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Dark River : qui est Clio Barnard, jeune cinéaste inattendue du cinéma britannique ?
Par Gauthier Jurgensen (@GauthJurgensen) — 11 juil. 2018 à 10:55
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Remarquée à Cannes et au Festival du Film Britannique de Dinard en 2013 avec sa première fiction "Le Géant Egoïste", Clio Barnard est de retour avec un nouveau long métrage très attendu : "Dark River".

AFTONBLADET BILD / BESTIMAGE

Née dans l’ouest des Etats-Unis (à Santa Barbara) en 1965 d’un père universitaire et d’une mère artiste, c’est pourtant dans les environs de Bradford, près de Leeds (Angleterre), que grandit la future cinéaste. Après le divorce de ses parents, elle reste sous la garde de son père, auprès de sa sœur et de son frère et se consacre au cinéma, avec un goût prononcé pour l’œuvre d’Alan Clarke (Scum, Made In Britain, mais plus particulièrement Road).

En octobre 2013, le critique Dave Calhoun pour le magazine Time’s Out compare déjà Clio Barnard à un illustre aîné : Ken Loach.  Il n’hésite pas à déclarer que Le Géant Egoïste est "une version revisitée de Kes dans l’Angleterre du Nord de l’après Thatcher." C’est pourtant davantage chez Errol Morris et  Jean Rouch que la jeune réalisatrice a fait ses classes. Aussi documentariste que cinéaste de fiction, elle parvient à travers chacun de ses films à jouer sur la frontière entre les deux.

Car, si Le Géant Egoïste fait partie de la sélection de La Quinzaine des Réalisateurs en 2013, il ne s’agit pas de son premier film. En 1988, son court métrage de fin d’études sur les sœurs photographes Jane et Louise Wilson, "Dirt and Science", est repéré pour accompagner une exposition d’art contemporain biennale, supervisée par Tilda Swinton.

Ad Vitam

D’étudiante, elle devient professeure à l’Université de Kent où elle donne des cours de mise en scène cinématographique. Elle met en place un cursus de douze semaines pour transmettre sa méthode de réalisation, en explorant justement les passerelles entre le documentaire et la fiction. Mais elle n’a pas rangé sa propre caméra au placard. De 2000 à 2006, elle se fait la main sur quatre courts métrages. Le premier est un documentaire : Lambeth Marsh (2000), qui visite un quartier du sud de Londres à la fin des années 1990.

Les deux suivants sont ses premières fictions, au fort goût de "vraie vie". Dans Random Acts of Intimacy (2002), quatre inconnus dans un train échangent pendant un quart d’heure sur des expériences sexuelles vécues avec des étrangers. Tirant davantage vers la fiction, Flood s’intéresse au destin de la jeune Polly, vivant avec son père, sa sœur et son frère dans la campagne anglaise , où plane l’ombre d’une maman qui a abandonné sa famille, dix ans plus tôt. Difficile de ne pas y voir une dimension autobiographique.

Sean Bean révèle (enfin !) sa mort préférée à l'écran

Encore un court intitulé Dark Glass en 2006 et Clio Barnard se découvre le courage de passer au long avec The Arbor. Ce documentaire tourné en 2010 se consacre de nouveau à une artiste britannique, la dramaturge de Bradford Andrea Dunbar. Dès ce premier essai de format long (94 minutes), les récompenses commencent à pleuvoir : Prix Douglas Hickox aux Independent British Film Awards, Prix Jean Vigo de la meilleure réalisatrice au Festival Punto de Vista, meilleure jeune documentariste à Tribeca et meilleure jeune réalisatrice au Festival de Londres l’année d'après. Elle est également nommée dans la catégorie Meilleur Premier Film aux BAFTA.

C’est en tournant The Arbor qu’elle repère le petit Matty, un enfant démuni qui va lui inspirer une adaptation moderne d’un roman d’Oscar Wilde : Le Géant Egoïste. Le film suit les péripéties d’un jeune laissé pour compte appelé Arbor, comme le quartier de Bradford qui a donné son nom au premier long métrage de la cinéaste. Rrenvoyé de son école, Arbor et son meilleur ami Swifty volent du cuivre dans l’espoir de le revendre et de surmonter ainsi les difficultés rencontrées par leurs familles respectives.

Ad Vitam

C’est encore un triomphe pour Clio Barnard qui, de sa sélection à La Quinzaine des Réalisateurs finit par devenir la première femme à décrocher le Hitchcock d’Or au Festival de Dinard, prix français réservé aux meilleurs cinéastes britanniques. Elle est abondamment saluée partout dans le monde : le Cercle des Critiques de Films à Londres lui décerne le prix du meilleur film britannique de l’année. Au Festival International de Palm Springs, elle devient la "Réalisatrice à surveiller"…

Cinq ans plus tard, en 2018, Clio Barnard est enfin de retour avec un nouveau long métrage de fiction : Dark River. Dans ce récit rural, une jeune femme retourne dans la ferme de son enfance à la mort de son père qui abusa d’elle autrefois. Elle y retrouve son frère cadet avec qui elle va se disputer la succession de l’entreprise familiale. Très attendu à Cannes en 2018, le film sera pourtant passé à travers les mailles des principaux festivals du monde. Il est emmené par Sean Bean et Ruth Wilson dans les premiers rôles.

La bande annonce de Dark River de Clio Barnard

Dark River Bande-annonce VO

 

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