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    Big Eyes : à l'origine du film de Tim Burton, l'histoire d'une escroquerie artistique...

    Big Eyes de Tim Burton est diffusé ce soir. Découvrez l’histoire vraie derrière ce film sur l’une des plus grandes arnaques dans le domaine de l’art.

    De quoi ça parle ?

    À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret.

    StudioCanal

    "Les yeux expriment les émotions, ce sont les miroirs de l’âme", entend-on Amy Adams dire dans Big Eyes, film réalisé par Tim Burton en 2014. L’actrice y interprète Margaret Keane, une artiste dont les tableaux "kitchs" étaient reconnaissables parmi mille : elle peignait des enfants, adultes et animaux aux énormes yeux expressifs... Souffrant d’un déficit d’audition dans sa jeunesse, Margaret tentait de comprendre son interlocuteur à travers son regard.

    Extrêmement fan de cette peintre spoliée, Tim Burton a décidé il y a quelques années de porter son histoire à l’écran : "Petit, j’étais fasciné par ses peintures… mais aussi perturbé. Il y avait quelque chose dans ces enfants aux grands yeux… d’assez flippant. Mais c’est le genre de choses que j’aime. Leur popularité m’a vraiment surpris". (Collider, 24 décembre 2014). Keane a toujours refusé que son histoire soit adaptée à l’écran, mais après une rencontre avec les scénaristes, elle a fini par accepter… après 11 ans de discussions et négociations !

    Big Eyes, Big Lies

    Tout commence en 1955, lorsque Margaret rencontre celui qui allait devenir son époux, Walter Keane (joué à l’écran par Christoph Waltz). Après leurs divorces respectifs, ils se marient. Grâce à son mari, présenté comme social, fêtard et imbu de lui-même, ses œuvres mélancoliques s’offrent rapidement une petite notoriété. Mais voilà, Walter s’en attribue la paternité, au grand dam de l’artiste. Un petit manège qui durera des années et qui permettra au couple de remporter le jackpot. Alors que Walter fait fructifier le commerce, Margaret subit de plus en plus la situation. Elle révéla bien plus tard : "J’avais accepté de peindre encore une centaine de tableaux et j’étais certaine de cette manière qu’il ne m’aurait pas attaqué".

    StudioCanal

    La jeune femme finira par prendre la parole en 1970, après leur divorce, en déballant tout à la radio. Walter nia catégoriquement les accusations, bien sûr. En 1986, les deux artistes s’affrontent durant un procès qui a fait date. Pour démêler le vrai du faux, le juge demanda à Margaret et Walter de peindre un tableau en direct. La première réalisa l’exercice en 53 minutes alors que le second prétexta une douleur à l’épaule… Cet exercice, qui est arrivé après trois mois de procès, permit à Margaret de remporter la bataille judiciaire et 4 millions de dollars de dommages et intérêts. Jusqu’à sa mort en 2000, Walter Keane n’admit jamais son crime.

    Une apparition furtive

    Le saviez-vous ? Margaret Keane, qui a survécu à son ancien mari, fait un rapide caméo au début du film : on l’aperçoit sur un banc, grosses lunettes vissées sur le nez, en train de lire une Bible (elle est Témoin de Jéhovah) alors qu’Amy Adams dessine. L’actrice, peintre à ses heures perdues, a longtemps discuté avec la nonagénaire pour adopter ses mimiques, son style et en apprendre davantage sur cette passionnante (et révoltante) histoire d’escroquerie.

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