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    Dans leur regard sur Netflix : l'histoire vraie des cinq ados accusés à tort de viol
    Par CT — 31 mai 2019 à 05:30
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    Netflix met en ligne ce vendredi la mini-série "Dans leur regard" d’Ava DuVernay qui revient sur l’histoire vraie des Cinq de Central Park, un groupe d’adolescents condamnés à tort pour viol puis relâchés des années plus tard.

    Après un documentaire sorti en 2002 qui retrace l’affaire judiciaire des "Central Park Five", place à la série. Ava DuVernay, réalisatrice spécialisée dans la lutte des droits afro-américains, nous raconte cette histoire vraie à travers Dans leur regard (When They See Us en vo), à découvrir dès aujourd’hui sur Netflix. Une affaire judiciaire qui a pris fin en 2002, plus de 10 ans après les faits…

    19 avril 1989. La police de New York reçoit aux alentours de 21h 30 plusieurs appels. Une trentaine d’adolescents aurait envahi Central Park pour s’en prendre aux passants. Parmi eux, Trisha Meili, une joggeuse trentenaire. Elle sera retrouvée presque morte sur le bas-côté, recouverte de terre, son visage déformé par les coups et le corps en sang. La police révélera plus tard que la victime a été violée. Pour la sauver, les équipes médicales décident de la placer dans le coma. Elle se réveillera douze jours plus tard, sans aucun souvenir de l’événement. Il lui faut presque un an et autant de rééducation pour pouvoir marcher, parler et vivre à nouveau. Meili deviendra le visage de cette soirée aux yeux de l’opinion publique.

    Netflix

    La police arrête sur les lieux cinq adolescents qu’ils questionnent sur ce crime. Raymond Santana, Kevin Richardson, Antron McCray, Yusef Salaam, et Korey Wise. Quatre Afro-américains et un Hispanique âgés de 14 et 16 ans. Les jeunes adolescents avouent après quelques jours de détention qu’ils ont participé à des faits de violence mais nient avoir violé la victime. Ils révéleront plus tard que la police les a privés de sommeil et que les inspecteurs ont délibérement menti pour leur tirer de faux aveux. Dans les faits, les traces ADN trouvées sur la joggeuse ne concordent pas avec celui des accusés. Mais cela n’empêche pas la police et le procureur de croire en leur culpabilité. Sans compter sur les médias, qui ont joué un rôle déterminent dans cette affaire, en se plaçant pour la plupart en faveur de l’accusation : "C’est la première fois que j’ai compris que les médias pouvaient dire des choses fausses, que les informations méritaient d’être réfléchi et remises en question" révèle DuVernay dans une interview fleuve à The Hollywood Reporter.

    Le premier procès se déroule en août 1990. Malgré la défense acharnée de leur avocat et du soutien d’une partie de l’opinion publique ainsi que des activistes afro-américains, les Cinq de Central Park sont condamnés pour émeutes, violence et viol sur Trisha Meili. Pas encore majeurs à l’époque des faits, ils sont condamnés à des peines allant de 5 à 15 ans de prison. Durant leur procès, les adolescents ne cessent de crier à l’injustice et accusent la police de les avoir forcés à avouer un crime qu’ils n’ont pas commis.

    Netflix

    Mais retournement de situation en 2001. Matias Reyes, meurtrier et violeur en série déjà condamné à vie, avoue avoir violé Trisha Meili cette nuit-là. Un profil qui avait été remonté aux inspecteurs à l'époque des faits car l’accusé opérait dans ce quartier huppé. Mieux, son ADN concorde avec le sperme trouvé sur la victime. La police récolte assez d’éléments pour pouvoir relaxer les cinq condamnés à tort… qui portent plainte contre la ville en demandant 250 millions de dollars de dommages et intérêts pour discrimination raciale, poursuites abusives et détresse émotionnelle. Mais il faut attendre le départ de Bloomberg et l’arrivée de Bill de Blasio à la tête de la ville pour que Richardson et les autres puissent signer un accord de 40 millions de dollars.

    L’affaire des Central Park Five a été l’une des plus médiatisées à l’époque. Assez pour que Donald Trump publie une tribune publicitaire dans le Daily News, proclamant le retour de la peine de mort. Aujourd’hui, elle est une nouvelle preuve que la police maltraite les minorités aux États-Unis. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la réalisatrice Ava DuVernay s’est emparée du sujet.

    Dans leur regard, mini-série de 4 épisodes, est disponible sur Netflix. Avec Aunjanue Ellis, Vera Farmiga, Felicity Huffman, Famke Janssen, Joshua Jackson

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    Commentaires
    • Hnanbab87
      Prenant et acéré, belle série avec une prestation remarquable de Jharrel Jerome (Korey Wise) tout simplement bluffante. Il crève l'écran à seulement 21 ans
    • benstupid
      La libération de la parole apportée par le mouvement MeToo n'a détruit la carrière d'aucun innocent. Même les coupables continuent pour la plupart de vivre et travailler tranquillement. Mais pour rappel, cette série traite d'un sujet différent.
    • Naughty Dog
      fini...et c'était tout simplement excellentvraiment, j'invite tout le monde à voir cette formidable mini-série !
    • Pelege A.
      Ironique qu'elle realise ce documentaire quant elle fait partie des plus hardcore partisans de MeToo, qui aura détruit la carrière de nombreux hommes dont certains étaient accusés et jugés sans preuves.
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