De l’individu à la communauté
Le générique de Manhattan, réalisé par les studios Imaginary Forces, débute de la même manière que la série : nous découvrons les principaux personnages de la série de façon individuelle ou en couple. Il y a d’abord le professeur Frank Winter (John Benjamin Hickey) seul dans le désert, suivi par Charlie et Abby Isaacs, puis Liza (Olivia Williams)… Dans le générique, cette idée est suggérée par ces individus en noir sur une feuille blanche. Alors que le nombre de personnes augmente, ces derniers forment alors une communauté : les bâtiments fleurissent, les couples affluent, une "ville" est en train de se créer.
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Le fond blanc rappelle à quel point cette communauté vit au milieu de nulle part, comme le suggère l’un des personnages au début du pilote : "Welcome to nowhere !" (Bienvenue nulle part !). Même si cet endroit semble ouvert au monde, la musique (réalisée par Jonsi et Alex en collaboration avec l’agence Imaginary Forces) créé un sentiment oppressant. Et les premiers épisodes de la série viennent confirmer cette impression : les habitants vivent dans un huis-clos anxiogène où les voisins ne sont pas ce qu’ils sont, la nourriture est rationnée, les soldats lisent les correspondances et opèrent une sorte de censure. Pour certains scientifiques, le monde extérieur est terrifiant à l’instar de Frank Winter qui, lorsque sa fille lui annonce qu’elle veut étudier dans la grande pomme, déclare : "Mais il y a 7 millions d’individus à New York !".
Entre famille et devoir
Les deux mains liées qui se détachent en début de générique donnent le ton sur le sort réservé à nos personnages principaux (scène qui nous rappelle par ailleurs celle de Six Feet Under). Si la série Manhattan se déroule en temps de guerre, elle n’est que suggérée. On ne la voit pas, mais on l’entend parfois (bruit d’explosions). Dès lors, elle ne devient pas une série de guerre mais questionne la répercussion qu’elle a sur l’individu… et sur le couple. Deux d’entre eux sont dans la ligne de mire : les Winter et les Isaacs.
Ce qui met à mal ces deux couples sont le devoir et les secrets. Les deux hommes, brillants scientifiques, sont missionnés par le Président pour créer une bombe nucléaire. Mais impossible pour eux de raconter à leurs épouses ce sur quoi il travaille. Une véritable dichotomie s’installe donc. La notion de secrets est très simplement représentée par ces ratures noires dans des documents classés top secret.
Malgré tout, le générique montre à quel point les deux mondes sont intrinsèquement liés : les images de la vie quotidienne (les œufs au plat, la table) sont mélangées à des données mathématiques. Le climax de cette bande-annonce est bien évidemment cette image finale du noyau noir, qui rappelle la bombe atomique. Mais quand on se rapproche plus près, on remarque qu’il est constitué de milliers d’individus. Il s’agit là d’une métaphore du noyau familial ou de la famille nucléaire, le vrai cœur de la série.
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Devoirs, famille, secrets et mystères : la saison 1 de Manhattan est à découvrir sur Netflix