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    Black Panther : pourquoi le film est important à plus d'un titre ?
    Par Mathilde Degorce & Maximilien Pierrette — 13 févr. 2018 à 18:30
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    Désormais disponible en Blu-ray DVD, "Black Panther", ce n'est pas que le 18ème opus du Marvel Cinematic Universe. Non, porté par Chadwick Boseman, il s'agit d'un film bien plus important qu'on ne pourrait le croire, et à plus d'un titre.

    POUR LE SYMBOLE
    Marvel

    Ça aurait pu être Luke Cage, finalement orienté vers le petit écran et Netflix. War Machine ou le Faucon, présents dans l'univers sous les traits respectifs de Don Cheadle depuis Iron Man 2 et Anthony Mackie, apparu dans Captain America : Le Soldat de l'Hiver. Voire Blade, pour un retour acéré. Mais non, pour le premier long métrage du Marvel Cinematic Universe porté par un personnage noir, il fallait que ce soit lui, Black Panther, le premier super-héros noir de l'Histoire des comic books américains, également connu sous le nom de Pantherman, puis La Panthère noire en France.

    Avant Luke Cage, Faucon, et même les héros DC que sont Black Lightning et le Green Lantern John Stewart, il y a donc eu T'Challa, alias Black Panther. Né sous les plumes de Stan Lee et Jack Kirby en 1966, il tire son nom d'un bataillon de chars de l'armée américaine, composé de soldats noirs dont l'emblème était une panthère. Pour la petite histoire, ledit bataillon comptait dans ses rangs un certain Jackie Robinson, premier joueur noir à avoir évolué en Ligue Majeure de Baseball aux Etats-Unis en 1947, et dont l'histoire a été racontée dans le film 42, où il était incarné par... Chadwick Boseman, futur interprète de Black Panther.

    Warner Bros. Pictures
    Chadwick Boseman en Jackie Robinson dans "42" : le futur Black Panther dans la peau d'un... futur Black Panther

    Apparu en juillet 1966, Black Panther n'obtient pas immédiatement sa propre série, puisqu'il fait ses premiers pas aux côtés des Quatre Fantastiques, et vient ensuite prêter main forte à Captain America et aux Avengers. A défaut de jouer les premiers rôles, l'héritier du Wakanda marque cependant les esprits et rappelle à quel point Marvel sait s'inscrire dans l'air du temps : en cette période de mouvements pour les droits civiques, il valorise les lecteurs noirs, qui peuvent s'identifier au personnage. A tel point qu'il ne serait pas étonnant que le Black Panther Party, mouvement révolutionnaire de libération afro-américaine né en octobre 1966 se soit inspiré de l'alter ego de T'Challa, au moment de choisir son nom.

    Une inspiration qui n'a jamais été confirmée à 100%, mais qui a quand même poussé Marvel à rebaptiser le héros Black Leopard (le Léopard Noir) pendant quelques temps, afin d'éviter tout amalgame. Comme Captain America, créé au cœur de la Seconde Guerre Mondiale, l'importance de Black Panther se mesure également sur le plan politique, et le mouvement d'extrême gauche a bien prouvé son statut de symbole. Lequel est encore d'actualité, peu de temps après la polémique "Oscars So White" pointant du doigt le manque de diversité chez les nommés en 2015 (et la majeure partie du temps), et tandis que les violences policières envers les Afro-Américains sont encore nombreux, ou que des suprémacistes ont récemment défilé à Charlotesville, comme à une époque que l'on espérait révolue.

    The Walt Disney Pictures
    Lupita Nyong'o, Chadwick Boseman & Letitia Wright

    Le premier super-héros noir du Marvel Cinematic Universe arrive donc à point nommé, avec un casting composé à 90% d'acteurs africains ou afro-américains. Et son impact se fait déjà sentir puisque le film de Ryan Coogler, réalisateur très engagé pour promouvoir la diversité, bat des records en matière de préventes aux Etats-Unis, où la frange afro-américaine du public est très importante, si bien que les films de Tyler Perry, qui lui sont exclusivement destinés, se placent bien souvent en tête du box-office.

    Avec, enfin, un personnage auquel elle peut s'identifier, au sein d'un long métrage qui n'occulte pas l'aspect politique propre à Black Panther, nul doute que sa mobilisation sera plus importante que pour les précédents blockbusters de la firme. Et ce n'est pas l'implication de Kendrick Lamar, producteur d'un album de chansons issues ou inspirées du long métrage qui nous fera dire le contraire. Surtout si beaucoup d'initiatives de l'acabit de celle de Fredrick Joseph voient le jour : en janvier 2018, ce consultant en marketing de New York a lancé une cagnotte en ligne pour permettre à 300 enfants de Harlem de voir le film.

    Une opération couronnée de succès puisque l'objectif initial, qui était de 10 000 dollars, a été atomisé, le résultat final s'élevant très exactement à 46 647 billets verts. Une somme qui sera finalement reversée à l'association The Boys & Girls Club of Harlem, qui devait initialement percevoir l'argent non-utilisé, car Ellen DeGeneres s'est occupée de financer les projections et sucreries qui vont avec. Et cette initiative a très vite fait des petits. Rassemblées autour du nom de code "#BlackPantherChallenge", quelques 300 cagnottes ont été lancées dans la foulée de celle-ci et le total des fonds récoltés dépasse aujourd'hui les 300 000 dollars, de quoi permettre à environ 23 000 enfants de voir le film. Quand on vous disait que Black Panther avait le pouvoir de fédérer...

    "Black Panther", de la page à l'écran :

    Black Panther BONUS "De la page à l'écran"
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    Commentaires
    • SurvivorIsBorn
      Je suis en train de lire tes commentaires^^ je crois que je suis déjà fan : )
    • S DC
      Je te remercie pour ces précisions.Ce que tu décris est un message plus politiquement correct que celui que j'avais initialement envisagé.
    • Wingnut7
      Et comment ils ont associés les deux? Car je vois pas.Le combat idéologique entre César et Koba?
    • Wingnut7
      Pour être clair et en spoilant en peu, c'est le but au départ. Mais T'Challa change et défi l'autorité paternelle et ses idées d'avant pour ouvrir son pays justement.La réponse aux questions est qu'ils sont très protectionnistes mais à la fin non, c'est le chemin du héros avec un changement à la fin dans sa vision du monde et des choses qui mène à une ouverture.C'est un peu le coup d'Iron Man devant la presse mais à l'échelle d'un pays.
    • S DC
      En fait, je faisais ce parallèle entre Trump et le roi T'Challa pour rebondir sur ce que tu disais sur le Wakanda: frontières fermées, priorité nationale, défense de la culture, protection contre les réfugiés.Ce genre de concepts ne m'étonne guère dans les discours de Trump, en revanche, je suis surpris que T'Challa adopte de telles postures dans le film Black Panther.Si tu dis vrai (je ne me permets pas de remettre en doute ta bonne foi), on ne peut pas dire que cela soit politiquement correct.
    • MickDenfer
      une manière ?
    • Alfred N.
      Pas vraiment. Les USA n'ont pas bénéficié d'une intervention extraterrestre pour devenir la 1er puissance économique du monde (passée 2ème sous Obama d'où le slogan Make America Great Again). Mais c'est vrai qu'on retrouve ce combat idéologique entre se concentrer sur le pays pour Trump et Interventionnisme militaire chez les Clinton et les néo conservateurs.Obama est le président sous lequel les USA ont été le plus en guerre de toute l'histoire. Et il a reçu le prix Nobel de la Paix. lol
    • S DC
      Je comprends le principe de vouloir marquer les esprits, et donc dans le même temps la volonté de susciter la réflexion sur des sujets comme celui-ci.En revanche, je ne suis pas en faveur de ce type de mouvements extrêmes car j'ai le sentiment qu'ils ne font qu'exacerber les phénomènes qu'ils espèrent combattre.Cela me fait un peu penser à la 3e loi de Newton, la loi d'action/réaction.Je préfère une approche éducative sans contrainte en misant sur l'évolution des mentalités. Je suis un optimiste.^^Lorsque tu t'intéresses au cinéma africain, les acteurs sont majoritairement des hommes noirs. Ce qui est logique.S'il s'agit de cinéma chinois, il y a principalement des asiatiques.S'il s'agit de cinéma indien, il y a beaucoup d'indiens.Tout ceci tombe sous le sens.Les afro américain, les asiatiques, les hispaniques, les amérindiens, etc... sont-ils sous représentés dans le cinéma américain?Sincèrement, je ne sais pas et je ne sais pas non plus s'il existe des statistiques sur ce sujet.Mais tu as raison, si la population noire représente 15% de la population des États-unis, on devrait retrouver à peu près cette part dans les films produits dans ce pays, et dans ce cas, idem pour les autres communautés.Pour autant, le principe des quotas m'indispose car cela valide l'idée de sélectionner des gens en fonction de leur origine communautaire, ce qui est justement ce que nous souhaitons dénoncer..
    • fodrax
      Je suis aussi contre ce principe. Malheureusement, je pense que certains mouvements (disons extrême) sont nécessaires pour marquer les esprits et nous faire prendre conscience que la majorité des films que nous regardons représente déjà une forme de discrimination (majorité d'homme blanc).
    • S DC
      Du coup si je dis que Black Panther est au wakanda ce que Donald Trump est aux USA, je suis un peu dans le vrai? ^^Si tu me dis oui, je te fais d'ores et déjà ma réponse.Quelle ironie !!En tout cas, du coup, je trouve ça drôle ^^
    • Alfred N.
      J'ai aimé même si tout est ultra prévisible, comme toujours chez Marvel : t'as un cahier des charges et tout leurs films le suive.Par contre les idées véhiculées par le film vont à l'encontre de ce que les médias nous vendent à longueur de temps.Le Wakanda est présenté comme un pays isolationniste qui s'est développé grâce à un minerai extra-terrestre : le vibranium.Il refuse de partager ce minerai avec les pays voisins d'Afrique.Leur société est basée sur la loi du sang et du plus fort : un autre de sang royal peut prendre légitimement le pouvoir en battant le roi en combat singulier ; et sur l'importance des traditions et des racines (cf Okoye dans le film).Le combat final symbolise l'opposition de 2 philosophies : préférence nationale contre panafricanisme guerrier.Perso, j'étais plus en faveur de Killmonger.
    • S DC
      Je suis généralement enclin à dénoncer le politiquement correct de ce qu'on appelle désormais la bien-pensance.Ce principe est bien souvent contre productif puisqu'il nous mène à concevoir notre environnement sous l'angle des quotas; tant d'hommes et de femmes, tant de ceux-ci ou de ceux-la...Je suis contre ce principe puisqu'on en vient à choisir des gens, non plus en fonction de leurs qualités intrinsèques mais en fonction de leur genre ou de leur appartenance communautaire.Être choisi de cette manière n'est pas valorisant et représente tout de même une autre forme de discrimination.Définition de discriminer: différentier des éléments en vue de l'application d'un traitement spécifique.Peut-être finira-t-on un jour par s'affranchir de toutes ces considérations.
    • S DC
      Je n'ai pas vu le film et j'ai du mal à croire que ce genre de principes y soit véhiculé.Tu exagères ou tu confirmes?Si tu confirmes, peux-tu être plus précis?Merci
    • S DC
      Elle vient de loin ta blague mais elle m'a quand même fait beaucoup rire ^^ Bavo
    • Laurent D.
      Le Vibranium est une manière indestructible dont le bouclier de Captain est composé principalement au même titre que le squelette de Wolverine avec sa version dérivée, l'adamantium.
    • Alfred N.
      C'est sympa le Wakanda : frontières fermées, priorité nationale, défense de la culture, protection contre les réfugiés.Il est plein de bon sens le Roi T'Challa.
    • Belboug Babenco
      Merci encore pour cet excellent article. ça change de certains autres super-héros qui s'appuient sur pas grand chose. Et puis un petit cours d'Histoire pour les rageux ça ne peut pas leur faire de mal ! BLACK PANTHER AU S'COURS ! mdrr.
    • Belboug Babenco
      Google + bescherelle
    • Luc D.
      C'est du vibranium conservé sous vide, sans air donc :D
    • MickDenfer
      c'est quoi le vibanium ? :p
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