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Cannes 2019 : une Palme d’or ça change quoi ? David Grumbach de Bac films répond
Par Laëtitia Forhan — 15 mai 2019 à 17:30
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David Grumbach, Président de Bac films - qui a remporté la Palme d'or avec The Square en 2017 - nous explique l'influence d'une Palme d'or sur la vie d'un film.

Le 72ème Festival de Cannes vient de débuter, dans 10 jours le jury présidé par Alejandro González Iñárritu remettra la plus belle récompense du cinéma : la Palme d’or. Mais que change ce prix sur les entrées d’un film ? A quel point le Festival de Cannes influence la vie d’un long-métrage ? Pour répondre à ces questions nous avons rencontré David Grumbach, Président de Bac Films, qui a notamment distribué le film de Ruben Östlund, The Square, la Palme d’or de 2017.

AlloCiné : Pouvez-vous nous présenter le métier de distributeur ?

David Grumbach : Le distributeur accompagne le film, de l’écriture à la sortie. On est une caution à la fois artistique et financière. La partie « risques » est importante puisqu'on pré-finance le film (aux côtés des télévisions et des autres financiers) et on finance intégralement la promotion du long-métrage, ce qui peut représenter jusqu’à dix fois plus que les montants investis dans la production. Bac films s’implique également beaucoup au niveau artistique, on valide les sénarios et le casting. Il y a un vrai lien entre le distributeur et le réalisateur, c’est d'ailleurs pour cela que les distributeurs travaillent souvent avec les mêmes réalisateurs. Notre rôle est donc à la fois artistique, financier et humain.

Ce qu’il faut savoir c’est qu’un producteur va lire environ 15 versions d’un même scénario tandis qu’un distributeur lit, en général, les 5 dernières versions avec un œil plus neuf. On apporte notre avis en tant qu’expert du cinéma tout en ayant une certaine vision du marché, permise par les rapports étroits que nous entretenons avec les exploitants de salles. On fait le lien entre ceux qui font le cinéma et le grand public. Le distributeur a un rôle pivot entre les chaînes de télévisions, les institutions comme le CNC, les producteurs, les réalisateurs, les exploitants de salles de cinéma et le public. Et c’est ce qui est le plus intéressant dans ce métier.

David Grumbach, Président de Bac Films

The Square, que vous avez distribué, a remporté la Palme d'or en 2017. Concrètement, qu’est-ce que ça change dans la vie d’un film d’avoir un prix à Cannes, notamment cette récompense ?

La Palme d’or est peut-être le prix le plus prestigieux pour un film d’auteur, avant même les Oscars et les César. En premier lieu c’est très gratifiant de voir le réalisateur avec qui on travaille, remporter ce trophée qui est la plus belle récompense quand on est metteur en scène. Parce qu’il faut rappeler que ce n’est pas le distributeur, ni le film qui gagne le Palme d’or mais bien le réalisateur. C’est une joie indirecte mais qui est très belle et très forte.

C’est difficile de dire quelle est la part du public qui va voir le nouveau film d’un réalisateur ou qui va voir la Palme d’or. Ça augmente évidemment le nombre d’entrées en salles et ça donne surtout une notoriété au film qui va tout changer, en terme d’entrées en salles mais également de valeur auprès des télévisions, de DVD vendus et de téléchargements sur les plateformes de VOD. Grâce à la Palme d’or, le film devient, en quelques sortes un bijou, il fait partie du patrimoine. C’est un film qui restera. Donc une Palme ça change tout.

The Square fait partie des Palmes d’or difficiles, c’est un film exigeant. Le précédent film de Ruben Östlund que nous avions distribué, Snow Therapy avait fait presque 200 000 entrées en France, soit 2 fois plus que ce que le film avait fait en Suède. C’est d’ailleurs un des meilleurs résultats au box-office français pour un film en langue suédoise. On était donc déjà très content. Selon nos estimations, The Square allait atteindre plus au moins le même résultat, au final on a quasiment fait 400 000 entrées on a donc doublé. La Palme d’Or a donc joué un rôle important.

Bac Films
The Square

The Square a remporté la Palme d’or en mai et est sorti au cinéma au moins d’octobre. Pourquoi attendre plusieurs mois avant de sortir un film primé à Cannes ? Ne serait-t-il pas plus avantageux de le sortir rapidement pour surfer sur la pub ?

Bonne question… Il n’y a pas de recette. La décision la plus importante pour un distributeur est la date de sortie. Chaque année, des films de la compétition sortent simultanément dans les salles, mais je ne me souviens pas que des films ayant remporté la Palme soient sortis en mai. Les films palmés sortent souvent au mois d'octobre.

Pour le cinéma d’auteur les plus grosses périodes sont les vacances de la Toussaint et celles de février. Le public va également beaucoup au cinéma à Noël mais il va voir, en général, les films d’animation ou les films de studios américains. Il y a évidemment des exceptions, Le Pacte a sorti Une affaire de famille au mois de décembre et ça a très bien fonctionné.

Sortir le film plus tard nous permet de travailler plus sur la promotion, de faire des tournées, d’autres festivals... Je trouve dommage de sortir le film pendant le festival parce qu’on se prive de la publicité qu'il pourrait y avoir autour des Prix et puis il y a les Oscars et les César qui drainent un autre public. Donc si vous sortez le film en fin d’année vous êtes généralement toujours au cinéma en janvier / février et ça peut étirer la vie du film.

Il ne faut pas oublier qu'un distributeur n’a pas qu’un film à sortir, Bac en a 10 par an environ, certains en ont 25, donc il faut prendre des décisions. Et tout dépend également de la disponibilité des comédiens, quand il s’agit d’un film étranger, on attend de savoir quand ils seront disponibles pour la promotion. Il y a plein de facteurs qui sont à prendre en compte.

Mais si c’est un bon film, le public sera au rendez-vous qu’on le sorte, en mai, en octobre ou en février.

"Présenter un film au Festival de Cannes coûte entre 30 000 et 150 000 euros"

Combien ça coûte de présenter un film à Cannes ?

On ne paye pas pour être présenté à Cannes, ce serait trop facile (rires). Mais ça coute de l’argent d’être sélectionné à Cannes. Il y a la venue des talents, les hôtels, les repas, les costumes, les maquilleurs et coiffeurs, les taxis, les attachées de presse, les projections. Et puis il est de coutume d’organiser un dîner et / ou une soirée… Tout est payant, donc ça représente une certaine somme.

Présenter un film au Festival de Cannes coûte entre 30 000 et 150 000 euros. Mais ça vaut le coup puisque le fait d’être à Cannes créé une notoriété unique qui facilite les enjeux de programmation, le film sera visible dans plus de salles et le public en aura entendu parler par la presse qui couvre le festival, ce qui aura très certainement suscité une envie de voir le film chez les spectateurs.

Little Joe, en Compétition officielle du 72e Festival de Cannes.

Cette année Bac Films a deux films à Cannes, Little Joe en Compétition officielle et Alice et la maire présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Pouvez-vous nous présenter ces films ?

Little Joe est le premier film en langue anglaise de Jessica Hausner. C’est son film le plus accessible, il pose une vraie question, à savoir "Qu’est-ce le bonheur", à travers l'histoire d'une scientifique qui travaille sur une plante dont le pollen rend les gens heureux. Il y a donc tout un débat pour savoir si il faut commercialiser cette plante. Il y a une vraie résonance avec la société dans laquelle nous vivons. Le film donnera, je pense, l’envie aux spectateurs de débattre. C’est d'ailleurs ce que je recherche, des films qui font réfléchir, qui sont intelligents tout en étant divertissant.

Alice et le maire est emmené par un Fabrice Luchini comme on ne l’a pas vu depuis longtemps. Il incarne un homme politique qui a perdu la foi. C’est un film drôle à des moments inattendus. C’est un film classique dans le sens noble du terme, et à la fois très moderne. Ce film rentre totalement dans l’ADN de Bac films, et on est très content parce que nous avions sorti le précédent film de Nicolas Pariser (Le Grand Jeu), donc pouvoir présenter son second long-métrage à Cannes est un vrai bonheur. C’est un cinéaste précis, intelligent et moderne et je pense qu’il n’a pas fini de nous surprendre.

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