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    Mary Poppins : plus de 20 ans pour réaliser le film original !
    Thomas Imbert
    Thomas Imbert
    -Chef de rubrique - Infotainment
    De la Terre du Milieu aux confins de la galaxie Star Wars en passant par les jungles de Jurassic Park, il ne refuse jamais un petit voyage vers les plus grandes sagas du cinéma. Enfant des années 90, créateur des émissions Give Me Five et Big Fan Theory, il écrit pour AlloCiné depuis 2010.

    Retour sur la production houleuse d'un des plus grands chefs-d’œuvre des studios Disney...

    En écoutant un beau jour sa petite fille Diane lui parler d’un incroyable roman au sujet d’une nounou qu’elle est en train de lire, Walt Disney ne se doute pas qu’il s'apprête à s’engager dans l’une des œuvres majeures de sa vie.

    Cette nounou, c'est Mary Poppins, une gouvernante aux pouvoirs surnaturels et aux aventures palpitantes. Et ce roman, c’est à l’Australienne Pamela Lyndon Travers que Diane Disney le doit. Nous sommes en 1938, et l’oncle Walt, convaincu que le livre préféré de sa fille pourrait bien se transformer en long métrage des studios Disney, contacte P.L. Travers pour lui en demander les droits.

    Le refus est immédiat : pas question pour l’auteure que son personnage fétiche se retrouve dénaturée au cinéma par un "faiseur de dessins animés" ! Mais ce faiseur de dessins animés-là n’a pas l’habitude qu’on lui dise non.

    La bataille pour les droits de Mary Poppins est engagée, et durera plus de 10 ans. Ce n’est qu’en 1961 que P.L. Travers accepte de rencontrer Walt Disney et de lui céder une option sur les droits de Mary Poppins.

    La bataille pour les droits de Mary Poppins est engagée, et durera plus de 10 ans.

    Les conditions à cet accord sont nombreuses, et la première d’entre elles est simple : l’auteure pourra retirer les droits de son œuvre à tout moment, si le travail réalisé sur l’adaptation lui déplait un tant soit peu. Elle exige également un droit de regard sur le film et refuse catégoriquement la présence de séquences animées dans la version finale.

    La production débute donc sous le regard intransigeant de P.L. Travers. C’est elle qui donne son accord pour que Mary Poppins soit interprétée par une jeune comédienne de théâtre du nom de Julie Andrews. Et c’est encore elle qui valide (beaucoup plus difficilement) les chansons du film composées par les frères Sherman.

    Walt Disney France

    Malgré la nécessité de convaincre l’auteure en permanence, les artistes des studios Disney déploient leur créativité habituelle, notamment sur la bande originale du film, dont toutes les chansons résonnent encore aujourd’hui dans la tête des spectateurs. Walt, quant à lui, s’implique plus qu’il ne l’a fait depuis de nombreuses années sur un long métrage. Et s’il se plie volontiers aux exigences de P.L. Travers, il compte cependant passer outre l’une de ses conditions majeures : celle qui consiste à laisser de côté toute séquence animée.

    A sa sortie en 1964, le film le plus cher jamais produit par les studios Disney à l’époque devient aussi leur plus gros succès au box-office. 5 Oscars et une reconnaissance internationale viennent couronner la carrière du film, qui reste aujourd’hui encore dans tous les esprits comme l’un des derniers chefs-d’œuvre de Walt Disney.

    A sa sortie en 1964, le film le plus cher jamais produit par les studios Disney à l’époque devient aussi leur plus gros succès au box-office.

    Quant à P.L. Travers, les versions divergent : certaines expliquent qu’elle aurait détesté la version finale du film, reprochant à Walt Disney d’avoir complètement dénaturé le personnage de Mary Poppins. D’autres soutiennent qu’elle aurait versé quelques larmes lors de l’avant-première, émue devant le succès rencontré par le long métrage.

    Le saviez-vous ?

    - La chanson "Feed the birds" est connue pour être l’une des préférées de Walt Disney. A chaque fois qu’il rendait visite aux frères Sherman, il lui suffisait de prononcer "Jouez-la" pour que les compositeurs comprennent et la lui fasse écouter.

    - En concurrence avec Audrey Hepburn pour tenir le rôle principal de My Fair Lady à l’époque, Julie Andrews hésita avant d’accepter de jouer dans Mary Poppins. C’est lorsqu’on lui refusa la première proposition qu’elle accepta finalement d’incarner la nounou. Lorsqu’elle remporta l’Oscar de la meilleure actrice face à Audrey Hepburn, elle alla remercier Jack Warner de ne pas l’avoir sélectionnée.

    - Les deux enfants qui incarnent Jane et Michael dans le film ne furent pas mis au courant de certains détails pour préserver leur spontanéité. Ainsi, leur étonnement lorsque Mary Poppins sort ses affaires du sac et leur dégout lorsqu’elle leur fait prendre leur médicament sont des réactions naturelles.

    Walt Disney France

    - Selon une légende urbaine, le mot "supercalifragilisticexpialidocious" pourrait faire référence à des prostituées irlandaises. La rumeur suppose qu’il s’agissait d’un nom de code appris par les frères Sherman lorsqu’ils étaient en colonie de vacances, et qu’ils ont eu envie de le transmettre aux personnages du film.

    - L’action de nourrir les oiseaux de la cathédrale Saint-Paul à Londres, à l’origine de la belle chanson du film et encouragée par Mary Poppins auprès des enfants, est désormais purement interdite. En effet, la multiplication des pigeons à cet endroit obligea la loi à intervenir.

    - Une séquence dans laquelle tous les jouets de la chambre prenaient soudain vie devait initialement faire partir du film. Estimant qu’une telle scène pourrait être effrayante pour les enfants, elle fut finalement coupée… en attendant Toy Story 30 ans plus tard.

     

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