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    L’Afcae interpelle les frères Coen et Alfonso Cuarón sur la diffusion des oeuvres sur Netflix
    Par Olivier Pallaruelo (@Olivepal) — 25 févr. 2019 à 10:30
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    François Aymé, président de l’Afcae (Association française des cinémas Art et Essai) publiait en édito du Courrier Art & essai de janvier 2019 une tribune à l’adresse des cinéastes ayant choisi de diffuser leurs œuvres sur Netflix.

    En janvier 2019, François Aymé, président de l'AFCE, l'Association française des cinémas Art et Essai, publiait une tribune en édito du Courrier Art & Essai à l'adresse des cinéastes ayant choisi de diffuser leurs oeuvres sur Netflix. En l'occurence les frères Coen, avec leur Ballade de Buster Scruggs, et Alfonso Cuaron, qui vient de triompher aux Oscars cette nuit en remportant trois statuettes pour son Roma, dont celle du meilleur réalisateur.

    La tribune a beau être antérieure aux Oscars, elle fait sans doute encore plus sens aujourd'hui, à l'heure où Netflix voit ses productions multi récompensées par des Prix prestigieux, et aussi à l'heure où des talents hollywoodiens de tout premier plan comme Steven Spielberg exhortent ses collègues à ne pas lâcher la réalisation de films sortant en salles au profit des plateformes de streaming, comme nous l'avons relayé ce week end.

    Voici la tribune en question, ci-dessous.

    Cher Joel, cher Ethan, cher Alfonso,

    Blood Simple, Fargo, O’Brother, No Country for Old Men, True Grit et bien d’autres pour Ethan et Joel ; Les Fils de l’homme puis Gravity pour Alfonso... Nous avons vu tous vos films. Nous les avons attendus. Impatients comme notre public. Un vrai rendez-vous avec des auteurs que l’on a aimés, admirés, montrés et défendus. Nous avons vu et programmé tous vos films. Tous à l’exception du dernier : Roma pour Alfonso Cuarón et…, quel est le titre déjà, ah oui, La ballade de Buster Scruggs pour Ethan et Joel Coen.

    Que s’est-il passé pour que cette longue relation de confiance et de mise en valeur de vos oeuvres sur grand écran, devant un public d’aficionados, s’arrête, comme ça, brutalement ?

    Les temps changent, c’est tout, répondez-vous en substance dans de multiples entretiens. Oui mais la question est de savoir, dans quel sens et pourquoi ? Pour le bien des diffuseurs ? Des auteurs ? Du public ? Des oeuvres elles-mêmes ?

    "Il faut s’adapter aux évolutions du public" dixit Joel. Là, nous touchons du doigt une de ces formules rhétoriques de sophistes que n’auraient pas désavoués certains de vos personnages. Car enfin, hier, chacun de vos films pouvait être vu au choix et successivement sur grand écran dans une salle, en VOD, DVD…, sur un petit écran, un ordinateur ou un téléphone portable, sur une chaine cryptée ou pas, ou encore sur une plate-forme. Le public avait donc le choix du lieu, du support, du format, le choix d’être abonné ou de ne pas l’être. Il lui fallait seulement attendre pour accéder aux fenêtres successives. Alfonso, vous vous réjouissez qu’avec Netflix, votre parente mexicaine puisse voir Roma même si elle n’a pas de salles près de chez elle. Mais c’était déjà le cas pour vos autres films par VOD ou tout simplement avec la télévision !

    Avec Netflix (nous y venons donc), ce n’est pas vous qui vous adaptez au public mais l’inverse : le public doit s’adapter aux choix que vous avez faits : confier l’exclusivité durable de votre dernière œuvre à une plate-forme. Le choix que vous laissez à votre public, c’est : ou bien vous vous abonnez à Netflix et vous pouvez découvrir notre film sur un petit écran, ou bien vous ne le voyez pas. Ce n’est pas un choix, c’est une obligation, en tout cas pour vos fans. Et cette obligation n’est pas temporaire, au contraire elle est durable, ce que peu écrivent noir sur blanc. Cela s’appelle la privatisation d’une œuvre.

    Les temps changent donc et le public (comme les auteurs ?) doit s’adapter aux stratégies commerciales des nouveaux diffuseurs d’envergure mondiale. Mais si l’on jette un coup d’œil rétrospectif à l’histoire du cinéma, on constatera que toutes les évolutions, adaptations, mutations du cinéma se sont faites dans le sens d’un progrès concret, technique, objectif : passage au parlant, à la couleur, au cinémascope, au Dolby, confort des salles… À chaque fois, il s’est agi d’améliorer la qualité du spectacle cinématographique et la valorisation des œuvres, quand bien même la diffusion décalée de cette œuvre se démultipliait au fil des ans sur d’autres supports. Quand on regarde vos génériques qui durent de longues minutes, on est impressionnés par le nombre d’acteurs, de techniciens qui ont tout fait pour donner à la lumière, au cadrage, aux décors, aux costumes, au son, au montage, au mixage, à l’étalonnage un soin extrême.

    À cette lumière, le choix de la diffusion exclusive et durable d’un film à l’ambition cinématographique sur une plateforme payante n’est pas un progrès mais une régression. En faisant ce choix, vous assumez un double renoncement. Vous renoncez à la valorisation optimale et technique de votre œuvre sur un grand écran et via une chaine sonore qui restituent les subtilités, les nuances de votre travail. Et vous renoncez à la dimension collective de la découverte de votre œuvre. Vous renoncez au fait que votre film soit un spectacle public. Ce n’est pas rien tout de même. Bien sûr, aujourd’hui le visionnement d’une œuvre cinématographique se fait très majoritairement sur un autre support que le grand écran, est-ce une raison valable pour s’en passer complètement ? Est-ce qu’un compositeur, un musicien, un chanteur renoncerait aux concerts sous prétexte que la plupart des gens écoutent ses œuvres sur YouTube ou bien sur une plateforme dédiée.

    La vraie raison du passage de votre film exclusivement sur Netflix, elle est commerciale, financière. L’enjeu n’est pas de savoir qui regardera votre film et dans quelles conditions mais comment il sera financé et combien il rapportera (en publicité et en abonnements). Netflix est une entreprise d’envergure mondiale qui a bien compris qu’elle devait proposer des films en exclusivité pour aller chercher encore et toujours plus d’abonnés. Il lui fallait de l’image et des noms. De l’exclusivité et du prestige. Les Coen et le Lion d’Or, et pourquoi pas des Oscars. Un vernis artistique, une publicité mondiale, c’est cela que vous apportez à Netflix, le reste est secondaire. D’ailleurs, vous aurez remarqué que contrairement au film de Susanne Bier (45 millions de visionnements à travers le monde ! selon la plate-forme), Netflix ne communique pas sur le nombre de "spectateurs" de vos films. Combien d’abonnés ont regardé le Lion d’Or, un magnifique film mexicain en noir et blanc sans aucun acteur connu ?

    Mais pourtant, ne devrions-nous pas nous réjouir qu’un nouvel opérateur puissant investisse dans des œuvres de qualité. Oui, mais à plusieurs conditions, conditions que de nombreux producteurs et diffuseurs respectent (en particulier en France), ce qui n’est pas forcément le cas de Netflix. Alors quelques questions simples pour terminer. Est-ce que le fait d’avoir acheté un film mexicain en noir et blanc est le signe d’une stratégie volontariste de défense de la diversité qui ira au-delà des seules productions anglo-saxonnes ? Est-ce que Netflix (comme d’autres) envisage de respecter les règles de fiscalité des pays où il diffuse, contribuant ainsi à la vie commune d’un territoire dont il tire des profits ? Est-ce que Netflix est susceptible de produire ou d’acheter des films critiques envers l’Iran, la Chine, la Russie, le Brésil, l’Arabie saoudite, la Turquie ? Si Netflix montre un vrai empressement à financer les films de grands auteurs confirmés, aura-t-il la même motivation à suivre des nouveaux talents ? Continuera-t-il même à financer ces grands talents s’il atteint ses objectifs d’abonnés ? Est-ce que vraiment la contribution de Netflix à la production et/ou à la diffusion était indispensable à votre film ou bien s’agit-il d’un choix délibéré et assumé de votre part ?

    En tout état de cause, si vous êtes "seulement" des cinéastes, sans doute est-il bon (pour le public, les médias, les élus) de rappeler que le développement d’un opérateur à la surface mondiale, dont le nombre d’abonnés se compte dorénavant en centaine de millions, est tout, sauf neutre. Ainsi, confier votre film à Netflix, c’est non seulement renoncer à la possibilité offerte de voir vos titres en salles de manière collective, mais aussi apporter votre nom et, de ce fait, cautionner un opérateur puissant qui sait profiter d’un système et ne pas s’y conformer quand cela est contraire à ses intérêts. Comment jouer avec quelqu’un qui change les règles du jeu à son seul profit ? En tentant de lui faire respecter les règles ou bien en rejoignant son camp ? À chacun sa réponse.

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    Commentaires
    • Matthieu Dewaere
      Cette lettre touche certains points sensibles mais peut-être faut-il aussi prendre en considération la difficulté parfois considérable d'obtenir ledit financement, si bien que Netflix a acquis la réputation de reprendre des projets souvent abandonnés/refusées par lesdits studios et dont les décisionnaires pointent aujourd'hui du doigt la politique et les réalisateurs faisant le pas ce que je trouve relativement cocasse.Puis n'est-ce point un petit peu tordre la réalité que de dire qu'ils ont une visée purement pécuniaire en préférant Netflix aux salles et par extension en préférant obliger le public à le découvrir via un abonnement à Netflix ? Déjà pour rappel un abonnement coûte à peu près aussi cher qu'une séance, et contrairement à beaucoup de services en ligne ce dernier est particulièrement facile à interrompre. Ensuite, le choix leur revient finalement toujours, que ce soit de payer 12€ pour un billet au cinéma ou pour un mois d'abonnement sur Netflix. Je trouve l'argumentaire un peu démagogique, je n'aime vraiment pas ce mot surtout qu'il est terriblement galvaudé mais c'est pour illustrer mon ressenti : ils tordent les choses pour donner raison à des arguments qui, une fois relus avec attention, sont franchement grossiers.Netflix n'est clairement pas la meilleure solution et jamais je ne troquerai une bonne séance en salle contre une séance dans mon salon, mais pour une industrie qui se complait dans sa situation actuelle (tant dans la partie production que distribution et diffusion) je pense que c'est le genre de coup de pied qui permet de faire revivre un peu la machine et la pousser à se surpasser et à innover.Hate the game, not the player.
    • Madozam
      malheureusement c'est la loi su marché !! les grosses industries veulent juste donner ce que le public veut et surtout des produits qui rapportent (faut pas nier que Disney sont trop intelligents pour ca!!) mais c'est les autres films indépendants et qui méritent leurs sorties en salle qui payent le prix en ce contentant qu'aux plateformes de streaming qui eux peuvent payer !!
    • Guillaume B.
      Belle lettre.Et cela va au delà de netflix comme de la question très personnelle et subjective de l'intérêt de la salle obscure versus home cinéma, certains, comme moi, étant de grands adeptes des premières quand d'autres ne jurent plus, pour question de facilité d'accès ou de confort personnel (pas besoin de se déplacer, tranquille chez soi, pas de dérangements autres, possibilité de faire pause si on veut...) que par l'autre. Et s'il existe des films où la plus value de la salle est faible, surtout si on parle pas de projection dans une grande salle de qualité ou même de format spéciaux (Imax...) qu'aucun home cinéma ne peut rendre (ou alors t'as ta salle de ciné et t'es milliardaire), le fait est que laisser la possibilité à ceux qui aiment le cinéma de pouvoir en profiter est un point clé non négligeable.Au delà de cette passion qu'on peut avoir pour le grand écran (qui, oui, est parfois envahi de gens sans savoir vivre mais c'est pas non plus systématique), le point du monopole conduit aussi à la question économique pour le spectateur.Oui, un abonnement netflix ça donne pour pas cher accès à plein d'oeuvres alors bon, pourquoi ne pas en profiter puisque le cinéma est horriblement cher, surtout si on pense aux familles.Maintenant, cet argument tout à fait compréhensible et valable économiquement parlant, n'est viable qu'à la condition de ne parler QUE de netflix. Mais netflix ce n'est que la pointe d'un iceberg en train de pointer le reste de sa masse; les plate forme VOD vont se développer. Disney, Apple et que sais-je encore. C'est pas fini vu la manne financière potentielle. Et si chacune se conçoit un catalogue privatisé d'oeuvres, où sera la liberté qu'accorde le cinéma de choisir son film?Il faudra si l'on est cinéphile s'abonner à toutes les offres? A un moment donné, cela ne sera pas possible; la société nous propose déjà de nous abonner à je ne sais combien de services.La question de l'évolution de la diffusion des oeuvres doit (ou devrait) passer par un partenariat plus qu'un affrontement entre les 2 grands systèmes. Le cinéma ne ferme pas la porte aux diffusions VOD mais la VOD elle la ferme au cinéma; et comme aujourd'hui ne s'instaurent que des grands services coûteux qui ont en premier objectif de satisfaire des investisseurs avides de bonnes statistiques, comment espérer que cela se fera au mieux?Triste constat quand même de voir que l'on ne peut s'entendre afin de faire au mieux pour les cinéphiles. Ce que la VOD a de bien à proposer (moindre coût pour certains publics, possibilité de liberté et de financement que refusent certains studios) ne doit pas faire minimiser les dérives inévitables d'un système qui exclue bel et bien des oeuvres d'un circuit chéri par bien des cinéphiles. Perso, mon grand regret du moment est de ne pouvoir découvrir Roma sur un grand écran.
    • ghyom
      Oui Netflix est endetté. Et pas qu'un peu. On parle de plus de 20 milliards. Mais leur stratégie d'endettement est payante pour le moment. Qu'est-ce qu'il en sera avec l'arrivée sur le marché de Disney ou autre ? C'est une autre question.
    • ghyom
      Parce que seuls les réalisateurs de prestige peuvent avoir un peu d'influence. Qu'est-ce que tu veux que l'AFCAE ait comme levier sur les majors et sur Netflix ? L'idée n'est pas de taper sur ces réalisateurs mais de les alerter et de les responsabiliser.
    • ghyom
      Tu dis nimp. T'en es conscient ? Donne moi un exemple de film sorti en salle n'ayant pas eu droit à VOD/DVD/TV. Bon courage. Tu peux trouver des films qui ne sortent qu'en VOD/DVD, ça ok. Mais un film qui a une sortie en salle et qui n'a pas de VOD/DVD je demande à voir.Et dans les 3 cas bah tu payes. Oui tu payes. Mais c'est pas la question. Un film qui sort sur le système classique tu as plusieurs moyen d'y accéder. Tu as le choix du support. Un film qui sort sur Netflix ne sort QUE sur Netflix. Pas de sortie en salle, pas de DVD, pas de TV. Si je veux voir un film en salle, acheter le DVD pour enrichir ma collection ou attendre qu'il passe à la télé pour le voir gratuitement, je dois en avoir la possibilité.
    • Kupper2
      Sauf qu'un film en salle n'a pas forcément une sortie en DVD, VOD ou télévisuel. Et dans les 3 cas, bah tu payes, comme sur Netflix hein? Tu veux juste mater trois films Netflix, et bien tu t'abonnes un mois, et basta. C'est exactement la même chose que de payer une place de cinéma.
    • Kupper2
      Et ça en prive encore plus si les films ne sont pas financés. Plutôt que de taper sur les réalisateur, pourquoi ne pas taper sur les vrais responsable, a savoir les Disney et compagnie qui préfère justement financer leur blockbuster insipide plutot que des projets originaux?
    • Kupper2
      Une énorme dette? Pourtant, avec 140 millions d'abonnées, c'est environ 18 milliards sur une année la manne de Netflix, avec environ 8 milliards d'investi l'an dernier, même en intégrant les serveurs et les couts de fonctionnement, ils doivent être largement rentable. Certes pour se construire ils ont eu avoir des dettes (c'est le cas de n'importe quelle société), mais nul doute que ce soit rentable sur le long terme. A moins que le marché s'effondre, mais ça c'est une autre histoire.Je parle de l'aspect économique, pas politique voir morale de l'existence de Netflix.
    • seke
      On peut me traiter de vieux réac mais pour moi Netflix n'est pas LA Solution.Sur le papier, cela sonne bien (un abonnemment illimité, choix relativement varié, moins de pression pour sortir un film).Mais la réalité est :_ En terme de séries, Netflix est plutòt bon mais en terme de films c'est la cata._ Si effectivement Netflix prend des risques, c'est plus pour récupérer des exclusivités (et créer le buzz). Et soyons honnêtes, dans quelques années, ils miseront plus sur des films plus accessibles. _ Le système de Netflix est le même que Youtube & Cie, c'estt-à-dire ce sont les films (et séries) les plus vus qui gagneront le plus d'argent. Donc les petits films ne seront pas gagnants. _ Netflix est aussi une bulle car ils ont une énorme dette. Et au bout d'un moment cela va exploser. _ Tout comme il profite d'être une société du Net donc sans frontière. Et hop évasion fiscale garantie. _ Sans oublier l'hégémonie des créations américaines.
    • Madozam
      très bon discoure !! je comprends que des réalisateurs n'arrivent pas à financer facilement leur œuvres par les grands majors et préfèrent ainsi la facilité en allant chez Netflix ou d'autres plateformes de streaming !! Cela dis ca prive énormément de cinéphiles de contempler des chefs d'œuvre de grands noms comme Cuaron, Coen ou Scorcesse sur grand écran et c'est vraiment dommage !
    • Apocaly18
      la frilosité des producteurs à faire confiance à de nouveaux talents ou à des talents en défaut de publicVu la médiocrité des scénarios des productions Netflix dans 95% des cas, je pense qu'il est préférable d'avoir des producteurs qui contrôle le réalisateur ou le scénariste ;)
    • ghyom
      Le choix que vous laissez à votre public, c’est : ou bien vous vous abonnez à Netflix et vous pouvez découvrir notre film sur un petit écran, ou bien vous ne le voyez pas. <----- Et bien, c'est un peu pareil avec le cinémaBah non justement ! Le cinéma tu es libre ou non d'y aller mais tu pourras toujours voir le film autrement (VOD, DVD, télévision). Un film Netflix c'est abonne-toi et c'est tout. Ca n'a juste rien à voir. Ce sont deux process diamétralement opposés. L'un étant sur la multiplication des moyens de diffusions et l'autre sur le monopole.Et je ferais remarquer a ce bon monsieur que l'equipement home-cinéma grand public est limite kifkif avec une vraie salle de cinéma maintenantEuh... ouais si tu dépenses une petite dizaine de milliers d'euros tu peux avoir un truc qui peux vaguement offrir les mêmes performances. Je t'accorde que ça te dispense des mangeurs de popcorn. En revanche tu perds l'effet de communion des spectateurs qui amplifie les émotions.L’enjeu n’est pas de savoir qui regardera votre film et dans quelles conditions mais comment il sera financé et combien il rapportera <---- Comme TOUT les réalisateurs qui veulent faire un film en somme.....Ah ? Tous les réalisateurs ne pensent qu'au fric et pas à la dimension artistique de leur film et à la qualité de l'expérience offerte au spectateur ? Alors pourquoi filmer en pellicule (c'est le cas de Roma notamment) ? Pourquoi s'embêter avec des formats d'image et de son que seuls les cinémas et quelques privilégiés peuvent se permettre ? Le cinéma est un art autant qu'un business. C'est cette dualité qui rend la problématique si complexe. Tu ne peux pas nier l'un de ces aspects comme ça te chante.Netflix est une entreprise d’envergure mondiale qui a bien compris qu’elle devait proposer des films en exclusivité pour aller chercher encore et toujours plus d’abonnés. <--- Et disney avec leurs rachats de Marvel et Fox... C'est exactement la meme chose....Oui certes mais c'est quoi le rapport ? Disney refuse de diffuser ses films dans les salles ?Est-ce que le fait d’avoir acheté un film mexicain en noir et blanc est le signe d’une stratégie volontariste de défense de la diversité qui ira au-delà des seules productions anglo-saxonnes ? <--- Bah c'est deja le cas... Netflix produit des films et des series dans le monde entier en s'appuyant justement sur le fait, qu'ils sont INTERNATIONAL.Pourquoi oublier la deuxième partie de la question ? Car la question elle n'est pas sur ce que Netflix fait à l'heure actuelle mais pourquoi ils le font, qu'elle est leur stratégie et continueront-ils à le faire et si oui sous quelles conditions. La question c'est de savoir si, une fois que Netflix se sera acheté une crédibilité ils continueront à produire des films qui ont un potentiel artistique plus que commercial et si c'est vraiment là l'expérience que les cinéastes veulent offrir à leurs spectateurs. Et là, à moins d'être naïf, la réponse semble être évidente. Netflix est une entreprise qui ne s'intéresse qu'au profit, qu'au business et pas à la dimension artistique. Encore une fois le cinéma a une double nature.On verra si vous direz la meme chose avec la future plateforme streaming disney justement ;)Et bien la question se posera exactement de la même manière si la future plateforme Disney produit des films en n'en permettant pas l'accès sur de multiple supports (cinéma, VOD, DVD, télévision)Vais pas défoncé l'article de A à Z mais tout ca pour dire que si les majors avaient un peu plus de culot a produire des oeuvres vraiment original et varié, alors peut etre que ces réalisateurs n'aurait pas a se BATTRE POUR TROUVER LEURS FINANCEMENTSC'est en parti vrai. La frilosité de certains acteurs du marché (majors ou autre) est un problème. Ca ne veut pas dire que Netflix en est la solution.Roma en est un bon exemple justement, je pense pas que le film aurait pu se faire sous cette forme autre part que sur Netflix...Mauvais exemple justement ! Roma n'a pas été produit par Netflix. Netflix n'en a acheté que les droits de diffusion. Donc Roma a été produit sans l'aide de Netflix. Facilement, difficilement, ça peut toujours se discuter. Mais le fait est que ce film a été produit sans l'aide de Netflix.Mais la vraie force de Netflix est de VRAIMENT faire confiance aux cinéastes qui travail avec eux et de leurs donné LES MOYENS de le menait jusqu'au bout avec UNE VRAIE LIBERTE ARTISTIQUE et ce, quelque soit leurs projets et quitte a se planté en beauté...Jusqu'où et pour combien de temps ? Est-ce que ça doit se faire au détriment du film et du spectateur ?Donc avant de craché sur ces réalisateurs qui on fait le choix de se tourner vers Netflix, demandez vous plutot qu'elles sont les raisons qui les y on poussés ^^Ils ne crachent pas sur ces réalisateurs, ils les interpellent. Les raisons ils les connaissent et ils les comprennent mais les exploitants de salles et d'autant plus de salles art & essai ne sont pas responsables de la frilosité de certains acteurs de la production cinématographique. Ils demandent à ces réalisateurs d'adopter une position qui aille dans le sens de la diffusion et de l'accessibilité de la culture et non dans le sens d'une privatisation de celle-ci.On peut revenir sur cette lettre ouverte, sur le côté forcément partisan qu'elle revêt (tout comme sur tes réponses tout autant partisanes adoptant l'autre point de vue), sur la provocation déplacée et inutile à l'encontre du film des Coen, mais sur le fond elle pose très clairement les enjeux et pose les bonnes questions.
    • Madolic
      Il a raison sur le principe de la privatisation d'une oeuvre ... après faut pas se leurrer le cinéma c'est devenu ultra-chère donc malheureusement c'est une conséquence logique.
    • Cuderoy
      Tout ce qui est dit ici est vrai, tout. Mais la principale raison de ce discours est bien un argument hautement économique pour les salles françaises et pour les impôts à payer par les géants du numérique dont Netflix. Ce n'est pas caché d'ailleurs, mais de ce fait il semble un peu simple de faire procès à des artistes parce qu'ils ont choisi une voie plus lucrative. Au passage, le coup de l'oubli du titre du film des Coen, c'est franchement bas...La vérité, c'est que le problème est multiple voir global : l'absence de cinéphilie chez l'écrasante majorité des spectateurs par la diffusion de masse octroyée via le modèle économique des salles, l'exploitation de ces spectateurs par les salles pas moins abusive que Netflix, la concurrence technologique du Home Video, l'avancé technique en matière de réseau pour le streaming, la frilosité des producteurs à faire confiance à de nouveaux talents ou à des talents en défaut de public, le narcissisme des réalisateurs à faire leur film quel qu'en soit le prix, et j'en passe.
    • demoph
      Quand tu cites Disney en contre-exemple, il s'agit d'une lettre ouverte de l'asso des cinés INDEPENDANTS, donc je suis pas sûr que l'argument soit valable. Il y a aussi quelques idées intéressantes dans la lettre, notamment la question de l'avenir d'une industrie dominée par Netflix, Amazon, Apple... Mais oui, l'ensmble manque profondément de respect, et il va falloir au plus vite changer la loi française. Roma est sorti dans les cinés indépendants du monde entier sauf en France, ce sera pareil avec The Irishman. Et bientôt Warner et Disney (et Apple) vont lancer leur service de streaming donc la situation ne va cesser de s'aggraver. Si la loi française ne change pas (et comme chacun défend ses propres intérêts elle n'est pas prêt de changer), bientôt les deux tiers des films étrangers ne sortiront plus au cinéma. Tous les pays l'ont compris sauf la France...
    • Sp4wN31
      et…, quel est le titre déjà, ah oui, La ballade de Buster Scruggs pour Ethan et Joel Coen. <--- Mais c'est quoi ce manque de respect la ?Le choix que vous laissez à votre public, c’est : ou bien vous vous abonnez à Netflix et vous pouvez découvrir notre film sur un petit écran, ou bien vous ne le voyez pas. <----- Et bien, c'est un peu pareil avec le cinéma... Sauf que entre payer 10 balles une place de ciné ou un abo Netflix avec son catalogue et bien.... Le choix est vite fait hein... Et je ferais remarquer a ce bon monsieur que l'equipement home-cinéma grand public est limite kifkif avec une vraie salle de cinéma maintenant (bruits des langeurs de pop corn en moins ^^).La vraie raison du passage de votre film exclusivement sur Netflix, elle est commerciale, financière. L’enjeu n’est pas de savoir qui regardera votre film et dans quelles conditions mais comment il sera financé et combien il rapportera <---- Comme TOUT les réalisateurs qui veulent faire un film en somme.....Netflix est une entreprise d’envergure mondiale qui a bien compris qu’elle devait proposer des films en exclusivité pour aller chercher encore et toujours plus d’abonnés. <--- Et disney avec leurs rachats de Marvel et Fox... C'est exactement la meme chose....Est-ce que le fait d’avoir acheté un film mexicain en noir et blanc est le signe d’une stratégie volontariste de défense de la diversité qui ira au-delà des seules productions anglo-saxonnes ? <--- Bah c'est deja le cas... Netflix produit des films et des series dans le monde entier en s'appuyant justement sur le fait, qu'ils sont INTERNATIONAL.Ainsi, confier votre film à Netflix, c’est non seulement renoncer à la possibilité offerte de voir vos titres en salles de manière collective, mais aussi apporter votre nom et, de ce fait, cautionner un opérateur puissant qui sait profiter d’un système et ne pas s’y conformer quand cela est contraire à ses intérêts. <---- On verra si vous direz la meme chose avec la future plateforme streaming disney justement ;)Bon... Vais pas défoncé l'article de A à Z mais tout ca pour dire que si les majors avaient un peu plus de culot a produire des oeuvres vraiment original et varié, alors peut etre que ces réalisateurs n'aurait pas a se BATTRE POUR TROUVER LEURS FINANCEMENTS !!!! Roma en est un bon exemple justement, je pense pas que le film aurait pu se faire sous cette forme autre part que sur Netflix...Faut pas se leurré hein.... Mais la vraie force de Netflix est de VRAIMENT faire confiance aux cinéastes qui travail avec eux et de leurs donné LES MOYENS de le menait jusqu'au bout avec UNE VRAIE LIBERTE ARTISTIQUE et ce, quelque soit leurs projets et quitte a se planté en beauté...Donc avant de craché sur ces réalisateurs qui on fait le choix de se tourner vers Netflix, demandez vous plutot qu'elles sont les raisons qui les y on poussés ^^
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