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    The Good Place sur Netflix : que vaut la saison 3 ?
    Par Guillaume Nicolas (@gehenne) — 25 janv. 2019 à 13:06
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    The Good Place s’est achevé hier soir aux Etats-Unis (disponible sur Netflix en France). La série, qui nous avait habitué à des finals explosifs aux révélations bouleversantes, se conclut sur une note plus douce-amère.

    Andrew Eccles/NBC
    « Bienvenu au bon endroit ! »

    Il s’en ai passé des choses depuis que Michael (Ted Danson) a prononcé ces mots de bienvenue à Eleanor (Kristen Bell). The Good Place du titre, censé être le paradis, s’est avéré plus retors et la sitcom, de se transformer, non plus en simple comédie non-sensique, que Mike Schur maîtrise à la perfection (The Office, Parks and Recreation, Brooklyn Nine Nine) mais en véritable parcours initiatique aux rebondissements digne de Lost et 24 réunis. Et cette saison n’a pas ménagé son audience, le faisant voyager de l’esprit de Janet (D'Arcy Carden) au Trou Inter-Dimensionnel des Pancakes (une zone neutre), en passant par le (vrai) paradis, pour revenir à la case départ.


    Seulement cette année, le season final ne décroche pas des machoirs. Pas d’inquiétude, les zygomatiques ont déjà bien fonctionné au cours de la saison, entre mines ahuries, sourires euphoriques et éclats de rire mais le finish s’est montré plus mélodramatique (on a le droit de verser sa larme), sadique et offre une belle réflexion sur l’art d’écrire une série. La force de The Good Place repose autant sur son sens innée de la comédie que l’intelligence de son propos, capable en un épisode d’une vingtaine de minutes de mettre tout Westworld à l’amende. Preuve que l’on n’est pas obligé de se farcir des tunnels de dialogues obscurs pour théoriser sur le libre arbitre (l’auteur de ces lignes ira probablement au Mauvais Endroit pour cette attaque un peu gratuite).

    Colleen Hayes/NBC


    Un éternel recommencement

    A chaque saison (ou presque), The Good Place se reboot, à quelques variations près. La série a fait du recommencement, son motif principal. Une histoire qui se répète, c’est le principe fondamental de l’art sériel. Michael est un showrunner. Le dernier épisode de la saison le montre en panne d’inspiration, soudainement pris d’une violente crise d’anxiété sur sa capacité à supporter la pression. Mike Schur semble livrer ses propres angoisses. Les années défilent et il sait très bien que chaque saison le rapproche davantage de la fin que du début. Une fin peut-être encore difficile à envisager.

    Outre le fait de perdurer des ressorts comiques ingénieux, d’offrir des passages jouissifs (Janet en mode Néo de Matrix, plus grand moment de la saison 2018/2019 ?), The Good Place offre une fournée de réflexions philosophiques sur le libre arbitre donc mais également sur la difficulté à être une « bonne personne » dans un monde devenu très complexe (la théorie de la tomate est bouleversante) ou bien sur le sens de la vie. On pourrait même partir sur des interprétations métaphysico-philosophique, à base de mythe de Sisyphe (le personnage de la mythologie comme l’essai d’Albert Camus sur la notion de sens dans un monde inintelligible), qu’on n’aurait pas épluché toute la série ! The Good Place fait preuve d’un incroyable humanisme, pousse à la bienveillance tout en étant lucide sur les dérives d’un monde qui engage davantage à l’individualisme qu’au partage désintéressé. Elle est très forte pour ne jamais se montrer cynique (ça c’est le boulot de Shawn, de The Bad Place), sans pour autant sombrer dans un positivisme béat. Oui, le chemin est compliqué mais la situation n’est pas désespérée !

    Colleen Hayes/NBC


    Shawn ne peut pas gagner

    La quatrième saison démarrera avec un nouveau statu quo. Une nouvelle épreuve dans la quête de rédemption des personnages ; une nouvelle étude sur la nature humaine et notre capacité à nous rendre meilleur au contact des autres (mais avec la mesquinerie sournoise de Shawn en prime). Il y a du sadisme chez Mike Schur à rejouer éternellement les mêmes situations, avec juste ce qu’il faut de variation pour justifier cette cruauté. Et si The Good Place, dans sa relecture personnelle du Paradis Perdu de Milton, nous racontait une grande histoire d’amour ? De celle dont l’impossible n’est pas permis mais au parcours si accidenté que la résolution ne peut être que plus belle ? Eleanor et Chidi, Jason et Janet, toutes ces histoires contrariées ne peuvent mal finir, n’est ce pas ? Ce serait trop injuste, comme si The Bad Place avait gagné. Et on ne peut pas laisser Shawn gagner.

    A Janet, Eleonor demande LA réponse. Celle qui donne un sens à toute la vie (spoiler : c’est 42). La wikipedia-sur-jambes (donnez une série à Janet et sa formidable interprête D'Arcy Carden !) lui donne cette réponse : « Puisque rien dans ce monde ne semble faire sens, quand vous en trouvez un, c’est l’euphorie ». The Good Place fait assurément sens, parce que l’euphorie, on l’a déjà, malgré les yeux encore humides du sacrifice de Chidi (William Jackson Harper).

    Que s'est-il passé dans les saison 1 et 2 ?

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