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    Une belle équipe : on a testé Alban Ivanov et Céline Sallette sur les films de sport féminin
    Par Vincent Formica — 15 janv. 2020 à 10:00
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    À l'occasion de la sortie en salles d'Une belle équipe, nous sommes allés à la rencontre de son réalisateur, Mohamed Hamidi, et des comédiens Alban Ivanov et Céline Sallette. Ces derniers se sont prêtés au jeu de notre TOP PROMO !

    Après les succès de La Vache (1,3 millions d'entrées) et Jusqu'ici tout va bien (574.000 tickets vendus), Mohamed Hamidi est de retour derrière la caméra avec Une belle équipe. Cette fois, le cinéaste nous raconte l'histoire de l'équipe de foot de Clourrières, suspendue jusqu'à la fin de la saison après une bagarre.

    Afin de sauver ce petit club du Nord qui risque de disparaître, le coach, Marco, incarné par Kad Merad, décide de former une équipe composée exclusivement de femmes pour finir le championnat. Cette situation va complètement bouleverser le quotidien des familles et changer les codes bien établis de la petite communauté.

    Une belle équipe
    Une belle équipe
    Sortie le 15 janvier 2020 | 1h 35min
    De Mohamed Hamidi
    Avec Kad Merad, Alban Ivanov, Céline Sallette, Sabrina Ouazani, Laure Calamy
    Presse
    3,2
    Spectateurs
    3,2
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    Alban Ivanov et Céline Sallette, qui font partie de cette "belle équipe", ont accepté de relever le défi de notre quiz films de sport girl power. Vous pouvez retrouver la vidéo ci-dessus. Nous avons aussi posé quelques questions au metteur en scène, Mohamed Hamidi.

    AlloCiné : Une belle équipe est votre 4ème long-métrage après Né quelque part, La Vache et Jusqu'ici tout va bien. Est-ce que vous pouvez nous résumer un peu votre parcours avant de vous lancer dans les comédies au cinéma ? Vous avez par exemple été prof d'éco...

    Mohamed Hamidi : C'est vrai que je n'ai pas tout de suite fait du cinéma, j'ai fait pas mal de choses avant. J'ai été prof un long moment, j'ai été un petit peu journaliste, j'ai participé à un blog qui s'appelait le "Bondy Blog". J'ai commencé à écrire assez jeune quand même ; j'ai un autre qui est auteur et scénariste, Ahmed Hamidi, qui a notamment écrit Le Grand bain, ça aide un peu.

    J'ai commencé avec un film qui s'appelle Né quelque part et j'ai rencontré Jamel Debbouze. Il a suivi l'écriture de ce scénario et petit à petit je me suis à l'écrire, le préparer et le réaliser. C'est comme ça que je suis devenu réalisateur.

    Après des héros masculins dans vos 2 premiers films, pourquoi avez-vous décidé de faire cette fois une comédie autour d'un groupe de femmes ? Est-ce que le processus d'écriture est différent quand on est un homme qui écrit des personnages féminins ?

    L'idée de départ était de faire un film avec des femmes autour des femmes. Il se trouve que j'ai 6 soeurs et qu'elles sont toutes plus âgées que moi. J'ai été élevé par beaucoup de femmes. Ma mère plus mes 6 soeurs, ça en fait 7, sans compter les tatas etc. J'avais donc vraiment envie de restituer tout ça au cinéma. Quand on fait un film, on parle de personnages qu'on a connus, on parle des ambiances qu'on a connues ; ce côté "énergie", le fait qu'un groupe de filles peut soulever des montagnes, je l'ai vu souvent.

    Je trouve ça bien qu'on homme puisse faire un film sur des femmes et vice-versa. En termes d'écriture, il y a 2 co-scénaristes avec moi, Alain-Michel Blanc, avec qui j'ai fait quasiment tous mes films, et Camille Fontaine, qui a aussi réalisé un film et qui était avec nous. Elle nous a bien aidé car on avait parfois l'envie de se retenir dans les dialogues, dans ce que pouvaient dire les filles. Elle nous disait "Lâchez-vous ! On dit bien pire que ça quand on est entre nous, ne vous inquiétez pas !" Elle nous a un peu libéré.

    En comédie, on est toujours tenté d'aller chercher un peu la surprise, l'outrance, d'être borderline.

    Du coup vous n'avez pas dû faire de l'auto-censure de peur de froisser des personnes, des communautés... ?

    C'est vrai qu'il faut faire attention. En comédie, on est toujours tenté d'aller chercher un peu la surprise, l'outrance, d'être borderline. On ne peut pas faire rire avec des trucs éculés donc il faut aller chercher de la surprise, de la nouveauté, de l'originalité et ça peut parfois choquer. Je ne suis pas trop dans ce genre-là mais il ne faut pas s'auto-censurer quand on fait de la comédie. Par contre, ce qu'il faut faire, c'est aller chercher du texte et de la situation nouvelle. 

    C'est ça qui est très compliqué pour moi. Quand j'écris, il m'arrive souvent de trouver une idée et me dire que "ça serait marrant, franchement je crois pas que je l'ai déjà vu." Et puis les personnages naissent souvent de notre observation. Typiquement, dans Une belle équipe, il y a Cindy, qui est une jolie fille, qui en jette, mais qui parle comme une poissonnière et qui insulte tout le monde. Pendant que j'étais en écriture, j'aime bien observer. Je suis donc allé voir plusieurs équipes, notamment dans l'est de la France. 

    J'y ai rencontré une Cindy, une fille ravissante, très sympathique. Et quand elle est ressortie du vestiaire, elle s'est mise à insulter tout le monde, disant à l'arbitre "arrête de me casser les couilles !" Et après le match on a fait une interview, elle était super. Cindy, c'est un peu ça, un personnage à double facette, j'aime bien. Ces personnages viennent de la réalité qui est souvent plus drôle que la fiction. Il faut juste aller chercher parfois, provoquer ça. Vous parliez de l'auto-censure, c'est un peu comme dans la vie, on a des potes, on se dit "mais qu'est-ce qu'il est drôle ce mec." Par contre, si on va pas le chercher, on le saura jamais.

    Votre casting est composé d'acteurs très différents ; voir Céline Sallette, qui est plutôt une comédienne de films d'auteurs, jouer avec Sabrina Ouazani ou Alban Ivanov, habitués des comédies, c'est très surprenant. Pourquoi avez-vous choisi ces actrices ?

    J'ai eu beaucoup de chance car faire une comédie un peu social comme ça, avec au casting Kad Merad, Sabrina Ouazani, Alban Ivanov, Céline Sallette, Laure Calamy, Guillaume Gouix, André Wilms, qui sont des acteurs qui viennent de milieux complètement différents, c'est formidable. Je vous avoue que quand j'ai envoyé le scénario à Céline Sallette, que j'adore, elle m'a touché dans plein de fillms, notamment Géronimo, je ne savais pas si elle allait accepter de faire ce film.

    Je me suis dit que ce personnage de Stéphanie, qui est un peu la leadeuse du groupe, qui va se battre contre la ligue pour que le club existe, qui est bienveillante, lui allait parfaitement. Quand je lui ai envoyé le scénario, je ne savais absolument pas comment elle allait réagir. Sa réaction a été immédiate, pleine d'enthousiasme, elle a adoré, elle s'est marrée. Elle était contente qu'on lui propose une comédie. Guillaume Gouix pareil ; il me disait qu'il jouait souvent des toxicos, des mecs qui sortent de prison, des mecs qui se font taper, des fachos...

    Là il était content de jouer un mec marrant qui déclenche des rires, il n'avait pas l'habitude. Je trouve ça bien d'aller chercher des gens d'autres univers et les faire se croiser. Un mec comme Kad Merad est capable de jouer le Baron Noir, puis dans une pure comédie derrière. Alban Ivanov est du même acabit. Ma plus grand fierté sur ce film est d'avoir réuni un casting aussi différent et aussi efficace car ils marchent très bien ensemble.

    Ce qui m'intéressait, c'était d'analyser une micro-société et les rapports entre les hommes et les femmes.

    Vous aviez des références en tête avant de faire le film ?

    J'ai souvent des références de comédies sociales, notamment anglaises, que j'aime beaucoup. Quand on voit Les Virtuoses ou Full Monty, ce sont des comédies qui se passent dans des milieux difficiles où les gens essaient de s'en sortir par un projet un peu fou. C'est un peu ça Une belle équipe. En termes de références, l'un des films français sur le foot qui m'a le plus touché, c'est Coup de tête, avec Patrick Dewaere, qui est un chef d'oeuvre. Ce qui est intéressant, c'est que ça va au-delà du foot en vérité. Le foot, c'est sociétal, ça parle à tout le monde, tout le monde réagit autour du foot, notamment par le championnat ou la coupe du monde.

     

    Ce qui m'intéressait, c'était d'analyser une micro-société et les rapports entre les hommes et les femmes. Et entre les femmes et les femmes aussi. On se retrouve avec un groupe de filles qui se mettent à jouer ensemble et elles viennent d'univers complètement différents, le personnage de Sabrina Ouazani a eu un passé un peu trouble, Céline Sallette est la fille fédératrice du village, Laure Calamy est la petite bourgeoise... Donc c'est intéressant de voir ce que peut procurer ce sport socialement.

    Comment on appréhende la mise en scène des séquences de match ?

    C'est très dur de filmer du foot. J'ai beaucoup travaillé ça, en tant que passionné de foot. On ne peut pas faire un film comme ça si on n'est pas passionné. J'ai fait du foot dans ma ville de Bondy, la ville d'un certain Kylian Mbappé. J'ai d'ailleurs joué avec son papa quand j'étais plus jeune. Il faut être très bien préparé en tout cas pour filmer du foot ; j'ai eu la chance d'avoir une très grande équipe à l'image, notamment Laurent Dailland, qui avait déjà fait des films sur le foot comme Didier.

    J'ai aussi beaucoup travaillé avec une coach, qui a préparé les joueuses, sur chaque match. On avait détaillé le nombre d'actions, le type d'actions, telle dramaturgie. Ce qui est compliqué quand on filme le foot, c'est de faire plusieurs fois une action et que ça raccorde. Car on la tourne dans un axe puis dans un autre axe et il faut que l'action soit aussi efficace, aussi rapide et vraisemblable. On a beaucoup travaillé ça avec Aurélie Ménard, la coach. Et les filles ont beaucoup travaillé en vérité ; franchement, on doit ces séquences à toutes ces actrices, elles ont répété chaque mouvement, minutieusement, et on a réussi à avoir du vrai foot.

    La mise en scène des matchs se travaille plan par plan, action par action, c'est ce qui permet d'avoir cette véracité. Là les filles jouent vraiment contrairement à certains films sur le sport où on sent que c'est faux. Typiquement, je ne voulais pas que la caméra soit sur le terrain, j'ai travaillé avec des longues focales qui étaient plutôt à l'extérieur, et un quad qui suivait les joueuses. De temps en temps je rentrais sur le terrain pour certaines chutes mais sinon je laissais vraiment les filles jouer et rejouer. On était à l'extérieur comme dans une vraie captation télé mais avec des axes différents car je voulais que ce soit du foot amateur. Je voulais qu'on voit le foot comme on le voit de la petite barrière qui est autour du terrain et pas des tribunes comme à la TV.

    La mise en scène des matchs se travaille plan par plan, action par action, c'est ce qui permet d'avoir cette véracité.

    Vous vous êtes spécialisé dans la comédie, c'est un genre que vous allez continuer d'explorer ?

    Je n'ai pas l'impression de faire des comédies consciemment. J'ai envie de raconter des histoires que je trouve importante, intéressante, dans différents domaines. Par exemple, Né quelque part est un peu moins une comédie, La Vache un peu plus, Jusqu'ici tout va bien beaucoup plus... Je me sens bien dans ce domaine. C'est important de raconter des histoires sérieuses sur un ton léger, un peu plus abordable ou décalé.

    Quand on regarde bien, les sujets que j'aborde ne sont pas forcément des sujets de comédie. Jusqu'ici tout va bien parlait de la banlieue et la manière dont le centre-ville et la banlieue ne communiquent pas entre eux. Là, dans Une belle équipe, je parle des rapports hommes-femmes ; on peut le traiter de manière et ça a été très bien fait avec Jusqu'à la garde par exemple. Mais là on était dans les violences faites aux femmes, moi je parle des rapports hommes-femmes sur un côté un peu plus sociétal. Je parle de charge mentale, le rapport à la gestion du foyer, le quotidien... grâce à la comédie, on peut dire pas mal de choses.

     

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    Commentaires
    • Plaza13
      le mépris c'est bien aussi
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