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    Demain nous appartient : Joubert va-t-il avouer ? Guillaume Beauregard tease la fin de l'intrigue Prédateur [EXCLU]
    Jérémie Dunand
    Jérémie Dunand
    -Chef de rubrique télé / Journaliste
    Passionné de séries en tous genres, mais aussi d'horreur et de teen movies, Jérémie Dunand a été biberonné aux séries ados et aux slashers des années 90, de Buffy à Scream, en passant par Dawson. Chef de rubrique télé, il écrit aujourd'hui principalement sur les séries et unitaires français.

    Alors que l'arche "Prédateur" de "Demain nous appartient" se termine ce soir sur TF1, Guillaume Beauregard, l'interprète du violeur Quentin Joubert, a répondu à nos questions sur cette intrigue choc et nous en a teasé le dénouement "surprenant".

    Capture d'écran/TF1

    AlloCiné : Vous incarnez Quentin Joubert, le prédateur sexuel responsable des agressions d'Amanda, Marianne, et Morgane, dans Demain nous appartient. Comment êtes-vous arrivé dans cette aventure ?

    Guillaume Beauregard : Ça s'est fait par casting, avec plusieurs rebondissements. J'ai passé plusieurs castings auparavant pour Demain nous appartient, deux ou trois je crois, et ça n'avait pas collé. Et puis là en fait la directrice de casting m'a appelé en me disant "Je vais re-proposer tes derniers essais pour un nouveau personnage, Quentin Joubert, et je te tiens au courant". Et cette fois-ci c'était la bonne. Donc finalement je n'ai pas passé de casting pour ce rôle-là précisément. Ça s'est fait de rebondissement en rebondissement.

    Pour ceux qui vous ont découvert dans le rôle de Quentin Joubert, pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours avant Demain nous appartient ?

    Un peu avant Demain nous appartient j'ai joué dans la série de TF1 Pour Sarah. Mais je n'ai pas partagé de scènes avec Clément Rémiens, même s'il jouait bien évidemment dans la série. J'ai aussi tourné dans Engrenages pour Canal+. Et puis avant ça j'ai joué dans La guerre des trônes, dans plusieurs courts métrages de fiction, et aussi dans un long métrage il y a quelques années sur la vie de Tony Curtis, où je jouais un de ses amis d'enfance. C'est les grandes lignes de mon parcours de comédien jusqu'à présent. Jusqu'au moment où je reviens sur TF1, après Pour Sarah, de manière plus "imposante" on va dire (rires).

    Qu’est-ce qui vous a plu dans cette arche de Demain nous appartient et dans ce rôle ? Est-ce que c'était l'idée même d’incarner un personnage aussi manipulateur et trouble que Joubert ?

    Tout à fait. J'ai adoré la proposition et c'est pour ça qu'au final quand je repensais aux précédents castings que j'avais passés pour Demain nous appartient, je me disais que c'était des rôles qui étaient intéressants, mais pas autant que celui de Quentin. Car avec ce personnage il y avait beaucoup à faire. Et en tant qu'acteur c'est super. Même s'il peut y avoir des scènes très difficile à tourner, comme les scènes de viol, et tout ce qui caractérise le personnage qui est lourd à porter, je préfère vraiment interpréter ce genre de personnages. Et puis c'était un vrai challenge. À la fois personnel mais aussi au niveau de l'équipe car il ne fallait pas créer une tension sur le plateau, où on se regarde de travers avec les autres acteurs et la différence entre le rôle et la réalité n'est pas vraiment bien faite. C'était compliqué, il fallait faire attention. Mais d'un autre côté, quand on est à l'écran il faut quand même donner ce qui est demandé par les auteurs et les réalisateurs. Donc le double travail était hyper intéressant et j'ai pris beaucoup de plaisir à jouer ce personnage très complexe.

    Et se dire qu’on sensibilise les téléspectateurs aux violences faites aux femmes à travers cette intrigue, ça doit aussi être une motivation pour un comédien lorsqu’on s’engage sur un tel rôle, non ?

    Bien sûr, c'est une intrigue très importante. Au début je discutais avec d'autres acteurs qui me disaient qu'il y avait des fans qui ne faisaient pas vraiment la distinction entre la fiction et la réalité. On m'avait prévenu, vu le rôle que j'avais, qu'il ne fallait pas que je sois surpris si sur les réseaux sociaux je recevais des messages de haine. Voire même dans la rue si j'avais droit à des remarques désobligeantes de téléspectateurs. Et en fin de compte j'ai été très agréablement surpris car c'est exactement l'inverse qui s'est produit. Je n'ai eu que des retours de personnes qui ont fait la distinction et m'ont dit "On vous déteste à l'écran, vous nous sortez par les yeux, mais en tant qu'acteur c'est super. On vous déteste mais quelle performance d'acteur". Donc ça, ça m'a fait énormément plaisir car j'avais un peu peur des retours du public.

    Et puis oui, comme vous le disiez, c'était aussi un moyen de faire passer des messages sur un thème très fort, plus que jamais d'actualité. Je pense notamment aux violences conjugales, dont le nombre a malheureusement explosé durant le confinement. Et c'est également un sujet auquel j'ai été confronté car avant d'être acteur j'étais danseur professionnel. Et je donnais des cours dans des centres pénitentiaires. Et notamment un centre qui était spécialisé dans les affaires de mœurs donc j'ai déjà été en contact avec ces gens-là. Et ce qui m'a plu dans le rôle de Quentin Joubert c'est qu'il n'était pas un personnage type. Quand j'ai eu le rôle, plusieurs personnes m'ont dit "Tu n'as pas une tête de violeur". Et je leur ai répondu "Oui, mais justement, pour en avoir vu en prison, il n'y a pas de tête de violeur". J'en ai déjà rencontré qui étaient souriants. Avec qui au bout de dix minutes on aurait pu avoir envie de prendre un café. Donc je trouvais très intéressant au niveau du rôle que les auteurs n'aient pas pris un archétype. Au début on trompe les téléspectateurs et j'avais plein de messages sur les réseaux sociaux qui débattaient du sujet. "Mais non, ça ne peut pas être lui le prédateur, il n'a pas une tête de violeur". Les préjugés étaient là et c'était intéressant de mettre fin à ça dans une fiction grand public comme Demain nous appartient. Dire "Non, il n'y a pas de tête de violeur type et ça peut être n'importe qui finalement".

    Capture d'écran/TF1

    Comment avez-vous travaillé la psychologie du personnage ? Est-ce que dans votre tête vous vous êtes imaginé son passé notamment ?

    À la base je me suis appuyé sur le scénario, mais en tant qu'acteur il y avait des choses que je n'ai pas trouvé dans le scénario. Je suis donc allé poser des questions à la production. Mais puisque c'était sur le tournage je n'ai pas pu parler avec les personnes en charge des premières versions du scénario et on m'a dit "On ne peut pas vraiment te répondre, on n'a pas tous les élements". Donc j'ai essayé de nourrir le rôle au maximum de mon côté. Notamment l'explication de pourquoi Quentin Joubert en arrive là. C'est le genre de choses où personnellement j'avais besoin de plus d'éléments donc j'ai "créé" ça de mon côté et ça m'a beaucoup servi. Même quand Quentin ne parle pas, au niveau de l'énergie de mon regard. Je pense notamment à la scène qui est passée vendredi dernier, où Quentin arrive au Spoon et Amanda lui plante le tesson de bouteille dans l'abdomen. Le regard que lui jette Quentin, c'est quelque chose que j'ai passé beaucoup de temps à travailler. Il fallait qu'il y ait suffisamment de choses qui se dégagent pour qu'on se dise "Wow, il y a vraiment un problème avec ce mec". On voit dans son regard qu'il y a quelque chose qui n'est pas sain chez lui.

    Vous parliez tout à l'heure de la scène du viol d'Amanda. Avant l'introduction à proprement parler de Quentin, c'est déjà vous qui étiez sous la cagoule du violeur durant les séquences d'agression d'Amanda, de Marianne, et de Morgane ?

    À chaque fois c'était moi oui. Même quand on voyait juste ses mains. L'idée c'était vraiment que j'incarne ce personnage du début à la fin de l'intrigue.

    Vous avez eu de nombreuses scènes pas évidentes à jouer. Est-ce qu’il y en a une que vous retenez comme particulièrement difficile à tourner ?

    D'un point de vue technique, je dirais la scène avec Marie Catrix, parce que là pour le coup on avait une partie cascades et ça nous a demandé beaucoup de répétitions. Pour que ce soit juste, qu'on ne se fasse pas mal, et que ça s'enchaîne bien à l'écran.

    Mais sur l'aspect plus psychologique, c'est sans aucun doute la scène de viol avec Marion Christmann qui a été la plus difficile. C'était une de mes toutes premières scènes, lors de mon premier ou deuxième jour de tournage. On n'a pas eu beaucoup de temps pour se préparer. On s'était tout de même appelé avant avec Marion et on avait décidé de se voir la veille au soir pour manger ensemble, histoire de ne pas débarquer sur le plateau en se disant juste "Bonjour, enchanté" avant de se lancer dans cette scène compliquée. Et une fois sur le plateau, tout est allé très vite. Le réalisateur nous a laissé un peu carte blanche, en nous disant "Allez-y, surprenez-nous" (rires). Et on s'en est plutôt bien sortis Marion et moi je trouve. Mais c'était par moments assez compliqué. Notamment d'un point de vue technique, lorsque j'ai dû refaire certaines scènes sans Marion. Des gros plans où l'autre n'est pas là. On trouve parfois les minutes un peu longue, ce n'est pas très glorieux en tant qu'acteur (rires). D'avoir des scènes de va et vient avec un pouf ou avec un coussin. Mais le plus dur était au début, ça a commencé fort. Et ensuite ça s'est un peu calmé.

    L’intrigue se termine en cette fin de semaine. Qu’est-ce que vous pouvez dire sur ce qui attend Quentin dans le dernier épisode diifusé ce soir ? On imagine que tout l’enjeu pour la police va être de le faire avouer ?

    Oui, ce que j'ai trouvé très intéressant c'est qu'on ne voit pas venir le dénouement. Bon, peut-être que je peux me tromper et que les gens vont voir venir le truc, mais moi je me suis laissé avoir. La manière dont Quentin passe aux aveux n'est pas prévisible. C'est assez surprenant. On n'est pas sur des aveux classiques simplement face à la police. C'était très intéressant à jouer, ça rajoutait un peu de surprise. Jusqu'à la toute fin de cette intrigue.

    Capture d'écran/TF1

    Cette dernière scène avec Marion Christmann, Luce Mouchel, et Marie Catrix, que les téléspectateurs vont découvrir ce soir, est très forte. C'est une belle fin...

    Oui, c'est vrai. Le personnage d'Amanda a été détruit par ce viol, et au fur et à mesure ces trois femmes se sont unies, se sont soudées, pour essayer de reprendre le dessus, pour avancer et faire front. Et au final l'union fait la force. Elles sont toutes les trois face à leur agresseur. Et on sent bien qu'elles retrouvent une certaine force ensemble. C'était fort à tourner et c'est fort à l'image je trouve.

    Comme d'autres comédiens de la série, dont Marion Christmann, vous avez posté de nombreuses photos des coulisses du tournage de cette intrigue sur les réseaux sociaux. L’ambiance avait l’air très bonne avec vos partenaires de jeu. Selon vous, c’est essentiel de pouvoir désamorcer avec un peu d'humour entre les scènes quand on tourne une intrigue si forte et si dramatique ?

    C'est hyper important. En tant qu'acteur, le souci qu'on peut avoir c'est de "ramener un bout du travail chez nous". C'est-à-dire qu'on quitte le plateau et on garde certaines émotions, ou un bout de la scène, avec nous. Et on continue d'y penser le soir à la maison. Quand c'est des choses positives c'est super, ça peut donner la banane. Mais quand c'est des scènes comme celles de cette intrigue, qui sont compliquées, ça peut clairement nous plomber le moral et être négatif. Mais là, sur Demain nous appartient, il avait une super ambiance, car les photos que vous avez vues reflètent bien la réalité. Quand on tournait des scènes difficiles ça ne plaisantait pas, mais en dehors on s'amusait bien, on rigolait beaucoup. On était toujours tous très content d'avoir bien bossé, prêts à rattaquer le lendemain. Ça a vraiment été une super aventure. L'organisation sur cette série est vraiment incroyable. Je suis encore surpris aujourd'hui en me disant "Qui arrive à faire tourner cette machine ?" (rires). Et les comédiens sont tous hyper accueillants. Tout comme l'équipe technique. C'est peut-être le côté "Sète", l'esprit du Sud qui fait que les gens sont très cool, je ne sais pas. Mais j'ai vraiment été très bien accueilli par tout le monde et c'est extrêmement appréciable.

    On a parfois recroisé certains personnages en prison. Est-ce que ça vous plairait de revenir le temps d’une apparition dans un futur épisode de Demain nous appartient ?

    J'adorerais, ce serait génial. De voir un peu les dessous de Quentin Joubert et de son histoire. Car même si on le voit tomber à la fin de l'intrigue, c'est rapide. Ce serait donc très intéressant de voir l'après-arrestation. Ou le procès de Quentin, mais je ne suis pas certain que les auteurs aient envie de continuer l'histoire de Quentin en prison. Moi j'aimerais bien en tant que comédien, mais du point de vue de l'intrigue, ou même de la chaîne, je ne suis pas sûr qu'il y ait une envie de continuer à nourrir ça. Il y a eu un prédateur sexuel à Sète, oui, mais maintenant cette intrigue me parait terminée. Quentin est en prison. Maintenant je pense que ce qui est intéressant c'est de s'intéresser à ces femmes et à leur reconstruction. Ce serait plus positif à voir pour le public. Même si je pense que le procès de Quentin, ou une exploration des raisons qui l'ont poussé à commettre ces viols, pourraient être très intéressants.

    Quels sont vos projets à venir après cette participation à Demain nous appartient ?

    Dans l'immédiat rien n'est validé donc tant que ce n'est pas signé je préfère ne pas en parler. Mais j'ai des projets que j'espère voir se concrétiser bientôt.

    Propos recueillis le 8 juillet 2020 par téléphone.

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