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    Buffy sur Amazon Prime : pourquoi (re)découvrir cette série culte et féministe
    29 mai 2020 à 08:00
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    Série pour ados incontournable, "Buffy contre les vampires" continue de passionner les plus nostalgiques comme la nouvelle génération adepte des nouveaux usages multi-écrans. Inutile de résister à l'intégrale du show disponible sur Prime Video.

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    Programmée sur les écrans US entre mars 1997 et mai 2003, Buffy contre les vampires passionne toute une génération d'adolescents. Et les suivantes. Véritable référence dans le genre malgré quelques effets spéciaux datés, la série, multi-diffusée sur les chaînes du groupe M6, est désormais accessible dans son intégralité au catalogue du service Prime Video d'Amazon. Une belle opportunité de se (re)plonger dans les 144 épisodes pour (re)nouer avec l'Élue et son Scooby-Gang.

    Au-delà des apparences

    Avec un titre aussi insipide que Buffy contre les vampires, la série semble un divertissement destiné à des ados décérébrés. Evidemment, il n'en est rien. A ceux qui ont osé regardé au-delà des apparences, le show se révèle bien plus qu'une héroïne superficielle qui bastonne des vampires. En pourchassant les nombreux démons qu'attire la petite ville de Sunnydale, les protagonistes affrontent en réalité les épreuves de l'adolescence. Sous couvert de monstres répugnants, les personnages font face aux angoisses de bon nombre de jeunes, permettant d'aborder bien des problématiques sociétales. Le premier amour devient menaçant et la première expérience sexuelle très douloureuse. De la quête d'identité à la découverte de soi, le harcèlement, le viol ou la dépendance à la drogue, Buffy contre les vampires met en exergue la souffrance chez ces jeunes adultes en devenir. 

    Joss Whedon aux commandes

    Après une tentative ratée en 1992 avec un film (Buffy, tueuse de vampires) porté par Kristy Swanson, Joss Whedon revoit sa copie. Fort de son expérience sur Toy Story et  Alien, la résurrection, ce grand fan de comics se lance dans une version télévisée de Buffy et développe toute une mythologie (le Buffyverse) autour de la Bouche de l'Enfer et de sa Tueuse chargée de combattre les forces du Mal. Le succès est cette fois assuré et lui permet de se faire un nom à Hollywood. En 2012, la réalisation du premier Avengers regroupant les plus grands super-héros de la franchise Marvel lui est confiée. L'impact de Buffy contre les vampires dans les mémoires est tel qu'un projet de reboot est à l'étude pour redonner vie à cette figure féminine qui était alors en avance sur son temps.

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    Vive le Girl Power !

    Maîtresse dans l'art du maniement du pieu, haches et autres arbalètes, Buffy Summers devient très vite l'une des figures de proue du Girl Power. Joss Whedon ose dans les années 1990 confier le rôle principal de son show à une femme. Et pas n'importe laquelle. Cette jeune blonde (en apparence) ingénue impose son style avec des répliques acerbes, une force incroyable et des ressources insoupçonnées. Des atouts généralement réservés aux hommes. L'héroïne, interprétée durant pas moins de sept ans par Sarah Michelle Gellar, s'inscrit dans une époque durant laquelle les personnages féminins prennent de l'épaisseur. En témoignent des programmes comme XenaDark Angel ou encore Ally McBeal, lesquels dressent le portrait de femmes fortes, libérées et indépendantes. Toutes ont ouvert la voie aux icônes féministes des séries actuelles.

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    Un casting de choix

    L'Élue, immortalisée par Sarah Michelle Gellar, est soutenue tout au long de la série par une bande d'indispensables amis. Très attachants, Alex, Willow, Anya et même Spike se révéleront de précieux alliés pour contrecarrer les plans des méchants. Si la plupart des acteurs restent marqués à jamais par la série de Joss Whedon, d'autres ont pu se distinguer ailleurs. David Boreanaz, l'interprète du vampire maudit avec une âme, a eu droit à son propre spin-off, Angel, avant de partager l'affiche de Bones et SEAL TeamAlyson Hannigan change de registre avec la série des American Pie et la sitcom How I Met Your Mother. Enfin et surtout, Buffy contre les vampires a vu débuter bon nombre de comédiens. Parmi eux, vous pourrez reconnaître Charlie Weber (Murder), Rachel Bilson (Newport Beach), Nathan Fillion (Castle), Angela Sarafyan (Westworld), Wentworth Miller (Prison Break), Pedro Pascal (The Mandalorian) et Amy Adams (Man of Steel).

    Ces futures stars ont commencé dans Buffy... et on l'avait complètement oublié !

    Des épisodes incontournables

    Au cours des 7 saisons de Buffy contre les vampires, Joss Whedon a pu se faire plaisir en usant d'astuces narratives et d'effets de mise en scène pour concocter quelques-uns des meilleurs épisodes de la série. Dans "Un silence de mort", au cours de la saison 4, les personnages - privés de la parole - découvrent qu'il est possible de s'exprimer de différentes façons... et qu'inversement les mots peuvent manquer dans d'embarrassantes situations. Exempt de musique d'ambiance, "Orphelines", dans la saison 5, souligne la douleur de l'héroïne confrontée au deuil. L'épisode musical "Que le spectacle commence !", lors de la saison 6, pousse les personnages à partager des sentiments refoulés en chanson. Et "À la dérive" aurait pu faire office d'épisode de conclusion de la série tant il est ingénieux. Droguée à son insu, l'héroïne est amenée à penser que les folles aventures de Buffy Summers sont le fruit de son esprit perturbé et qu'elle est depuis le début enfermée dans un asile psychiatrique. Rêve ou réalité ? Enfin, "Tabula Rasa" est un épisode de comédie qui intervient comme une respiration au cours d'une saison extrêmement sombre et pesante. Les personnages, amnésiques à la suite d'un sort, oublient leurs conflits et offrent quelques séquences cocasses.

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    Référence de la pop culture

    Créée en premier lieu pour casser les codes du slasher avec la jolie damoiselle en détresse, Buffy contre les vampires devient une référence de la culture populaire et révolutionne le petit écran. Sous le charme, le public peut s'identifier aux personnages attachants. Bon nombre de séries fantastiques et de SF voient dès lors le jour (Roswell, Charmed, Supernatural, The Vampire Diaries...). Le ténébreux vampire maudit transforme ces créatures immortelles assoiffées de sang en objets de désir pour les adolescentes. Après le départ de David Boreanaz pour le lancement du spin-off Angel en 1999, l'équipe créative relève le défi de proposer un vampire tout aussi charismatique - mais plus rebelle - avec Spike, incarné par James Marsters. La série frappe fort en introduisant également un méchant emblématique (le Maître, le Maire, Gloria ou la Force) qui tient en haleine les téléspectateurs tout au long d'une saison. Et d'une saison à l'autre, le show gagne en maturité, permettant d'explorer des sujets plus difficiles, d'introduire un couple lesbien, d'adopter un ton résolument sombre et de développer jusqu'au bout le sujet de l'émancipation de la femme.

    Étudiée et décryptée dans de multiples universités américaines, Buffy contre les vampires a marqué l’histoire de la télévision et traversé les époques. Que vous faut-il d'autre pour ne pas passer à côté ?

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    Toutes les séries à voir en mai sur Amazon Prime Video.

    Toutes les séries Originals à voir sur Amazon.

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    Commentaires
    • Kurobator
      Sociologiquement parlant, on désigne de patriarcat tout système où l'homme exerce un pouvoir de supériorité (d'ordre social, politique ou religieux) sur la femme. La misogynie peut autant être individuelle et institutionnelle qu'elle peut s’inscrire dans un contexte d’oppression patriarcal. Et je n'ai pas choisi de prendre l'exemple de la critique des institutions religieuses dans Buffy au hasard.D'ailleurs, pour en revenir à la série, je te cite mot pour mot Joss Whedon qui a régulièrement évoqué de lui-même la représentation du patriarcat à travers les vampires, le conseil des Observateurs, les Gentlemen, le Maire, Caleb (la liste est sans fin)... Clairement, parmi les nombreux degrés de lecture qu'on peut trouver dans Buffy, il y a récurremment l'analogie d'une lutte contre le patriarcat.
    • Ashen One (The AO)
      Le patriarcat c'est la société basée sur le système familial traditionnel, à savoir un couple qui fait des enfants à qui on transmet le nom du père et le patrimoine familial, ça s'oppose au système matriarcal où les hommes sont indifférenciés, où les enfants sont élevés par le groupe, où il n'y a pas de structure familiale à proprement parler donc pas de transmission. La misogynie n'a rien à voir avec tout ça
    • Kurobator
      Simplement prôner le féminisme c'est dénoncer l'oppression du patriarcat. Rien que le personnage de Caleb en saison 7 est une critique évidente du patriarcat et de la misogynie à travers les institutions religieuses selon Whedon. Je te cite cet exemple dans le rush parce que c'est le premier qui me vient, mais il y en a constamment tout le long de la série et des plus flagrants encore.
    • Kurobator
      La photographie grisâtre et sans contraste des couleurs c'est propre à tout le MCU, je met plutôt ça sur le compte des impératifs du studio que la faute de Whedon. Mais pour le coup, je parlais juste de mise en scène en fait. Sa vie conjugale le regarde franchement, le milieu hollywoodien c'est particulier dans le rapport homme/femme, mais je comprend pas qu'on discrédite la pertinence du travail d'un auteur en se basant sur du gossip, osef franchement.Age of Ultron a eu une prod chaotique à cause de Marvel Studios qui réquisitionnait une partie majeure du staff en plein tournage et qui a amputé plusieurs arcs narratifs du film. Pas étonnant que Whedon ait quitté le MCU après ça (même si on parle actuellement d'un éventuel retour). Malgré les conditions déplorables dans lesquelles il a dû taffer pour AoU, je trouve qu'il livre un blockbuster franchement correcte, au-dessus des films des Russo en terme de réal et d'écriture des personnages (il a une bonne maitrise des plan-séquences et de l'iconisation de ses protagonistes). On rappelle que Whedon avait jamais fait de blockbuster avant Avengers, et n'avait réalisé qu'un seul film (Serenity) dix ans plus tôt. Ce qui ne lui a pas empêché de débarquer dans le game en défonçant tous les yes men du MCU. Ses deux Avengers proposent une analogie intéressante de l'antiautoriatisme, qui plus est.JL c'est même pas la peine de l'évoquer. On sait ce qui se passait chez DC Films à ce moment là, ça n'a pas de sens d'inculper Whedon. C'est Snyder lui-même qui l'a convaincu de reprendre le bébé sauf que Joss a été autant muselé par la Warner que son compère. Au final, la MoustacheCut n'est pas plus son film que celui de Snyder. Ce n'est pas pour rien que Whedon a ensuite délaissé son projet Batgirl au même titre qu'il l'avait fait pour Wonder Woman une décennie plus tôt, il était conscient qu'il n'aurait pas de liberté créative.Whedon, si on le résume pas qu'à ce qu'on veut voir, c'est pas de l'explicite, c'est de la double-lecture, du symbolisme et du sous-texte. Tout passe par la métaphore parce qu'il a de l'estime pour l'intelligence de son public. Que ce soit ses scènes dramatiques, d'action ou d'humour, c'est une maitrise du dialogue shakespearien, des inspirations des oeuvres de Bradbury, du discours existentialiste, de la référence méta... On lui doit beaucoup de choses dans le rapport qu'on a vis-à-vis de la fiction aujourd'hui dans la culture populaire, il a révolutionné un certain nombre de choses à Holywood et c'est devenu lamba de s'inspirer de son travail. Tu as trouvé la formulation juste avec beaucoup imité mais jamais égalé.En général, ceux qui essayent de le discréditer sont juste des néophytes de sa carrière qui le résument à Marvel / DC et une tueuse de vampires cheap sans avoir la moindre notion de qui est concrètement Joss Whedon, ce qu'il a accompli, ce que sont ses oeuvres ou sa philosophie. J'ai déjà dialogué avec plusieurs de ses haters et c'est compliqué de leur donner un minimum de crédit tant ils ont à chaque fois une connaissance lamentable de leur sujet... Et non, je doute qu'il ait perdu la main.
    • andiran23
      Je dirais que son principal défaut en tant que réal' c'est d'avoir choisi une photo particulièrement plate pour le premier The Avengers. Sinon, oui, il est capable d'être très bon, c'est juste pas sa force principale. Et puis c'est devenu cool de lui cracher dessus depuis qu'Age of Ultron a déçu certains, et que beaucoup l'ont blâmé lui tout seul pour Justice League. Y'en a qui essaient de lui coller une réputation de gars creepy, alors que la seule chose qu'on sait c'est qu'il a trompé sa femme, y'a aucun témoignage à charge ou quoi, je trouve ça assez ridicule. J'ai vu quasiment tout ce qu'il a fait, et pour moi, c'est surtout qu'il a beaucoup été imité mais jamais égalé. Après, il a ptêt perdu la main, je sais pas, j'ai pas l'impression pour le moment, on verra avec sa série pour HBO !
    • Kurobator
      Il est, à juste titre, encore considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs épisodes de l'histoire de la télévision et le plus étudié dans les universités américaines avec Restless, Hush, Once More With Feeling (que des épisodes écrits et réalisés par Whedon)... On dit souvent que Joss est meilleur scénariste que metteur en scène mais, même si ce n'est pas du cinéma, The Body prouve tout de même qu'il est loin d'être un manche derrière la caméra...
    • Kurobator
      Je comprend son désarroi. J'ai eu le malheur de découvrir The Body sur 6ter hier. Même si cela m'arrange qu'ils proposent la VO sur la TNT depuis le remaster, j'étais outré de constater à quel point tout le travail visuel de la série, et de cet épisode précis proche du chef d'oeuvre, était dénigré. Comme si le fait que le groupe M6 coupe et censure des scènes clés (morts de personnages importants, scènes gores ET la scène du viol quoi) ne suffisait pas.
    • Kurobator
      Il y a sans arrêt une dénonciation du patriarcat évidente dans Buffy, qui ne se résume pas qu'à l'héroïne mais via l'écriture de la plupart des personnages, féminins comme masculins. Je ne vois pas comment on peut passer à côté de ça.Écrire un protagoniste typique des jeunes femmes d'il y a vingt ans pour mieux coller à la réalité tout en lui faisant constamment défier le système et en lui donnant une vocation christique et tout ce que cela engendre, c'est volontaire et c'est précisémment du féminisme.Joss Whedon ne s'est jamais caché des valeurs féministes qu'il injectait dans ses oeuvres, bien au contraire. Il le fait juste de manière naturelle en comprenant qu'un personnage féminin fort réaliste ne correspond pas à une guerrière badass 100% du temps mais à une héroïne qui embrasse sa féminité et ses émotions tout en exercant son pouvoir et sa force.Effectivement, on peut constater une régression en 2020 puisque visiblement certains associent le féminisme à une oeuvre que lorsque celle-ci base son discours sur des motifs commerciaux et des personnages utopiques mal écrits et bourrins. Cela dit, je déteste qu'on ne résume la série qu'à ça tant elle est riche de beaucoup d'autres choses.
    • Plaza13
      un personnage féminin simplement/naturellement bien ancré dans son époque devient féministe en 2020...Si certain le pense sérieusement aujourd'hui, cela voudrait dire qu'il y a eu régression en 20 ans, non ? et donc de la part de qui ?En effet, en collant une étiquette féministe a une héroïne de série représentant pleinement les jeunes femmes d'il y a 20 ans (attitude, personnalité, caractère, mode vestimentaire, rapport homme/femme etc etc)...bref ! la normalité des 90's.Ben, si cette vision de Buffy en tant que féministe est bien réelle par la génération actuelle, cela démontrerait plus un soucis actuel que par le passé.
    • Kurobator
      Bisous, au plaisir.
    • meiyo
      Bon ça suffit au revoir.
    • Kurobator
      Le relaunch n'implique pas plus le rapport à la continuité que le reboot. Le seul terme anglophone qui désigne catégoriquement une réitération d'un canon déjà établi d'une oeuvre c'est le retcon.Mais tout ça ce sont juste des termes évolutifs que les internautes se réapproprient et n'ont que le sens qu'internet leur donne, sinon leur définition linguistique littérale. Veux-tu aussi débattre de la forme de la Terre ou c'est bon pour toi ?
    • Kurobator
      Bien sûr puisque ce n'est pas incompatible. On parle souvent de soft-reboot lorsque la continuité est maintenue, comme le cas présent, et de full-reboot lorsque celle-ci est réitérée.Ce qui prouve bien qu'à part son sens littéral de redémarrage, le terme n'est pas fixé à un cas spécifique mais prend le sens que les médias et les internautes lui donnent. Comme pour le cas de Buffy pour lequel tu t'es permis d'être catégorique sans prendre la peine de te renseigner un minimum.
    • meiyo
      Ce n'est pas le bon terme qui est relauch.
    • meiyo
      Dans ce cas, ce n'est pas un reboot mais une suite aussi.
    • Alexandre Q.
      Il passe son temps à faire ça... Et à chaque fois il se fait remettre en place XD
    • TofVW
      Donc si on te demande de définir Buffy en quelques mots, tu vas répondre C'est une série féministe?Moi j'aurais dit que c'est une série fantastique, avant tout. Mais je ne suis peut-être pas assez moderne.
    • Kurobator
      Je décris la définition même du reboot dans ce contexte précis. Preuve en est, le reboot de Buffy se poursuivra dans la continuité des deux séries précédentes. Tu ne réagis qu'à des apprioris.
    • meiyo
      Ce que vous décrivez n'est pas un reboot. Je n'ai réagi qu'au terme.
    • Kurobator
      Pour une simple annonce donc. Reboot est simplement utilisé pour parler d'une relance de la franchise, sans contexte ça ne dit rien de plus et ne définit pas l'ambition du projet.
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