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    "Sans plus attendre", Jack Nicholson et Morgan Freeman !

    Plus en forme que jamais, les papys Jack Nicholson et Morgan Freeman se sont livrés à quelques confidences autour du film "Sans plus attendre" en salles le 27 février.

    AlloCiné : Quel effet ça fait de jouer le rôle d'un vieil homme à l'approche de la mort ? Et qu'avez-vous découvert en jouant ensemble ?

    Jack Nicholson : Et bien nous nous connaissions via nos films respectifs. Je savais que Morgan était un grand acteur et j'appréhendais cette rencontre avec délectation. Et puis nous nous voyons pas mal hors de notre travail donc forcément la sauce prend plus facilement à l'écran. En fait, ce tournage a été tellement rapide que je ne l'ai pas vu passer, c'était une expérience très rafraîchissante. Morgan et moi avons le même point de vue sur pas mal de choses, l'entente fut parfaite. Des choses que j'ai découvertes en tournant ce film ? Et bien tout est dans le film, comme la question où je lui demande d'où viennent tous ces grains de beauté sur son visage...

    Avez-vous peur de la mort ?

    Morgan Freeman : Je sais que je ne vais pas vivre éternellement. Et j'ai bien peur que nous allions au devant de certains désastres pour l'Humanité. J'espère ne plus être là quand ça arrivera. Mais si c'est possible j'aimerais encore vivre pendant un certain temps. Je n'ai pas peur de mourir. Ce qui m'effraie, ce sont les circonstances de ma mort...

    J. N. : Je pense à la mort, à la peur de l'inconnu, ça aide à vivre dans le présent. C'est le principal. Aujourd'hui, nous pouvons vivre plus longtemps, mais je me demande si ça vaut la peine de vivre aux dépens de ses enfants. Et puis si nous vivons éternellement, ça va poser pas mal de problèmes au niveau écologique. Je change souvent d'opinion sur la mort.

    Où aimeriez-vous reposer à jamais ?

    M. F. : Sous terre. Je ne veux pas être incinéré. Et je ne veux pas non plus finir dans une crypte, un mausolé. Je veux que la vie continue, c'est pour cette raison que je veux retourner à la terre mère. Et elle me recrachera bien un jour...

    Pensez-vous que l'on puisse considérer la mort avec le sourire, comme dans le film ?

    J. N. : Oui, mais seulement dans un film de Fellini ! ... Après tout, il faut savoir prendre les choses inévitables comme la mort avec le sourire.

    M. F. : Je me demande si on peut garder le sourire à la fin de ses jours. Cela dépend dans quel état on se trouve... Si on est alité, en très mauvais état, je ne suis pas certain que l'on puisse mourir avec le sourire...

    Parlez-nous des bons moments que vous avez passés ensemble durant le tournage ?

    M. F. : Ca a été un amusement sans fin. C'était vraiment un de mes vieux rêves que de travailler avec Jack. Et donc tous les jours c'était Noël !

    J. N. : Tourner ce film fut un moment extraordinaire. Tout s'est passé à merveille et avec tellement de rapidité, on n'a même pas fait de répétitions, on s'est juste lancé à l'eau, et voilà...!

    Jack, parlez-nous de votre personnage ?

    J. N. : Et bien c'est un homme qui n'a jamais cessé de travailler et qui a accumulé une grosse fortune. Il n'a jamais pris de temps pour personne et même pour lui-même. C'est donc un être solitaire, destesté de tout le monde, ou du moins c'est ce qu'il pense. Sa rencontre avec Morgan va changer la donne. Ce n'est pas un grand sentimental, mais il se découvre des sentiments à la fin du film et notamment pour sa fille.

    Aimeriez-vous savoir combien de temps il vous reste à vivre ?

    J. N. : La réponse est : résurrection. C'est la dernière chose que je voudrais savoir.

    Vous avez tous les deux joué dans nombre de films, vous reste-t-il des envies de rôles spécifiques ?

    J. N. : J'aimerais trouver un rôle avec une touche de sexualité comme dans La Couleur du mensonge avec Anthony Hopkins et Nicole Kidman. Je veux relire Sabbath's Theater pour voir si on ne peut pas en tirer une adaptation intéressante.

    M. F. : Je ne rêve pas de jouer tel ou tel rôle mais plutôt de raconter telle ou telle histoire. Et je veux les raconter en tant que producteur. Ce n'est pas que je me sente vieux pour jouer dans un western et monter à cheval... Ce qui m'inquiète, c'est quand il faut descendre de cheval...

    Propos recueillis à Los Angeles en novembre 2007 par Emmanuel Itier

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