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    Legion saison 3 : "Un aspect inédit de l’univers Marvel" selon le créateur
    Emmanuel Itier
    Emmanuel Itier
    -Correspondant
    Basé à Los Angeles, Emmanuel Itier accompagne AlloCiné sur les sorties américaines, en assurant interviews/junkets et couverture d’événements US.

    A la rencontre du scénariste Noah Hawley à l'occasion du lancement de la troisième et dernier saison de la série Marvel "Legion", proposée chez nous en US+24 sur OCS.

    FX

    AlloCiné : Que pouvez-vous nous dire sur cette saison finale de Legion ?

    Noah Hawley (scénariste / showrunner de Legion) : Dans un sens, la fin est toujours le meilleur moment pour raconter une histoire car c’est à cet instant que tous les morceaux se mettent en place et que l’on obtient une vue d’ensemble. Legion est la première série que j’ai pu développer sur plusieurs saisons (sa série Fargo est une anthologie et chaque saison raconte donc une nouvelle histoire, ndlr), donc c’était un peu inédit pour moi d’imaginer de nouvelles intrigues avec ces mêmes personnages. Pour moi Legion est l’histoire d’un passage à l’âge adulte, et c’est en quelque sorte une série enfantine pour les adultes et une série adulte pour les enfants. Lorsque l’on est enfant, on aime ces histoires de comic books pour leurs héros, leurs méchants, leurs intrigues simples, tandis que l’adulte préfère généralement des récits plus complexes. Donc je dirais que la série évite de prendre de haut ses jeunes téléspectateurs et n’occulte pas des sujets lourds, comme par exemple la maladie mentale dont souffre son héros. Ce qui me plaît dans Legion, c’est qu’il s’agit d’une série fantastique mais qui aborde des thématiques de notre quotidien.

    Le succès de la série est-il selon vous lié justement à ces sujets abordés ?

    Vous savez, j’ai rencontré Kevin Feige (le patron du Marvel Cinematic Universe, ndlr) il y a quelques semaines et j’ai plaisanté en lui disant que je me considère comme le laboratoire expérimental de Marvel (rires). Il y a eu énormément de films et de séries produites autour de l’univers Marvel, et ce qui m’intéresse c’est d’aller explorer un aspect inédit de cet univers.

    Pensez-vous que la télévision offre davantage de libertés que le cinéma en terme d’expérimentation ?

    Oui je le pense, mais lors de notre discussion Kevin m’a parlé de Thor: Ragnarok, qui porte définitivement la marque de son réalisateur Taika Waititi. Je pense que c’est toute l’essence du style Marvel : associer des réalisateurs visionnaires à des scénaristes inventifs. Néanmoins, la télévision offre tellement plus de temps pour développer une histoire et des personnages ; au cinéma, on ne dispose que de deux heures pour tout raconter. Ce que Fargo puis Legion m’ont appris, c’est qu’avec 8 ou 10 épisodes, il est possible de raconter une histoire complexe à travers plusieurs points de vue et c’est cet aspect qui fait de la télévision un média totalement différent du cinéma. Dans Legion, nous utilisons énormément d’histoires allégoriques, notamment lors d’épisodes entièrement dédiés à des points spécifiques, comme l’an passé avec l’épisode entièrement centré sur le passé de Syd. C’est un aspect que j’apprécie, car ces épisodes me permettent de ne pas raconter mon histoire de manière linéaire.

    Legion est une série complexe, que certains téléspectateurs ont du mal à saisir. Est-ce amusant pour vous d’imaginer des intrigues aussi nébuleuses ?

    Le plus amusant dans tout ça, c’est que je ne trouve pas la série si compliquée ! (rires) Je pense que les histoires sont simples, mais pas forcément leur traitement. Pour la saison 2, il s’agissait avant tout d’une course contre la montre pour mettre la main sur le corps de Farouk. Cette saison, nous partons également sur une idée toute simple. Vous savez, il y a des bons et des mauvais côtés aux histoires complexes, et je n’ai jamais voulu que des passages clés échappent à la vigilance des téléspectateurs. L’histoire doit reposer sur des fondement suffisamment solides pour que nous n'ayons pas besoin de nous poser trop de questions lorsque l’on regarde la série. 

    J’ai commencé ma carrière comme auteur de roman, et écrire un livre revient à plonger les lecteurs dans leur imagination ; en devenant réalisateur, je n’ai pas voulu abandonner cet aspect, et c’est pourquoi il y a dans Legion des séquences visuelles qui permettent à leur esprit d’interpréter ce qui se déroule à l’écran. Stanley Kubrick comparait les films à la musique, et disait  qu'il ne faut jamais anaylyser un morceau que l'on écoute pour la première fois. L’imagination doit prendre le dessus sur le raisonnement. Tout le monde ne partage pas cet avis, et je conçois que des téléspectateurs préfèrent suivre des séries plus simples et moins abstraites. Ce que j’aime avec notre époque, c’est qu’il sera toujours possible de regarder Legion dans le futur, dès qu'on le décidera.

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