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    Agnès Varda / Madonna : quel lien les unissait ?
    Par Octavie Delaunay — 1 avr. 2019 à 16:30
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    Une relation de plus de 30 ans unissait Madonna et Agnès Varda. Admirative de l'oeuvre de la réalisatrice française, la reine de la pop avait acquis les droits de Cléo de 5 à 7 afin d'en faire le remake américain.

    A l'annonce du décès d'Agnès Varda vendredi dernier, de nombreux artistes américains lui ont rendu hommage. Parmi eux, Madonna. Un lien l’unissait à cette figure emblématique de la Nouvelle Vague depuis presque 30 ans. En effet, c’est dans les années 1980 que la reine de la pop découvrit le premier long métrage de Varda, Cléo de 5 à 7. Ce chef d’œuvre d'un sublime noir et blanc réalisé en 1962 retrace les déambulations dans les rues de Paris d'une jeune chanteuse qui attend les résultats de son analyse de sang. Elle craint le terrible verdict, l’annonce d’un cancer.

    Madonna trouva en cette histoire une résonance particulière avec son propre vécu. Un traumatisme profond lié au décès de sa mère des suites d’un cancer du sein. La future star internationale n’avait alors que 5 ans. S'identifiant sans mal à l’héroïne incarnée par Corinne Marchand, Madonna, qui a déjà tourné Recherche Susan désespérément ou encore Dick Tracy, acquiert les droits de Cléo de 5 à 7 avec la ferme intention d’en faire un remake. Elle s’active sur le scénario et fait appel à Agnès Varda pour mettre en scène cette nouvelle version.

    Une nouvelle version dont l’action se serait déroulée à New York, ville qui a vu émerger le talent de la Madone. Autre changement par rapport à l’original : le mal ultime n’aurait plus été représenté par le cancer. C’est le sida, apparu dans les années 1980, qui aurait servi de nouveau ressort dramatique. Cet élément scénaristique s’est imposé comme une évidence pour La Ciccone elle-même engagée dans la lutte contre ce terrible fléau responsable de la mort de bon nombre d’amis et collègues.

    La production débute, mais très vite la méthode Varda - peu de planification avant le tournage et choix de cadrage instinctifs - se montre guère compatible avec les contraintes des studios hollywoodiens. Le remake américain ne verra donc jamais le jour. Lors de sa dernière interview en septembre 2018 pour The Guardian, la réalisatrice a confié qu'elle aurait souhaité que l'interprète de Cléo soit une jeune femme de couleur. Elle avait même imaginé la diva Whitney Houston dans le rôle-titre.

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    Farewell to one of my favorite filmmakers— Agnes Varda 🎥🖤always a curious, creative, child like spirit to the last. moment. We will miss you!! #agnesvarda #rip

    Une publication partagée par Madonna (@madonna) le 29 Mars 2019 à 8 :07 PDT

    "Adieu à l'une de mes réalisatrices préférées — Agnès Varda, un esprit curieux, créatif, enfantin jusqu’au dernier moment. Tu vas nous manquer !!"
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    Commentaires
    • Cuderoy
      Je comprends tout à fait le travail d'adaptation. Je trouve ça très intéressant de comparer les deux versions d'ailleurs, comme j'aime comparer les dialogues originaux et français pour juger de la qualité d'un doublage. Donc quand quelqu'un de l'industrie voit une occasion d'adapter et qu'il peut la saisir, pourquoi pas. C'est le produit final qui compte dans tous les cas, qu'il soit adapté ou original. Ce que je ne comprends pas ici, c'est le coté admiratif. Si tu aimes tant un film, tu n'as pas besoin de le refaire, justement parce que l'original te suffit. C'est trop bon pour qu'on y retouche en gros.
    • Satirycon
      Oui, car les films sont des produits culturels. Ce n'est pas pour rien qu'il y a des doublages Québécois et Français, il s'agit d'adapter le film à la culture du pays visé (le doublage n'est pas une traduction mais bien un travail d'adaptation, avec remplacement des références cultures pour que le public visé comprenne). Adapter un film à un autre public suppose d'y remplacer les références culturelles ainsi que la langue. Le meilleur moyen est donc de le refaire entièrement.Cela se produit dans tout, pas uniquement les produits culturels. Par exemple, les modèles de téléviseur disponibles au Japon, aux états unis ou en France ne sont pas les mêmes : pas les mêmes références, des petites différences cosmétiques ou en terme de fonctionnalités, des fois sous une marque différente (plus parlante pour le pays visé). Cela touche tous les secteurs, on adapte les produits à un marché.Donc en soi, il n'y a rien de stupide dans cette démarche, sauf bien entendu si vous voyez le cinéma comme un art et non pas une industrie culturelle qui génère des produits. :)
    • Cuderoy
      Je comprends pas, tu admires un film donc... tu le refait ? C'est le dernier truc qui me viendrait à l'esprit. Et avec la même réalisatrice en plus ?
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