« Saute ma ville » - La folie Akerman

Bien avant d’adapter Joseph Conrad au cinéma, Chantal Akerman fut une étudiante énergique, impatiente de passer derrière la caméra. A l’occasion de la sortie de « La Folie Almeyer », retour sur le premier court métrage d’une réalisatrice qui fêtera b

On pourrait croire que Chantal Akerman a toujours été une personne calme et réfléchie, dans l’introspection, férocement décidée à tout intellectualiser. Ce retour en arrière sur son tout premier film nous la révèle sous un autre jour !

La voici à dix-huit ans qui se filme en train de s’affairer dans un petit studio, se faisant à manger, rangeant, nettoyant et engendrant un joyeux désordre dans son agitation avant d’exploser, littéralement. « Le Tambourin » de Rameau lui tourne dans la tête, de plus en plus obsédant, à tel point que le spectateur l’entend lui aussi, en voix off. Car, à l’image, Chantal ne chante pas.

Envies de nouveau, de rupture avec les codes du cinéma classique, de coup de pied dans la fourmilière… C’est sûr : les taches ménagères de Chantal Akerman ne partent pas au lavage.

Destination 1968 : année de la révolte et de la jeunesse !

Gauthier Jurgensen

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