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    Cannes 2014: Ken Loach, "Les films doivent questionner, défier, être subversif."
    Par Thomas Destouches — 22 mai 2014 à 15:25
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    Palmé à Cannes en 2006 avec "Le Vent se lève", Ken Loach revient sur la Croisette avec Jimmy's Hall, l'histoire vraie de Jimmy Gralton, symbole de la résistance irlandaise et gérant du "Hall", un foyer ouvert à tous. Le maître face à la presse...

    BORDE-MOREAU / BESTIMAGE

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    Il est difficile d'arrêter totalement de faire des films.

    Ken Loach, le réalisateur de Jimmy's Hall : J'ai parlé de l'arrêt de ma carrière à un moment de pression énorme. Nous faisions le film, la montagne devant nous était immense. Je ne pensais pas y arriver. Mais on y arrive toujours. Et puis il est difficile d'arrêter totalement de faire des films.

    On ne peut vivre que si on espère toujours.

    Ken Loach : Un film ajoute à la discussion publique. On apporte notre petite contribution en montrant une perspective, des idées, comme un article de journal. Si les films avaient une énorme influence, ce serait tout de même extramemement négatif. En quelque sorte, il faut espérer que les films n'aient pas un grand effet sur le public. Mais ils peuvent et doivent poser des questions, défier l'autorité, être subversif. Et n'oublions pas que tout dépend au final des spectateurs. S'ils decident de parler des thèmes après une projection, alors oui les films peuvent avoir cette influence, celle de provoquer la discussion. On ne peut vivre que si on espère toujours.

    Dans chaque région, chaque ville, on trouve des Jimmy Gralton.

    Paul Laverty, scénariste du film : Dans chaque région, chaque ville, on trouve des Jimmy Gralton, qui essaient de construire des ponts entre les gens. Ce film rend hommage à toutes ces personnes modestes, qui insufflent de la vie.

    Ken Loach : Le Vent se Lève (ndlr : Palme d'or en 2006) et Jimmy's Hall ont un lien. On voulait savoir ce qu'était devenu le rêve de l'indépendance dix ans plus tard. Le vent se lève était un film d'une plus grande ampleur, sur un pays. Là on est au niveau d'une région, où les gens veulent danser, étudier la poése. Et c'est toujours dangereux pour le pouvoir. On voulait étudier un microcosme.

    Le 35 mmm se touche, se voit, se coupe. C'est un contact et un rapport plus humain.

    Ken Loach : On tourne en film et on monte en film ! La pellicule de 35mm  doit être coupée physiquement Cela ne va pas aussi vite que pour le numérique, on attache donc sans doute plus d'attention à ce qu'on fait. Et le montage sur film est une coopération beaucoup plus humaine. Mais je n'oublie pas que le cinéma est un industrie, il faut aller vite et quand on peut ne pas recruter... C'est une pression qui est aussi exercée via le numérique. Le 35 mmm se touche, se voit, se coupe. C'est un contact et un rapport plus humain. Les gens aiment les technologies traditionnelles. Il y a une passion derrière tout ça. Et on va continuer à travailler ainsi si on le peut.

    Robbie Ryan, directeur de la photographie : Tout ce qui permet de faire un film à l'ancienne aujourd'hui disparaît. Tout le monde a une caméra et un appareil photo sur son portable. Le système traditionnel disparaît au profit du numérique. Et cela fait peur. J'ai l'impression qu'on est toujours plus à l'aise avec la pellicule. S'il faut se tourner ves l'avenir, il est dommage que les choses changent aussi vite. J'aurais aimé une cohabitation plus longue entre les deux formats. Le numérique rend tout plus net. J'ai vu le film des frères Dardenne, Deux jours une nuit, et je suis interessé de leur vision du numérique. Si on a une vision solide de son film, la technologie s'adapte à cette vision.

    Joss Barratt/Sixteen Films Why Not Productions
    Simone Kirby, l'interprète d'Oonagh : Lorsqu'on m'a parlé du film, je ne savais pas quel personnage j'allais jouer. Barry et moi avons passé des semaines à Londres à répéter les danses. Arrivés en Irlande, on a reçu les 20 première pages puis les suivantes au fur et à mesure...

    Barry Ward, l'interprète de Jimmy Gralton : On recevait le scénario par petits bouts. Le drame se jouait devant nos yeux, il se matérialisait naturellement.

    En Europe, il y a une pensée unique. Il faut respecter la loi du marché.

    Ken Loach : Les puissants de ce monde souhaitent cacher certaines choses. On essaie toujours d'écarter les dissidents, d'éteindre les voix dissonantes. En Europe, il y a une pensée unique. Il faut respecter la loi du marché et ce serait la seule façon de faire marcher la societé. Si on émet une autre idée, on est mis de côté. Comme si on niait l'existence de Dieu ! Il faut donner voix au chapitre aux dissidents.

    Si Jimmy était là, il essaierait de lutter contre les grandes multinationales qui déterminent notre vie au-delà de tout contrôle.

    Ken Loach : La situation en Irlande est la même que dans les autres pays europeens. Nous sommes tous dans la poigne du néo-libéralisme. Le combat de Jimmy, s'il vivait aujourd'hui, serait de s'attaquer à ces grandes puissances. Il se battrait contre tout cela, contre ces grandes entreprises, qui contrôlent partiquement tout, même la démocratie. Il y a beaucoup de lobbying à Bruxelles. C'est là que la lutte doit s'organiser. L'Irlande a beaucoup souffert, beaucoup d'habitants ont dû quitter le pays pour trouver du boulot ailleurs. Si Jimmy était là, il ferait partie de ce combat, il essaierait de lutter contre les grandes multinationales qui déterminent notre vie au-delà de tout contrôle.

    En Irlande, la communauté s'est ralliée à nous pour que ce film existe.

    Rebecca O'Brien : Il faut que la communauté se rallie à une idée pour que cela fonctionne. En Irlande, cette communauté s'est ralliée à nous pour que ce film existe. Par exemple, un groupe de musique est venu pour jouer. Ce dancing reconstitué est devenu un lieu spécial.

    Ken Loach : On a reconstruit les décors, ce lieu historique. Ce dancing était un endroit sûr, où les gens pouvaient se réunir, être eux-mêmes par le truchement de la danse, de la musique, de la poésie, mais aussi changer et devenir militants. Un symbole de la liberte de penser.

    La bande-annonce de "Jimmy's Hall" :

    Jimmy's Hall Bande-annonce (2) VO

     

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