire de la manière de filmer de Richard Raymond ?
C'est un excellent réalisateur et un merveilleux producteur. J'ai adoré travailler avec lui et je pense qu'il va encore progresser. Il est tellement impliqué dans son métier. C'est toute sa vie. Depuis qu'il a quinze ans, il travaille sur les plateaux et il est encore très jeune. Il a une longue carrière devant lui. Et je suis sûr qu'elle sera remplie de succès. Pendant le tournage, j'essayais d'en garder un peu sous la pédale et au début Richard voulait que j'en donne plus mais j'ai résisté. Je sentais qu'il fallait que je résiste. Alors, on a trouvé une sorte de compromis et je crois que cela a bien fonctionné. Je suis très heureux du résultat final et je crois qu'il l'est aussi.
Quels sont vos films préférés ?
J'adore beaucoup de vieux films français.
et
, les films avec
Louis Jouvet, ceux avec
Jean Gabin.
Les Sept samouraïs, c'est un film magnifique. J'aime aussi les bons vieux westerns de
John Ford. Les films italiens, les films avec
Gérard Depardieu et beaucoup d'autres.
Quels sont vos réalisateurs de chevet ?
LF :
Lindsay Anderson,
François Truffaut,
Claude Chabrol,
Luc Besson,
Pedro Almodovar pour n'en citer que quelques uns.
Et vos comédiens préférés ?
LF :
Simon Russell Beale,
Alan Rickman qui est un acteur formidable doublé d'un réalisateur de talent.
Quels sont vos projets ?
Je viens juste de terminer un film d'arts martiaux qui s'appelle
Underground. J'interprète une sorte d'homme d'affaires qui mise de l'argent sur des combats. Mon personnage aide son combattant financièrement bien que celui-ci perde. Il lui vient en aide car il a des problèmes avec sa famille. C'est un des autres aspects du film. Ce fut une expérience incroyable. J'ai adoré. Il y a quelques semaines, j'ai fait une lecture des oeuvres de Samuel Beckett. Je fais des lectures publiques de ses romans à des sociétés littéraires depuis à peu près quarante ans. J'ai participé à un festival où j'ai lu ses oeuvres et où j'ai parlé de sa relation avec Schubert comme j'aime Schubert et que je le chante. Donc, pendant ce festival aux pays de Galles, j'ai chanté des chansons de Schubert et lu le travail de Beckett. Je n'avais jamais fait cela auparavant. Il m'arrive de très bonnes choses à mon âge avancé. En ce qui concerne les projets dans l'immédiat, je n'en ai pas pour l'instant. Je pars en vacances en Espagne où je possède une petite maison. Je suis ouvert à n'importe quel réalisateur. J'aimerais beaucoup travailler avec Richard de nouveau. Je veux simplement faire toutes sortes de films.
Propos recueillis par Frédéric Souclier
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Andrea Corr
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Richard Raymond
,
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,
The Bridge