Notez des films
Mon AlloCiné
    La Guerre des mondes de Spielberg : avez-vous vraiment compris la fin ?
    Par Maximilien Pierrette (@maxp26) — 6 juil. 2020 à 18:15
    FBwhatsapp facebook Tweet

    Faites-vous partie de ceux qui jugent que la fin de "La Guerre des Mondes" de Steven Spielberg, sorti il y a 15 ans, est un peu trop belle ? Si oui, savez-vous qu'il existe deux façons de l'interpréter ?

    United International Pictures (UIP)

    Quelques jours seulement après les États-Unis, La Guerre des Mondes éclate dans nos salles le 6 juillet 2005, et marque la deuxième collaboration entre Steven Spielberg et Tom Cruise après Minority Report. Toujours dans le domaine de la science-fiction avec une adaptation, non plus de Philip K. Dick mais du classique signé H.G. Wells en 1898. A l'époque, l'auteur britannique s'était servi de cette histoire d'invasion de la Terre par les extra-terrestres comme d'une métaphore des peurs de l'Angleterre victorienne. Un siècle plus tard, le réalisateur de Jurassic Park s'intéresse quant à lui au traumatisme du 11-Septembre, encore vivace dans l'esprit de ses compatriotes et dont il reprend l'imagerie (des gens qui courent en ligne droite vers la caméra pour échapper à un nuage de poussière notamment) lors du premier masscre commis par les envahisseurs.

    Une séquence parmi les plus marquantes de l'été ciné 2005 (et du début du XXIe siècle dans son ensemble), dont La Guerre des Mondes a été l'un des champions avec ses 603,9 millions de dollars de recettes mondiales, qui lui ont permis de devancer Batman BeginsMadagascar ou encore Mr. & Mrs. Smith, et de terminer sa course derrière Star Wars - Episode III. Outre le public, le long métrage a aussi séduit les critiques (4,2 étoiles sur 5 sur AlloCiné, 73 sur 100 sur Metacritic), même si deux éléments lui sont régulièrement reprochés : son dénouement un peu précipité, que Steven Spielberg a lui-même avoué regretter dans la série documentaire Story of Science Fiction de James Cameron ; et ce happy end où le personnage principal joué par Tom Cruise arrive avec sa fille chez son ex-femme et ses beaux-parents (joués, pour l'anecdote, par Gene Barry et Ann Robinson, héros de l'adaptation de 1953), et voit réapparaître son fils, qui semble sortir de nulle part alors qu'il semblait être mort au combat peu de temps auparavant.

    United International Pictures (UIP)
    Ray Ferrier (Tom Cruise) a-t-il eu une vision ?

    Mais est-ce vraiment le cas ? Ne s'agirait-il pas plutôt d'une hallucination de Ray Ferrier, à la fin d'un film qui insiste plus d'une fois sur l'importance du regard ? La mise en scène peut en effet le laisser penser : après un gros plan sur le visage (et, donc, le regard) de Tom Cruise, Robbie (Justin Chatwin) entre dans le cadre de l'image suivante tel une apparition, sans qu'on ne le voie explicitement sortir de la maison de ses grands-parents, et n'a d'interaction avec aucun des personnages présents, à l'exception de son père, qu'il étreint pendant de longues secondes. Le sourire que leur adresse Mary Ann Ferrier (Miranda Otto) peut certes semer le doute, mais rien ne dit que celui-ci soit lié aux retrouvailles entre son ex-mari et son fils qui n'est alors jamais dans le même cadre qu'elle. Car ce final semble vraiment trop beau pour être vrai. Comme celui de Minority Report, où John Anderton est libéré de sa prison, parvient à confondre celui qui a cherché à le faire tomber et finit par mener une vie idyllique après avoir renoué avec son épouse, qui attend désormais un enfant.

    En apparence seulement. Car au moment d'emprisonner le personnage principal du film, son geôlier (Tim Blake Nelson) lui vante les mérites de ce lieu dans lequel "Tous tes rêves se réalisent". De là à penser que le dernier acte de Minority Report est en réalité un songe de son héros, il n'y a qu'un pas que Steven Spielberg a en partie franchi en reconnaissant que la fin pouvait se lire de plusieurs manières, alors que beaucoup ont remarqué que le grain de la photo change après l'arrivée de John en prison, comme si la réalité était altérée. Et tout porte à croire que le réalisateur et Tom Cruise ont refait le même coup au moment de s'attaquer à La Guerre des Mondes, avec un happy end de façade que l'on imagine destiné à rassurer les financiers de ces opus à gros budget (102 millions de dollars pour le premier, 132 pour le second), mais derrière lequel se cache un dénouement plus sombre et plus en phase avec la volonté de se pencher sur les plaies béantes de l'Amérique de l'après-11-Septembre.

    Outre cet ancrage dans l'actualité par le biais de la science-fiction et cette ambiguïté finale, La Guerre des Mondes fait ainsi écho à Minority Report sur le plan thématique à plusieurs reprises, et notamment lorsque les deux opus se muent en drame sur l'échec d'un père responsable de la disparition de son fils. Avec, dans un cas comme dans l'autre, l'importance de la notion de regard : c'est lorsqu'il échappe au sien que l'enfant de John Anderton disparaît à la piscine, alors que celui de Ray Ferrier, que l'on pensait mort, semble réapparaître à travers ses yeux. A moins qu'il ne s'agisse de la réalité, et Steven Spielberg choisi de laisser la porte ouverte, pour permettre à chacun de pencher pour une version ou pour l'autre, selon que l'on est optimiste ou pessimiste, donnant ainsi plus de profondeur à un blockbuster qui fête ses 15 ans en cet été 2020.

    Avez-vous remarqué ces détails cachés dans le film ?

    Aviez-vous remarqué ? La Guerre des mondes
    FBwhatsapp facebook Tweet
    Commentaires
    • Flamme-010
      Capillotracté. Le scénario a simplement suivi la fin du roman de H.G.Wells, où le héros retrouve sa femme. Le couple vit heureux alors que les aliens meurent contaminés par les bactéries. The End.
    • cyril b.
      ça mort lui est même reproché au moment ou il ce fait casqué
    • cyril b.
      ou tout comme le bouquin sortie il y a environ 100 ans ^^
    • cyril b.
      Troisième règle : si c'est votre première journée sur allociné, vous devez être censuré !
    • Kurosawa
      Très grand film dont la fin n'est évidemment en aucun cas heureuse.
    • tueurnain
      Et mon post a été censuré 2 fois, je remet:même chose, allociné le site roi de la censure!
    • demencia
      Un com supprimé ??? ce n'est pas dans les habitudes de ce site !!
    • demencia
      Les neuneux comme moi y voient un simple divertissement ( dont on connait l'histoire par coeur )! les plus intelligents et intello visionnent immédiatement une critique sociale , un colonialisme exacerbé , une horrible invasion politicarde ....à chacun ses héros , c'est selon , on n'aura pas la même approche si on regarde ce film dans un canapé Chesterfield ou sur une chaise de camping !!!! L.O.L !
    • D85
      pareil...politiques de libre expression zéro surtout que j'ai simplement dit après mon raisonnement j'ai aussi pu allociné comme l'auteur de l'article.. Bien la tolérance zéro pour recevoir une critique pour un site qui se considère comme un des tout grand dans ce domaine.
    • meiyo
      En même temps, crétin est injurieux pour eux. J'ai eu la satisfaction il y a quelques années de faire fermer son clapet à l'un d'entre eux qui avait eu l'outrecuidance de m'envoyer un e-mail après une critique au vitriol de la politique de programmation de TF1. Calmement je lui ai rappelé qu'on ne pouvait sanctionner les propos que s'il revêtaient un caractère injurieux ou diffamatoire. Je n'ai jamais eu de réponse.
    • meiyo
      Je pense détenir le record de commentaires effacés avec 14 censurés parce que j'avais osé dire que les Mystères de l'Amour était une daube. J'ai depuis entrepris une mesure radicale pour mettre un terme à cette politique aussi intolérante qu'intolérable. Je n'en dis pas pas plus pour des raisons évidentes mais sachez tous que si ça marche, vous le saurez dans un avenir pas très lointain.
    • b@z66
      Ce que j'ai le plus adoré dans cet article, c'est l'expression outre le public qui m'a bien fait rigolé. Surtout que contrairement à la note des critiques issus des différents journaux, le rédacteur de cet article s'est bien dispensé de rappeller cette note du public sur Allociné. Tout simplement, parce que cette note est de 3,2 . En gros, c'est une note assez médiocre qui avait été attribué par le public à ce film. Le public s'était donc montré largement plus critique que les véritables critiques qui avaient dû s'arrêter au nom du réalisateur pour pondre leur note. Un véritable cas d'école de suivisme intellectuel ou de sponsoring déguisé, selon le point de vue.
    • PSEUDO
      Oui j'ai compris la fin du film; l'auteur de l'article lui par contre ne l'a pas comprit.
    • tueurnain
      Oui mais non, pas crédible, c'est juste 2 happy end comme Spielberg les aime...
    • loryah
      Cela me semble aussi un peu capilo-tracté.
    • Abdul Alhazred
      Oui il me semble aussi. Après on peut toujours se dire qu'il a lui aussi imaginé cette mort dans son rêve, mais ça commencerais à être vraiment tiré par les cheveux.
    • Adam B.
      Deuxième règle : Ne jamais critiquer AlloCiné !
    • Marty C.
      c'est tout sauf nul mdr
    • Matthieu Dewaere
      C'est nul comme théorie.
    • Plaza13
      ouais, c'est pas inception non plus...lol(un film limpide quand on a 2 neurones connectés)
    Voir les commentaires
    Back to Top