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S'il se passe quelque chose" - Vincent Dedienne au cinéma : "Une mise à nu totale" vue par son réalisateur [INTERVIEW]
Par Jean-Maxime RENAULT (@J_M_Renault) — 11 oct. 2017 à 19:11
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Ce jeudi soir, à l’occasion de la 300ème représentation de son spectacle "S’il se passe quelque chose", Vincent Dedienne propose au public de venir le vivre au cinéma. Nous avons interrogé le réalisateur François Hanss sur cette aventure...

À l’occasion de la 300ème représentation de son spectacle « S’il se passe quelque chose » et après avoir séduit près de 150 000 spectateurs, Vincent Dedienne propose au public de venir vivre son spectacle au cinéma. Le jeune humoriste en pleine ascension propose aux spectateurs de le retrouver dans les salles obscures le jeudi 12 octobre à 20h. Découvrez ce jeune acteur au parcours classique qui réconcilie théâtre et one-man-show en livrant un autoportrait à la fois drôle et sensible.

Réalisé par François Hanss (réalisateur du film Timeless 2013 de Mylène Farmer), ce show inédit réalisé au Théâtre de l’Atelier à Paris les 14 et 15 juin, sera à vivre en image HD au format Cinema Scope et en son 5.1. Chroniqueur de l’émission Quotidien de Yann Barthès avec son hilarant Q comme Kiosque, Vincent réconcilie le théâtre et le « seul-en-scène » à travers cet autoportrait drôle et touchant à la fois.

La bande-annonce de "S'il se passe quelque chose" :

Vincent Dedienne -  S’il se passe quelque chose - Au cinéma Bande-annonce VF

 

On vous connaissait réalisateur de clip, de film et d'émissions de variétés, mais aussi de concert, notamment pour Mylène Farmer. On vous découvre réalisateur de spectacle d'humour. D'abord avec Gaspard Proust, maintenant avec Vincent Dedienne. Comment est née cette collaboration et quel nouveau défi cela représentait pour vous ?

François Hanss : La rencontre avec Ruq prod (Laurent Ruquier et Sophie Hazebrouck) date effectivement de 2013 avec le projet de filmer le spectacle de Gaspard Proust au Théâtre du Châtelet. C'était un vrai désir de réalisation dans ce qui semblait encore inédit pour moi, un artiste seul en scène, son espace scénique étant seulement occupé par lui, une chaise et une banane. Très écrit, ce spectacle m’a donné l’envie de renforcer les mots par l’image et de jouer le corps, ses déplacements avec une petite musique qui me parle bien tant dans le rythme que dans l’élégance. Ce fut une belle expérience.

Quand à Vincent Dedienne, Sophie, sa productrice, m’a proposé d’aller découvrir ce jeune homme en 2014 aux débuts de son spectacle "S’il se passe quelque chose" au Petit Hébertot. Et c’est en fin 2016 que je suis allé le revoir avec pour nouvel objectif de le filmer. S’est engagé alors une préparation en collaboration étroite avec Vincent et son équipe. On a imaginé par exemple un prologue avec une esthétique en noir et blanc comme un hommage rendu à un certain cinéma français (Renoir, Carné, Guitry, Truffaut…), le passage à la couleur se faisant sur l’entrée de Vincent au Théâtre de l'Atelier. En écho à ce début, Vincent effectue à l’issue du spectacle une « sortie de scène » In Situ dans le Paris nocturne.

D'un point de vue technique, quels choix avez-vous fait ?

J’ai choisi le format cinémascope pour son ratio et son jeu de profondeurs. Seul format permettant pour ce type de représentation un rendu à la fois « spectaculaire » et intimiste, « classe » et confidentiel. Son ratio singulier autorise bien sûr toutes les grosseurs de plans mais il permet aussi, par le choix des focales de faire « respirer » le spectacle, de le faire « vivre », en lui donnant - ou en lui retirant, c’est selon - de l’espace et de la profondeur…

J’ai eu la chance de tourner en 4K avec des gros capteurs et de superbes objectifs qui rendent toute la douceur et le caractère soyeux des lumières. La dimension narrative de "S’il se passe quelque chose" a conduit à ce que ce Seul en scène soit séquencé et appréhendé en termes de tableaux. En effet, la conduite lumière existante du spectacle a été repensée pour le film et nous avons voulu jouer pleinement le plateau du Théâtre de l’Atelier en tant que décor à l’état brut. Il s’agissait ainsi de dévoiler ce qui fait écho au récit même de Vincent dans une lumière douce et sculpturale. L’espace scénique est sobre, allusif, un simple portique, une table, une chaise, un écran de projection. Les coulisses, les cintres et tous les ornements du plateau sont devenus dès lors une richesse dans les arrières-plans. Une forme d’intimité et de proximité a été également filmée en harmonie entre Vincent sur scène et avec les plans d’audience et du public.

Pascal Ito

"S'il se passe quelque chose" est certes un spectacle d'humour, mais il contient aussi de beaux moments d'émotion, très intimes. Est-ce que c'est cette ambivalence qui vous a séduit dans l'univers de Vincent Dedienne, qui peut faire passer du rire aux larmes ?


Bien plus qu’un stand-up, c’est un récit complexe dans lequel Vincent multiplie les personnages pour mieux parler de sa propre histoire, sans artifice. C’est ce principe même de la rupture qui m’attire tant par la sincérité que par l’outrance. C’est une vérité que Vincent possède et ces incursions dans la drôlerie aussi bien que dans la mélancolie sont sa force. On ne le voit pas venir. Il soigne chacun de ses looks et la caractérisation de ses personnages. Ça renforce l’envie de le filmer. En plus Il n’est pas cynique et c’est un vrai gentil !

Vincent Dedienne se met à nu sur scène, métaphoriquement mais aussi littéralement. Comment avez-vous géré cet aspect du spectacle, qui demande beaucoup de courage de sa part et que l'on ne filme pas de la même manière, j'imagine ?

Sa mise à nu est totale tout au long de son autoportrait. C’est parfois totalement impudique mais le courage est dans ses mots ! Sa nudité sur scène est un espace d’intimité très bien géré et assumé par lui. Du reste, lorsqu’il l’est, c’est élégant, léger et insouciant comme un enfant qui se balade tout nu. Vincent est totalement libre et son autodérision forcent le respect. Du coup, cinématographiquement, on gère! Cadres, montage, lumière… Mais ça n’est pas un problème !

Claude Gassian


L'univers de Vincent Dedienne se nourrit beaucoup du cinéma et de la chanson, il aime profondément les actrices et les chanteuses. Avez-vous des références en commun, notamment celles qui sont évoquées sur scène ?

Vincent est cinéphile et c’est un grand consommateur de DVD et curieux de toutes sortes de bonus et suppléments comme moi. Nous avons aussi la passion des génériques et de l’habillage graphique. Il a une forte connaissance du cinéma français et de ses acteurs et pas seulement contemporain. Ce qui est rare aujourd’hui parmi les nouvelles générations. La vie du monde commence à sa naissance… mais pas pour Vincent visiblement. ll a un véritable amour de notre patrimoine cinématographique. On a parlé de Guitry, Duvivier, Becker, Truffaut, Lelouch, Sautet, les années 70, etc.

Il aime tout autant l’image, la musique, les chansons et les actrices ! Oui les actrices. Son clin d’oeil à l’une de nos plus grandes, Annie Girardot, en est le parfait témoignage dans "S’il se passe quelque chose". Quand aux chanteuses, il a fait une play-list qu’il diffuse avant son spectacle de chansons interprétées par des chanteuses-comédiennes. C’est un véritable amoureux des voix. Celles d'Alice Sapritch, Shirley Bassey, Anne Sylvestre et Marguerite Duras


Quel est le passage du spectacle qui vous touche le plus à titre personnel ?

J’aime le prologue, comment on l’a envisagé et comment on l’a réellement tourné, j’aime son énergie et ce qu’il dégage dans son arrivée sur scène en s’habillant, j’aime Petit Pamplemou, la séquence vidéo des parents Marie-Jeanne et Louis-François, le brio de son élocution, le Dig Dug Doug, l’Addition, son regard sur lui adolescent qui faisait à 14 ans ses premières armes lors d’un sketch, quand il change de tableau sur fond de This is my life, sa sortie de scène lors de Mérignac, l’École de théâtre. J’aime entendre Sapritch en regardant Vincent assis, entendre la voix d’Annie Girardot dans Vivre pour vivre. J’aime Je ne t’aime plus !, Quelques mots d’amour de Michel Berger, la boucle qui est bouclée, "On naît, on meurt, et puis c’est tout"... Et j’aime la sortie de Vincent - Place du théâtre à 23h22 - J+1 - Free Style…

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