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Rogue One en DVD/Blu-ray : retour sur l'origine du film... et la création d'un droïde déjà culte
Par Emmanuel Itier, propos recueillis à Los Angeles le 21 mars 2017 — 21 avr. 2017 à 05:00
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A l'occasion de la sortie DVD/Blu-ray/Blu-ray 3D de "Rogue One", retour sur la création de cette "Star Wars Story" avec le producteur, scénariste et responsable des effets visuels John Knoll, le comédien Alan Tudyk et Hal Hickel d'ILM.

Rogue One BONUS "L'idée"

Rogue One - Disponible en DVD, Blu-ray et Blu-ray 3D

AlloCiné : Parlez-nous de la genèse de "Rogue One", puisque c’est vous qui avez proposé l'idée du film...

John Knoll (producteur exécutif et superviseur des effets visuels) : Tout a commencé en 2003 pendant le tournage de l'Episode 3 à Sidney. A ce moment là, il était question de faire également une série live action pour la télé. Je me suis mis à cogiter sur des idée d’épisodes d'une heure et dans l’esprit d’une série. Et ce qui m’est venu à l’esprit fut cette mission "suicide" pour voler les plan de l'Etoile Noire. Ma vision s'inscrivait plus dans la lignée d’un épisode de Mission Impossible, en fait. J’en ai alors fait part à Rick McCallum qui produisait l'Episode 3 et qui devait aussi produire la série. Et alors qu’il m’expliquait ce qu’ils allaient faire et quelle serait la trame de la série, je me suis rendu compte que mon histoire "Mission : voler les plans" ne correspondait pas du tout à ce que Rick cherchait. Et du coup j’ai laissé tombé mon idée.

Ce n’est qu’en 2012, lorsque que Kathleen Kennedy a annoncé cette nouvelle série de films inspirés par l’univers de Star Wars, que j'ai trouvé le courage de ressortir mon idée du tiroir. Quand j’ai su qu’il y aurait des films uniques et des contenus sans connection directe avec la timeline des Star Wars 7, 8 et 9, j’ai tout de suite pensé que mon histoire pouvait sans doute tenir debout comme un film propre. Avant d’aller en parler à Kathleen, j’ai bossé sur mon histoire pour mieux la structurer en trois actes clairs et précis, et j'ai détaillé en profondeur la galerie de personnages que j’avais créés. Finalement, j’ai pris rendez-vous avec Kathleen et je me suis défoncé avec un pitch que je pensais assez incroyable. Elle m’a remercié et je suis reparti. Elle n’a rien laissé vraiment transparaître de sa reaction, donc je me suis dit que c’était cuit et sans suite. Au moins je n’avais aucun reget et j’avais tout essayé. Et pourtant, une semaine après, je reçois un email du chef du dévelopement chez Lucasfilms m’annonçant qu’elle et Kathleen étaient très intéressées pour poursuivre la conversation avec moi et tenter de faire quelque chose de mon pitch ! Incroyable !

Comment le script a t-il évolué par la suite ? Qu’est-ce qui a été écarté de vos idées d’origine ? Parlez nous aussi de Jyn Erso.

Mon histoire en six pages a fortement changé jusqu’au script final ! (Rires) Par exemple, nous voulions mettre plus en avant le parcours émotionnel de Jyn. Galen Erso n’est apparu qu’en cours de route et n’était pas dans mon concept d’origine. Jyn, à l’origine, était le leader d’un commando de rebelles et c’est elle qui découvre en premier que l’Empire est en train de construire l'Etoile Noire avec son armes dévastatrice capable d’anéantir une planète entière. Et même si elle est convaincue de sa trouvaille, son entourage doute d’elle. Et évidemment tout ceci va mener à la grande révélation que tout ceci est bien vrai et que l'Etoile Noire est une menace sur le point de s’incarner.

Comme vous le savez, dans le film final, Jyn ne fait pas partie de la Rébellion : elle est approchée par les rebelles car ils savent que son père est l’un des ingénieurs principaux de l'Etoile Noire. Je pense que d’avoir eu la bonne idée de créer une "relation familiale" donne une densité supplémentaire à Jyn. Donc au fur et à mesure de l'écriture, son personnage et ses motivations se sont paufinées et raffinées. C’était vraiment pour moi un moment magique de voir mon imagination prendre vie ainsi sur le papier jusqu’au résultat final avec l’interprétation parfaite de Felicity Jones dans le role de Jyn.

Même si "Rogue One" a son propre univers, on sent que vous vouliez garder des liens avec les autres films Star Wars...

Absolument. L’idée que nous avons, et que Kathleen Kennedy et Lucasfilms ont, est vraiment d’étendre l’Univers de Star Wars tout en le gardant cohérent et interconnecté. Au début de Rogue One, il est fait allusion à une bataille ayant lieu avec l’Empire grandissant et on comprend qu’il s’agit grosso modo des évènement autour et au début de l’Episode 4. D’où d’ailleurs la fin avec l’apparition de Dark Vador et d’une "jeune" princesse Leia. C’est vraiment un casse-tête fascinant que créer un film qui s’emboite parfaitement dans les autres films. Et je crois que pour le spectateur averti, le fan, c’est le pied total de se plonger totalement dans ce monde au delà des étoiles.

Pouvez vous révéler quelques easter-eggs et surprises de "Rogue One" ?

Il y en a en effet beaucoup et je ne vais pas tout vous dire ! A vous de les découvrir en plongeant dans les bonus offerts par le DVD/Blu-ray. Vous aurez ainsi des portrait très détaillés de Jyn, de Cassian et du droide K-2SO joué par l’incontournable Alan Tudyk. Ma fascination est pour l'Etoile Noire, et il y a un plan où, si vous regardez avec précision, on voit la tranchée de "l’équateur" qui arbore un Star Destroyer. Cette tranchée fait au moins un kilomètre et demi, et donc je me suis dit qu’il y avait la place pour y mettre un Star Destroyer qui est mon vaisseau spatial favori dans Star Wars.

 AlloCiné Quelle défi et quelle expérience avez-vous traversé avec Rogue One ?

Alan Tudyk (K-2SO) : C’était de marcher avec des échasse, vue la hauteur de K-2SO ! Et puis c’est vrai qu’être toujours habillé avec ce costumes à senseurs pour la motion capture peut créer de la claustrophobie de temps à autres. Pour certaines scènes, j’avais aussi des mains électroniques, des prothèses, comme un robot, donc ce n’était pas facile de manipuler quoi que ce soit. Mais d’une manière générale je m’en suis bien sorti sans trop d’égratinures ! (Rires)

Hal Hickel (superviseur de l'animation du personnage) : Et pour moi c’était de me taper Alan ! Quelle diva ! (Rires) Non, en fait pour moi, c’était de créer un robot à la fois classique et faisant partie de l’univers Star Wars, et à la fois unique. Et puis à part ces yeux, son visage est plustôt statique donc ce n’était pas facile de lui donner des émotions, comme de le faire sourire par exemple. Et puis c’est un robot un rien usé avec des égratignures, donc ça aussi cela demande du travail pour tout ne soit pas trop brilliant et les angles parfaits. J’aime que l’esthétique des robots dans Star Wars soit minimaliste et vraiment simple au niveau conceptuel. Cela rend le travail plus facile. Même si on a un robot classique Star Wars, c’est tout de même un robot avec lequel nous avons pas mal de libertés comme celle de lui faire tirer un flingue ou de se battre avec les soldats impériaux. Le sens de l’humour, que l’on doit en grande partie au jeu d’Alan, change aussi de l’humour de R2D2 ou C-3PO.

Avez vous des scènes plus compliquées que d’autres ?

Alan Tudyk (K-2SO) : Sa mort ! Tout se passe si vite et il y a beaucoup de technicité dans cette scène. C’était un tournage rapide et je n’avais pas trop de temps pour me préparer. Il m’a fallu doser l’émotion sans en faire trop. Et puis dans certaines scènes où le sol était glissant ou plein de gros rochers comme pendant le tournage en Jordanie sur une falaise, ce ne fut pas une partie de plaisir pour moi avec mes échasses. Courir dans le sable n’était pas une partie de plaisir : en fait, j’ai dû parfois enlever ces chaussures plateformes et porter comme un simili du visage de K-2SO au dessus de ma tête pour conserver l’illusion de la hauteur du robot.

Avez-vous dû créer des techniques d’animation nouvelles pour K-2SO ?

Hal Hickel (superviseur de l'animation du personnage) : Pour certaines scènes et parce que nous voulions voir si c’était possible, nous l’avons animé en temps réel au moment du tournage ! Nous voulions voir immédiatement le résultat de ce qu'Alan venait d’interpréter. Mais en règle générale, tout l’animation s’est faite en post-production car pour bien faire, cela prend des heures.

 

 

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