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Happy Birthdead : "Il y a beaucoup de similitudes entre horreur et comédie" pour le réalisateur Christopher Landon
Par Maximilien Pierrette (@maxp26) — 15 nov. 2017 à 05:55
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Vivre. Mourir. Et recommencer. Tel est le quotidien malheureux de l'héroïne de "Happy Birthdead", comédie horrifique qui fait se rencontrer "Scream" et "Un jour sans fin", et que son réalisateur Christopher Landon nous présente.

Happy Birthdead Bande-annonce VO

Lorsque l'on rencontre le réalisateur d'Happy Birthdead, qui organise le mariage entre Scream et Un jour sans fin, la tentation de lui faire vivre la même expérience que son héroïne, en lui posant la même question encore et encore, est grande. Mais d'autres y ont pensé avant, et de façon sérieuse : "On me l'a pas mal faite", nous explique Christopher Landon en riant. Il faut dire que son film assume le fait de s'inspirer de la comédie d'Harold Ramis en la citant dans un dialogue : "Je trouve ça amusant de voir autant de films sur des boucles temporelles qui font comme si Un jour sans fin n'existait pas."

Produit par Jason Blum, Happy Birthdead a rencontré un joli succès aux Etats-Unis, et c'est un metteur soulagé et enjoué qui est venu le présenter au dernier Comic-Con de Paris.

AlloCiné : Vous n'êtes pas crédité en tant que scénariste, donc combien de temps vous a-t-il fallu pour accepter ce projet, lorsqu'on vous l'a présenté comme un mélange entre "Un jour sans fin" et "Scream" ?
Christopher Landon : Je suis impliqué sur ce film depuis huit ans. Depuis longtemps donc. A l'époque, il y avait un autre réalisateur aux commandes et j'ai été engagé pour réécrire le film, mais celui-ci ne s'est pas tourné. Et il y a un an et demi, l'une des productrices m'a demandé ce qu'était devenu le projet et ça a fait "tilt" chez moi, donc j'ai appelé Jason Blum pour lui en parler. Je lui a donné le script un vendredi, et il m'a donné le feu vert le lundi suivant.

Et grâce à son concept, le film vous permet d'utiliser assez d'idées pour remplir cinq films.
Exactement, et c'est aussi ce qui est amusant lorsque l'on travaille avec Jason et Blumhouse : vous pouvez faire le film que vous voulez, tant que vous le faites pour un certain prix [4,8 millions de dollars dans le cas de celui-ci, ndlr]. Mais cette liberté a grandement rendu l'expérience amusante pour moi.

Le rythme d'une blague est très proche du rythme d'un sursaut

N'est-ce pas difficile de devoir travailler avec un budget aussi restreint ?
C'est très difficile oui. Surtout que beaucoup des films produits par Blumhouse se déroulent dans un seul lieu, à l'image de Get Out ou du premier American Nightmare. C'est plus facilement faisable de travailler autour d'un lieu unique, même si je ne suis pas en train de dire qu'ils ont été faciles à faire pour autant. Mais Happy Birthdead était un plus gros film que nous avons tenté de faire entrer dans un plus petit budget. Cela signifie qu'il faut vite avancer. Savoir ce que vous voulez et le faire rapidement. Et les acteurs doivent être tout le temps concentrés. Avancer sans cesse et le plus vite possible a été notre plus gros défi.

Le fait d'avoir travaillé avec lui auparavant a-t-il été un plus, dans la mesure où vous connaissiez déjà sa méthode ?
Beaucoup oui, car il s'agit là de notre cinquième film ensemble. Nous nous connaissons et nous entendons très bien. Et il savait que je comprenais comment faire des films avec un petit budget. Ça peut être un challenge pour un réalisateur de très gros films dotés d'énormes budgets, lorsqu'il faut faire un film Blumhouse. Il peut être un peu choqué en découvrant à quel point les choses doivent être petites. Moi j'y étais habitué, donc ça allait.

Universal Pictures International France
Jessica Rothe, victime perpétuelle de "Happy Birthdead"

Comment fait un réalisateur lorsqu'il doit mettre la même séquence plusieurs fois en scène ? Vous refaites sans cesse la même prise, ou réutilisez certains plans au montage ?
Nous avons tourné chaque scène de façon individuelle. Pour vous donner un exemple, nous avons pu tourner la scène du réveil de Tree [Jessica Rothe] dans la chambre de Carter [Israel Broussard] pendant les deux premiers jours et de façon identique ou presque, car la caméra bougeait de la même manière et nous avons seulement un tout petit peu modifié l'éclairage. C'est ensuite que j'ai eu envie de bouger la caméra et d'adopter des styles différents, avec une toute autre lumière.

C'est pour cela que le film commence en étant très lumineux, et devient de plus en plus sombre et glauque au fil des minutes. Les gens pensent que c'est facile, car ils imaginent que je n'ai qu'à tourner la même chose plusieurs fois. Mais c'est en fait très compliqué, car il faut faire plusieurs changements pour que ça ait l'air différent. C'était vraiment dur.

Y a-t-il des moments où vous réutilisez un plan déjà vu ?
Juste quelques-uns. Mais très très peu, car nous ne voulions pas que le film paraisse répétitif. En-dehors de quinze premières minutes, où nous avons pu réutiliser certaines choses, tout est inédit.

Comment se déroule le montage d'un film de ce style ? Devez-vous couper à plusieurs reprises pour améliorer le rythme, évitez de délivrer trop d'indices ?
Notre monteur, Gregory Plotkin, a dû relever un défi énorme. Vu que nous étions préoccupés par cette idée de répétition et de ne pas trop ralentir le rythme pour éviter d'être ennuyeux, mais aussi notre façon de révéler les moments, nous avons procédé à des changements pendant la phase de montage. Et dans la mesure où Happy Birthdead n'est pas un film d'horreur classique et qu'il possède beaucoup d'éléments de comédie, il faut aussi bien maîtriser le timing comique que la peur. Nous avons passé de très longues heures ensemble dans la salle de montage.

Nous ne voulions pas que le film paraisse répétitif

Qu'est-ce qui est le plus difficile à maîtriser : le timing comique ou la peur ?
Je pense que la peur est plus compliquée, mais il y a beaucoup de similitudes entre horreur et comédie. Le rythme d'une blague est très proche du rythme d'un sursaut, car il y a une mise en place et une chute. Mais faire peur est plus difficile sur le plan technique, car cela requiert des effets visuels, là où une blague relève plus de l'aspect émotionnel, personnel. Mais j'aime leur combinaison, je trouve que cela fonctionne bien ensemble.

Au-delà de la boucle temporelle, "Happy Birthdead" partage avec "Un jour sans fin" cette musique qui revient sans cesse comme une ritournelle. J'imagine que le choix de la chanson est important car il participe à la réussite du film. Qu'est-ce qui vous a dirigé vers celle-ci ?
Il a toujours été question que ce soit une sonnerie de portable que l'on entend, lorsque quelqu'un appelle Tree. A l'origine, nous voulions utiliser la chanson de 50 Cent ["In Da Club", ndlr], que l'on peut entendre dans la bande-annonce. Mais elle coûtait trop cher, surtout au vu de notre budget, donc notre superviseur musical a créé la version du film.

J'étais un peu nerveux à l'idée de changer la chanson, mais quand j'ai entendu le résultat, je l'ai trouvé amusant. Il raconte bien l'histoire, car on sait que c'est l'anniversaire de l'héroïne quand on l'entend, et que quelqu'un d'autre a choisi cette sonnerie pour elle. Et ça devient cette petite chanson que vous finissez par connaître par coeur.

Combien de temps vous restera-t-elle en tête ?

Il manque quand même quelque chose dans le film : l'explication sur l'origine de la boucle temporelle. Est-ce quelque chose que vous avez coupé ?
Aaaaah (rires) Nous avons beaucoup parlé de cette explication, et je sais pourquoi cela se produit. Mais je la garde dans ma tête car nous ne voulions pas la mettre dans le film. La question est souvent plus intéressante que la réponse, et nous ne voulions pas consacrer trop de temps à un personnage qui expliquerait une théorie ou la raison de tout ceci. Ça enlevait un peu de mystère et ça ne me semblait pas vraiment important ici. Le parcours de Tree et sa transformation, de quelqu'un d'horrible à une personne que l'on aime, étaient notre principal intérêt. Expliquer le pourquoi du comment de la boucle temporelle aurait été trop tarte.

Cela signifie-t-il qu'une suite est prévue ?
Je ne sais pas, mais je l'espère. Nous en avons un peu parlé mais il est trop tôt. Mais j'adorerais faire un autre épisode.

Peut-on voir "Happy Birthdead" et son idée de boucle temporelle comme une façon de vous moquer de ces films d'horreur sans imagination, qui refont sans cesse les mêmes choses ?
Oui, c'est très facile de se moquer de tout ainsi (rires) Avec cette idée de répétition.

Propos recueillis par Maximilien Pierrette à Paris le 28 octobre 2017

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