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    Bad Boys For Life : rencontre avec Jerry Bruckheimer, producteur de légende
    Clément Cuyer
    Clément Cuyer
    -Journaliste
    Clément Cuyer apprécie tous les genres, du bon film d’horreur qui tâche à la comédie potache. Il est un "vieux de la vieille" d’AlloCiné, journaliste au sein de la Rédaction depuis maintenant plus de deux décennies passionnées. "Trop vieux pour ces conneries" ? Ô grand jamais !

    A l'occasion de la sortie en salles de "Bad Boys For Life", le légendaire producteur américain Jerry Bruckheimer nous parle du troisième opus de la saga et revient sur l'évolution du business depuis quelques décennies.

    AlloCiné

    On le surnomme Mr. Blockbuster ! Jerry Bruckheimer, c'est l'homme derrière des classiques comme Le Flic de Beverly Hills, Bad BoysPirates des CaraïbesTop Gun ou encore Armageddon. Un producteur de légende, maître du divertissement des années 80 et 90, de retour cette semaine en haut de l'actualité avec Bad Boys For Life. Rencontre.

    AlloCiné : Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps entre "Bad Boys 2" et "Bad Boys For Life" ?

    Jerry Bruckheimer : C'est toujours dur de créer une autre suite. Vraiment, c'est difficile. Il faut faire en sorte que les spectateurs ressentent le même truc que dans les deux premiers films, vivent la même expérience, mais avec une autre histoire. Le projet est passé entre de nombreuses mains et les premiers décideurs n'étaient pas excités à l'idée de faire un autre Bad Boys. C'est Tom Rothman, le big boss de Sony Pictures, qui a dit que c'était une saga fantastique et qu'il fallait faire un troisième volet. C'est lui qui nous a vraiment poussé à faire en sorte que ce film existe, un film pour lequel on a essayé d'apporter quelque chose de frais et de différent. Je pense qu'on a réussi.

    Et un film dont vous avez confié les clés à deux jeunes réalisateurs très peu connus du grand public, Adil El Abri et Bilall Fallah. Pourquoi les avoir choisi ?

    J'ai vu leur premier film, Black, que j'ai trouvé extraordinaire. Ces gars ont une vraie vision, un vrai style de mise en scène, ils racontent de très bonnes histoires et ils ont une énergie communicative ! Et puis ils aiment la vie, ils aiment le cinéma, et ce sont de grands fans de Michael Bay. Ils adorent son travail. Quand Michael est venu sur le plateau, ils étaient tellement nerveux à l'idée de le rencontrer... C'est comme un dieu du cinéma pour eux !

    Comment expliquez-vous que la saga "Bad Boys" soit aussi populaire auprès du public ?

    Je crois que les gens ont juste envie d'être en compagnie de ces deux personnages, joués par Will et Martin. Ils ont un truc communicatif, ils sont drôles, ils sont doués pour véhiculer de l'émotion. Vous voulez être avec eux car ils vous embarquent dans une super aventure, ils vous emmènent ailleurs, ce qu'on essaye de faire de manière générale avec notre cinéma.

    Sony Pictures Releasing France

    Vous vous souvenez de votre première rencontre avec Will Smith ?

    Je me souviens qu'un jour, quelqu'un m'a appelé et m'a dit : "Tu dois rencontrer ce jeune acteur." Il jouait alors dans la série Le Prince de Bel-Air. Quand il arrive dans le bureau, j'ai en face de moi quelqu'un de grand, qui en impose, avec ce sourire communicatif... C'est un mec qui transpire la joie de vivre et on sait immédiatement qu'il va être une star ! Will, c'est de l'énergie, une manière unique d'être à l'écran, et quelqu'un qui bosse très dur, il ne faut pas l'oublier. Il a travaillé tous les week-ends avec nous sur les scénarios des trois films Bad Boys. Martin Lawrence également. Ces mecs adorent faire des films. Ils sacrifient leurs week-ends pour travailler sur le script, faire en sorte d'améliorer sans cesse le scénario. Ils font tout pour que le lundi soit le meilleur jour de la semaine.

    Quel est le secret pour faire un bon blockbuster ?

    Le talent. Et ce qu'il y a sur la page, les mots ! Il faut des bons scénaristes, des réalisateur uniques, des acteurs drôles. Ce qui compte, c'est le choix des personnes. Mon talent est de repérer les bonnes personnes. J'ai tendance à dire que je suis bon nulle part, mais il y a une chose que je sais faire, c'est repérer si quelqu'un a du talent ou pas. Il faut essayer de trouver des réalisateurs avec une vision, qui racontent de bonnes histoires et qui ont de l'humour. L'humour est tellement important. Michael Bay est l'un des rares réalisateurs à pouvoir faire des films où il y a à la fois de superbes scènes d'action et de l'humour. Adil et Bilall sont parvenus à trouver ce dosage sur Bad Boys For Life.

    Des années 80 à aujourd'hui, qu'est-ce qui a le plus changé dans le monde du divertissement ? Il y a les films de super-héros et toutes les plateformes de streaming...

    Le fait qu'il y ait désormais Marvel et DC a beaucoup changé les choses, notamment avec tous les effets spéciaux. Beaucoup des films de ces compagnies n'auraient pu être faits il y a trente ans, car nous n'avions pas la technologie pour donner vie à ces personnages. Quant aux plateformes de streaming, j'adore. J'adore le fait qu'on puisse divertir les gens chez eux. On a de très bons réalisateurs et acteurs qui travaillent pour des plateformes. Avant, ceux qui faisaient carrière au cinéma ne pouvaient pas aller travailler pour la télévision. Maintenant, les talents naviguent de l'un à l'autre, et je trouve ça génial.

    Votre carrière est incroyable. De quoi êtes-vous le plus fier ?

    D'avoir diverti le public pendant toutes ces années. Les films que j'ai produit ont créé quelque chose de fort collectivement. Je suis fier d'avoir réussir à créer un lien aussi fort avec les gens, de leur avoir fait passer du bon temps, que ce soit dans une salle de cinéma ou chez eux... Les faire s'évader du quotidien pendant quelques heures et les voir s'amuser avec nous, c'est juste génial.

    Propos recueillis à Paris le 6 janvier 2019

    "Bad Boys For Life" : la rencontre entre Martin Lawrence... et sa voix française !

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