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    Lumière 2018 : Claude Lelouch à l'honneur pour ouvrir le festival
    Par Léa Bodin, propos recueillis à Lyon le 14 octobre 2018 — 14 oct. 2018 à 15:00
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    C'est parti pour le 10e festival Lumière, déclaré ouvert hier soir par une ribambelle d'invités prestigieux juste avant la projection du film "Itinéraire d'un enfant gâté" de Claude Lelouch, qui donnait ce matin la première masterclass du festival.

    DOMINIQUE JACOVIDES / BESTIMAGE

    Cette année, le festival Lumière fête sa dixième édition avec un programme riche composé de nombreux films de patrimoine, chefs-d'oeuvres incontournables ou films rares, d'avant-premières et de séances spéciales. A l'occasion de la cérémonie d'ouverture, hier soir, à Lyon, Thierry Frémaux, le directeur du festival, et Bertrand Tavernier, son "for-mi-dable" président, ont tenu à rendre hommage au réalisateur Claude Lelouch. "J'aime la vie, avec tous ses défauts, car ce sont eux qui sont les plus photogéniques", a déclaré le cinéaste. A l'issue du gala, le public, rassemblé en nombre à la Halle Tony-Garnier, a pu découvrir ou redécouvrir le très touchant Itinéraire d'un enfant gâté, et ce en présence des comédiens Richard Anconina et Jean-Paul Belmondo, qui a eu droit à une émouvante standing ovation en entrant dans la salle. 

    Ce matin, Claude Lelouch donnait la première masterclass, la première "leçon de cinéma" du festival à la Comédie Odéon, à coups de métaphores sur "le théâtre de la vie" et son "grand metteur en scène". Pour commencer, il est revenu sur Itinéraire d'un enfant gâté, un film qu'il considère comme étant "quasi autobiographique, car c'est le portrait d'un homme avec toutes ses contradictions". Lelouch le répète, ce qui le passionne, c'est la vie : "La vie est le plus beau des jeux et le genre humain est le plus beau pays du monde. Et mon obsession, toute ma vie, a été de dénicher les tricheurs. Je ne suis pas un metteur en scène, je suis un metteur en vie."

    Claude Lelouch aime tout le monde, avec "une petite préférence pour les cons, car c'est avec eux qu'on fait les meilleures comédies". Et il insiste beaucoup, la seule chose qui compte pour lui, c'est le présent : "Quand j'étais jeune, dit-il, j'allais souvent au cinéma, car j'ai très vite compris que c'était le pays des merveilles et que c'était là que je voulais vivre. Les gens qui étaient sur l'écran, c'était les mêmes que ceux qui étaient dans la rue, mais en réussis. Je n'avais pas les moyens, donc je rentrais par la sortie de secours et je ratais le début du film. Et j'étais en obligé de partir avant la fin du film parce qu'il y avait des contrôles à la fin, donc je profitais des séquenes qu'on me proposait et j'inventais le début et la fin. La vie, c'est comme ça, vous êtes arrivé dans un film qui a commencé il y a bien longtemps, bien avant vous et vous serez obligés de partir avant la fin, donc vous avez intérêt à profiter du présent, car ce sont les seules séquences qui vous appartiennent."

    Toutes les plus belles scènes dans mes films sont celles qui n'étaient pas dans le scénario.

    Le scénario, pour lui, c'est important, mais cela reste une "roue de secours". "Tous mes films partent d'une scène de vie dont j'ai été le témoin. Bien sûr, j'ai été influencé par les grands scénaristes et dialoguistes, et je m'assure toujours de commencer un film avec un scénario très écrit, mais toutes les plus belles scènes dans mes films sont celles qui n'étaient pas dans le scénario." Ce qu'il recherche chez les acteurs, c'est la spontanéité, car elle se situe "à mi-chemin entre le mensonge et la vérité". Il prend l'exemple, dans Itinéraire d'un enfant gâté, de la scène hilarante du "bonjour" où le personnage de Belmondo entraîne celui d'Anconina à dire bonjour correctement. 

     

    Il explique que cette scène est née le jour même de leur bonne humeur : "On a fait cette scène en fin de journée. Ils étaient de très bonne humeur et j'ai senti qu'il y avait une opportunité pour aller quelque part. Le matin même, je prends un café et y a un mec qui me dit bonjour et, de la façon dont il me disait bonjour, j'avais envie de le tuer. L'après-midi, sur le tournage, j'ai écrit cette scène. Dans la soirée, je leur ai soufflé le texte et j'avais du mal, car je riais comme un fou. D'ailleurs, on voit la caméra bouger à un moment donné."

    Lelouch souligne combien il est important d'exploiter les humeurs des acteurs. Autant que la mauvaise humeur, d'ailleurs. Il se souvient qu'Annie Girardot n'a jamais été plus juste et plus incroyable que dans son monologue des Misérables. Elle ne voulait pas tourner, ce jour-là, elle avait trop de soucis personnels à régler et avait supplié Lelouch de la laisser rentrer à Paris et de reporterer la scène au lendemain. Lelouch lui demanda une seule prise, qui donna lieu à un moment de grâce. "Les comédiens qui viennent dans mes films sont ceux qui acceptent que leur rôle grandisse ou diminue pendant le film, dit-il, ceux qui acceptent de ne pas connaître la fin du film, de ne pas connaître tous mes dialogues. Ce sont ceux qui acceptent tous mes caprices."

    On le sent, le cinéaste de 80 ans aime la vie autant que le cinéma, le cinéma autant que la vie, et il a plus que jamais soif de faire des films, enthousiasmé par toutes les possibilités qui s'offrent à lui à l'aire du numérique. Il a d'ailleurs tourné son dernier film, La Vertu de l'impondérable, entièrement au téléphone : "Ce téléphone portable, j'en ai rêvé toute ma vie ! Là, je viens de tourner un film en treize jours ! Alors, certes, il y aura moins de pixels, mais il y aura aussi plus d'émotion et c'est tout ce qui compte !"

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    Commentaires
    • MickDenfer
      le portable n'est pas interdit aux personnes âgées ?
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