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    Il y a 20 ans, le soldat Ryan de Spielberg débarquait au cinéma
    Par Olivier Pallaruelo (@Olivepal) — 30 sept. 2018 à 10:00
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    Le très grand film de guerre de Steven Spielberg, couronné en 1999 par cinq Oscars dont celui du Meilleur réalisateur, est devenu depuis sa sortie un classique, dont la séquence d'ouverture sur le D-Day est ancrée dans les mémoires...

    DreamWorks Pictures

    Il y a vingt ans déjà, le 30 septembre 1998, sortait  Il faut sauver le soldat Ryan. Avec plus de 4,13 millions d'entrées en France, dont plus de 700 000 sur Paris-périphérie, le film de guerre de Spielberg fut l'un des dix plus grands succès de l'année 1998. Aux Etats-Unis, il a rapporté plus de 216 millions de dollars et plus de 480 millions au box-office mondial. A ce triomphe en salles s'ajoutait un succès critique et l'Oscar du meilleur réalisateur pour Steven Spielberg. Découvreur de talent, comme il le fut avec Richard Dreyfuss ou Roy Scheider, Spielberg lança à l'occasion de ce film plusieurs jeunes comédiens aux côtés de Tom Hanks et Matt Damon. Edward BurnsBarry Pepper ou Giovanni Ribisi y font pratiquement leurs premiers pas. Quant à Vin Diesel, il fut contacté par Spielberg qui lui a écrit spécialement le rôle du soldat Adrian Caparzo, lançant par la même occasion la carrière de la (future) nouvelle icône du film d'action.

    La guerre, toujours la guerre...

    C'est avant tout l'expérience humaine et morale de la guerre qui intéresse Steven Spielberg. "La période 39-45 m'obsède, car l'Amérique, qui avait déjà perdu son innocence plusieurs fois, l'a abandonnée à jamais pendant la Seconde guerre mondiale" expliquait le cinéaste dans une interview accordée à L'Express en septembre 1998, à propos du film. "Je voulais rendre hommage à tous ces jeunes garçons qui n'avaient jamais quitté leur ville, ne parlaient pas d'autre langue que l'anglais, et ont été jetés directement sur Omaha Beach. Je voulais illustrer le choc brutal des cultures". 

    Si L'Empire du Soleil et La Liste de Schindler ont tous deux la Seconde guerre mondiale pour contexte (l'occupation de la Mandchourie par les Japonais pour le premier et l'Holocauste pour le second), ces deux (chefs) d'oeuvres relèvent avant tout de drames historiques, et non de films de guerre à proprement parler. En ce sens, on peut dire que c'est avec Il faut sauver le soldat Ryan que Spielberg livre vraiment son film de guerre. "Je ne voulais pas venir avec mon équipe pour glorifier ce qui s'est passé. J'ai essayé de rester fidèle et cru" expliquait Spielberg. Le credo était simple : livrer un film de guerre ultra réaliste et sans concession. A des années lumière du débarquement du Jour le plus long, même si ce dernier est devenu au fil des ans, un classique.

    Pari réussi au-delà des espérances avec un film gorgé de morceaux d'anthologie, dont la séquence du débarquement à Omaha Beach, qui dure 20 min, assurait déjà à elle seule la postérité du film. Tournée en Irlande avec plus de 1000 figurants, dont 250 soldats de l'armée irlandaise (et même une trentaine de personnes amputées jouant des soldats mutilés), le résultat est proprement hallucinant, et même décuplé par le travail tout particulier effectué sur le Design sonore du film, avec les impacts sonores des balles qui déchiquètent les chairs.

    Ci-dessous justement, un extrait de la fameuse séquence du débarquement...

    En fait, l'impact de cette séquence (et plus largement du film) fut si foudroyant pour les vétérans du D-Day qui découvrirent le film qu'un numéro spécial de téléphone fut mis en place par le Department of Veteran affairs (l'équivalent de notre Secrétariat d'Etat aux anciens combattants) pour recueillir la parole de ces soldats traumatisés par le film, qui venait brusquement de raviver de douloureux souvenirs.

    "Je ne regarde pas beaucoup de films de guerre" expliquait Christopher Nolan à Joshua Levine, auteur du livre Forgotten Voices of Dunkirk, réédité pour la sortie de Dunkerque. "On a vu Il faut sauver le soldat Ryan de Spielberg, qui était [...] instructif car il possède une esthétique de film d’horreur. Son approche de l’intensité et du gore est si absolue et réussie que nous avons compris qu’il fallait aller ailleurs" poursuivait Nolan. En ce sens, Spielberg a bien retenu les conseils avisés du grand Samuel Fuller : "si tu fais un film de guerre, joue le réalisme" lui soufflait le réalisateur d'Au-delà de la gloire.

    Epilogue... Vidéoludique

    On doit également à Spielberg l'idée d'un jeu qui va durablement marquer l'histoire des jeux FPS : Medal of Honor, sorti en 1999 sur Playstation. Le cinéaste eut l'idée du titre alors qu'il était justement en plein tournage de son film de guerre. En 1997, il insista pour que DreamWorks Interactive, filiale du studio DreamWorks fondé en 1994 par le cinéaste, Jeffrey Katzenberg et David Geffen, travaille au développement d'un jeu de guerre "réaliste" ayant pour cadre la Seconde guerre mondiale.

    "Spielberg, qui était alors en pleine période de post-production de son film, est venu pitcher son idée chez DreamWorks Interactive. Il voyait "Il faut sauver le soldat Ryan" comme une expérience éducative tout autant qu'une propriété intellectuelle. Il avait beaucoup regardé son fils adolescent jouer avec ses amis à Goldeneye sur Nintendo 64. Est-ce que DreamWorks pourrait créer un shooter ayant pour cadre la Seconde guerre mondiale, qui pourrait les amener à apprendre sur cette période tout en jouant ?" raconte Jamie Russell, auteur en 2012 d'un livre, Generation Xbox: How Video Games Invaded Hollywood.

    L'ennui, c'est que les développeurs ne partagent pas vraiment l'enthousiasme du cinéaste... Pour eux, il faut aller davantage vers une orientation Fantasy (!), estimant que le cadre de la Seconde guerre mondiale est complètement dépassé et vieillot, en plus d'être faiblement attractif pour un jeu. Peter Hirschmann, producteur du jeu interviewé dans l'ouvrage de Jamie Russell, se souvient : "l'équipe disait que ce que les gens voulaient à ce moment-là, c'était surtout des fusils aux rayons laser. L'idée de créer un jeu s'inscrivant dans un contexte historique pertinent et dans un environnement vidéoludique Low tech était un vrai défi".

    Spielberg n'en démord pas : la précision historique pour son futur jeu est primordiale. Et pour mieux appuyer ses propos, il amène dans ses valises des conseillers techniques militaires et autres historiens, chargés de veiller à ce principe tout au long du développement du jeu. Une première à l'époque, pour une pratique qui s'est depuis largement répandue dans l'industrie du jeu vidéo. Un réalisme voulu dans le jeu mais dont la violence et les effets sanglants seront pourtant nettement purgés lorsque le titre sortira. La fusillade de Columbine et un énième débat sur la violence dans les jeux vidéo passèrent en effet par-là...

    Edité par Electronic Arts en 1999, l'énorme succès du titre a conduit à la création du studio Infinity Ward par des développeurs ayant travaillé sur Medal of Honor, désormais parti chez l'éditeur concurrent, Activision. Infinity Ward qui développera, comme les gamers le savent, la désormais indéboulonnable licence Call of Duty. En 2000, la filiale DreamWorks Interactive fut rachetée par Electronic Arts, qui popularisera encore plus la franchise des Medal of Honor avec Medal of Honor : Allied Assault sorti sur PC en 2002, et sa désormais célèbre séquence du débarquement allié tout droit inspirée de celle du film de Spielberg.

    Séquence souvenir pour les plus nostalgiques d'entre vous...

     

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    Commentaires
    • BestPseudoEver
      Pour ceux qui veulent poursuivre dans le style et dans les qualités de ce film, les deux très excellentes et grandioses mini-séries (étrangement absents de cet article) produits par Spielby et Tom Hanks vont vous satisfaire : Band Of Brothers & The Pacific.
    • jimbowie
      Et pourquoi malhonnêtes ?
    • Zerospirit
      Un film culte, rien d'autre à ajouter.
    • Samuel V.
      Je crois que le teaser était plus un fan made qu'un véritable teaser. On attend toujours donc. Ceci dit The PAcific est sortie plusieurs années après Band of brothers
    • Abdul Alhazred
      C'est un petit peu mesquin non!? Parce que même si c'est un peu le cas (le côté pro-américain patriotique), le fait est qu'ils peuvent effectivement être fière de ce qu'ils ont fait.
    • BestPseudoEver
      Merci pour les infos.
    • Lolo-Apocalyptica
      The mighty eighth sur une escadrille de bombardiers américains si je ne m'abuse. C'est une arlésienne. Je crois qu'on peut trouver sur Youtube une sorte de teaser assez ancien qui était sensé montrer ce à quoi aurait pu ressembler la série avant qu'ils n'entament la production. Depuis silence radio.Edit: visiblement un film du même nom est sorti donc ils auraient changé le titre de la série par Masters Of The Air. En revanche toujours pas de news concrètes.
    • killzone72
      Je l'avais vu à l'époque et je m'en souviens encore. D'ailleurs pour vanter les téléviseurs numériques et les lecteurs DVD, les enseignes passaient en boucle la séquence du débarquement.
    • -Nomade-
      héhé, exactement ^^
    • BestPseudoEver
      Je n'étais pas informé de cela.
    • BestPseudoEver
      Mon opinion est totalement l'inverse du tien, il faut de tout pour faire un monde. ☺️
    • MickDenfer
      ils devraient le passer dans les collèges.
    • Les crocs
      effectivement, mais le meilleur je sais pasles ricains nous ont offert quand même quelques pépites assez incroyable sur la guerre ...
    • Flamme-010
      Du cinéma de guerre pro-américain patriotique, mais le meilleur à ce jour.
    • Ha'Otep
      D'ailleurs on attend toujours la 3eme mini série sur la compagnie d'aviateur.
    • -Nomade-
      J'ai pas du tout aimé The Tree of Life, c'est justement ce film qui m'a fait découvrir un Malick chichiteux et un peu vain, comme j'ai dit plus haut...C'est formellement magnifique, mais aussi maniéré, parfois jusqu'au présomptueux, et, sous ses airs philosophiques, finalement assez creux.Disons que pour moi, ce film est un poème un peu raté.
    • BestPseudoEver
      Il a réalisé quand même ensuite The Tree of Life qui est exceptionnel.Le doc Voyage of Time l'est également.
    • -Nomade-
      Idem...En fait je pense que c'est parce qu'il était présenté alors comme un film de guerre, ce qu'il n'est pas complètement (ou disons il est bien plus que ça), surtout si on le comparait avec le Soldat Ryan.En réalité la Ligne Rouge est un film sur la guerre, avec quelques morceaux de bravoure spectaculaires, mais son intérêt est ailleurs, dans la poésie contemplative inhérente au cinéma de Malick, dans la réflexion qu'il propose, dans son exploration de l'esprit humain confronté à ces situations hors normes.C'est un film magnifique, et un véritable chef d'oeuvre, il faut juste ne pas chercher à le voir comme un film de guerre classique.Malick m'a personnellement pas mal déçu depuis, son cinéma devenant peu à peu chichiteux et un peu vain.
    • Orphan Boy
      Happy birthday 🎂 Ryan.
    • Sicyons
      Effectivement. Citer Medal Of Honor et oublier ces deux grandes œuvres TV est inexcusable pour un tel sujet (et j'ai moi-même oublier de les citer dans mon com précédent :) ).
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