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    Interview : Jane Birkin ouvre les "Boîtes" à souvenirs
    5 juin 2007 à 06:00
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    A l'occasion de la sortie de "Boxes", Birkin se confie à Allociné. Jane au miroir, interview à tiroirs.

    Comédienne, chanteuse, réalisatrice... Mais on oublierait l'essentiel si on n'évoquait pas un autre talent de Jane Birkin , celui de conteuse. Voilà pourquoi, à l'occasion de la sortie ce mercredi de Boxes , film en forme d'album de famille qu'elle a écrit et réalisé, nous lui avons proposé de piocher (dans une boîte, bien sûr...) des bouts de papier sur lesquels étaient notés des petits mots susceptibles de la faire réagir. C'est ainsi qu'on s'est laissé embarquer pour un long voyage, entre souvenirs, anecdotes, rêveries, digressions et néologismes. Au pays de Jane B, une fille qui ne manque pas d'esprit(s). Mais chut : laissons parler les petits papiers.

  • "Riz complet" C'était sur le film L' Amour par terre . J'étais si contente d'une de mes scènes, un monologue à propos de Dussollier , que j'avais eu l'orgueil d'emmener Charlotte (Gainsbourg) regarder les rushes. Une fois aux rushes, je vois la scène, en effet c'était pas mal, mais la scène qui suivait, que je n'avais pas vue, c'était un monologue de Geraldine Chaplin absolument génial. J'étais sidérée par cette actrice avec qui je jouais tous les jours. A chaque phrase, sur chaque souvenir, elle ajoutait "riz complet", jusqu'aux larmes je crois. Je suis sortie de là le coeur battant et Charlotte avait vu la vraie actrice : c'était Géraldine. Tout ce film était magique. Je me souviens d'une journée extraordinaire : il fallait qu'il y ait un grand coup de tonnerre, et il y a eu un grand coup de tonnerre : la nature, les éléments s'étaient mélangés à cette histoire déjà très bizarre. Et par la fenêtre, j'ai vu un taxi, et Charlotte qui en sortait avec un parapluie rouge. Elle avait à peu près 12 ans, toute l'équipe regardait cette exquise personne qui arrivait pour se planquer à côté de la caméra. Géraldine a bien connu mes parents. Donc quand je lui ai demandé de jouer mon rôle dans Boxes, elle m'a dit "Non, je suis trop vieille, mais je veux bien jouer ta mère". En fait au départ, c'était un rôle pour ma mère. C'est un film que j'essayais de faire depuis onze ans, mais ça n'intéressait personne, les télés ne voulaient pas être partenaires de cette boite incasable. On m'a alors dirigée vers le producteurEmma , qui était prêt à faire jouer ma mère. Quand je lui disais qu'elle était très vieille, il répondait : "Pas grave, pour la scène dans le bateau, on mettra une fausse mer et des faux nuages, comme chez Fellini ." Avant de mourir, ma mère, qui adorait le scénario, a dit à ma copine Gabrielle à l'hôpital : "Assure-toi que Jane fait Boxes". La première personne qui m'a dit "Si tu as envie de faire un film, de ne pas être trahie, fais-le toi-même", c'est Agnès Varda , elle qui avait accepté de réaliser Kung-Fu Master, que j'avais écrit. C'était un sage avis. Du coup, pour mon premier film, Oh pardon ! tu dormais... (photo), j'ai pris sa monteuse, son premier assistant... Jacques Doillon , lui, m'a dit d'avoir le courage de ne pas faire seulement un court métrage, mais un long en temps réel. Grace à lui, je sais qu'on peut faire des plans séquences, qu'il ne faut pas écouter les gens qui disent que ce n'est pas possible pour des raisons de lumière. Sur La Fille de quinze ans, où j'étais son assistante, je me souviens qu'il n'avait pas assez d'argent pour les travellings, alors il faisait avancer les personnages vers la caméra, et ça faisait comme un travelling.
  • "Miss Staynes" C'était ma prof d'anglais. C'est pour lui plaire que j'ai voulu réussir en littérature et en langue anglaise. Elle emmenait la classe au British Museum pour regarder des bijoux, parce que peut-être un jour on nous donnerait des bijoux, mais aussi pour qu'on sache comment étaient coupés les diamants, comment on reconnaît les époques à travers les costumes des gens... Elle m'encourageait à raconter autant d'anecdotes que je pouvais parce que ça compenserait mes problèmes d'orthographe. Quand j'ai joué La Fausse Suivante [au théâtre], je me suis dit : "Ah, si seulement Miss Staynes pouvait voir que je suis capable de dire un texte ancien, et enfin prise au sérieux..." Elle était la seule lumière de mes dix années scolaires. Après, quand j'ai vu ce que mes filles devaient apprendre en histoire, les morceaux en gras, par coeur, sans anecdotes, je me suis dit : Où est Miss Staynes ? C'est ce que fait Lou actuellement avec ses lectures au théâtre. Elle est fascinante à écouter grâce aux histoires qu'elle raconte. C'est comme mon frère avec les mathématiques : il fait un trou dans du papier pour t'expliquer comment arrive la lumière du soleil...
  • "Je te laisse Poupon" C'est un scénario que je n'ai jamais réalisé et je le regrette. C'était pas mal, mais je l'ai oublié dans un café. Je l'avais écrit pour Serge (Gainsbourg) et pour Lulu , qu'il venait d'avoir. Son rôle, c'était celui d'un pianiste dans un bar de travestis, comme l'avait été son père. Sa girlfriend le quitte et le matin il se retrouve avec ce bambin d'un an, un truc d'Air France autour du cou, et marqué dessus : "Je m'en vais, mais je te laisse Poupon". Peu à peu, cet homme, qui n'a jamais été capable de faire un biberon, commence à se démerder avec ce bébé. Les travestis du cabaret jouent avec le bébé pendant que lui est sur scène, il double les queues de taxi où les femmes attendent en disant "Moi, j'ai Poupon". Et au moment où sa vie avec Poupon commence à être gaie, la femme revient et dit "J'avais laissé Poupon pour que tu partes, et maintenant j'ai trouvé un mec donc je le reprends." Il demande s'il peut avoir une dernière cigarette, comme un condamné, et il se tue... Serge n'a jamais su, Lulu non plus. Je n'ai osé le montrer à personne. Et un jour dans les journaux, je vois qu'on parle d'un nouveau film : Trois hommes et un couffin ! Je me souviens que Serge, au moment de Je t'aime moi non plus, avait eu l'idée d'un film sur un type qui commande une poupée gonflable du Japon. Il couche avec la poupée, en tombe amoureux, lui met des bijoux, l'emmène au Fouquet's... Ca finissait dans la Seine : lui se noyait mais la poupée flottait, sa bouche, ses yeux, son cul tout craquelés. Et juste après est sorti le film Grandeur nature avec Michel Piccoli sur le même sujet. C'etait une idée dans l'air, parce que tout à coup on pouvait acheter des poupées. J'en avais acheté une pour Serge d'ailleurs. C'est pas très érotique : ça sent comme les canards dans lesquels tu mets les enfants sur la plage. C'est devenu quotidien alors que quand Serge avait écrit ça, c'était comme une idée sexuelle inédite à la Dali. Du coup, quand j'ai écrit Kung-Fu master, on a fait vite avec Agnès , parce que je me suis dit : "Les idées dans l'air comme ça...". C'est vrai que comme Varda, j'ai fait jouer des non-acteurs dans Boxes, par exemple M et Mme Toufait, le couple de résistants. Ils ont fait partie de ma vie. C'est comme ces vieilles personnes qui sont dans le couloir de la maison. Ces gens ont été mes compagnons quand je ne pouvais pas me confier : en Angleterre, je n'ai pas de " vieux ", donc j'ai connu ceux de votre pays. Les gens que ça choque, c'est qu'ils n'ont jamais vu une maison de vieux, avec ces vieilles dames qui errent, qui ont chacune leur histoire, et qui sont surprenantes si tu prends le temps de les écouter. Ca me plaisait que tous ces gens soient dans le film J'aime bien l'idée que les gens sont perchés à gauche à droite, qu'ils ne sont pas abandonnés. Ils ne nous encombrent en rien.
  • "Chansons cruelles" Ah, c'est le petit bouquin de chansons de Serge . Il me l'avait donné après notre rencontre, car il était vexé que je ne sache pas qui il était. Il voulait aussi que ma mère ne pense pas que j'étais avec n'importe qui. Il m'a donc filé ce petit livre en cuir rouge, très chiadé, très précieux. Il n'avait pas voulu appeler ça "Poèmes d'aujourd'hui", il aimait trop les poètes pour ça. Sur la première page, il avait marqué "A Jane B, de la part de Serge Gain..." (il avait rayé le nom, de façon très artistique, pour faire plus intime) "... pour qui j'écrirai L'Histoire de Melody Nelson et de Mallory". Dedans, il y a beaucoup de ses chansons jusqu'à Initials BB . Le fait que Serge ou moi soyons reconnus ou non en Angleterre, ce n'est plus une très grande affaire. J'avais fait le dernier cd à moitié en anglais parce que je voulais cette reconnaissance, et puis je me suis dit qu'il fallait surtout être en paix avec soi-même. Ce qui est grandiose, c'est de pouvoir s'exprimer. Que Boxes ait été accepté à Cannes, je ne m'y attendais pas. Avec ce film, j'avais l'impression d'avoir fait un enfant très curieux et qu'on me disait : "Il est moche, il n'est pas comme les autres, on n'en veut pas, pas dans notre école, il faut des écoles spéciales pour lui..." Je savais que cet enfant était curieux, mais je savais aussi qu'il valait le coup, que son parcours était diférent, que peut-être on le mettrait dans un autre jardin d'enfants, et que finalement, dans ce jardin d'enfants se trouvaient les personnes avec qui je préfère être. C'est déjà parfait que le film existe. Il ne faut pas se plaindre. Quand je vois le pauvre Jacques (Doillon) qui a mis six ans pour faire son film, lui qui, contrairement à moi, est un des auteurs les plus remarquables, dont presque chaque scénario aurait pu être une pièce de théâtre, lui qui a découvert plus de jeunes filles que n'importe qui, de Juliette Binoche à Judith Godrèche ... Les producteurs ne se sont pas intéressés à lui ne serait-ce que pour donner 600 000 euros, le budget de mon film, celui d'une pub pour une belle bagnole... Moi, si on ne me donnait rien, c'était pas grave, j'avais la chanson, le théâtre.... Mais c'est terrible si vous êtes juste cinéaste, et qu'on ne vous permet pas de tourner quelque chose qui vous semble susceptible d'intéresser quelques chats... Peut-être pas tous les chats, mais quelques chats, et pas n'importe quels chats.
  • "L'Homme imparfait" C'est l'une des premières chansons que j'ai écrites, je faisais le portrait de quelqu'un. Je voulais même garder l'idée de ses lunettes, tu sais quand tu embrasses quelqu'un qui qui ne s'y attend pas et que les lunettes tombent un peu, mais je n'arrivais à le placer dans la chanson. J'espère continuer à écrire des chansons. C'est vrai que Charlotte n'était pas au courant que j'avais écrit cette chanson ( ). Nous avons en commun le fait de ne pas oser faire écouter aux gens proches. Quand une émission passe à la télé, on est assez rusées pour inviter tout le monde à la maison, histoire qu'ils ne regardent surtout pas. Déjà, ça me fait tellement peur, les télés : on ne sait pas si on va trouver des astuces face aux animateurs. Eux, c'est leur métier, et en plus ils sont généralement à deux pour vous piéger. On ne sait pas à quelle sauce on va être mangé, surtout avec des gens qui disent "Vous inquiétez pas, ça va bien se passer", comme si c'était une intervention chirurgicale. Je n'ai pas peur de faire les télés avec ce film. Les gens diront ce qu'ils veulent, comprendront ce qu'ils veulent. On m'a demandé de sortir le scénario en livre, avec des photos, mais je n'ai pas voulu, parce que ça me semblait prétentieux, et aussi parce que dans les pages d'explications, j'avais peur de dire les secrets. Mais peu importe qui est qui, du moment que ça touche les gens. Je me rappelle que pour Oh pardon ! tu dormais... , les gens pensaient que l'homme représentait Olivier Rolin , d'autres pensaient que c'était Serge , personne n'a compris que c'était Jacques (Doillon) !
  • "Hansel et Gretel" J'aime les contes de fées qui font peur. Andrew (Birkin, son frère) a failli réaliser un Hansel et Gretel avec un petit garçon et sa soeur. Personne ne l'a fait alors qu'il y a actuellement tous ces films avec les hobbits. Pourtant, s'il y en a un de très mystérieux et merveilleux, à part Peau d'âne, c'est bien celui-là, avec la sorcière et la formidable chanson, que mon père chantait très bien (elle fredonne). Mon frère fait bien sur partie intégrale de la magie de ma famille, mais il n'est pas dans Boxes, parce que c'était vraiment un film avec des filles. Il y a des époques pour tout... A un moment, j'avais écrit un personnage de garçon, un fils qui s'appelait Maurice. Et puis on m'a dit : "il est bizarre, votre garçon, il est homosexuel, il a un problème ?". J'ai dit : "Non, c'est juste que c'est écrit pour une fille, et que je ne sais pas écrire les rôles de garçons adolescents..." Après la mort de ma mère, j'étais beaucoup avec ma soeur. J'avais tellement parlé de mon frère, et là, j'ai découvert ma soeur. De la même manière, après la mort de mon père, j'avais découvert ma mère : elle voyageait avec moi dans tous les pays du monde pour la tournée Arabesque. C'était ma confidente. Donc voilà, Boxes, c'était l'époque des soeurs, des filles, des mères.
  • "Emerveillement" "Je voulais que ce soit un emerveillement et ça n'était pas un émerveillement". C'était une réplique de La Fille prodigue. En parlant d'émerveillement, si la télévision voulait bien programmer ces trois films-là, La Fille prodigue, La Pirate et Comédie ! même tard, ce serait un émerveillement pour moi. Quand tu as fait une carrière où tu peux compter peut-être dix films formidables dans lesquels tu n'es pas trop mal... Si je claque, qu'ils montrent plutôt ces trois-là, ce serait vraiment chic de leur part. Et ça n'empêche pas les gais Zidi , Je t'aime moi non plus ou Sept morts sur ordonnance... Mais là, c'était vraiment des films avec lesquels je me suis dit : les gens vont être étonnés. Et ils l'ont été. Un peu. Je suis bien fière de la conférence de presse de La Pirate à Cannes. Le bébé était déjà tué mais on l'a quand même bien défendu il me semble. C'était très excitant, je ne peux pas le nier : qui aurait pu imaginer qu'on sifflerait tous nos noms dès le générique de début ? Mais c'était nous tous à notre plus beau : , comme un petit ange, dans toute sa beauté, qui cherchait sa place comme nous tous. J'y croyais tellement, une telle rage était permise... Je jouais Alma, le personnage qui avait inspiré Jacques. Alma, après tout, c'était moi. Jacques, lui, était plutôt dans le personnage de Maruschka Detmers. Mon mari dans le film était joué par mon propre frère. Plus c'est intime, plus tu veux donner, et plus le public se retrouve en toi. Alors si c'est ton truc d'écrire sur la séparation, les chagrins, la culpabilité, il faut le faire et il y a une chance que ça ne ressemble à personne d'autre. Deleuze l'a dit à propos de Kafka : on ne peut pas dire si Kafka nous manque ou pas, c'est juste qu'il y a eu Kafka, et donc qu'il y a un avant et un après Kafka. Ca vaut pour Serge et Jacques, leur oeuvre a existé et a inspiré d'autres personnes. Ca a toujours été ainsi. Mais ils étaient tellement originaux qu'ils n'ont pas vendu tant que ça à leur époque. Serge, oui avec Aux armes etc, mais sinon Melody nelson, L'Homme à tete de chou : rien du tout. Rock around the bunker, n'en parlons même pas. Jacques, lui, est resté marginal mais ne s'est jamais trahi. Il a refusé de prendre les grandes autoroutes. Mais on sait très bien que quand on verra toute son oeuvre en DVD, on y trouvera une cohérence, une subtilité de psychologie qui nous aidera peut-être à comprendre les gens. Et c'est tout l'intérêt.

    Propos recueillis le 14 mai 2007 par Julien Dokhan
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