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    Vous avez aimé The Witch ? Découvrez la série Salem, qui revisite le mythe des sorcières
    Par Jérémie Dunand — 27 juin 2016 à 19:05
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    Diffusée depuis 2014 aux États-Unis, la série fantastique Salem, portée par Shane West et Seth Gabel, revisite à la sauce fantastique le procès des sorcières de Salem, et devrait intéresser ceux qui ont frissonné en salles devant le film The Witch.

    WGN America

    En salles depuis le 15 juin, The Witch, premier film du réalisateur Robert Eggers, nous plonge dans la Nouvelle-Angleterre de 1630, à travers l'histoire de William et Katherine, qui mènent une vie pieuse entourés de leurs cinq enfants, loin de la civilisation. Suite à la disparition de leur nouveau-né dans d'étranges circonstances, les différents membres de la famille vont peu à peu se dresser les uns contre les autres et se persuader que l'un (ou plutôt l'une) des leurs pourrait bien avoir pactisé avec le diable...

    Cette fable horrifique, qui questionne autant nos peurs primales que les dangers du fondamentalisme religieux, nous ramène forcément, par son sujet et l'époque à laquelle elle se déroule, à l'une des périodes les plus sombres de l'Histoire américaine, à savoir celles du procès des sorcières de Salem. Car si The Witch se déroule 60 ans plus tôt, impossible de ne pas penser à la paranoia puritaine et à l'hystérie collective qui se sont peu à peu emparées du Massachusetts en 1692.

    Des événements tragiques dont le cinéma s'est déjà emparé par le passé (on pense notamment au film La Chasse aux sorcières) et qui se sont récemment retrouvés au cœur d'une série télé. À savoir, Salem, drama dont on parle peu depuis son lancement en 2014, malgré 26 épisodes diffusés à ce jour sur la chaîne câblée américaine WGN America, et qui revisite le fameux procès à la sauce fantastique, à grands coups de magie noire et de scènes sanguinolentes. De quoi prolonger parfaitement l'expérience The Witch

    WGN America

    De quoi ça parle ?

    Parti combattre dans la guerre contre les Indiens en 1685, John Alden revient finalement chez lui, à Salem, sept ans plus tard et découvre que sa bien-aimée de l'époque, Mary Sibley, ne l'a pas attendu et en a épousé un autre. Mais surtout, il retrouve une communauté dominée par la peur des sorcières, alors que les cas de sorcellerie se multiplient. Le retour de John, et les sentiments passés pas complètement éteints, vont-ils venir contrecarrer les plans de Mary, qui s'est abandonnée aux forces occultes et nourrit, dans l'ombre, de noirs desseins ?

    Un casting ensorcelant

    Au-delà de son titre accrocheur, bien qu'on ne peut plus clair (on se doute bien qu'il va être question de sorcières), Salem interpelle rapidement par son casting, qui parle autant aux sériephiles qu'aux cinéphiles, et sert de belle vitrine à une série malheureusement encore peu connue, malgré deux ans d'existence (et une saison 3 à venir aux alentours d'Halloween aux États-Unis). Dans la peau de Mary, sorcière à la chevelure noir de jais et au charme ravageur, qui projette de mener Salem à la baguette, on retrouve la belle Janet Montgomery, comédienne anglaise vue dans Black Swan, Détour mortel 3, ainsi que dans les séries Human Target et Entourage, dans laquelle elle campait Jennie.

    Si elle épate plutôt en anti-héroïne délicieusement démoniaque, le seul faux-pas du trio de tête de la série revient à Shane West (Urgences, Le Temps d'un automne). En effet, si l'interprète de John, amoureux transi de Mary, remplit sans effort le quota "beau gosse" inhérent à quasi toutes les productions américaines, son jeu inexpressif lasse rapidement. Heureusement, Brannon Braga et Adam Simon, les créateurs de Salem, ont fait appel à l'excellent Seth Gabel, vu dans Dirty Sexy Money, Fringe, et Arrow, pour incarner le pasteur Cotton Mather, qui est sûrement le personnage le plus intéressant de la série, en dehors de Mary, de par la lutte intérieure qui le tiraille, entre mission divine et (trop) nombreuses faiblesses. On peut toutefois lui reprocher d'en faire parfois un poil trop, mais cela reste assez jouissif à regarder.

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    Le reste du casting comprend notamment Xander Berkeley, le Percy de Nikita, et Ashley Madekwe, que l'on retrouve avec plaisir dans la peau de la sorcière et alliée de Mary Tituba, après son passage par les Hamptons dans Revenge. Et les guests ne sont pas en reste puisque, pour les plus persévérants, la saison 2 voit l'arrivée de Stuart Townsend (La Reine des damnés, XIII : la série), dans le rôle de Samuel Wainwright, un docteur bien décidé à mettre en lumière les plus sombres secrets de Salem. Quant aux fans de Xena, la guerrière, ils seront ravis puisque Lucy Lawless campe, quant à elle, la Comtesse Marburg, descendante d'une lignée ancestrale de sorcières nordiques, qui marque la saison par son goût immodéré pour les bains de sang (au sens propre comme au figuré !).

    Loin de Charmed et de Witches of East End

    La force de Salem, qui a débarqué sur le petit écran bien après des séries comme Sabrina, l'apprentie sorcière, Charmed, Les mystères d'Eastwick, ou Witches of East End, c'est justement de ne pas proposer une énième variation autour du thème de la gentille sorcière. Le drama historico-fantastique de WGN revient aux fondamentaux et nous offre des sorcières qui semblent puiser leurs pouvoirs dans la nature et n'ont aucun souci à pactiser avec les forces les plus occultes qui soient. Tout ça est bien loin d'Harry Potter et compagnie, donc.

    Braga et Simon ont plutôt fait le choix de créer une série à mi-chemin entre American Horror Story (on pense évidemment à Coven) et Sleepy Hollow. L'ambiance est clairement plus sombre et adulte que ce qui s'est fait jusqu'à présent en matière de sorcellerie à la télé, et la chaîne WGN, qui connaît un joli succès grâce à cette première incursion dans le genre de la fiction, s'est donc lâchée en proposant un mix de violence, de sang, de sexe, et de fantastique qui devrait plaire aux fans de la série anthologique de FX signée Ryan Murphy, comme aux aficionados de films d'horreur.

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    Évidemment, il ne faut pas chercher la véracité historique dans Salem, puisque la série prend un malin plaisir à proposer une version "fantastique" des événements qui ont ébranlé la petite ville du Massachusetts en 1692. Les intrigues tombent donc parfois dans l'excès de surnaturel, mais c'est aussi ce qui fait la force de la série. On comprend rapidement que ces sorcières de Salem sont de réelles sorcières (sans les balais magiques toutefois) et que c'est Mary elle-même qui est à l'initiative des procès, afin de faire monter d'un cran l'hystérie ambiante, de diviser la ville pour mieux se l'accaparer, mais aussi pour faire couler du sang innocent mais nécessaire à la réalisation d'un rituel.

    Après une première saison qui progresse lentement (le rythme des premiers épisodes est assez déroutant) mais sûrement vers le dit rituel (appelé le "Grand Rite"), et pose les enjeux de la lutte entre Puritains et jeunes femmes dévouées au Diable (sans que personne ne soit ni vraiment bon, ni vraiment mauvais), la saison 2, plus sombre et sanglante que la première, s'intéresse, quant à elle, à la lutte de pouvoir entre les sorcières de Salem. Tout un programme. La saison 2 se termine d'ailleurs sur la mort d'un personnage majeur (chut..), et laisse donc augurer des rebondissements en pagaille pour la saison 3 de 13 épisodes à venir. Les sorcières de Salem n'ont donc pas fini de danser, et de l'aveu même des créateurs, il reste encore beaucoup d'histoires à raconter (les événements au cœur de la série, et leurs répercussions, s'étant étirés au-delà de 1692).

    En attendant l'arrivée un jour de Salem sur une chaîne française, découvrez la bande-annonce de la série :

    "Salem" : la bande-annonce intégrale de la saison 1

     

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