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    True Detective : notre avis sur final de la saison 3 et sur l'enquête de Mahershala Ali et Stephen Dorff
    Corentin Palanchini
    Passionné par le cinéma hollywoodien des années 10 à 70, il suit avec intérêt l’évolution actuelle de l’industrie du 7e Art, et regarde tout ce qui lui passe devant les yeux : comédie française, polar des années 90, Palme d’or oubliée ou films du moment. Et avec le temps qu’il lui reste, des séries.

    La saison 3 de "True Detective" vient de se terminer sur HBO, il est temps de tirer le bilan du season finale, d'une durée d'1h12, et de la conclusion d'une enquête étalée sur 8 épisodes. La série est disponible en France sur OCS City génération HBO.

    HBO

    La saison 3 de True Detective s'est terminée hier soir sur HBO après huit épisodes d'une intrigue aux méandres prononcées et aux fausses pistes nombreuses. A ceux qui n'ont donc pas peur de se faire spoiler : oui, l'histoire est vraiment terminée (contrairement à celle que proposait la saison 1) et oui, cela finit (plutôt) bien.

    Comment ça se termine ?

    En 2015, Wayne et Roland retrouvent l'Afro-Américain borgne entrevu dans plusieurs épisodes et semblant être la clé de l'intrigue. Et effectivement, il connaît le destin de Will et Julie Purcell, les deux enfants disparus au premier épisode. Si le tragique destin de Will était connu, les circonstances de sa mort ne nous ont été révélées que lors de ce season finale.

    Junius Watts (le borgne) raconte donc aux policiers l'histoire de la famille Hoyt : le père M. Hoyt et sa fille Isabelle, pour qui Junius officiait en tant que majordome. Isabelle se maria et eut une fille prénommée Mary. Celle-ci mourut dans un accident de voiture au cours duquel le mari d'Isabelle perdit aussi la vie. Seule, fortement perturbée par ce drame, Isabelle vit sa santé mentale décliner. Elle fut soignée au lithium, un produit utilisé pour traiter les troubles bipolaires, mais tout changea lorsqu'elle aperçut pour la première fois la petite Julie Purcell.

    Avec l'aide de Junius, elle parvint à convaincre Lucy Purcell de lui "prêter" sa fille contre rémunération. La mère accepta à la condition que Will, le frère de Julie, reste auprès d'elle. Au fur et à mesure du temps passé avec elle, Isabelle finit par confondre Julie avec sa défunte fille et un jour, chercha à la garder pour toujours. Will s'y opposa et dans la confusion, tomba à la renverse et perdit la vie. Le meurtre fut camouflé et Julie (droguée au lithium) accepta de rester avec Isabelle. Lorsqu'il réalisa qu'elle était droguée par Isabelle, Junius aida Julie à s'enfuir.

    Cette dernière trouva refuge dans un couvent qui l'aida à reconstruire sa vie. Julie élève désormais sa fille et a laissé son passé derrière elle. Wayne (Mahershala Ali) retrouve sa trace et sa maison mais peu avant de lui parler de l'enquête, a un trou de mémoire et oublie la raison de sa présence. Il repart comme il est venu et finit ses jours avec sa famille réunie.

    Est-ce que ça valait le coup ?

    Lorsqu'on repasse sur les sept épisodes précédents et leur intrigue, on se rend compte que le scénariste Nic Pizzolatto a un peu "joué la montre" sur certains événements. Les sept minutes du final consacrées au dialogue entre Wayne et "l'homme à la berline noire" qui était le cliffhanger de l'épisode 7 sont creuses car on n'y apprend rien de nouveau et le suspense qui a tenu les spectateurs en haleine pendant une semaine s'avère décevant. Sur le même modèle, plusieurs rencontres et dialogues aboutissent au même résultat durant la saison. Il faut évidemment des fausses pistes à une intrigue policière, mais il ne faut pas trop de séquences de remplissage dans une série.

    Second point noir, la saison 3 nous a proposé des liens discrets avec la première saison de True Detective et son intrigue, et des références au fait qu'une corruption bien plus grande est à l'oeuvre dans la région. L'épisode 7 notamment, avec le teasing d'une certaine bourgeoisie qui aurait intérêt à étouffer certaines affaires ou lors des épisodes précédents avec des références à des symboles religieux et d'étranges poupées. Tout cela est négligé par l'épisode final, qui choisit d'écarter ces possibles pour fournir à quelque chose de plus classique : dommage.

    Cependant, la résolution de l'intrigue est logique et satisfaisante, révélée via deux rebondissements intéressants : les déclarations de Junius, puis la surprise que Julie n'est pas morte au couvent comme l'une des nonnes l'a affirmé aux policiers. Le spectateur est pendu aux lèvres de Junius lors de son récit qui est à la fois fascinant et dérangeant et forcément agréablement surpris que la petite fille, après ce qu'elle a vécu, s'en soit sortie et mène une vie heureuse. Il est d'ailleurs ironique qu'une enquête ayant rongé la vie des policiers qui la menaient ait connu un dénouement positif sans leur intervention.

    Toujours est-il qu'une fois ces révélations faites, l'enquête s'éclaire enfin, révélant le destin de Tom Purcell (joué par Scoot McNairy) et tout l'aspect tragique qui s'en dégage. Père meurtri par la disparition de ses enfants, il aura été suspecté de meurtre et de pédophilie. Bouc émissaire de la réouverture de l'enquête en 1990, il est retrouvé mort près d'un mirador, alors que le téléspectateur l'a déjà vu retomber dans l'alcool et en venir aux violences pour mener l'enquête lui-même. Un personnage formidable que McNairy joue de la façon la plus juste possible. Une des grandes réussites de cette saison 3.

    L'autre grande réussite de cet épisode final est de parvenir à réunir Wayne et Roland après des années de ressentiments, de frustration et de disputes. Leur bavure commise envers l'ancien policier Harris James les aura séparé quinze ans mais à présent que l'un perd la mémoire et que l'autre se noie dans l'alcool, il est temps de rapprocher à nouveau ces deux hommes qu'une enquête a brisés. Les deux comédiens sont parfaits, malgré le fait que Roland (joué par Stephen Dorff) soit clairement en retrait par rapport à son acolyte. Il est aussi à noter que le personnage d'Amelia (l'enseignante et compagne de Wayne jouée par Carmen Ejogo) est demeuré fascinant de bout en bout, notamment ses apparitions en "fantôme" dans la temporalité 2015 pour guider son ex-mari.

    Reste à savoir si ces bons points vont l'emporter face aux promesses des épisodes précédents. Une partie du public risque de ne pas pardonner cette fin "classique" après 7 épisodes d'une enquête sinueuse et complexe qui lui aura demandé de la patience pendant plusieurs semaines. A vous de trancher !

    True Detective saison 3 est à regarder sur OCS City génération HBO.

    Stephen Dorff revient sur les changements de réalisateur au cours des 8 épisodes :

     

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