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    Oscars 2019 : réalisatrices, Afro-Américains, Latino-Américains... La diversité (enfin) célébrée par l'Académie
    Par Corentin Palanchini — 25 févr. 2019 à 10:30
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    En sacrant des réalisateurs, acteurs et techniciens de tout genre et de toute origine ou nationalité, l'Académie a réellement récompensé la diversité, un geste fort qui ouvre sans doute une nouvelle ère dans l'Histoire de Hollywood.

    Marvel Studios 2018 / Matt Kennedy / Netflix
    Jamais autant d'Afro-Américains oscarisés

    L'Académie a envoyé un message fort puisque les deux prix de second rôle ont été attribués à deux Afro-américains : Mahershala Ali pour Green Book et à Regina King dans Si Beale Street pouvait parler. Ali égale Denzel Washington en devenant le second acteur Afro-Américain à avoir remporté plus d'un Oscar (il avait déjà remporté le prix du Meilleur second rôle pour Moonlight). Spike Lee est monté sur scène pour recevoir un prix du Meilleur scénario adapté pour BlackKklansman dans lequel il a incité le public à "faire la chose juste" (do the right thing) lors des élections de 2020.

    Le film Black Panther a récolté trois Oscar dont Meilleurs décors (prix partagé entre Hannah Beachler et Jay Hart) et meilleurs costumes (pour Ruth E. Carter, première Afro-américaine à obtenir ce prix). Carter a pris la parole sur scène pour remercier Spike Lee, le premier à lui avoir donné sa chance, c'était en 1988 pour School Daze. Elle a également déclaté en coulisses (via Variety) : "J'ai rêvé  et prié pour cette nuit, honnêtement... de ce qu'elle pourrait représenter pas uniquement pour moi, mais pour les jeunes qui me succèderont".

    Par ailleurs, le coréalisateur de Spider-Man: New Generation (Peter Ramsey) est entré dans l'Histoire comme le premier Afro-américain à avoir gagné un Oscar du Meilleur film d'animation. Le film détrône Disney/Pixar, récompénsés depuis six années d'affilée. L'équipe s'est félicitée sur les réseaux sociaux :

    "Il y a un héros en chacun de nous, et nous n'aurions pas pu le faire sans vous. Merci à l'Académie d'avoir salué l'incroyable équipe du film".

    Les femmes sur scène

    Que cela soit dans les intermèdes entre prix ou parmi les récompensés, notamment côté documentaire avec les deux réalisatrices des Règles de notre liberté, les deux réalisatrices de Bao ou les deux coréalisatrices du documentaire Free Solo. Le talent des maquilleuses et coiffeuses de Vice ont également été salués d'une statuette. Malgré cela, le bilan des récompenses affiche 27 prix remis à des hommes et 10 à des femmes.

    Sur scène, se sont succédées Amy Poehler, Tina Fey, Maya Rudolph, Barbra Streisand, Julia Roberts, Helen Mirren ou Melissa McCarthy. Cette dernière, nommée à l'Oscar de la Meilleure actrice, proposa une parodie hilarante de "La Favorite" :

    Spike Lee gêné par la victoire de "Green Book"

    Le réalisateur Spike Lee est toujours surveillé de près lorsqu'il est présent à un événement public car il est connu pour ne cacher ni ses joies ni ses déceptions. Ce fut encore le cas cette nuit puisqu'au moment où l'Oscar du Meilleur film a été attribué à Green Book (Spike Lee était nommé avec BlackKklansman), Lee assis dans le public s'est rendu vers les portes de sortie du théâtre où se déroulait la cérémonie avant d'être renvoyé à sa place par le service d'ordre. Il s'est rassis et a tourné dos à la scène. Interrogé par la presse sur ce geste, l'intéressé a répondu (via Deadline) :

    "[J'ai] l'impression d'être au Madison [Square] Garden et d'entendre l'arbitre appeler le mauvais joueur".

    Avant de blaguer :

    "Chaque fois que quelqu'un est le chauffeur de quelqu'un, je perds... Mais [cette fois] ils ont changé qui est assis où !"

    Une référence au fait que l'année où Lee était nommé à l'Oscar du Meilleur film pour Do The Right Thing, il avait perdu face à Miss Daisy et son chauffeur, avec Morgan Freeman jouant le chauffeur de Jessica Tandy.

    D'autres pas en avant

    La victoire de Rami Malek pour son interprétation du chanteur Freddie Mercury est symboliquement forte puisqu'un acteur d'origine égyptienne jouant un homosexuel est couronné du titre de Meilleur acteur. On note aussi que le Meilleur film d'animation est allé à Spider-Man : New Generation qui met en avant un super-héros d'origine latine, Miles Morales.

    Le sacre de Roma (Meilleure photographie, Meilleur Film en langue étrangère et Meilleur réalisateur pour Alfonso Cuaron) est aussi une confirmation que les cinéastes mexicains ont le vent en poupe. L'an dernier déjà, Guillermo Del Toro avait été récompensé pour La Forme de l'eau, et il y a trois ans, c'était Alejandro González Iñárritu pour The Revenant et Birdman et avant cela Alfonso Cuaron pour Gravity. Il faut remonter à 2010 pour avoir un metteur en scène américain remporter le prix de Meilleur réalisateur. Ce fut Kathryn Bigelow pour Démineurs (Damien Chazelle qui l'avait gagné en 2016 est Franco-Américain).

    Il devient le premier réalisateur à avoir gagné un Oscar dans 4 catégories différentes dans sa carrière et rejoint la liste des onze cinéastes primés dans 3 catégories le même soir. Parmi les onze, citons James Cameron, les frères Coen, Francis Ford CoppolaPeter Jackson ou Billy Wilder.

    De la diversité aussi dans les sujets

    L'Oscar du Meilleur court-métrage documentaire est allé aux Règles de notre liberté, un film sur la stigmatisation des règles menstruelles en Inde. Comme en plaisantera la réalisatrice Rayka Zehtabchi sur scène : "Je ne peux pas croire qu'un film sur les règles ait gagné un Oscar !" Le meilleur court-métrage d'animation a salué Bao des productions Pixar, mettant en scène une héroïne sino-canadienne.

    Green Book et BlackKklansman, par leurs sujets même, ont été salués pour leur sujet (Meilleur Film pour le premier, Meilleur scénario adapté pour le second) et le fait de donner un prix à l'actrice principale de Si Beale Street pouvait parler est aussi une façon de saluer ce que le long métrage raconte et l'impact de cela sur le destin d'une femme et d'une mère.

    Une polémique étouffée

    Pas un mot n'aura été dit sur Bryan Singer, réalisateur de Bohemian Rhapsody, actuellement accusé d'agression sexuelle sur mineurs et dont le prochain film, Red Sonja, a été mis en pause.

    La Rédac' débriefe le palmarès des Oscars / César 2019 

     

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    Commentaires
    • Goldenclaw_
      Je suis désolé, mais en l'état actuel, même si plusieurs le méritaient, tout ça fait très forcé. Quand je dis récompense je parle de nomination pas forcément de prix.Quand à ce qui est des réparations aux Oscars, je le déplore aussi. La cérémonie perd beaucoup de valeur avec tout ça.
    • felson
      Relisez-vous, vous trouvez navrant qu'en 2019 on puisse récompenser la couleur de peau aux Oscars au lieu de récompenser le talent. A la base c'est bien ça que vous trouvez étonnant voire navrant, en plus du fait qu'un article allociné puisse s'en étonner. Pour moi, c'est la talent qui a été récompensé sans distinction de couleur de ceci ou de cela, alors que ce n'était pas le cas avant. Il faudrait donc saluer ça comme une avancée.Les Oscars ne sont pas là pour réparer quoi que ce soit, on est d'accord. Mais ils ne peuvent pas célébrer le talent partout où il se trouve. Certains des plus grands réalisateurs de l'histoire n'ont jamais eu l'Oscar, comme Kubrick, Chaplin, Hitchcock, Fritz Lang, Robert Altman, David Lynch... mais si demain Lynch gagne l'Oscar pour un film moyen, on parlera de 'réparation'. C'est un peu ce qui s'est passé cette année. Ou avec Ennio Morricone, qui à 87 ans a gagné son tout premier Oscar de la meilleure musique pour Les 8 Salopards il y a trois ans, alors qu'il aurait dû l'avoir bien avant, pour des perfs bien meilleures. Voilà, c'est tout.
    • Goldenclaw_
      Donc vous trouvez bizarre voire anormal de voir plusieurs artistes noirs récompensés lors d'une seule et même cérémonie._Je dis tout le contraire, c'est qu'on s'en étonne que je trouve anormal. Pour moi ce qui est arrivé est en partie une réparation_ Les oscars du cinéma ne sont pas là pour réparer la bêtise humaine, mais pour célébrer le talent au cinéma.Je pense qu'on ne se comprend pas, ce débat ne mènera nulle part.
    • felson
      Donc pour Thomas il n'y a qu'une seule origine capable de talent. Tout le monde la connaît.
    • felson
      Donc vous trouvez bizarre voire anormal de voir plusieurs artistes noirs récompensés lors d'une seule et même cérémonie. Pourtant vous dites vous-même que ces artistes noirs méritent ces Oscars mais en même temps vous les réduisez à leur couleur de peau, et au 'politiquement correct'. Alors que peut-être qu'ils ont été récompensés uniquement grâce à leur talent. Il y a encore 5 ans, ces artistes noirs auraient été ignorés par l'Académie (ce qui vous aurait paru plus normal je présume). Donc ben si, il y a une évolution, si vous ne la voyez pas tant pis pour vous.Personne ne crie quoi que ce soit sur les toits. Cet article est juste une constatation. Black Panther qui n'a rien à faire aux Oscars? C'est votre opinion. Pour moi ce qui est arrivé est en partie une 'réparation' par rapport à la façon dont les Noirs ont été ignorés par les Oscars jusqu'à ce 'boycott' en 2016. Dire que l'Académie 'force les choses' c'est continuer de refuser d'admettre que plus d'un ou de deux artistes noirs peuvent recevoir un Oscar lors d'une même cérémonie. C'est vrai qu'on n'a pas l'habitude... lolSpike Lee? Moi je l'aime beaucoup. Il y a 30 ans son chef-d'oeuvre Do The Right Thing est reparti bredouille du Festival de Cannes - alors que tout le monde le voyait gagner la Palme - et n'a pas été nommé à l'Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur. Malcolm X non plus. Du coup je pense qu'il a le droit de se plaindre d'un certain traitement. Ce qui s'est passé l'an dernier - le Grand Prix à Cannes - et cette année, c'est une forme de compensation par rapport à ça. C'est tout. Donc quand vous dites il faudra s'offusquer si un excellent réalisateur noir américain est mis de côté de manière évidente par l'académie à cause de sa couleur de peau je vous trouve un peu hypocrite. Ça se produit depuis longtemps (Spike Lee notamment, qui est un excellent réalisateur - mais si -, n'a jamais été nommé avant cette année; il y a d'autres cas, comme Ava DuVernay, oubliée pour Selma en 2015) et quand les Noirs s'en plaignent, ce n'est pas normal, ils deviennent même racistes. Maintenant qu'ils ont un chouïa de reconnaissance ce n'est pas normal non plus, c'est politique et rien d'autre. Certains ne savent pas ce qu'ils veulent. Ou alors ils ne veulent voir de Noirs nulle part...
    • felson
      Ce qui est encore plus sûr c'est que les Noirs et autres minorités ont le droit de se plaindre quand ils sont clairement victimes de discrimination raciale. Et en tant que cinéaste noir engagé, Spike Lee a de bonnes raisons de ne pas aimer les Blancs, en tout cas il n'a aucune raison de les adorer, rapport à la façon dont les Blancs traitent les Noirs depuis la nuit des temps. Mais s'il est si raciste que ça, explique-moi pourquoi il y a autant de Blancs dans son cercle d'amis (notamment l'acteur John Turturro) et pourquoi il donne autant de boulot aux Blancs dans ses films, alors que les Blancs rechignent toujours à donner du boulot aux Noirs. Tu traites Spike Lee de raciste sans doute parce qu'il te rappelle tout le temps que les Blancs sont à la base du racisme, et qu'ils le perpétuent.
    • ScaarAlexanderTrox
      Et pourtant, c'est la conséquence, à terme, du principe même de discrimination positive. Minorité > majorité.
    • tueurnain
      question de point de vue, disons qu'ils sont bronzés...
    • seke
      J'ai eu la chance de la voir et effectivement c'était sans temps mort.
    • andiran23
      J'ai pas regardé la cérémonie en live mais j'ai effectivement pas mal lu que ça rendait le tout moins mou, moins gênant
    • andiran23
      cent fois supérieur au sympathique-mais-c'est-tout Spider-verseEt il t'est pas venu à l'esprit que tout le monde n'était pas de ton avis ? Ah non, monsieur est offensé parce que ouin ouin le film que j'ai moins aimé avec un personnage de couleur a gagné. Spider-Verse est un des films d'animation les mieux reçus de la décennie, par la critique comme par le public. Il a pas gagné par hasard. L'Académie l'a préféré à L'île aux chiens, point.
    • Goldenclaw_
      Navrant qu’en 2019, pour les oscars du cinéma, on récompense la couleur de peau au lieu de récompenser le talent. Franchement si j’étais eux, je considèrerais ça comme une insulte plus qu’autre chose. Et ce genre d’article, qui félicite l’académie pour appuyer et affirmer les différences ethniques entre les nominés, là où l’on ne devrait voir que des gens talentueux égaux, est complètement méprisable.Honte à l’auteur.
    • Naughty Dog
      j'ai vu le Wes Anderson (comme tous ses films), et bien que très bon, il n'est absolument pas aussi novateur ou fou que Spider-Verse, qui a une idée de mise en scène à chaque plan, tout en étant une révolution dans la manière de concevoir l'animation (et un film inspirant également) :)
    • Naughty Dog
      là n'est pas la questionon parle d'un très bon film face à un chef-d'oeuvre unique en son genre, qui est aujourd'hui au National Congress of Cinema :)
    • seke
      Ce qui était bien était l'absence de présentateur.
    • Blink932
      On ne peut éternellement garder le monopôle. Les choses changent dès fois. Bien vrai que je ne suis pas à 100% d'accord de certains des gagnants.
    • ScaarAlexanderTrox
      Oulà, c'est quoi cet argument ^^; Et les gens qui n'aiment pas les mêmes films que toi, ils n'aiment pas le cinéma dans son ensemble, peut-être ? As-tu seulement vu le Wes Anderson ? Faut-il ne PAS aimer le cinéma pour aimer son film (soyons fou) ? Sérieusement...
    • ScaarAlexanderTrox
      La pertinence de ton argumentaire doit t'étouffer.
    • ConFucAmuS
      Oscars de la diversité...Une question de point de vue. D'un côté, je suis d'accord pour Alfonso Cuaron (dont le Roma est d'une incroyable beauté), autant je ne comprends pas la récompense pour Rami Malek. Christian Bale en Dick Cheney dans Vice me semble nettement au dessus. Mais avec tout le tapage autour de Bohemian Rhapsody - et ce même si le film est d'un académisme navrant - cela paraissait inévitable. Même si invraisemblable à mes yeux.Plus généralement, je trouve que le niveau dans la catégorie Meilleur Film est loin d'être mirobolant. De bons films en majorité, certes. Enfin, si on omet le fade Bohemian Rhapsody et l'écœurant Black Panther selon moi. Mais même ces deux-là oubliés, je ne vois pas de quoi grimper au rideau. De mon point de vue, Roma et Vice ont l'avantage. Green Book et BlacKkKlansman sont derrière. Le premier à l'avantage de tenir sur un équilibre comédie/drame assez solide malgré un script peu original (qui lui a pourtant valu un Oscar), le deuxième excelle dans l'humour mais se montre inégal. Bref, Spike Lee n'a pas à se sentir spolié. Son film ne méritait pas plus d'avoir la statuette tant convoitée que son concurrent.
    • Thomas C
      j'espère surtout que la prochaine fois ce sera pour récompenser le talent et non une origine ou une orientation sexuelle.
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