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Sauver ou périr - Pierre Niney : "Je voulais me donner à 200 % dans cette histoire"
Par Brigitte Baronnet — 28 nov. 2018 à 05:50
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Pierre Niney est la tête d'affiche de "Sauver ou périr", film intense ayant nécessité une préparation très particulière pour le comédien, en immersion chez les Pompiers de Paris. Rencontre avec Pierre Niney et sa partenaire Anaïs Demoustier.

AlloCiné : En quoi Sauver ou Périr a été particulièrement un défi pour vous, notamment en terme de préparation physique ?

Pierre Niney, acteur : C'était un défi à plusieurs niveaux : psychologique, mental et aussi de préparation physique, c'est sûr. Un défi, parce que Frédéric Tellier, le réalisateur, voulait filmer tout de la manière la plus authentique possible, au début du film en tout cas. Le quotidien de pompier de Paris est très exigeant physiquement. Je les ai suivi pendant 4 mois, je me suis entraîné avec eux. J'étais suivi par une nutritionniste, des pompiers de Paris, un coach...

Le but était de pouvoir faire les montées de corde, transporter le matériel pendant longtemps car on avait de grosses séquences de feu et d'action à tourner, et la montée de la planche, qui est une épreuve très symbolique physique des pompiers de Paris. Par la force des choses, en essayant de les suivre tous les jours dans leur entrainement pendant 4 mois, j'ai pris 9-10 kilos de muscles. J'ai vraiment changé de physionomie et ça m'a beaucoup aidé à entrer dans la peau du personnage. J'ai bien aimé ce challenge et cette rigueur physique qui était demandée pour le rôle.

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Pierre Niney a pris 9 à 10 kilos de muscles pour se glisser dans la peau d'un pompier de Paris

Ce n'est pas votre premier rôle physique. Vous aviez déja repoussé vos limites par exemple dans L'Odyssée en interprétant Cousteau. Etait-ce plus fort encore ? 

Pierre Niney : C'était vraiment différent. Je voulais me donner à 200 % dans cette histoire corps et âme parce qu'il y avait l'idée d'être le plus authentique possible, le plus réel possible. La première partie : m'étoffer, changer de démarche, de corps, la façon de porter mes vêtements car je n'avais pas la même musculature et c'était intéressant pour m'approcher de Franck, du personnage. Ensuite, le gros défi que je n'avais connu dans aucun autre film, était de passer de ça à quelqu'un d'accidenté, de diminué, qui a perdu du poids, donc j'étais sur un régime drastiquement différent du jour au lendemain sur le tournage. Je ne buvais plus que des jus pendant un mois pour essayer de perdre le plus de poids possible, et porter les mêmes habits qu'au début du film, mais ce ne sont plus du tout les mêmes sensations, ni quand je marche, ni quand je parle, dans cette fragilité qu'on recherchait, que les accidentés de la vie peuvent connaître. C'était pour ces points là un gros challenge physique. Après le cœur du film, il est dans l'histoire d'amour avec Anaïs Demoustier et dans plein d'autres choses. Mais c'était l'un des éléments importants du film. 

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On parle beaucoup des pompiers, de cette préparation, mais ce n'est pas tout à fait le cœur du film...

Anaïs Demoustier, actrice : Le cœur du film, je dirais, que c’est avant tout une histoire d’amour et une histoire de reconstruction. Comment on se réinvente en tant que couple face à une épreuve ? Ca je pense que c’est assez universel, et c’est assez bouleversant. On se rend compte en présentant le film un peu partout que le film touche les gens à un endroit très intime et il peut toucher des gens qui ont des parcours très différents des uns des autres. Ce n’est évidemment pas un film sur les pompiers. C’est un film sur la famille, l’amour et la résilience.

Pierre Niney : On parle beaucoup des pompiers parce que c'est tellement cinématographique et je suis vraiment fier de la manière dont Frédéric [Tellier] les a filmé et les révèle, mais ce n'est vraiment pas un film sur les pompiers. C'est vraiment un film dans lequel il y a une trame de fond qui accélère le drame de ce film, cette histoire d'amour. C'est avant tout une histoire d'amour, une histoire d'espoir, de reconstruction.

C'est un film qui dit aux gens de manière très générale, qu'ils soient pompiers ou quoi que ce soit dans la vie, qui ont eu n'importe quel problème dans la vie : n'abandonnez pas ! On peut toujours retrouver de l'espoir, il y a des solutions pour trouver de la lumière et de l'amour aussi dans la vie. Donc les pompiers sont très importants dans le film, mais il y a aussi les infirmiers, les infirmières, les héros du quotidien qui sont aussi des gens qui n'ont pas une fonction particulière. Juste quelqu'un qui va tendre la main, sourire, faire un geste envers l'autre.  

Anaïs Demoustier : On n’en ressort pas terrassé. C’est une histoire qui comporte un drame et le transforme. C’est pour ça que c’est vraiment un film de cinéma, car il a une portée très romanesque. Il y a du lyrisme dans le film, parce qu’il y a de la lumière, de l’espoir. Les retours qu’on a avec les projections en avant-première, c’est que les gens ont envie de vivre. Ca fait partie de ces films qui nous rappellent les essentiels, la nécessité de profiter de la vie tant qu’elle est là. Ce sont des films qui font du bien. 

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Anaïs, en présentant le film juste avant, vous disiez être particulièrement attirée par les histoires d’amour au cinéma. Comment expliquez-vous cela ? 

Anaïs Demoustier : En tant que spectatrice, je crois que c’est ce qui me passionne le plus, voir des histoires d’amour au cinéma. Et en tant qu’actrice, pareil. En fait quand je lis des scénarios, quand c’est une histoire d’amour qui est racontée, ça me touche. C’est très difficile de savoir pourquoi. Je crois que c’est parce que c’est ce qu’il y a de plus important dans la vie aussi, et parce qu’il y a mille façons de raconter l’amour. Quand je regarde les films que j’ai faits, il y a des histoires d’amour très différentes, des choses passionnelles, il y a même des histoires d’amour incestueuses, des histoires d’amour à trois. Il y a vraiment 1000 choses différentes. J’ai l’impression que c’est un peu infini et que le regard d’un metteur en scène sur une histoire d’amour est à chaque fois très différent. Je trouve ça très riche.

Je n’avais jamais abordé l’amour par ce biais, c’es-à-dire celui d’une épreuve, d’un drame. C’est très passionnant dans ce film. Voir comment un couple va résister ou pas à une épreuve, un drame. Comment l’amour va pouvoir les porter, les aider, et comment l’amour peut aussi être une prison.  Mon personnage, à un moment, va se poser la question : est ce que son amour va résister à cette épreuve, est-ce qu’elle va partir ? Ca la met dans une situation très paradoxale, très complexe.

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Qu’avez-vous appris sur ce métier que vous ne connaissiez pas ?

Anais Demoustier : Ce qui m’a le plus marqué, je dirais que c’est la jeunesse des pompiers. Dans ma tête, un pompier, c’était un héros, il a un certain âge, et en fait, je me suis rendue compte que ce sont des gens souvent très jeunes et qui ont pourtant une forme de maturité assez déconcertante, une grande conscience du risque, du danger, de la mort parce qu’ils la voient tous les jours. Ca leur donne une personnalité assez complexe, assez riche.

Après, la vie en caserne, c’est quelque chose que je n’avais jamais vraiment imaginé. Ca restait très abstrait pour moi. Pour le film, on a tourné dans une caserne, donc j’ai découvert ce que c’est que de vivre dans un endroit où il y a en permanence cette sonnerie qui retentit, cette alarme pour que les pompiers décalent. C’est assez surprenant. 

Pierre Niney : J'ai appris énormément de choses : j'ai appris que c'était des gens avec une hygiène de vie, une philosophie de vie aussi avec une extrême maturité qui contraste complètement avec leur grande jeunesse : des gens de 17 ans, qui ont parfois cette vocation depuis leurs 14-15 ans, qui sont dédiés à leur devoir, à leur mission et à l'idée d'aller vers l'autre, d'aider l'autre. Ce sont des choses qui marquent et qui je trouve sont bien amenées dans le film, sans trop d'effets, sans trop en rajouter. C'est vraiment fidèle à ce que j'ai pu voir pendant la préparation en caserne avec eux et en intervention aussi.   

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Vous avez d'ailleurs reçu une récompense des Pompiers de Paris pour ce film...

Pierre Niney : C'était une grande surprise : l'Armée de Terre et le général des Pompiers de Paris m'ont remis une médaille à titre honorifique, un grade honorifique de première classe. J'ai failli refuser au début, j'étais complètement déboussolé : 'non mais pas du tout, j'ai rien fait, j'ai participé à un film'. Ils m'ont expliqué que pour le rayonnement de leur métier, de leur brigade, de leurs valeurs, et aussi faire connaître plus exactement ce qu'est leur métier, les hommes qui sont réellement derrière la fonction tout simplement, donc j'étais honoré, très fier. J'avais un peu les jetons. C'était dans la cour des Invalides, il y avait des centaines de pompiers, un orchestre militaire avec la Ministre des armées, donc c'était très impressionnant et en même temps encore un moment émouvant de ce film qui n'aura pas arrêté d'être vraiment bouleversant, de la préparation au tournage jusqu'à aujourd'hui, où on le présente un peu partout en France et les superbes belles réactions qu'on a pour le moment. 

Quels sont vos projets ?

Pierre Niney : Je développe mon film. C'est une comédie dramatique que j'aimerais réaliser et jouer dedans aussi. J'avance. D'ici un an peut être ? Les autres projets sont en discussion pour le moment. C'ets un film que je vais coproduire et je suis en train de discuter avec des partenaires.  

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