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    De Mad Max à Fury Road : une saga culte en 55 anecdotes !

    30 ans pile après Mel Gibson, Tom Hardy enfile la tenue de Max Rockatansky alias "Mad Max", dans une renaissance folle furieuse de la saga orchestrée par son géniteur, George Miller, qui sort en DVD / Blu-ray. Retour en anecdotes sur une saga culte.

    - C'est en grandissant en Australie, dans une petite ville du nom de Chinchilla située dans l'Etat du Queensland, où il n'y avait qu'une séance de cinéma le samedi après-midi, que George Miller a commencé à imaginer un monde désertique et apocalyptique..."Il n'y a aucun doute sur le fait que Mad Max fut largement influencé par mon enfance passé dans cet environnement rural" explique-t-il. "Des routes totalement plates. Un sol glaiseux. Un brouillard de chaleur énorme. Des terres brûlées par le soleil, et une culture très intense de la voiture. La rue principale était envahie le samedi soir par tous les jeunes du coin, qui étaient en voitures. En grandissant, certains d'entre nous ont malheureusement perdu la vie dans des accidents, ou alors gravement blessés. Ils allaient tous sur ces longues routes plates à toute vitesse, parce qu'il n'y avait alors justement aucune limitation de vitesse. C'est quelque chose qui m'a fortement affecté. Mais ce n'est que lorsque je suis devenu médecin à l'hôpital de Victoria, que j'ai été vraiment confronté aux horribles résultats et séquelles des accidentés de la route, de constater le carnage que cela provoque; y compris bien entendu les accidents de motos. Ce sont des choses qui m'ont profondément dérangé. Je pense que tout cela a eu une grosse influence sur l'univers de Mad Max, en particulier dans le premier film".

    - Pourquoi un cadre futuriste pour Mad Max ? Réponse de George Miller : "après avoir imaginé l'histoire, que je trouvais très, très intense dans ses impacts, j'ai trouvé que c'était trop hyperbolique, poussé à l'extrême. Trop exagérée en fait, donc j'ai pensé qu'en la situant dans le future, l'histoire de Max apparaîtrait davantage comme une fable. Mais on avait pas assez d'argent pour situer le cadre dans un futur très lointain et le dégrader un maximum. Donc on a opté pour un futur proche".

    - Mad Max, c'est du pure cinéma. En tout cas, c'est ainsi que le voit son géniteur. "Je crois que ce que j'avais en tête à l'époque du premier Mad Max, c'était de réaliser une oeuvre en essayant de m'approcher d'une certaine notion de pure cinéma. J'ai d'abord commencé par m'intéresser à la peinture et au dessin, et ce n'est que lorsque je me suis mis au montage que j'ai eu comme une sorte de révélation. Ensuite seulement je me suis intéressé à la narration. Avec le premier film, je voulais faire d'une certaine manière un film muet, mais avec du son. Le genre de film dont Hitchcock aurait dit : "ils n'ont pas besoin de lire les sous-titres au Japon". Une oeuvre qui se déroule comme un film muet. En un sens, lorsque je me suis intéressé au cinéma et aux films qui "bougent", je suis revenu à l'ère du muet. J'ai d'ailleurs été très frappé par les films de Buster Keaton et Harold Lloyd, par toute cette énergie kinétique qui se dégage de leurs films et la manière dont ces auteurs ont monté leurs oeuvres. Je pense qu'ils étaient vraiment les maîtres à cette époque là. Lorsque je regarde les films d'action, surtout les films d'action avec des voitures, j'ai le sentiment de voir une sorte d'extension de cette époque. La syntaxe du cinéma a été découverte par des cinéastes comme eux. Ca, c'est ce qui m'a conduit à faire un film comme Mad Max. Atteindre ce but passait forcément par un film de genre. Ce n'était pas une sorte de réaction aux films qui étaient alors produits à cette époque. C'était avant tout mon intérêt, et celui de Byron Kennedy, de faire ce genre de film. Des films que j'appelle du "pure cinéma".

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    - Miller considère ses films comme expérimentaux, et Mad Max ne fait pas exception à la règle, puisqu'il est le film fondateur de sa filmographie. Cette approche expérimentale n'est pas une posture, c'est un vrai constat. Babe, le cochon dans la ville était un film animalier complètement fou et totalement anti-commercial. Happy Feet, son premier film d'animation, était une fausse comédie musicale animalière et un pamphlet écologiste d'une rare cruauté. Sur Happy Feet 2, Miller s'essaie à la stéréoscopie. Mad Max Fury Road est tout aussi expérimental, notamment sur la manière de filmer des cascades complètement folles et encore jamais vues au cinéma.

    - A l'exception d'un plan de deux secondes, tous les effets violents du film ont été réalisés au montage. "Je cherche à créer un spectacle qui ait la force d'impact d'un accident de voiture. Nous vivons dans le culte de la vitesse. J'ai vu, dans l'hôpital où j'exerçais, des dizaines de victimes d'accidents graves. Cette violence fait partie de notre quotidien. Je crois qu'un film comme Mad Max a une fonction importante : il nous permet de faire face à nos angoisses et peut-être de nous en défaire."

    - Un avantage évident à tourner en plein désert et d'avoir un pitch comme celui de Mad Max, était de ne pas faire exploser l'enveloppe budgétaire du film dans la construction de décors, que Miller n'aurait de toute façon pas pu se permettre. "Le budget global de mon film était de 350.000 $" dit Miller, "ce qui signifie que tout ce que vous faites doit vous coûter le moins possible. Cela signifiait par exemple que c'est moi et Byron qui jouions les coursiers sur ma moto, pour amener le script pour le donner à l'équipe du film et aux acteurs. Cela signifiait que Hugh Keays-Byrne et tous les gars qui jouent les bikers...On avait pas les moyens de les faire venir par avion. La seule chose qu'on pouvait faire, c'était de convoyer leurs motos de Melbourne à Sydney. Cela signifie qu'on a littéralement dû balayer la route après le tournage d'un accident dans le film. Byron et moi restions la nuit pour balayer la route et enlever les débris. C'était un tournage en mode commando".

    - Le van (un modèle Mazda Bongo) fracassé au début du film, dans la séquence de course poursuite, était en fait le propre véhicule de George Miller, obligé de l'utiliser faute d'argent suffisant pour le tournage. Ce qui s'appelle payer littéralement de sa personne. La séquence est visible dans l'extrait ci-dessous, à partir de 01''23.

    - Un bon exemple de ce tournage en mode "commando" comme le dit Miller : l'équipe du film a carrément fermé un tronçon de route...sans autorisation. En fait, Miller a profité d'une sorte de vide juridique. "Il n'y a rien dans la loi qui autorise à utiliser une voiture et la conduire pour la faire s'écraser sur la route. A l'époque, personne n'avait jamais fait ce genre de film. Personne n'aurait jamais eu de permis de tournage pour faire ce genre de chose. On ne pouvait pas non plus utiliser de radios. Parce que les talkies walkies étaient réservés à la police, et que les fréquences radios leurs étaient réservées ! En fait, ce qui s'est passé, c'est que la police a commencé officieusement à s'intéresser au tournage de notre film, et nous a aidé, en dehors de ses heures de travail légales. Elle a parfois bloqué des portions de route, parce que personne ne faisait des films comme le nôtre. Notamment avec nos voitures de police futuristes."

    - Toujours pour des raisons de budgets Low Cost, le film a été monté dans un appartement emprunté à un ami de Miller. Le montage sonore s'effectuait dans le salon, tandis que Miller montait les images...dans la cuisine ! Le mixage sonore, effectué par Roger Savage, coûta 6000 $. Il faudra près d'un an à Miller pour monter son film.

    - Miller ou l'art du recyclage. Pour son tournage, il utilisa en effet des objectifs de caméras précédemment utilisés par Sam Peckinpah sur le tournage de son Guet-apens. Ceux-ci furent tellement endommagés lors du tournage d'une scène d'action avec une voiture qu'ils furent par la suite mises au rebus en Australie. Miller récupéra ces objectifs de caméra dans l'espoir de les réutiliser. Un seul était encore en état de fonctionner. Une sacrée chance ! "C'est ainsi que tout le film a été tourné avec un objectif grand angle 35 mm" raconte Miller; "les gens disent après coup que c'était très malin d'avoir fait ça, mais en réalité, c'est juste qu'on a pas eu le choix si l'on voulait tourner en format anamorphique !".

    - Trouver la tête d'affiche pour Mad Max a été un vrai problème pour George Miller. "La seule manière qu'on avait de lever de l'argent a été de demander à nos amis et nos familles, qui mirent 10.000 $. Ca été très, très difficile de trouver l'argent pour faire le film. Pour tout dire, ca nous a pris plus de temps de récolter 350.000 $ que l'ensemble du tournage. Il fallait donc faire en sorte que le film soit vu par un public le plus large possible. Du coup je me suis dit qu'il fallait mettre dans mon film un acteur américain. Je suis alors parti à Los Angeles, et là je me suis rendu compte que l'acteur américain m'aurait en fait coûté l'intégralité du budget du film ! De retour en Australie, on a vu beaucoup de jeunes garçons. On leur a fait passé quelques tests, mais rien ne fonctionnait. Mitch Matthews, le directeur du casting, m'a alors dit : "Oh, il y a quelques acteurs fraîchement diplômés du National Institute of Dramatic Art que tu devrais rencontrer". Je me souviens alors qu'après avoir fait passer durant tout un après-midi des screen tests, Mel Gibson est venu. Moi, j'étais épuisé et désespéré. Je le regardais par l'objectif de la caméra en train de faire son essai, et c'est alors que j'ai commencé à y croire.Je me suis dit : "oh mon dieu ! Je crois qu'il y a un truc qui se passe ! Je l'ai arrêté à la moitié de son essai tellement il était convaincant. J'ai vraiment été heureux qu'il soit dans le coin ce jour là."

    - Une petite précision complémentaire sur l'audition de Mel Gibson : il est en fait venu deux fois. La première, ce n'était même pas pour lui, il accompagnait un ami venu passer une audition. S'étant battu la veille au soir dans un bar et récoltant au passage un oeil au beurre noir et des traces de contusion, Gibson se vit suggéré de revenir trois semaines après pour une autre audition, car la production cherchait des mines patibulaires ! Lorsqu'il est revenu effectivement trois semaines après, on ne l'a pas reconnu; ses blessures au visage ayant cicatrisées. C'est à ce moment là qu'il passa un test devant la caméra de Miller.

    - Le salaire de Mel Gibson fut de 15.000 $

    Tourné avec un budget de 350 000 $, Mad Max a longtemps été le film le plus rentable de l'histoire puisqu'il a réuni près de 100 millions de dollars de recettes. Il a été détrôné en 2000 par Le Projet Blair witch

    - Le célèbre bolide noir qui a fait la réputation de Mad Max est une Ford XB Falcon Coupe GT351 de 1973, modifiée pour les besoins du film. Rarissime, ce modèle n'a été vendu qu'en Australie de décembre 1973 à août 1976. La voiture utilisée dans le film est actuellement exposé au Cars of the Stars Motor Museum à Cumbria, en Angleterre. Pour l'anecdote, l'Interceptor de Max fut mise en vente après le tournage de Mad Max. Mais avec l'énorme succès du film, la production changea d'avis. Heureusement !

    - Vous connaissez bien entendu le nom de famille de Max, n'est-ce pas ? Rockatansky. Son nom n'est prononcé que deux fois durant tout le film. Il est également visible sur son Interceptor jaune, sur lequel on peut distinguer à l'avant - latéral l'inscription "M. Rockatansky / The Dark One". En fait, "The Dark One" devait être le partenaire de Max dans le véhicule, mais ce personnage a disparu entre l'écriture du scénario et la production du film.

    - Pourquoi ce nom bizarre de Rockatansky au fait ? C'est en réalité un clin d'oeil au passé médical de George Miller, qui fut médecin. Il emprunta au scientifique Karel Rokitansky son nom. Ce dernier (1804-1878) fut un médecin pathologiste, homme politique et philosophe autrichien d'origine tchèque. Il donna son nom à un protocole, destiné à l'enlèvement des organes internes dans le cadre d'une autopsie.

    - Les membres du gang de Toecutter étaient en fait de vrais Bikers, membres de plusieurs clubs comme The VigilantesThe Victorian Four Owners Club ou les Barbarians (oui oui !).

    - Lors de sa sortie américaine, le film a dû être entièrement doublé, les distributeurs estimant que l'accent australien pouvaient nuire à la compréhension du public. Lors de sa première distribution en France, le film a été classé X et fut amputé de ses scènes les plus violentes. Il a fallu attendre janvier 1983 pour que la censure soit levée suite au succès de Mad Max 2, permettant ainsi au public de le découvrir en intégralité.

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