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    Tout ce qu'il me reste de la révolution : focus sur la saine et édifiante révolte de Judith Davis
    Laetitia Ratane
    Laetitia Ratane
    -Responsable éditoriale des rubriques Télé, Infotainment et Streaming
    Très tôt fascinée par le grand écran et très vite accro au petit, Laetitia grandit aux côtés des héros ciné-séries culte des années 80-90. Elle nourrit son goût des autres au contact des génies du drame psychologique, des pépites du cinéma français et... des journalistes passionnés qu’elle encadre.

    Le premier film de l'actrice Judith Davis a séduit les spectateurs mais surtout le jury du Festival d'Angoulême, qui a tenu à lui décerner son Valois. En attendant de le découvrir en salles en janvier 2019, focus sur ce petit bijou engagé !

    Auréolé du Valois du Jury au Festival d'Angoulême, Tout ce qu'il me reste de la révolution est de ces films qui réveillent les consciences et les coeurs. Incarné et réalisé par l'actrice Judith Davis, ce premier long métrage suit l'évolution, les révoltes et les coups de coeur d'une jeune fille issue d'une famille de militants, résolue à se battre contre la malédiction de sa génération, née "trop tard", à l'heure de la déprime mondiale. 

    "Le film n'existe pas sans le collectif de théâtre L'Avantage du doute, que j'ai co-créé avec Claire Dumas, Nadir LegrandSimon Bakhouche et Mélanie Bestel, à savoir tous les acteurs du film qui sont aussi metteurs en scène et scénaristes", nous a confié la réalisatrice. "On a fait un spectacle sur l'engagement politique, un spectacle sur le travail, un sur les médias. Ce qu'il nous reste de la révolution est né de mon envie de continuer à dire des choses de ce ras le bol qui avait besoin de se débarrasser de ce totem envahissant qu'est mai 68, envahissant car à chaque fois qu'il y a un mouvement, on l'y compare. Comme si on n'était pas autorisé à réinventer les modèles d'engagement politique qui seraient toujours en-deçà de ce qu'a été la nuit des barricades."

    Savant mélange de Don Quichotte et de Bridget Jones, l'héroïne de Judith Davis est ainsi déterminée, au même titre que ses amis (Malik Zidi et Claire Dumas entre autres), à rester debout et repenser le monde dans lequel elle vit, tout en cherchant à y retrouver son  équilibre personnel. Une bouffée d'air frais politisée, brillante et hilarante, que vous pouvez découvrir en images ci-dessus.

    "Angèle est une héritière de la culture de gauche, de cette culture de lutte des années 68-70. Elle a un petit côté anachronique, qui la conduit à développer sa colère en même temps qu'un modèle d'engagement d'un temps passé. Pour elle, tout ce qui est de l'ordre de l'intime, de l'engagement fraternel, amical, amoureux est moindre par rapport au fait de porter le drapeau. J'ai hérité de cette idée que la famille est une valeur bourgeoise. Que fait-on du coup de la sienne? Angèle n'arrive pas à vivre son rapport à elle-même et à l'amour parce qu'elle a l'impression de trahir son engagement. Son trajet passera par le fait que sa quête politique deviendra intime si elle apprend à accepter un rapport humain plus vaste, plus riche, non contradictoire avec son engagement."

    C'est le comédien Malik Zidi qui a été choisi pour camper cette alternative amoureuse solaire, poétique et drôle, à travers un personnage "plein de convictions qui a choisi de ne pas laisser la joie et le plaisir à la bêtise ou à la droite. En effet, l'héritage de gauche est très lyrique et mélancolique, or nous avions envie de dire qu'on peut avoir aussi une énergie humaine, joyeuse qui permettent de rassembler nos idées et notre amour dans un projet commun."

    Au coeur d'une époque où l'on est tous "de plus en plus stressés, pressés, agressifs", Tout ce qu'il me reste de la révolution est ansi là pour nous rappeler qu'il faut apprendre à prendre le temps de dialoguer et de se demander "pourquoi", "comme le sage dans l'enfant qui a la chance de demeurer aux sources de son rapport au temps et au monde."

    Rendez-vous le 2 janvier pour découvrir l'intégralité de notre interview et des propos édifiants de Judith Davis, Malik Zidi et Claire Dumas.

    Propos recueillis par Laetitia Ratane le jeudi 23 août au Festival d'Angoulême.

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