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    Lumière 2018 : "Au bout des angoisses, il y a un film" décrit la réalisatrice Claire Denis dans sa masterclass
    Par Clément Cusseau (@ClayMancuso) — 18 oct. 2018 à 17:15
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    Présente à Lyon dans le cadre du Festival Lumière pour présenter "High Life", son dernier film, la réalisatrice Claire Denis est revenue au cours d’une masterclass sur son parcours et sa carrière. Morceaux choisis.

    D.R.

    Sa découverte du cinéma

    Claire Denis : "J’ai vécu en Afrique jusqu’à mes douze ans et je n’ai dans un premier temps découvert le cinéma qu’à travers la description que m’en faisait ma mère. C’était une grande cinéphile qui allait voir beaucoup de films avec mon grand-père durant sa jeunesse. A l’époque, les films étaient diffusés en double séance, et elle s’arrangeait donc pour voir quatre films le mercredi, quitte à manquer parfois l’école.

    Quand je revenais en France pour les vacances, j’allais au cinéma mais il s’agissait de films pour enfants. Je ne retrouvais pas la passion des histoires que me racontait ma mère. Mais je me souviens quand j’étais lycéenne d’aller avec mes copines dans le quartier de Saint Lazare à Paris pour voir des films comme Au hasard BalthazarA bout de souffle et ceux de la Nouvelle Vague… Ce sont des films qui changent une vie."

    Ses rencontres marquantes

    "Après des stages pour Télé Niger puis pour l’INA, j’ai passé le concours de l’IDEC. Son directeur était à l’époque Louis Daquin, un cinéaste engagé, qui a décidé de ne plus confier les cours à des professeurs mais à des intervenants. En écoutant leurs histoires et en partageant leurs angoisses, la théorie est devenue pour moi une forme de pratique.

    J’ai pu assister au tournage du film fleuve Out 1 de Jacques Rivette, qui m’a énormément marqué. Ses tournages n’étaient pas hiérarchisés, et tout le monde participait à la mise en scène, y compris les stagiaires. A l’époque les budgets étaient tellement infimes qu’on ne parlais jamais d’argent. Jacques Rivette ne se voyait pas comme un artiste, car pour lui faire des films relevait de la nécessité, et non du désir.

    J’ai également beaucoup appris avec Robert Enrico, un homme brutal avec ses assistants, et qui m’en a beaucoup fait baver à l’époque, je dois le reconnaître. Mais avec le recul, je comprends que son attitude était pour lui une manière de nous endurcir, et ses tournages "physiques" nous ont préparé à faire face à toutes les conditions possibles de tournage.

    J’ai rencontré plus tard Wim Wenders à Lisbonne, à une époque où j’envisageais déjà de passer à la mise en scène. Mais quand il m’a proposé de l’assister sur le tournage de son prochain film, je n’ai pas pu refuser, car j’admirais énormément ses films des années 70 et à mes yeux, travailler à ses côtés avait plus d’importance que faire mes propres films. Je l’ai donc suivi aux États-Unis et ensemble, nous avons tourné Paris, Texas."

    D.R.

    Son 1er film

    "J’ai obtenu l’avance sur recette du CNC pour mon premier film Chocolat alors que je tournais Down by Law à New York avec Jim Jarmusch. Quand je l’ai tourné, je ne me suis reconnu dans aucune « famille » du cinéma. Un tournage est une expérience collective et au bout des angoisses, il y a un film.

    Comme le rôle principal était celui d'un boy, c'est à dire un homme noir au service d'une famille blanche, les producteurs ont voulu prendre n'importe quel jeune acteur membre d'une troupe de théâtre camerounaise, mais c'est en voyant une pièce de Patrice Chéreau que j'ai découvert ce jeune comédien ivoirien parfait pour le rôle : Isaach de Bankolé. C'était lui, et personne d'autre.

    Je n’attendais rien de ce film et je ne pensais ni à la suite ni même à bâtir une carrière. Mais le film a été sélectionné à Cannes,et alors j’ai pu enchaîner sur un second film, toujours dans la même optique."

    Son rapport au film de genre

    "Il faut beaucoup de distance pour faire du cinéma de genre, mais moi j’en suis incapable. Trouble Every Day est venu d’une commande qu’on m’a faite, pour réaliser un film gore. J’ai immédiatement prévenu que si je le faisais, alors j’irais jusqu’au bout, sans aucune retenue.

    Pour autant, je n’ai pas été à l’aise quand j’ai appris que des gens avaient quitté la projection du film en Séance de Minuit au Festival de Cannes. Malgré son contenu, j’ai fait ce film avec une totale "innocence", sans aucune arrière pensée ni envie de choquer."

    Wild Bunch Distribution

    Sa rencontre avec Robert Pattinson pour High Life

    "Dans un film de science-fiction, on parle soit anglais soit russe donc je me suis mises à la recherche d’un anglo-saxon. Mon directeur de casting m’a alors informée que Robert Pattinson souhaitait me parler du film, mais je le trouvais trop jeune pour le rôle et son côté iconique me sautait aux yeux, alors que je cherchais un comédien plus « humain ».

    J’ai finalement accepté de le rencontrer et il a su me convaincre qu’il voulait travailler avec moi .Il n’a pas eu besoin d’être grandiloquent, il était juste humble et sincère. C’est quelqu’un de travailleur, qui a vite su faire oublier sur le tournage qu’il est une grande star."

    La bande-annonce du film High Life de Claire Denis avec Robert Pattison :

    High Life Bande-annonce VO
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