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Into the Badlands : rencontre avec les créateurs de Smallville, 15 ans après
Par Jérémie Dunand — 13 nov. 2016 à 17:15
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Alors que "Into the Badlands" vient de débuter en France sur Sundance TV, nous avons pu nous entretenir avec Alfred Gough et Miles Millar, les créateurs de cette série d'arts martiaux post-apocalyptique, 15 ans après le lancement de "Smallville".

AMC Studios

En novembre 2015, la chaîne câblée américaine AMC (Mad Men, The Walking Dead) lançait Into the Badlands, une série d'arts martiaux ambitieuse créée par le duo de scénaristes Alfred Gough et Miles Millar, à qui l'on doit notamment Smallville, qui vient de fêter les 15 ans de sa première diffusion aux États-Unis. Portée par Daniel Wu, Marton Csokas, et Aramis Knight, Into the Badlands se déroule plusieurs centaines d'années dans le futur, au sein d'une nouvelle société féodale, dirigée par 7 barons et érigée sur les ruines du Midwest américain, après que des catastrophes aient balayé la civilisation telle que nous la connaissons. L'intrigue de la série suit Sunny, un redoutable guerrier qui travaille pour le compte de Quinn, l'un des 7 barons, et se lance dans une périlleuse odyssée, en compagnie de M.K., un adolescent doté de mystérieux pouvoirs, pour accéder au-delà des Badlands et trouver la liberté.

Alors que la diffusion de la saison 1, qui comprend 6 épisodes, a débuté en France dimanche dernier sur Sundance TV, AlloCiné a pu s'entretenir avec les deux créateurs de la série, qui nous ont parlé de leurs influences et de la saison 2 à venir. Sans oublier d'évoquer Smallville et Les Chroniques de Shannara, dont ils sont également les showrunners.

Vous parlez souvent d'Into the Badlands comme d'un "projet passion". Pourquoi cette histoire vous tenait-elle autant à cœur ?

Miles Millar : Nous avons créé d'autres séries par le passé, mais notre rêve a toujours été d'écrire une série sur les arts martiaux, qui soit centrée sur cela avant tout. Nous avions vraiment envie de proposer une série avec des séquences de combat hallucinantes, dans le style purement hongkongais. C'est donc dans cette optique que nous avons fini par créer Into the Badlands. Mais ça a été un processus assez long. Il nous a fallu trouver la bonne chaîne, qui soit partante pour relever ce challenge un peu fou. Et nous avons vraiment eu de la chance avec AMC.

Et justement, cela n'a pas été trop compliqué de convaincre AMC ?

Miles Millar : En fait nous avons eu la chance qu'AMC soit mmédiatement emballée, lors de notre première rencontre, pour leur pitcher notre idée de série. C'est d'ailleurs la seule chaîne à qui nous avons pitché Into the Badlands. Une commande aussi rapide est extrêmement rare. Ça ne nous était jamais arrivé avant. Nous leur avons exposé notre vision de l'histoire et leur avons montré une compilation d'extraits de films auxquels nous voulions que la série ressemble en terme d'ambiance et de mise en scène. Et étant donné que ça leur a énormément plu, ils se sont immédiatement positionnés.

Quelles sont les influences qui vont ont inspiré pour créer l'univers atypique de la série, mélangeant monde post-apocalyptique et société aux codes féodaux ?

Alfred Gough : Nous avons été influencés par tout un tas de choses. En premier lieu par le cinéma de Sergio Leone, et plus globalement par la vague des westerns spaghetti. Et puis évidemment les films de samuraïs, et tout spécialement ceux de Kurosawa, nous ont aussi beaucoup inspiré. Sans oublier les films de Bruce Lee, de Jet Li, et des chefs-d'oeuvre du cinéma asiatique tels que Le Secret des poignards volants et Il était une fois en Chine. C'est le cinéma que nous adorons.

Miles Millar : Et il ne faut pas oublier que nous avons également eu la chance de faire deux films avec Jackie Chan [ils ont signé le scénario de Shanghaï Kid et de Shanghaï Kid 2, ndlr], donc il fait aussi bien évidemment partie de nos grosses influences lorsqu'il s'agit de créer une série d'arts martiaux.

AMC Studios
Daniel Wu, alias Sunny, dans "Into the Badlands"

Depuis la diffusion de "Kung Fu" dans les années 1970, les séries d'arts martiaux se sont faites assez rares sur le petit écran. Aviez-vous la volonté de ranimer le genre en créant "Into the Badlands" ?

Alfred Gough : Nous avons évidemment essayé ! Notamment en tentant de trouver un nouveau public enclin à regarder une série centrée sur les arts martiaux. Pour nous il était important que la série mélange des influences américaines et des techniques d'arts martiaux propres au kung-fu. Et puis on voulait à tout prix mettre à l'antenne une série portée par un acteur américano-chinois. (...) Il fallait que la série soit respectueuse d'un certain héritage chinois, mais en même temps qu'elle se permette d'être sa propre entité. La série se déroule d'ailleurs aux États-Unis, et non pas en Asie. C'est un réel mélange des genres, des influences. On la voit comme une fusion entre l'Orient et l'Occident. Une histoire qui se déroule en Amérique, mais qui est influencée, guidée par l'Asie en terme de visuels, de costumes, d'armes, et de techniques narratives. Tout cela donne vraiment un aspect authentique à la série. Into the Badlands est donc probablement la plus authentique des séries d'arts martiaux à avoir existé à la télévision américaine.

Aviez-vous déjà Daniel Wu en tête lors de l'écriture, pour incarner le héros de la série, Sunny ?

Alfred Gough : Daniel fait partie de l'aventure depuis le début, en tant que producteur délégué. Et je crois que, pour être honnête, Miles et moi avons toujours su qu'il ferait un très bon Sunny, qu'il était un choix potentiel pour le rôle. Nous avons tout de même auditionné d'autres acteurs avant de lui proposer d'être plus qu'un producteur sur la série. Mais Daniel est une star de cinéma en Chine, c'est un très bon acteur, et en plus il est Américain, ce qui aide évidemment, puisque l'anglais est sa première langue. Et il est totalement à l'aise avec les arts martiaux. Bref, il remplissait tous les critères, et même si Daniel ne savait pas dès le départ qu'il serait la star de la série, il a fini par s'imposer comme le choix évident.

La série est assez époustouflante visuellement, et pourtant vous n'avez clairement pas le même budget qu'un show comme "Game of Thrones". Comment parvient-on à donner autant de cachet avec un budget restraint ?

Alfred Gough : Le rendu visuel de la série est vraiment l'un des points primordiaux pour nous. L'histoire se déroule dans un futur post-apocalyptique, mais nous ne voulions pas reproduire Mad Max ou Le Livre d'Eli, en tombant dans un excès de tons saturés. Il y a beaucoup de couleurs dans Into the Badlands. Ça s'inscrit encore une fois dans notre volonté de rendre hommage au cinéma asiatique et aux films de samuraïs. Arriver à un tel rendu visuel demande évidemment beaucoup de travail. C'est un travail d'équipe, et on ne peut qu'encenser le travail de notre directeur de la photographie, de notre directeur artistique, et de notre chef décorateur. Mais c'est toujours un challenge d'arriver à maintenir, sur la longueur, de telles exigences de production. Et oui, clairement, nous n'avons pas le budget de Game of Thrones, donc ça complique un peu les choses (rires) !

AMC Studios
Aramis Knight campe le jeune M.K., qui cache de sombres pouvoirs très convoités

Depuis la diffusion du season premiere de "The Walking Dead" le 23 octobre dernier sur AMC, la violence dans les séries est redevenu un sujet de discussions de premier plan. Into the Badlands est également une série sanglante et violente. Pensez-vous que la télé va parfois trop loin, et comprenez-vous que certains téléspectateurs soient choqués ?

Miles Millar : Notre série est effectivement extrêmement violente et imagée. Mais c'est parce que nous nous efforçons de rendre le plus réaliste possible ce qui arrive à nos personnages, qu'ils se fassent trancher la tête, transpercer par un sabre, ou briser le cou. Et si on proposait ce genre d'histoire sans aucune séquence sanglante, on donnerait l'impression d'être retourné dans la télévision des années 80. Mais il faut retenir qu'Into the Badlands n'est pas une série destinée à un jeune public. Elle est faite pour un public qui sait à quoi s'attendre et qui est en mesure de faire des choix.

Alfred Gough : Quant à savoir si la télévision va parfois trop loin… Je crois que ça dépend vraiment des séries. Dans le cas de The Walking Dead, nous sommes plongés dans un monde brutal. Idem pour Game of Thrones. C'est l'histoire au coeur de ces séries qui impose un certaine violence. Si l'on veut qu'il y ait de vrais enjeux, et que les personnages soient confrontés à un réel danger, la violence devient d'une certaine façon essentielle. Dans Into the Badlands, les arts martiaux nous permettent d'insuffler une certaine beauté, un sens de la chorégraphie, proche du ballet, aux combats et aux scènes violentes que l'on propose chaque semaine. Mais la violence qui en découle n'est qu'un aspect des arts martiaux, et donc de la série. L'entraînement qui va avec la pratique du kung-fu est également primordial dans la série. Et cela nous permet d'évoquer les effets positifs que les arts martiaux ont sur nos personnages.

Que pouvez-vous teaser sur la saison 2 ? Allons-nous avoir plus d'indices sur ce qui a propulsé le monde dans cet état post-apocalyptique, il y a des centaines d'années de cela ?

Miles Millar : En saison 2, vous aurez un meilleur aperçu, plus global, du monde que nous avons créé. Dans la saison 1, nous nous sommes principalement concentrés sur le Fort, qui correspond au "royaume" de Quinn, ainsi que sur la Veuve. Et là, dans ces nouveaux épisodes, nous allons également sortir des Badlands. Vous allez découvrir beaucoup plus d'aspects de cet univers, rencontrer de nouveaux barons. Mais pour être honnête, cela ne nous intéresse pas vraiment de répondre aux questions concernant ce qui est arrivé à notre présent, à la civilisation du 21ème siècle. Ces personnages, qui vivent 500 ans dans le futur, n'ont pas vraiment de raisons de parler de ce qui nous est arrivé. De la même façon que, même si l'Histoire nous intéresse tous, à des degrés différents, nous ne parlons pas constamment des tragédies qui ont touché la planète au cours des derniers siècles. Les personnages de la série ont bien assez à faire avec les problématiques de leur présent.

MTV US
Poppy Drayton, Austin Butler, et Ivana Baquero, les trois stars de la série "Les Chroniques de Shannara"

Vous êtes actuellement les créateurs et showrunners de deux séries, à savoir "Into the Badlands" et "Les Chroniques de Shannara". Comment vous êtes-vous retrouvés à devoir jongler entre les deux séries, qui sont entrées en production plus ou moins au même moment ?

Alfred Gough : Au départ, nous n'avions pas prévu d'écrire et de tourner les deux séries en même temps (rires). C'est le hasard de la télévision et des calendriers de production. Et cela continue en saison 2. Nous travaillons sur les saisons 2 des deux séries en ce moment même. Cela demande une certaine maîtrise du jonglage ! Nous avons de la chance d'être deux. Je crois qu'une seule personne n'y arriverait pas. Nous tournons la saison 2 de Into the Badlands à Dublin, en Irlande, et notre équipe de scénaristes est à Los Angeles. Et en même temps, nous nous préparons à aller tourner la suite des Chroniques de Shannara en Nouvelle-Zélande. Ça fait beaucoup de continents pour deux hommes (rires).

Après "Smallville", c'est la deuxième fois, avec "Shannara", que vous créez une série à partir d'une œuvre ou de personnages préexistants. Avez-vous l'impression que ce travail est beaucoup plus compliqué, en comparaison avec une série qui sort complètement de votre esprit, comme "Into the Badlands" ?

Alfred Gough : Il y a toujours des avantages et des inconvénients, peu importe le cas. Quand vous adaptez un roman, vous avez ce roman comme base, et il vous apporte un univers et des personnages. Mais vous ne faites pas du copier-coller. Il faut "adapter", et ce n'est pas sans difficultés. Avec Shannara, et c'était la même chose avec Smallville, en pire peut-être, une partie des téléspectateurs vous attend au tournant, en se demandant ce que vous allez faire des personnages et des histoires qu'ils adorent. Alors que lorsque vous créez une série "originale", les gens n'ont pas forcément d'attentes, ils se laissent porter. Et puis ce sont vos personnages, ils sont dans votre tête, et vous pouvez les emmener là où bon vous semble. Au final je trouve que c'est probablement plus amusant de pouvoir surprendre le public chaque semaine, sans qu'il puisse savoir ce qui va arriver ensuite. C'est ce qu'on fait sur Into the Badlands, et c'est vraiment génial.

Quand pouvons-nous espérer voir les saisons 2 de "Into the Badlands" et "Les Chroniques de Shannara" ?

Miles Millar : En 2017, sans aucun doute. Nous sommes en train de tourner la saison 2 de Into the Badlands, et le tournage de la saison 2 des Chroniques de Shannara débute en février, pour une diffusion espérée d'ici la fin de l'été 2017 sur MTV. C'est le plan pour le moment en tout cas.

Warner Bros. Television
"Smallville", il y a 15 ans déjà...

Impossible de ne pas vous parler de "Smallville", que vous avez créée il y a 15 ans. Pensez-vous que le retour en force des super-héros à la télé que l'on connaît actuellement, avec "Arrow", "Flash", ou "Supergirl", est dû au succès de "Smallville" ?

Alfred Gough : Si l'on regarde en arrière, c'est vraiment Smallville, à la télé, et X-Men, au cinéma, qui ont lancé ce retour des super-héros au début des années 2000. Smallville reposait beaucoup sur la dimension émotionnelle des personnages, sur les origines de leur destinée, et cette nouvelle façon de raconter ces histoires que l'on connaît a probablement servi de modèle à toutes les séries de super-héros qui ont été lancées ensuite. Mais je dois avouer que nous n'avons pas vraiment eu l'occasion de regarder Flash, Arrow, ou Supergirl. Nous sommes pas mal occupés avec deux séries sur deux continents (rires).

Vous avez quitté "Smallville", dont vous étiez les créateurs et showrunners, à l'issue de la saison 7. C'était votre décision, ou vous a-t-on poussé vers la porte ?

Miles Millar : C'était totalement notre décision, à 100%. Nous avions produit et supervisé l'écriture de 150 épisodes, et nous avions vraiment l'impression d'avoir raconté tout ce que nous avions à raconter. Et puis nous avions envie de nous consacrer à d'autres projets. Nous avons produit des films, et créé d'autres séries. C'est génial de pouvoir lancer des séries qui durent aussi longtemps que Smallville, mais il ne faut pas oublier que nous ne vivrons pas éternellement. Nous voulions donc avoir la possibilité de réaliser d'autres rêves. Évidemment, la chaîne et le studio étaient mortifiés quand on leur a annoncé notre décision de partir, mais nous n'avons vraiment aucun regret aujourd'hui.

Pour finir, un mot sur le dernier épisode de "Smallville", diffusé en 2011 sur la CW ? Qu'en avez-vous pensé ?

Alfred Gough : En fait, pour être très honnête, nous n'avons plus jamais regardé la série après notre départ. Quand vous partez d'une série que vous avez créé, il vaut mieux ne pas regarder en arrière. Elle appartient ensuite aux nouveaux showrunners, et ils en font ce qu'ils ont envie.

La bande-annonce de "Into the Badlands", diffusée tous les dimanches soirs en France sur Sundance TV, au rythme d'un épisode par semaine, depuis le 6 novembre :

Into the Badlands - saison 1 Teaser (2) VO

 Propos recueillis par Jérémie Dunand le 4 novembre 2016.

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