Notez des films
Mon AlloCiné
    Suzanne Clément : "Le cinéma français est très inspirant"
    Par Brigitte Baronnet - Propos recueillis au Festival du film francophone d'Angoulême 2017 — 22 janv. 2018 à 17:45
    FBwhatsapp facebook Tweet

    Actuellement à l'affiche du "Rire de ma mère", rencontre avec la comédienne québécoise Suzanne Clément, fidèle du cinéma de Xavier Dolan ("Laurence Anyways", "Mommy"), et de plus en plus souvent à l'affiche de films français ("Le Sens de la fête").

    Bestimage

    AlloCiné : Vous tournez de plus en plus souvent dans des films français. Est-ce une volonté de sa part ? Est-ce parce que vous avez davantage de propositions françaises ?

    Suzanne Clément, comédienne : C’est un peu des deux. C’est à la fois une volonté de ma part parce que les occasions se présentent. Mais je l’ai choisi aussi. Je crois que vivre la moitié du temps en France fait aussi que ça me donne de plus en plus envie de travailler ici. Les propositions sont intéressantes.

    Le cinéma français est particulièrement inspirant pour vous ?

    Oui, il y a plusieurs facettes. C’est vrai que le cinéma français est très inspirant. Il y a d’ailleurs plus de films qui se font certainement chez vous que chez nous au Québec, même s’il y a quand même beaucoup de productions au Québec par rapport à la population. Mais oui, il y a des trucs qui sont différents dans la façon d’aborder les histoires. On a certainement, nous, un mélange d’un côté européen et un côté américain dans la façon de raconter les histoires.

    Bestimage
    Suzanne Clément était récemment à l'affiche du Sens de la fête d'Eric Toledano et Olivier Nakache.

    La France évidemment a une histoire du cinéma qui est passionnante. D’une certaine façon, d’en faire partie, c’est très attirant, un peu mythique même. Il y a une façon de raconter les histoires qui est un peu différente et qui m’attire. La rencontre avec le réalisateur et les acteurs compte beaucoup, avant même de faire le projet qui normalement chez nous passe par les auditions, les essais. Alors qu’ici, c’est beaucoup plus la rencontre.

    J’ai l’impression que le projet souvent évolue selon les interprètes qui ont été choisis, même les rôles. L’histoire peut évoluer en fonction de ce qu’il se passe pendant le tournage. C’est peut être un peu moins figé. Il y a plein de raisons qui font qu’il y a même peut être un côté un peu exotique pour moi, qui est bien. C’est comme partir en voyage. Il y a des facteurs qui font que l’expérience devient plus exotique, audacieuse.

    Pyramide Distribution
    Suzanne Clément avec Emmanuelle Devos dans Numéro Une de Tonie Marshall, sortie en octobre dernier.

    Y a-t-il des réalisateurs français qui ont particulièrement compté dans votre cinéphilie ? Des acteurs, actrices peut être aussi ?

    Oui, c’est intéressant parce qu’il me semble qu’avant on avait même plus de cinéma français sur le grand écran chez nous. J’ai été marquée par Les uns et les autres [de Claude Lelouch]. C’était un vrai coup de cœur quand j’étais jeune.

    Oui, il y a eu des actrices aussi : A nos amours, ce film et cette actrice, Sandrine Bonnaire, que j’ai suivi. Après, il y a eu Isabelle Huppert. La Cérémonie de Chabrol avec Huppert et Bonnaire. Il y a Romy Schneider, Yves Montand, Simone Signoret, Jean Gabin… Il y en a plein. Il y a ça et le cinéma italien aussi un petit peu dans mon adolescence.

    Bestimage
    Suzanne Clément avec l'équipe de Mommy de Xavier Dolan

    Quel a été le moment un peu charnière pour vous par rapport au cinéma français ? Dès Laurence Anyways, ou plutôt Mommy ?

    Ce sont deux moments charnières, oui. Avec Laurence Anyways, j’ai été en contact avec celle qui est maintenant mon agent, Elisabeth Tanner. Don ça a été une rencontre importante et déjà il y a eu des propositions. Par exemple pour Le Rire de ma mère, on m’a dit qu’ils avaient pensé à moi avant Mommy, mais maintenant que Mommy a cette reconnaissance, on peut encore plus t’approcher car il y a un truc plus public qui est possible pour la production.

    Est-ce que Mommy est le film dont on vous parle le plus ?

    C’est vrai que la notoriété de Xavier, du film, a été vraiment exceptionnelle par rapport à ceux d’avant. Ca a été une vraie gradation pour l’œuvre de Xavier ici. Et du coup avec Mommy, c’est assez incroyable et assez merveilleux comme actrice de recevoir des commentaires, en général, assez positifs, même des gens du métier qu’on admire, c’est hyper touchant.

    Shayne Laverdiere
    Suzanne Clément dans Mommy de Xavier Dolan

    Le Rire de ma mère est un premier long métrage. Il y en a beaucoup dans votre filmographie. Est-ce que c’est quelque chose auquel vous prêtez attention ?

    Oui, ce sont de belles expériences, de belles rencontres. Ce n’est pas quelque chose de trop réfléchi, et en même temps, c’est probablement que je n’ai pas de blocage non plus, c’est vrai. C’est plus parce que la rencontre se fait que ça devient évident. Mais c’est vrai qu’il y a un truc intéressant quand même d’être avec quelqu’un en l’occurrence deux réalisateurs ici qui cherchent, qui sont probablement aux aguets de trouver leur signature. Il y a peut être un truc intéressant là-dedans.

    La Belle Company
    Suzanne Clément et Igor Van Dessel dans Le Rire de ma mère, actuellement en salle

    Qu'est-ce qui vous a particulièrement attiré avec Le Rire de ma mère ?

    Ce personnage me rappelait un peu de beaucoup de gens et un peu de beaucoup de moi. Il y avait donc une parenté pour moi. Il y avait un truc à explorer, même à revisiter, d’expériences de vie...  Il y avait plein d’échos pour moi dans ce parcours de femme qui faisait que j’avais vraiment envie de le faire. Dans le lien avec le fils, j’ai été touchée par des gens autour de moi dans des situations un peu semblables. Après, il y a eu la rencontre avec les réalisateurs et ça a été évident.

    Dès la première discussion, ça a été hyper vrai, hyper chouette, et en même temps, j’aimais les références qui les habitaient pour le film. Dans leurs références, il y avait par exemple des choses un peu plus légères comme Little Miss Sunshine, où l’on se disait qu’il faut du soleil !   

    Bestimage
    L'équipe du Rire de ma mère de Pascal Ralite et Colombe Savignac

    Vous serez prochainement à l'affiche d'une adaptation de Raoul Taburin...

    C’est une histoire écrite et dessinée par Sempé. C’est une toute jolie histoire qui en dit beaucoup plus que la légèreté qu’elle nous laisse croire au départ. Déjà dans les dessins, il y a une légèreté, une douceur, une candeur dans les personnages. Une joliesse. Et puis quand vous regardez vraiment, il y a beaucoup d’humour et aussi beaucoup de travers humains. Nos petites colères de ne pas être aussi grand qu’on ne voudrait l’être, nos grands désarrois... Tout ça fait partie de Raoul Taburin. Ca a été un magnifique tournage avec deux grands acteurs, Edouard Baer et Benoit Poelvoorde . Ils ne pouvaient pas faire un choix plus judicieux. L’histoire parle aussi d’une grande amitié. J’ai très hâte de voir ce que ça va donner.

    Le Rire de ma mère : "Un hymne à la vie" selon Pascal Demolon

    Le Rire de ma mère : "Un hymne à la vie" selon Pascal Demolon

     

    FBwhatsapp facebook Tweet
    Sur le même sujet
    Commentaires
    • Cyril H.
      Le seul qui me vient en tête, c'est Luc Besson qui fait un peu de tout (comédie, action, science-fiction, etc).
    • LeMeilleurPseudoDuMonde
      Malheureusement, le problème ne vient pas des réalisateurs mais des producteurs et surtout du public.Aujourd'hui on regarde les chiffres de recettes et en deux secondes on voit qu'en France les comédies françaises sur fond d'histoire familial fonctionnent toujours quand les tentatives d'originalité arrivent au mieux à rembourser leur budget. On est sur les forums d'Allociné, on a l'impression que l'idée que les comédies françaises sont mauvaises est évidente mais non. Parce que 80% au moins des gens dans la rue vont te dire qu'ils vont au cinéma pour ne pas se prendre la tête, pour ne pas voir des trucs bizarres et juste se détendre. Triste mais vrai.Quand les français arrêteront d'aller voir ce genre de film, essaieront d'ouvrir leur esprit pour aller voir quelque chose de différent, là peut-être enfin que la production se décidera à essayer autre chose…
    • Cyril H.
      Moi aussi.
    • mollet83
      Tellement d’accord avec toi
    • ghyom
      Combien de films de ces réalisateurs as-tu vu ? Pourquoi le drame social serait forcément chiant et la comédie bas de gamme ?La Haine c'est chiant ? Un Prophète c'est chiant ? Polisse c'est chiant ?L'Auberge espagnole c'est bas de gamme ? Astérix mission Cléopatre c'est bas de gamme ? O.S.S. 117 c'est bas de gamme ?Tu veux de la SF ? Regarde les premiers films de Caro/Jeunet, regarde Besson, regarde Arès dont j'ai oublié le nom du réal, regarde SnowpiercerTu veux du fantastique ? Regarde Vincent n'a pas d'écaille, regarde chez Bruno Dumont, regarde Amer, regarde Michel GondryTu veux du western ? Audiard en prépare un mais le western n'a jamais été un genre français. Ca a été un genre purement américain (que Sergio Leone et Corbucci se sont un peu réapproprié dans les années 70 mais à part ça...)Tu veux du thriller ? Y en a plein des polar et des thrillers français qui sortent tous les ans : Elle, Nocturama, Ne le dis à personne, Les rivières pourpres, Harry un ami qui vous veut du bien, L'Affaire SK1, etc.film de guerre ? Indigènes, Piégé, The Search, etc.film d'horreur ? Le dernier film d'horreur qui a remporté toutes les récompenses et toutes les louanges partout où il est passé c'est Grave un film français. Tu peux aussi aller voir du côté de la filmo d'Alexandre Aja.Intéresses-toi un petit peu plus à ce qu'il se fait et tu verras que le cinéma français ne se limite pas aux clichés que tu véhicules.
    • marc18
      Non . Aussi talentueux soit ils , Ils nous servent toujour la même limonade . Du drame social chiant à mourir ou de la comédie bas de gamme . Quand est ce que le cinéma français va sortir de ça pour nous proposer autre chose ? Pourquoi on ne s'essaye pas un peu plus à la science fiction ( mis à part besson de temps en temps pas grand monde s'y risque ) , au fantastique , au péplum , au western , au thriller , au film de guerre , film d'action , au film d'horreur / épouvante ? C'est pas demain la veille qu'on verra un Star Wars français , un soldat Ryan français , un gladiator français , un seul au monde français , un shining français etc ... et qu'on ne me fasse pas croire qu'on a pas les moyen financiers . Quand il s'agit de produire le dernier à Astérix la y'a les moyens .
    • ghyom
      Et c'est parti pour le flot de haine habituel dès qu'on ose mentionner le cinéma français... -_________-Audiard, Kéchiche, Bonello, Kassovitz, Maïwenn, Jeunet, Carax, Noé, Dumont, Peretjatko, Delepine/Kervern, Guiraudie, Desplechin, Bercot, Dupieux, Campillo, Klapisch, amalric, Dupontel, Hazanavicius, Chabat, Besson, Toledano/Nakache, Ozon, Cantet, Assayas, Sciamma, Marchal, Annaud et j'en passe. Il n'y a donc aucun film/réalisateur français qui trouve grâce à vos yeux ? Peu importe le style que ça soit du drame intimiste, de la grosse comédie, du drame social, du polar ou du blockbuster Europa Corp ?
    • Laurent C.
      Le cinéma français est très inspirantNon, le cinéma français c'est les 4 cavaliers de l'apocalypse culturelle
    • Billfr59
      Mauvaise traduction inspirant = totalement chiant en québécois (pour nos amis d'outre Atlantique, c'est une boutade, inutile de m'insulter :D )
    • Quentin Inkage
      Elle veut surtout du travail.
    • Cyril H.
      Mort de rire. C'est clair.
    • darkrems r.
      cette blague ^^ elle a piccoler non ?
    Voir les commentaires
    Top Bandes-annonces
    Bluebird Bande-annonce VO
    The Hunt Bande-annonce VO
    Dans un jardin qu'on dirait éternel Bande-annonce VO
    After - Chapitre 2 Teaser VO
    The Current War Bande-annonce VO
    Les Tuche 4 TEASER "365 jours"
    Bandes-annonces à ne pas manquer
    Actus ciné Interviews
    Radioactive de Marjane Satrapi : "Marie Curie a toujours été l'exemple à suivre"
    NEWS - Interviews
    mercredi 11 mars 2020
    Radioactive de Marjane Satrapi : "Marie Curie a toujours été l'exemple à suivre"
    Vivarium : rencontre avec Lorcan Finnegan, le réalisateur de ce huis clos cauchemardesque et engagé
    NEWS - Interviews
    mercredi 11 mars 2020
    Vivarium : rencontre avec Lorcan Finnegan, le réalisateur de ce huis clos cauchemardesque et engagé
    Dernières actus ciné Interviews
    Films de la semaine
    du 1 avr. 2020
    Sorties cinéma de la semaine
    Films Prochainement au Cinéma
    • Dans un jardin qu'on dirait éternel
      Dans un jardin qu'on dirait éternel

      de Tatsushi Ōmori

      avec Haru Kuroki, Mikako Tabe

      Film - Drame

      Bande-annonce
    • Police
    • Ip Man 4
    • Les Tuche 4
    • Bluebird
    • Mourir peut attendre
    • Fast & Furious 9
    • Wonder Woman 1984
    • Arizona Junior
    • The Demon Inside
    Les films à venir les plus consultés
    Back to Top