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    The Operative : de quelles vraies espionnes s'inspire le personnage de Diane Kruger?
    Par Olivier Pallaruelo (@Olivepal) — 24 juil. 2019 à 09:00
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    Dans le solide film d'espionnage "The Operative", en salle ce mercredi, Diane Kruger incarne une agente du Mossad aussi déterminée qu'isolée, infiltrée en Iran. Un personnage né de la fusion de deux authentiques femmes espionnes.

    Kolja Brandt

    À la fin des années 2000, alors que le monde craint plus que jamais que l'Iran ne se dote de l'arme atomique, Rachel, ex-agente du Mossad infiltrée à Téhéran, disparaît sans laisser de trace. Thomas, son référent de mission, doit la retrouver, entre Orient et Occident. Car Rachel doit revenir à tout prix sous le contrôle de l’organisation… Ou être éliminée. Tel est le canevas de The Operative, solide film d'espionnage en salle ce mercredi, et réalisé par le metteur en scène israélien Yuval Adler. Une oeuvre portée d'ailleurs par un bon duo de comédien : Martin Freeman, le référent de mission; et Diane Kruger, plus que jamais sur orbite depuis son Prix d'interprétation féminine au festival de Cannes 2017 pour sa prestation dans In the Fade de Fatih Akin.

    Ci-dessous, la bande-annonce de "The Operative"...

    The Operative Bande-annonce VO

    En fait, The Operative est inspiré de faits réels relatés dans le roman The English Teacher écrit par un ancien haut responsable du Mossad, Yiftach Reicher Atir, et publié en 2013. Le livre offre un condensé de témoignages d'agentes du Mossad, et s'applique à rendre compte avec authenticité de l'expérience du métier d'espion au Moyen-Orient, et le type d'opérations menées. "Lorsque j’ai lu The English Teacher, j’ai été captivé. Son soin à décrire les conséquences psychologiques du travail de l’espion, son extrême souci du détail et son exploration de l’aspect personnel du renseignement d’origine humaine m’ont fasciné" expliquait d'ailleurs le cinéaste. "Le roman s’inspire de véritables agents et de faits réels, si bien qu’il a été fortement censuré à sa parution en Israël."

    Il faut dire que l'auteur sait plutôt de quoi il parle. Ancien cadre responsable des opérations spéciales au sein du service d'espionnage de l'armée, Yiftach Reicher Atir fut également un des commandants de la célèbre unité de force spéciale Sayeret Matkal. Une unité d'élite appartenant à Tsahal. L'interessé fut d'ailleurs mobilisé lors du célèbre raid sur Entebbe en 1976, qui devait mener à la libération de 106 otages retenus sur un aérodrome en Ouganda.

    Dans un long portrait qui lui était consacré en 2014 par le quotidien hébreux et anglophone The Times of Israel, Yiftach Reicher Atir évoquait notamment ses sources d'inspiration pour créer le personnage joué par Diane Kruger. L'auteur est en fait allé puiser du côté de deux fameuses agentes du Mossad : Erika Chambers et Sylvia Rafael.

    Sylvia Rafael, née en Afrique du Sud d'un père israélien et d'une mère chrétienne, s'installa dans un kibboutz dans les années 60 et, comme le personnage du film, enseigna l'anglais avant d'être recrutée par le Mossad. Elle travailla sous couverture durant des années, et joua même un rôle clé dans l'opération Colère de Dieu menée par le Mossad, lancé dans la traque des responsables du massacre des athlètes israéliens aux Jeux Olympiques de Munich en 1972, et dans la traque menée contre Ali Hassan Salameh, considéré comme le principal instigateur de la prise d'otages de 1972. Une méprise sur la cible d'un assassinat conduisit à l'arrestation de Sylvia Rafael à Lillehammer, en Norvège, en juillet 1973. Condamnée à cinq ans de prison, elle n'effectua que 15 mois de détention. Et se maria à sa sortie de cellule avec l'avocat qui la défendit. Elle est décédée en 2005.

    Erika Chambers quant à elle était diplômée d'une université britannique, et travaillait sous couverture dans une organisation humanitaire allemande installée en Palestine. Elle se rendit à Beyrouth, au Liban, fin 1978, à l'époque où la nasse entourant Ali Hassan Salameh -qui était alors au Liban- commencait à se refermer autour de lui. Une fois sur place, Chambers loua un appartement de haut standing. Elle s'adonnait quotidiennement à la peinture sur son balcon, tout en se faisant une petite réputation bienveillante dans le quartier en étant connue comme la femme qui nourrissait les chats errants du coin. Quelques mois plus tard, le 22  janvier 1979, le convoi d'Ali Hassan Salameh, la cible n°1 du Mossad, passe sous les fenêtres de son balcon... Le véhicule de l'homme est alors pulvérisé par une explosion. Chambers, qui avait appris à connaître Salameh et était au faît de ses routines, aurait elle-même appuyé sur le détonateur de la bombe... Peu après, elle déclara à ses voisins (qui n'avaient évidemment rien vu...) qu'elle devait se reposer pour se remettre de ses émotions après l'explosion qui secoua logiquement le quartier, et leur demanda de continuer à nourrir les chats à sa place en attendant. Elle quitta alors le pays en toute discrétion, et aucun de ses chers voisins ne l'a plus jamais revue...

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