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    Black Panther : pourquoi le film est important à plus d'un titre ?
    Par Mathilde Degorce & Maximilien Pierrette — 13 févr. 2018 à 18:30
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    Désormais disponible en Blu-ray DVD, "Black Panther", ce n'est pas que le 18ème opus du Marvel Cinematic Universe. Non, porté par Chadwick Boseman, il s'agit d'un film bien plus important qu'on ne pourrait le croire, et à plus d'un titre.

    The Walt Disney Pictures

    Mercredi 14 février. Black Panther lance l'année des blockbusters et celle de Marvel par la même occasion. Découvert sur grand écran dans Captain America : Civil War, le personnage sort ses griffes en solo, le temps d'un long métrage mis en scène par Ryan Coogler, et qui s'avère être important par bien des aspects. La preuve par cinq.

    POUR LA DIVERSITÉ

    Evoqué dès 2013, Black Panther n'est officialisé que le 28 octobre 2014, lors d'une super-conférence organisée par Kevin Feige pour annoncer le contenu de la Phase 3 du Marvel Cinematic Universe. Ce jour-là, le grand patron du studio fait même mieux qu'un teasing, puisqu'il présente sur scène l'interprète de T'Challa : Chadwick Boseman, qui s'illustre alors dans les salles mondiales sous les traits de James Brown dans le biopic Get On Up, et a signé pour cinq longs métrages, dont Captain America : Civil War, qui marquera ses grands débuts dans le costume au printemps 2016.

    Reste alors à trouver celui ou celle qui mettra ses aventures en scène, et un premier nom émerge en juillet 2015 : celui d'Ava DuVernay, réalisatrice du très remarqué Selma (sauf par l'Académie des Oscars, qui l'a injustement boudé) qui déclare… avoir dit "non" à Marvel en raison d'une divergence de point de vue quant à l'histoire et la direction à prendre. Une déclaration qui laisse entendre que le studio n'exclut donc pas de confier le personnage à un metteur en scène afro-américain, mais qui fait craindre que le propos des comic books, ouvertement politique et militant, ne soit aseptisé.

    D'où la surprise lorsque, quelques mois plus tard, la rumeur parle d'une approche de Ryan Coogler. Réalisateur de Fruitvale Station et de Creed, qui n'était pas sorti au moment des bruits de couloir, ce dernier n'a rien du "Yes Man" qui va se laisser dicter sa conduite. Surtout que les premiers échos, très positifs, autour de la suite/spin-off de Rocky, sont de nature à lui ouvrir bon nombre de portes et lui laisser l'embarras du choix pour son projet suivant. Mais c'est bien pour le Wakanda qu'il opte, à la veille de l'arrivée de Creed dans nos salles.

    The Walt Disney Pictures
    Ryan Coogler apprend-il à Danai Gurira à imiter Spider-Man sur le plateau de "Black Panther" ?

    Rassurés par cette décision, les fans doivent alors prendre leur mal en patience car le projet ne donne plus signe de vie pendant quelques mois. Et c'est en mai 2016, alors que Black Panther vient de faire ses débuts (et bonne impression) au cinéma dans Civil War, que la machine s'enclenche. On parle d'abord de Lupita Nyong'o en "love interest" du héros, puis de Michael B. Jordan en méchant, pour des retrouvailles avec Ryan Coogler, son cinéaste fétiche. Et Kevin Feige donne définitivement le ton dans la foulée : "90% du casting sera Africain ou Afro-Américain", précise-t-il, non sans avoir démenti la rumeur disant qu'il uniquement avait cherché son réalisateur parmi des candidats noirs.

    Et c'est ainsi que Danai Gurira abandonne momentanément les zombies de The Walking Dead pour le Wakanda, très vite suivie par Forest WhitakerAngela Bassett ou Sterling K. Brown, tout juste auréolé des succès d'American Crime Story et This Is Us. Sans oublier Daniel Kaluuya, star de la sensation Get Out. Ou Letitia Wright, qui apparaît aujourd'hui comme LA révélation du long métrage. Des acteurs rejoints par Andy Serkis et Martin Freeman autour du premier film du Marvel Cinematic Universe porté par un super-héros noir. Jusqu'ici représentée par le seul Faucon (Anthony Mackie), personnage secondaire des aventures de Captain America, la diversité ne pouvait plus rester à l'écart de la sorte, surtout après la polémique "Oscars so White", née, entre autres, après les non-sélections de… Selma en 2015 et Creed en 2016.

    Grâce à ce film, qui nous présente un tout nouveau monde, Marvel Studios fait un pas en avant, et le cinéma commence à rattraper son retard sur la télé qui, avec Luke Cage ou Black Lightning, l'avait devancé dans ce domaine. Vingt-ans après l'arrivée tranchante de Blade sur grand écran, et alors que le choix de Michael B. Jordan en Torche dans Les Quatre Fantastiques avait fait polémique, pour des raisons de fidélité aux comic books, Black Panther semble prêt à offrir à la diversité sa part du gâteau super-héroïque.

    Black Panther Bande-annonce VO
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    Commentaires
    • SurvivorIsBorn
      Je suis en train de lire tes commentaires^^ je crois que je suis déjà fan : )
    • S DC
      Je te remercie pour ces précisions.Ce que tu décris est un message plus politiquement correct que celui que j'avais initialement envisagé.
    • Wingnut7
      Et comment ils ont associés les deux? Car je vois pas.Le combat idéologique entre César et Koba?
    • Wingnut7
      Pour être clair et en spoilant en peu, c'est le but au départ. Mais T'Challa change et défi l'autorité paternelle et ses idées d'avant pour ouvrir son pays justement.La réponse aux questions est qu'ils sont très protectionnistes mais à la fin non, c'est le chemin du héros avec un changement à la fin dans sa vision du monde et des choses qui mène à une ouverture.C'est un peu le coup d'Iron Man devant la presse mais à l'échelle d'un pays.
    • S DC
      En fait, je faisais ce parallèle entre Trump et le roi T'Challa pour rebondir sur ce que tu disais sur le Wakanda: frontières fermées, priorité nationale, défense de la culture, protection contre les réfugiés.Ce genre de concepts ne m'étonne guère dans les discours de Trump, en revanche, je suis surpris que T'Challa adopte de telles postures dans le film Black Panther.Si tu dis vrai (je ne me permets pas de remettre en doute ta bonne foi), on ne peut pas dire que cela soit politiquement correct.
    • MickDenfer
      une manière ?
    • Alfred N.
      Pas vraiment. Les USA n'ont pas bénéficié d'une intervention extraterrestre pour devenir la 1er puissance économique du monde (passée 2ème sous Obama d'où le slogan Make America Great Again). Mais c'est vrai qu'on retrouve ce combat idéologique entre se concentrer sur le pays pour Trump et Interventionnisme militaire chez les Clinton et les néo conservateurs.Obama est le président sous lequel les USA ont été le plus en guerre de toute l'histoire. Et il a reçu le prix Nobel de la Paix. lol
    • S DC
      Je comprends le principe de vouloir marquer les esprits, et donc dans le même temps la volonté de susciter la réflexion sur des sujets comme celui-ci.En revanche, je ne suis pas en faveur de ce type de mouvements extrêmes car j'ai le sentiment qu'ils ne font qu'exacerber les phénomènes qu'ils espèrent combattre.Cela me fait un peu penser à la 3e loi de Newton, la loi d'action/réaction.Je préfère une approche éducative sans contrainte en misant sur l'évolution des mentalités. Je suis un optimiste.^^Lorsque tu t'intéresses au cinéma africain, les acteurs sont majoritairement des hommes noirs. Ce qui est logique.S'il s'agit de cinéma chinois, il y a principalement des asiatiques.S'il s'agit de cinéma indien, il y a beaucoup d'indiens.Tout ceci tombe sous le sens.Les afro américain, les asiatiques, les hispaniques, les amérindiens, etc... sont-ils sous représentés dans le cinéma américain?Sincèrement, je ne sais pas et je ne sais pas non plus s'il existe des statistiques sur ce sujet.Mais tu as raison, si la population noire représente 15% de la population des États-unis, on devrait retrouver à peu près cette part dans les films produits dans ce pays, et dans ce cas, idem pour les autres communautés.Pour autant, le principe des quotas m'indispose car cela valide l'idée de sélectionner des gens en fonction de leur origine communautaire, ce qui est justement ce que nous souhaitons dénoncer..
    • fodrax
      Je suis aussi contre ce principe. Malheureusement, je pense que certains mouvements (disons extrême) sont nécessaires pour marquer les esprits et nous faire prendre conscience que la majorité des films que nous regardons représente déjà une forme de discrimination (majorité d'homme blanc).
    • S DC
      Du coup si je dis que Black Panther est au wakanda ce que Donald Trump est aux USA, je suis un peu dans le vrai? ^^Si tu me dis oui, je te fais d'ores et déjà ma réponse.Quelle ironie !!En tout cas, du coup, je trouve ça drôle ^^
    • Alfred N.
      J'ai aimé même si tout est ultra prévisible, comme toujours chez Marvel : t'as un cahier des charges et tout leurs films le suive.Par contre les idées véhiculées par le film vont à l'encontre de ce que les médias nous vendent à longueur de temps.Le Wakanda est présenté comme un pays isolationniste qui s'est développé grâce à un minerai extra-terrestre : le vibranium.Il refuse de partager ce minerai avec les pays voisins d'Afrique.Leur société est basée sur la loi du sang et du plus fort : un autre de sang royal peut prendre légitimement le pouvoir en battant le roi en combat singulier ; et sur l'importance des traditions et des racines (cf Okoye dans le film).Le combat final symbolise l'opposition de 2 philosophies : préférence nationale contre panafricanisme guerrier.Perso, j'étais plus en faveur de Killmonger.
    • S DC
      Je suis généralement enclin à dénoncer le politiquement correct de ce qu'on appelle désormais la bien-pensance.Ce principe est bien souvent contre productif puisqu'il nous mène à concevoir notre environnement sous l'angle des quotas; tant d'hommes et de femmes, tant de ceux-ci ou de ceux-la...Je suis contre ce principe puisqu'on en vient à choisir des gens, non plus en fonction de leurs qualités intrinsèques mais en fonction de leur genre ou de leur appartenance communautaire.Être choisi de cette manière n'est pas valorisant et représente tout de même une autre forme de discrimination.Définition de discriminer: différentier des éléments en vue de l'application d'un traitement spécifique.Peut-être finira-t-on un jour par s'affranchir de toutes ces considérations.
    • S DC
      Je n'ai pas vu le film et j'ai du mal à croire que ce genre de principes y soit véhiculé.Tu exagères ou tu confirmes?Si tu confirmes, peux-tu être plus précis?Merci
    • S DC
      Elle vient de loin ta blague mais elle m'a quand même fait beaucoup rire ^^ Bavo
    • Laurent D.
      Le Vibranium est une manière indestructible dont le bouclier de Captain est composé principalement au même titre que le squelette de Wolverine avec sa version dérivée, l'adamantium.
    • Alfred N.
      C'est sympa le Wakanda : frontières fermées, priorité nationale, défense de la culture, protection contre les réfugiés.Il est plein de bon sens le Roi T'Challa.
    • Belboug Babenco
      Merci encore pour cet excellent article. ça change de certains autres super-héros qui s'appuient sur pas grand chose. Et puis un petit cours d'Histoire pour les rageux ça ne peut pas leur faire de mal ! BLACK PANTHER AU S'COURS ! mdrr.
    • Belboug Babenco
      Google + bescherelle
    • Luc D.
      C'est du vibranium conservé sous vide, sans air donc :D
    • MickDenfer
      c'est quoi le vibanium ? :p
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