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    Mrs. America : qui était la militante anti-féministe jouée par Cate Blanchett ?
    Par Thomas Desroches (@ThomDsrs) — 16 avr. 2020 à 19:18
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    Dans "Mrs. America", diffusé sur Canal+ Séries, Cate Blanchett incarne Phyllis Schlafly, une figure de l'Amérique conservatrice connue pour ses engagements qui scandalisaient le mouvement féministe et une partie du pays.

    2020 FX Productions, LLC. All rights reserved/AP

    À Hollywood, elle est l'une des figures les plus engagées dans la cause féministe. Auréolée de deux Oscars, Cate Blanchett utilise, depuis de nombreuses années, sa notoriété pour combattre, en première ligne, les inégalités qui subsistent dans l'industrie. En 2018, alors présidente du Jury du 71e Festival de Cannes, l'actrice australienne, entourée de 82 artistes féminines, prononçait, sur les marches du Palais, un discours historique qui pointait du doigt les nombreuses disparités du métier.

    Deux ans plus tard, elle est la star de la nouvelle série Mrs. America, diffusée sur Canal+ Séries en France. Le programme, composé de neuf épisodes, revient sur la lutte des féministes en faveur de l'Equal Rights Amendment (ERA), une proposition d'amendement de la Constitution des États-Unis, qui vise à garantir l'égalité des droits entre les sexes. Devant la caméra, Cate Blanchett change de camp et incarne Phyllis Schlafly, une activiste controversée et ennemie de la cause féministe.

    Retour dans le temps

    1972. Depuis près de dix ans, la société américaine évolue en faveur des femmes. Ce changement, les citoyennes le doivent à la seconde vague du féminisme, qui a débuté dès la publication de l'essai de Betty Friedan, La Femme mystifiée, en 1963. Des petites batailles ont déjà été gagnées, comme l'extension de la discrimination positive aux femmes ou encore la loi sur l'égalité dans l'éducation. Alors que beaucoup luttent pour la ratification de l'ERA, une écrivaine et ancienne chercheuse pour l'American Enterprise Institute monte au créneau.

    Elle s'appelle Phyllis Schlafly et elle décide, à 48 ans, de créer le contre-mouvement STOP ERA. Épouse d'un riche avocat, John Fred Schlafly, l'activiste aux valeurs ultra-conservatrices voyait d'un mauvais œil cet amendement. La raison ? Lors d'une interview donnée à la célèbre journaliste Barbra Walters en 1972, elle explique : "Cela retirera les privilèges que les femmes ont actuellement, comme celui, par exemple, d'avoir le droit de rester à la maison." Phyllis Schlafly ne supportait pas l'idée que des femmes puissent s'épanouir ailleurs qu'au sein de leur foyer familial.

    Découvrez l'interview réalisée par Barbara Walters, dans l'émission Today Show, en 1972, ci-dessous :

    Dès lors, l'opposante se fait entendre avec succès. De nombreuses et importantes manifestations sont organisées durant cette année-là. Parmi la foule, Phyllis Schlafly brandit ses pancartes et arbore un pin's sur lequel est écrit "STOP ERA". Par la suite, l'activiste va chercher du soutien du côté de certaines organisations religieuses et politiques. Ses efforts finissent par payer : les féministes en faveur de l'ERA paieront le prix de leur image, décrite comme "agressive", tandis que Phyllis Schlafly parviendra, grâce à ses alliances, à influencer les décisions de différents états. Seulement cinq d'entre eux ratifieront l’amendement. Un échec pour le combat des féministes. Fort de sa victoire, le mouvement STOP ERA se désintégrera. Quant à Phyllis Schlafly, elle préservera son statut de figure importante dans l'histoire de l'Amérique conservatrice.

    Découvrez la bande-annonce de la série "Mrs. America" :

    Mrs. America - Bande-Annonce VO

     

     

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    Commentaires
    • Seb
      Pas là pour cacher mais ça fait diversion on va dire .Et c'est plus facile (même si c'est déjà difficile) de faire bouger les choses au niveau des discriminations que de la lutte des classes ^^
    • Robert D
      Toute les grandes luttes contre les discriminations (racisme, homophobie etc etc) ne sont là que pour cacher l'existence des classes sociales. Il suffit de voir qui est à la tête de ces luttes pour comprendre. Un smic est un smic que tu sois noir, femme, homme ou pansexuel.
    • Seb
      Du coup c'est pareil homme/femme, le verdict étant que les problèmes de classe sont plus discriminants que les problèmes de genre ^^
    • Melnibonéen
      En même temps, sur le fait d'avoir le droit de rester à la maison sans travailler, elle n'avait pas tout à fait tort.Aujourd'hui, les femmes du prolétariat doivent obligatoirement travailler et souvent être caissières de supermarché, ouvrières, femmes de ménages, employées de bureau à des taches administratives sans intérêts. Question émancipation, ça se discute un peu.En revanche, les femmes de la bourgeoisie, elles, elles ont en effet pu avoir des postes beaucoup plus intéressants et émancipateurs.Je sais que je suis un peu caricatural, mais on a quand même un peu l'impression que c'est toujours les mêmes qui gagnent avec les révolutions sociétales.
    • chips493
      Elle n'a fait que retarder l'échéance.
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