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    Netflix : comment la plateforme se positionne contre la loi anti-avortement en Géorgie
    Par Guillaume Nicolas (@gehenne) — 29 mai 2019 à 11:15
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    Le paysage politique américain est en plein conflit après le vote d’une loi anti-avortement et Hollywood s’en mêle. Après actrices et acteurs, c’est au tour de Netflix de se positionner contre la promulgation de la loi.

    Take Five/Hulu

    Le 9 mai, le gouverneur de Géorgie signe une une loi qui interdit aux femmes d’avorter dès que les battements du cœur du fœtus peuvent être détectés. On l’appelle le « heartbeat bill ». La réaction hollywoodienne ne s’est pas faite attendre, des actrices et acteurs dont Alyssa MilanoBen Stiller ou Alec Baldwin annoncent qu’ils ne pourraient plus travailler « en bonne conscience » en Géorgie, l’état étant un lieu de tournage privilégié aux Etats-Unis. Des femmes protestent en tenu de servante écarlate (The Handmaid's Tale) devant les cours de justice.

    Aujourd’hui, c’est au tour de Netflix de se positionner contre une loi qui criminalise les femmes ayant recours à l’avortement après six semaines. En effet, elles risquent des sanctions qui peuvent aller de la prison à vie, jusqu’à la peine de mort, étant donné que le texte prévoit de considérer les foetus comme des personnes physiques. L’avortement équivaut alors, selon la loi, à un meurtre. Le président du géant du streaming s’est exprimé :

    Nous travaillons avec beaucoup de femmes en Géorgie, dont les droits, ainsi que ceux de millions d’autres, seront sévèrement réduits par cette loi. C’est pourquoi nous allons travailler avec l’ACLU [l’union américaine pour les libertés civiles] et d’autres pour la combattre dans les tribunaux.

    Il ajoute :

    Puisque la loi n’est pas encore entrée en vigueur, nous continuerons de travailler en Géorgie, tout en supportant nos partenaires et artistes qui décideraient de ne plus s’y rendre. Si jamais [la loi] devait être effective, nous repenserons notre investissement en Géorgie.

    Cette menace de Netflix pourrait devenir l’élément déclencheur à une plus vaste réaction de l’industrie du spectacle. La Géorgie est en effet l’un des états les plus exploités par Hollywood, la plupart des grandes majors y situant le tournage de leurs films. La plupart des oeuvres du Marvel Cinematic Universe ont été tourné là-bas, par exemple. Une exode des plus grandes sociétés de production causerait un sérieux impact financier pour la Géorgie. Hollywood est puissant, il pourrait une nouvelle fois le démontrer. En attendant, Netflix ouvre la voie et montre le bon chemin...

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    Commentaires
    • eljoninho
      Oui autrement dit, 3 mois.
    • seuldanslasalle
      Oui, en terme d'image démocrate qui plus est car j'ai cru comprendre que Netflix voulait boycotter tout les Etats anti-avortement (Alabama, Mississipi,Kentucky, Ohio, etc). Au delà de leur alignement avec l'ACLU, Netflix prend parti dans une bataille juridique et politique qui fait déjà rage aux Etats-Unis entre les partisans de l'arrêt Roe v. Wade et leurs détracteurs qui se servent de nouveaux juges à la cour suprême et de Trump pour statuer au niveau fédéral une loi IVG plus conservatrice. C'est donc une question politique et médico-sociale qui ne regarde pas exclusivement la Géorgie. Trump a pris position dans ce débat puisqu'il se veut profondément pro-vie en émettant toutefois quelques exceptions pour les avortements concernant les viols et les incestes ainsi que ceux qui engageraient la vie de la mère. Quand on sait la volonté de Netflix a travailler avec Higher Ground, la société de production des Obama notamment pour une série documentaire critique évoquant l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, on peut aisément comprendre pourquoi certains abonnés conservateurs de Netflix appelle au boycott pur et simple de cette plateforme.Au delà du fond qui doit évidemment être débattu tant les enjeux éthiques sont importants, ce qui me navre un peu ici, c'est la prise de position tranchée du rédacteur à la fin de l'article qui s'aligne délibérément sur Netflix :En attendant, Netflix ouvre la voie et montre le bon chemin.... A mon sens, cette phrase est de trop car de quel chemin parle-t-il ? Si c'est celui d'Alyssa Milano, il est déjà remis en question par certains féministes comme l'autrice Kristie Coulter. Par ailleurs la démocrate géorgienne Stacey Abrams voit déjà dans ce boycott un risque majeur pour tous les salariés géorgiens travaillant dans le monde du cinéma. Bref, on a bien conscience ici qu'il faut combattre les pro-vies mais le problème de fond n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît
    • riqueuniee
      Netflix (ou plus généralement les artistes, producteurs etc...) sont libres de réagir comme ils veulent (et allociné de relayer l'information, et même d'approuver au passage cette prise de position). Ce qui est gênant ici, c'est qu'on a l'impression d'être devant un communiqué de Nefflix, et non un article d'allociné.
    • Alfred N.
      Concernant l'IVG post natale, les bonnes âmes d'Hollywood sont toujours contre ?
    • Madrox2000
      Netflix n'interfère pas. L'entreprise fait un choix pour sa stratégie en terme d'image.
    • ServalReturns
      En attendant, Netflix ouvre la voie et montre le bon chemin...On aime votre neutralité politique. Affligeant.
    • TheTHX
      Bien que je sois contre cette loi, voir une/des sociétés privés (netflix/hollywood) interférer dans le processus démocratique (c.a.d. contre les électeurs de Georgie) est pour moi bien plus scandaleux que la loi elle même.
    • Morcar
      D'après le site ivg.gouv.fr :- 5 semaines de grossesse pour l'IVG médicamenteuse- 12 semaines de grossesse pour l'IVG chirurgicale
    • Glutonim
      C'est vrai que c'est interdire, je pense que quand le gosse commence à être un gosse ça deviens chaud quand même, il commence à être vivant, si il a des battements de coeur c'est qu'il commence à vivre, après ce n'est qu'un avis personnel
    • Morcar
      Ils n'ont pas interdit l'avortement, mais uniquement déplacé la date limite.Quoi qu'on dise, on peut toujours se poser la question de savoir à quel moment il est encore acceptable ou pas d'interrompre une grossesse.Pour les échographies des mes enfants, je me suis fait à chaque fois la réflexion, alors qu'on était encore dans le délai légal pour avorter, en voyant ce foetus à l'écran qui ressemblait déjà bien à un bébé, que ça serait quand même chaud de mettre fin à sa vie maintenant.Personnellement, je serais bien incapable de dire à partir de quel moment ça n'est plus acceptable de le faire. Et l'argument du battement de cœur est un argument qui s'entend.
    • Steven O.
      dans quel monde vit on ..
    • Alfred N.
      Combien de semaines l'avortement médicamenteux en France ?
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