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    Les Blagues de Toto : rencontre avec Guillaume de Tonquédec et Gavril Dartevelle
    Par Vincent Formica — 5 août 2020 à 10:00
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    La comédie familiale Les Blagues de Toto débarque en salles ! Pour l'occasion, AlloCiné a rencontré son interprète principal, Gavril Dartevelle, et celui qui joue son père dans le film, Guillaume de Tonquédec.

    AlloCiné : Quelle a été votre 1ère réaction quand on vous dit qu'un film sur Les Blagues de Toto allait se faire ? Vous étiez sceptique au départ sur le concept ?

    Gavril Dartevelle : Au début, les gens peuvent se dire que le film sera basé sur des blagues qui s'enchaînent, comme la BD. Mais ce n'est pas du tout ça, il y a vraiment une histoire.

    Guillaume de Tonquédec : J'avais assez peur au départ, je me demandais si le scénario allait être une suite de blagues, une sorte de best-of... cela aurait été très ennuyeux. Mais ce qui m'a beaucoup plu, c'est l'histoire de ce petit garçon, superbement interprété par Gavril, inadapté au système scolaire. Pour survivre dans ce monde, il s'évade dans son imaginaire et fait des conneries pour plaire à ses copains, ses amoureuses. J'ai trouvé ça très touchant, ça m'a parlé.

    L'école est pas forcément quelque chose de normal et d'évident et avoir cette envie d'évasion, j'ai trouvé que c'était une très belle idée. J'ai aussi aimé l'idée que ce petit garçon qui passe son temps à faire des conneries, on l'accuse de la seule connerie qu'il n'ait pas faite. Cela l'oblige à se défendre et j'ai trouvé ça beau.

    Les Blagues de Toto
    Les Blagues de Toto
    Sortie le 5 août 2020 | 1h 24min
    De Pascal Bourdiaux
    Avec Gavril Dartevelle, Guillaume De Tonquédec, Anne Marivin, Ramzy Bedia, Daniel Prévost
    Presse
    3,2
    Spectateurs
    1,7
    Séances

    Gavril, c'est ton premier rôle principal dans un film au cinéma, comment tu t'es retrouvé sur le projet ?

    GD : J'ai passé le casting en vidéo car j'étais en vacances. J'ai envoyé la vidéo au réalisateur Pascal Bourdiaux. Il m'a rappelé pour passer la suite du casting en compagnie de Simon Faliu qui joue Igor dans le film. J'ai été pris puis on a fait des répétitions avant le tournage.

    Tu connaissais Guillaume de Tonquédec avant de travailler avec lui ?

    GD : Je le connaissais oui...

    GDT : On a tout de suite déconné en fait. Ça s'est très bien passé car Gavril est hyper naturel. En plus, c'est un immense sportif. Là vous interviewez un grand comédien, mais bientôt il va jouer au PSG, c'est un excellent joueur de foot (rires). C'est très difficile d'inventer des liens parent/enfant, je me posais des questions, je me disais, comment va faire Gavril pour faire croire à cette histoire ?

    Quand on est comédien professionnel, on sait comment gérer tout ça mais quand on débute, c'est plus compliqué. Gavril s'est emparé de ça avec beaucoup d'espièglerie et de légèreté apparente et il a rendu le travail très facile.

    Comment on gère le stress, le trac sur un plateau quand on est un ado comme toi ?

    GD : Le premier jour j'étais stressé mais l'équipe m'a vraiment mis en confiance, ça m'a apaisé. Guillaume m'a vraiment mis en confiance surtout, il me confiait qu'il était aussi stressé pour son premier tournage. Après je me suis lâché.

    GDT : Ah, j'ai été sympa avec toi ?

    GD : Grave !

    GDT : C'est cool !

    Marcello Mastroianni disait : "Ne jouez jamais avec des enfants ou des animaux, ils vont vous piquer la vedette."

    Guillaume, tu as beaucoup tourné avec des enfants, entre Fais pas ci fais pas ça et tes derniers films, Place des victoires et L'esprit de famille, est-ce qu'il y a une méthode différente avec tes partenaires adultes au niveau du jeu ?

    GDT : Marcello Mastroianni disait : "Ne jouez jamais avec des enfants ou des animaux, ils vont vous piquer la vedette." Il avait bien raison. Quand les enfants sont justes, quand ils sont dedans, ils sont inégalables. On a vraiment intérêt à être bons. Il faut qu'on se souvienne de notre propre enfance pour garder notre instinct. Un enfant, quand il est juste, ce qui est le cas de Gavril, c'est tellement fort que c'est imparable.

    C'est une école d'humilité, on a intérêt à se mettre à la hauteur de l'enfant car il ne triche pas, il faut suivre. Gavril court vite sur un terrain mais aussi sur un plateau de cinéma et il fallait que j'essaye d'être aussi bon que lui. Sans blagues, de Toto si j'ose dire, il faut retrouver cet été de fraîcheur et d'inventivité qu'ont les enfants et qui est l'instinct premier de l'acteur.

    GD : Il faut prendre possession du rôle tout en restant naturel.

    Le costume vous aide-t-il à entrer dans vos personnages ?

    GD : Franchement oui ! Toto par exemple est habillé avec des couleurs vives, ça rajoute une couche à sa personnalité de petit rigolo.

    GDT : Si le costume est juste, il n'y a plus qu'à dire les mots, c'est Philippe Noiret qui disait ça... je parle que d'acteurs qui sont morts et que Gavril ne connaît pas (rires). C'est très important l'étape du costume car si on est bien dedans, il prend vie en même temps que notre personnage. J'adore les essayages costumes, quand on a enfin trouvé le bon, c'est une révélation.

    Sur Toto, ce n'est pas parce que c'est une comédie familiale, qu'il faut que ce soit moche. Il y a un vrai univers esthétique. Pascal Bourdiaux a fait des choix très précis dans les couleurs des décors, des costumes, sur la lumière... On entre un peu dans le film comme dans un conte et c'est très agréable à regarder aussi de ce point de vue là.

    Toto n'est pas un cancre selon moi, il est intelligent mais il fait exprès de sortir toutes ces blagues, de jouer le rôle du cancre.

    Gavril, est-ce que ta personnalité est proche de celle de Toto ?

    GD : À l'école, je suis plutôt bon élève... mais Toto n'est pas un cancre selon moi, il est intelligent mais il fait exprès de sortir toutes ces blagues, de jouer le rôle du cancre. Je me suis vraiment retrouvé dans Toto.

    GDT : Tu fais des conneries à l'école ?

    GD : Un peu... (rires).

    Et toi Guillaume, quel genre d'élève étais-tu ?

    GDT : J'étais super timide ! C'est pour ça que je suis jaloux de la décontraction de Gavril. J'étais maladivement timide et si on pouvait ne pas me regarder, ça m'arrangeait vraiment beaucoup. J'essayais d'être bon élève mais j'avais beaucoup de mal avec l'orthographe, la grammaire.

    Toute l'école élémentaire a été un cauchemar pour moi. J'ai été sauvé par le théâtre qui a débarqué dans ma vie et j'ai tout réappris en classe de 3ème. Mais toute l'enfance, ça a été l'enfer. Du coup le personnage me touche aussi pour ça car il est inadapté au système scolaire, c'est la très jolie idée du scénario.

    La BD a joué un rôle dans la construction de vos personnages ?

    GDT : L'intérêt de la BD, c'est qu'il y a une proposition d'incarnation déjà, les personnages existent en dessins. Mais nous sommes vraiment partis du scénario, pas de la BD.

    GD : Toto était à la fois malin comme dans la BD mais aussi attachant comme dans le scénario.

    Vous aimez la BD en général sinon ?

    GD : J'adore la BD et je lis d'ailleurs Les Blagues de Toto. Je dessinais même des blagues de Toto moi-même.

    GDT : Ah bon ? Il fallait que ce soit toi alors (rires). Je lisais beaucoup de BD quand j'étais petit, Picsou, Donald... j'adore tous les Astérix & Obélix, Tintin, Lucky Luke... moi qui avais du mal à lire justement, l'intérêt de la BD, c'est qu'il ya le dessin comme support. Il propose des choses, des émotions... et il n'y a pas trop de texte, c'était parfait pour moi.

    Le texte est précis, on ne peut pas tout changer. Mais de temps en temps, on peut donner notre avis sur des mots.

    La comédie, on improvise ou c'est au millimètre, on suit le texte ?

    GD : Le texte est précis, on ne peut pas tout changer. Mais de temps en temps, on peut donner notre avis sur des mots. Par exemple, pour des enfants, certains mots n'auraient jamais été employés dans la vraie vie. Le réalisateur était d'accord pour changer ces mots pour que ce soit plus naturel mais sinon on restait sur le texte.

    GDT : C'est un vrai acteur professionnel. Le respect du texte et de la mise en scène (rires). Il faut amener de la vie, de la justesse. Si une chose ne collait pas, il fallait qu'il la change pour se la réapproprier. Et c'est ce qui marche bien aussi dans le film, c'est sa bande de copains, c'est une des réussites du film.

    D'ailleurs, comment ça s'est passé avec tes camarades acteurs ?

    GD : On s'est vus une fois pour apprendre à se connaître puis on est ensuite partis tous ensemble dans la Drôme. On était très impatients de se mettre au tournage ! On est restés super potes. Sur le tournage, on était tout le temps ensemble, on jouait ensemble, on mangeait ensemble, on faisait tout ensemble.

    GDT : C'est vrai qu'ils continuent à se voir, pas comme nous les comédiens professionnels, on se déteste tous dans le métier, on le sait bien (rires). Ils sont vraiment devenus potes, c'est trop touchant.

    GD : Toi aussi, t'es mon pote !

    GDT : Mais oui, on se suit sur Instagram !

    Gavril, une petite blague de Toto pour terminer ?

    GD : Toto arrive chez l'épicier en pleurant. Le vendeur lui demande pourquoi il pleure. Toto répond qu'il n'a pas d'argent pour acheter une salade. Touché, l'épicier lui donne quand même la salade. Mais Toto continue de pleurer.

    -"Mais pourquoi tu pleures encore Toto ?" 

    -"Ben, vous m'avez pas rendu la monnaire !" (rires)

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