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    Comment j'ai rencontré mon père : "une aventure humaine où chacun cherche sa place"
    Par Brigitte Baronnet - Propos recueillis le 2 juin 2017 — 7 juin 2017 à 05:45
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    Avec "Comment j'ai rencontré mon père", Maxime Motte signe un premier long métrage chaleureux et sincère, porté par le joli tandem François-Xavier Demaison et Isabelle Carré. Rencontre avec le cinéaste.

    SND

    AlloCiné : Après avoir réalisé le court métrage Comment j'ai rencontré mon père, vous présentez votre premier long métrage dérivé de ce court...

    Maxime Motte, scénariste et réalisateur : Le court métrage était davantage sur la vision de l’enfant, plus lunaire d’une certaine manière, c’était plus « onirique », plus contemplatif, et il n'y avait pas de comédie. Pour le long métrage, j’étais parti d’abord avec un co-auteur sur une version assez différente. A un moment, j’ai tout repris, car je me suis dit : avec ce qu’il se passe en ce moment, je n’ai pas envie de faire quelque chose qui serait juste un peu léger.

    J’ai envie de l’amener vraiment sur une comédie fraternelle, solidaire, voire solaire d’une certaine manière. Je suis peut être un farouche optimiste, mais on a une force insoupçonnée à faire des choses merveilles ensemble, c’est un peu ça que j’avais envie de raconter.

    Le film est une comédie, mais le fond du film aborde la question des migrants. Qu'est-ce qui vous a intéressé dans ce sujet ?

    J’avais à cœur de pouvoir, avant tout, parler d’une aventure humaine. C’était important pour moi de ne pas mettre d’étiquettes sur des personnes, mais que ce soit une aventure humaine, où chacun cherche sa place, que ça soit dans la famille, dans la société. Chacun va être amené, sans l’avoir désiré, à devoir vivre une aventure commune. C’est ça qui est le plus important pour moi dans le film, parce que je ne veux pas être donneur de leçon.

    Une aventure humaine, où chacun cherche sa place

    D'abord, parce que je ne suis pas à la place des personnes qui vivent ce voyage, et des personnes qui ont été dans le Nord de la France et confrontées à des non-prises de décision politique, ce qui fait qu’il y a eu des situations difficiles. Ce serait trop facile de juste dire, il faut ouvrir sa porte. Mais ce que je souligne, c’est juste qu’on peut gagner quelque chose de formidable à ouvrir sa porte. Ça peut amener des rencontres extraordinaires.

    Aujourd’hui, quand il y a beaucoup de gens qui essayent de construire des murs pour nous diviser, je crois farouchement au merveilleux qu’on est capable de bâtir ensemble. Seul, on peut faire une cabane... Ensemble, on peut faire une fusée pour aller sur la lune !

    Je n’ai pas du tout la prétention de faire un film politique, ni de faire un film complètement réaliste, mais de raconter une aventure de personnages, une rencontre qui peut amener de la vie. L’idéal pour moi c’est que le spectateur ait passé un bon moment et qu’après il dise "je prends ci, "je prends ça". Je ne voulais vraiment pas être dogmatique. 

    SND

    Votre casting associe notamment deux comédiens que l'on avait vu réuni par le passé dans Tellement proches. Pouvez-vous nous parler de ce qui vous a amené à choisir François-Xavier Demaison et Isabelle Carré ?

    Ce sont deux comédiens dont j’aime beaucoup le travail. Je suis fan de ce qu’ils font, de ce qu’ils arrivent à apporter à chaque fois sur des rôles différents. Isabelle Carré a une palette de jeu qu’elle a pu déjà explorer sur plein de registres différents, et François-Xavier aussi. J’avais envie de les réunir. Le couple que l’on créé à l’image aussi est important. Je trouvais que ça pouvait donner quelque chose de très joli à l’image. Isabelle, fine et élancée, et François-Xavier, qui a un côté protecteur, un peu ours qu’on a envie de câliner. Ensuite, outre le talent, je sentais que c’était des personnes généreuses dans le travail, et je ne me suis vraiment pas trompé.

    Ensuite, il y a Diouc Koma que j'avais vu dans Un homme qui crie. Je l'avais trouvé extrêmement juste. Il y avait ce pari de voir comment ça allait se passer dans le registre de la comédie. Mais c'était évident tout de suite, et ce qui est bien, c'est que son personnage ne soit pas forcément dans des excès de nuances pour donner une vraie crédibilité au personnage.

    Et Owen Kanga, c'était son premier film. Pour moi, i y a une responsabilité encore supérieure quand on travaille avec un enfant. Avec un comédien adulte qui vous fait confiance, il faut être digne de cette confiance. Avec Owen, j'avais à coeur qu'on puisse se dire qu'on avait envie de jouer ensemble, que ce soit quelque chose de ludique pour qu'il puisse garder sa fraicheur. Le lien s'est fait immédiatement avec ses partenaires adultes. 

    SND
    Diouc Koma et Owen Kanga dans Comment j'ai rencontré mon père

    Parmi les influences citées pour votre film, il y a Little Miss Sunshine...

    Je n’avais pas envie de mettre cette référence en avant parce qu’on l’utilise tout le temps. Bien sûr que c’est un film qui a pu m’inspirer parce que j’adore ce qu’il s’y passe, mais c’est vrai qu’à chaque fois qu’on fait une comédie familiale, on donne cette référence !

    Je suis un grand amateur de comédies sociales à l’anglaise : Billy Elliott, Full Monty… Etre pétillant sur des sujets dramatiques. Mais je trouve qu’on a un terreau aussi extraordinaire de réalisateurs et de comédies sociales en France. L’exemple le plus flagrant étant La Grande Vadrouille et c’est vrai que c’est une comédie sociale : c’est un chef d’orchestre qui va vivre une aventure incroyable avec un peintre en bâtiment.

    Je suis un grand amateur de comédies sociales à l’anglaise

    Il y a aussi les films de Coline Serreau, que ce soit La Crise, Trois hommes et un couffin… Il y a le film de Jugnot que j’aime beaucoup, Une époque formidable. Intouchables aussi, dans la force de trouver des sujets et d’en faire quelque chose de pétillant. Et si on va plus loin, dans les comédies italiennes, La Vie est belle de Begnini.

    Choisir une telle thématique et d’arriver à en faire quelque chose qui puisse apporter de la joie, c’est formidable. Pour l’anecdote, je passais dans la rue et je n’avais pas encore vu les affiches du film qui circulent sur les bus, et on a donc cette critique du Elle qui dit "Un film qui fait du bien". Ce n’est pas moi qui le dit, mais c’est moi qui ait rêvé qu’on le pense, parce que c’est vrai qu’avec ce film, j’avais envie de ça. Si par ces temps-ci, les spectateurs peuvent sortir en se disant "Ca fait chaud au cœur", ce serait le plus beau des cadeaux.

    Il y a une autre référence que je n’ai pas cité encore, et pourtant j’y pensais tout le temps, c’était E.T. Ce que je trouve génial, c’est qu’en anglais on dit alien pour dire extra-terrestre et étranger. Pour moi, il y avait un peu de ça dans la rencontre, ce petit moment un peu onirique, quand il y a la rencontre sur la plage. C’est le premier film que j’ai vu autant de fois quand j’avais 8 ans au cinéma. Il y avait un petit clin d’œil mais il faut juste prendre la référence sans que ce soit trop visible.

    Bestimage
    François-Xavier Demaison, Isabelle Carré et le réalisateur Maxime Motte à la cérémonie de clôture du Festival de Saint-Jean de Luz

    Un mot sur votre parcours... Vous avez été comédien, vous jouez d'ailleurs un petit rôle dans ce film. Vous destiniez-vous plutôt à être comédien ou aviez déjà en tête de réaliser ?

    Depuis que je suis tout petit, j'ai toujours voulu raconter des histoires en tant que comédien, auteur et réalisateur. Mais j'ai été très patient parce que mes parents me disaient "Passe ton bac d'abord !" et je n'ai pas fait de fugue.

    J'ai fait deux écoles de théâtre et une école de cinéma. Puis j'ai commencé à travailler un petit peu. J'ai eu la chance de tourner pour Vincent Cassel pour un court métrage des Talents Adami. Mais, tout à coup, j'ai rencontré le chant lyrique : j'étais rentré en contact avec un prof car j'adore chanter. Et je suis resté à apprendre pendant 8 ans car j'avais toujours envie d'apprendre plus ! J'ai commencé à chanter, jusqu'au moment où je me suis dit, il faut faire un choix. J'ai rencontré ma femme là-bas aussi. Mais du coup, pendant 8 ans, j'ai arrêté complètement le cinéma.

    L'anecdote, c'est qu'un jour mon épouse m'offre un caméscope et là, je me dis : "bon, faut que j'écrive une histoire !" Et c'est parti de là : j'ai fait un premier court métrage, vraiment "home made", et après, j'ai eu la chance d'avoir des producteurs qui ont produit mon court métrage Comment j'ai rencontré mon père.

    A côté, j'ai eu quelques occasions de tourner en tant que comédien, et c'est aussi une position pour apprendre, pour regarder le réalisateur travailler ou la manière dont ça se passe avec l'équipe.

    La bande-annonce de Comment j'ai rencontré mon père :

    Comment j'ai rencontré mon père Bande-annonce VF

     

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