"La Fenêtre" : rencontre avec Carlos Sorin
mardi 2 juin 2009 - 16h00

A l'occasion de la sortie en salles de "La Fenêtre", AlloCiné s'est entretenu avec le réalisateur argentin Carlos Sorin. Rencontre.

AlloCiné : Comment l'idée du film vous est-elle venue ?
Carlos Sorín: Il m'est, en général, très difficile de déterminer avec précision d'où vient l'idée de mes films. Je ne sais jamais d'où vient l'élan qui donne naissance au film. Mais dans le cas de La Fenêtre, ce qui a pu m'influencer est le décès de mon père, intervenu six ou sept mois avant que je ne commence l'écriture du scénario. Et la mort d'un père, d'un parent ou d'un être cher crée de toutes façons, même inconsciemment, un champ fertile pour l'expression de certaines idées.

Vous qui êtes également écrivain, comment vous vient une idée ? En mot ? En image ?
En image. Tout à coup, une image m'apparaît et déclenche une histoire. Les idées me viennent parfois avec la musique aussi. Mais pas en mot. J'ai du mal à écrire mes scénarios. Je dirais même qu'ils sont mal écrits ! Mais comme un scénario est quelque chose de provisoire, qui est amené à disparaître une fois terminé, ça m'importe peu, au fond, de mal les écrire. De toutes façons, dans mes films, les dialogues n'ont pas une importance énorme, et généralement je les modifie une fois dans la dynamique du tournage.

Comment avezvous choisi vos comédiens pour ce film ?
Une partie de mes acteurs ne sont pas des comédiens professionnels et sont issus d'un casting que j'avais fait pour un autre projet. Généralement, je fais un casting avant même l'écriture du scénario. C'est seulement après avoir auditionné mes comédiens que je m'attèle à l'écriture du scénario. C'est particulierement important, selon moi, quand on travaille avec des comédiens non-professionnels. J'écris le scénario sur mon ordinateur avec, dans une fenêtre ouverte simultanement, la vidéo de la personne que j'ai en tête pour le rôle. Ce genre de comédiens ne possède pas de technique de jeu, ils ne peuvent pas produire quelque chose de différent à l'écran de ce qu'ils sont dans la vie.

Vous semblez vous spécialiser dans le genre "minimaliste". Pensez-vous, un jour, vous attaquer à un autre style de cinéma ?
Je ne crois pas que je ferai un jour de la science fiction ! La Fenêtre est déjà, pour moi, un pas dans une direction différente par rapport à mes précédents films. Mais je ne pense pas, sincérement, m'éloigner de ce que j'ai fait jusqu'à présent. Je suis très attaché au réalisme.

"Historias Minimas" se déroulait en Patagonie du Sud alors que "La Fenêtre" se déroule en Patagonie du Nord. Que répresente, pour vous, cette région d'Argentine ?
J'ai une très ancienne relation avec cette région. Quand j'ai fait mon service militaire j'ai passé un an et demie en Patagonie, c'était la première fois que je quittais mes parents. C'est un endroit absolument fascinant, la solitude, la distance, l'ampleur de ses paysages...
Par ailleurs, tourner en Patagonie est extrêmement difficile. Chaque journée de tournage était une bataille pour mon équipe et moi, mais aujourd'hui nous éprouvons un certain plaisir d'avoir vaincu la nature !

Dans le film, la fenêtre représente un moyen d'évasion pour votre personnage. Quelle est votre "fenêtre" ?
Le cinéma. Le cinéma est vraiment essentiel dans ma vie, c'est ma "fenêtre". Je ne supporterais pas la vie si je n'avais pas un projet cinématographique en cours. Dès qu'un projet s'achève, j'en commence tout de suite un autre.

Pendant de longues années, vous n'avez pas tourné de films (de 1989 à 2003). Est-ce, aujourd'hui, une sorte de revanche de les enchaîner ?
Plus qu'une revanche, c'est une manière de rattraper le temps perdu. J'ai tourné beaucoup de publicités durant cette période, et si je dresse un bilan, pendant des années et des années je n'ai pas mis mon énergie au service du cinéma. Alors, maintenant, je me rattrape un peu !

Quelle vision portez vous sur le cinéma argentin, actuellement très en vogue ?
C'est un phénomène un peu étrange. Buenos Aires est une ville qui possède l'une des plus grosses densité de réalisateur au mètre carré. Environ 70 films argentins sortent chaque année et presque la moitié sont des premiers films. Il y a quatre ou cinq réalisateurs de très grand talent qui possèdent déjà une certaine reconnaissance internationale.

Et vous ? Ou vous situeriez-vous dans ce panorama ?
Je ne suis pas un jeune réalisateur mais, d'une certaine façon, j'en suis toujours à mes premiers films !

Propos recueillis à Paris par Romain Pacchiele

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