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    Stateless sur Netflix : que vaut ce drame bouleversant de Cate Blanchett inspiré d'une histoire vraie ?
    Par Mégane Choquet — 8 juil. 2020 à 10:00
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    Inspirée d'une terrible histoire vraie, Stateless est une mini-série australienne qui s'attaque à la politique d'immigration du pays à travers les parcours de quatre personnages. Ce drame cocréé par Cate Blanchett mérite-t-il le coup d’œil ?

    Ben King/Netflix
    DE QUOI ÇA PARLE ?

    Quatre étrangers se retrouvent coincés dans un centre de détention pour immigrés australien. Chaque personnage aborde les contradictions de la protection et du contrôle des frontières de son point de vue.

    La mini-série Stateless est disponible sur Netflix. 6 épisodes vus sur 6.

    ÇA RESSEMBLE À QUOI ?
    Stateless - saison 1 Bande-annonce VOST

     

    C’EST AVEC QUI ?

    Stateless peut se targuer d’avoir un casting d’exception avec des talents bien connus des sériephiles, notamment Yvonne Strahovski (The Handmaid’s Tale), Dominic West (The Wire, The Affair), Fayssal Bazzi (Mr. Inbetween), Asher Keddie (Offspring) mais aussi Jai Courtney (Spartacus). La cocréatrice de la série, Cate Blanchett, y tient également un rôle aussi froid et troublant que son personnage dans Mrs. America. Au reste du casting, on retrouve également Rachel House, Kate BoxClarence Ryan et Claude Jabbour.

    ÇA VAUT LE COUP D’ŒIL ?

    Les mini-séries inspirées d’histoires vraies disponibles sur Netflix riment souvent avec petits bijoux et la nouvelle acquisition de la plateforme américaine ne fait pas exception. Cocréée par Cate Blanchett avec Tony Ayres et Elise McCredieStateless est basée sur l’incroyable et traumatisante expérience de Cornelia Rau, une résidente permanente australienne souffrant de troubles mentaux qui a été illégalement emprisonnée dans un centre de détention d’immigrants. De cette affaire, qui a fait grand bruit, en a résulté une enquête gouvernementale sur les politiques d’immigration déplorables du pays. De graves manquements ont été constatés et l'urgence d'une réforme s'est fait ressentir. La série fait le choix de suivre quatre personnages aux parcours différents, tous inspirés de véritables histoires, dont celui de Cornelia ici appelée Sofie (Yvonne Strahovski).

    On adopte également les points de vue d’Ameer (Fayssal Bazzi), un réfugié afghan qui tente de rejoindre l’Australie avec sa famille, Cameron (Jai Courtney), qui accepte un job de gardien dans le centre de détention pour subvenir aux besoins de sa famille, et Clare (Asher Keddie), en charge de l’immigration qui tente de faire régner l’ordre dans le centre Barton. Grâce à cette multitude de points de vue pertinents, Stateless ne tombe pas dans le manichéisme et réussit à critiquer la politique d’immigration du gouvernement australien avec sincérité et justesse tout en livrant un bouleversant et douloureux récit sur une humanité bafouée et des êtres en proie à l’injustice. Les nombreux flashbacks permettent de mieux comprendre les parcours de chaque personnage qui atterrissent malgré eux à Barton, un centre de détention pour immigrants à l’organisation désastreuse avec une hiérarchie qui fait pression sur ses employés et qui fait face à des protestations d’activistes et de défenseurs des droits de l’homme.

    Ben King/Netflix

    L'immersion dans ce lieu, symptomatique d’une politique désastreuse, est étouffante et provoque un bouleversement chez chacun des protagonistes. Sofie réalise peu à peu les souffrances du passé et l’influence néfaste et terrifiante d’un couple de gourous incarné à merveille par Cate Blanchett et Dominic West. Malgré ses convictions et son désir de liberté, Ameer doit faire des sacrifices impardonnables pour protéger sa famille et obtenir un visa. Cameron et Clare sont quant à eux deux être humains broyés par le système répressif et sombrent peu à peu dans des comportements nocifs pour les autres et pour eux-mêmes. Il est difficile de ne pas être profondément touché par Stateless, qui n’est pas forcément tire-larmes mais qui traite d’une thématique importante, mise en lumière avec sensibilité et force par une équipe de scénaristes et de réalisatrices remarquable.

    Outre son sujet très fort et plus que jamais d'actualité, Stateless repose aussi sur un casting extrêmement solide. Yvonne Strahovski laisse exulter toute la puissance de son talent dramatique, parfois trop retenu dans The Handmaid’s Tale et bouleverse dans ce rôle de femme démunie, perdue et malade que l’on a trop souvent maltraitée mentalement et physiquement. L’actrice australienne tient là l’un de ses meilleurs rôles. Fayssal Bazzi, Jai Courtney et Asher Keddie incarnent avec beaucoup d'âme et de justesse leurs personnages respectifs et portent le récit sur leurs épaules. Avec une très belle photographie et une mise en scène efficace, Stateless s’inscrit donc dans la belle et grandissante lignée des mini-séries de qualité disponibles sur Netflix et inspirées d’histoire vraie après les bouleversantes et percutantes UnbelievableDans leur regard ou plus récemment Unorthodox.

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