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    Décès de John Frankenheimer
    8 juil. 2002 à 00:50
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    Réalisateur de "Un crime dans la tête" et de "Ronin", John Frankenheimer a été emporté par une attaque cérébrale ce samedi 6 juillet. Il avait 72 ans.

    Le cinéaste John Frankenheimer, figure emblématique du cinéma d'action américain, s'est éteint ce samedi 6 juillet à l'âge de 72 ans. Hospitalisé à l'hôpital Cedars-Sinai de Los Angeles pour une opération aux vertèbres, il a été emporté par une attaque cérébrale. A la fois homme d'action et observateur de la société, il lègue au septième art de nombreux films qui ont le rare privilège de combler les cinéphiles et de rencontrer les faveurs du grand public.

    John Frankenheimer et la télévision

    Né en 1930 à New York, John Frankenheimer se passionne pour le cinéma à partir de 1951, alors qu'il effectue son service militaire dans les forces aériennes des Etats-Unis. Il y réalise plusieurs documentaires. Démobilisé, il devient assistant metteur en scène de télévision pour la CBS à New York. John Frankenheimer dirige alors plus de 125 dramatiques et est considéré comme l'un des fondateurs de l'âge d'or de la télévision américaine.

    Le maître de la "politique-fiction"

    Influencé par la mise en scène télévisuelle, ce dernier passe au cinéma et se fait remarquer en 1957 avec le drame Mon père cet étranger. Le Temps du châtiment (1962) marque sa première collaboration avec l'acteur Burt Lancaster. John Frankenheimer et lui tourneront quatre autres films ensemble : Le Prisonnier d'Alcatraz (id.), un film profondément humaniste sur l'univers pénitentiaire ; Sept jours en mai (1964) ; Le Train (id.), qui raconte le sauvetage mouvementé de tableaux volés par les nazis à destination de l'Allemagne ; et Les Parachutistes arrivent (1969).

    Dès lors, un thème récurrent se dégage de l'oeuvre du réalisateur : la transformation de l'homme dans l'adversité. Les très nerveux Un Crime dans la tête (1962) avec Frank Sinatra et Janet Leigh, Sept jours en mai (1964) et L' Opération diabolique (1966) marquent également l'apparition d'un nouveau genre cinématographique baptisé "politique-fiction". Ces trois films ont un retentissement considérable en pleine période de Guerre Froide.

    Entre superproductions et films intimistes

    Une fois installé en Europe, John Frankenheimer alternent les superproductions spectaculaires (Grand Prix (1966), Les Cavaliers (1970)) et les oeuvres plus intimistes (L'Homme de Kiev (1968) ; Le Pays de la violence (1970)). Rencontrant quelques échecs commerciaux dont le plus cuisant reste Les Parachutistes arrivent, le cinéaste trouve un second souffle dans les années soixante-dix avec des films d'action tels que French Connection 2 (1975), tourné à Marseille, et Black Sunday (1977).

    Dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, John Frankenheimer enchaîne, dans le même registre, des longs métrages de plus ou moins bonne facture : Paiement cash (1986), un film noir violent et virtuose, Dead Bang (1989) avec Don Johnson, L'année de plomb (1991) sur les années de plomb en Italie, L'Ile du docteur Moreau (1996), Ronin (1998) avec Robert De Niro et Jean Reno, et Piège fatal (2000) avec Ben Affleck. Chargé de réaliser Exorcist : Dominion cette année (prequel de L'Exorciste avec Liam Neeson), John Frankenheimer avait préféré abandonner le tournage de ce projet afin de se remettre pleinement d'une première opération aux vertèbres.

    Guillaume Martin
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    Commentaires
    • kool_wild
      John Franheimer était un des très grands cinéastes américains, pas assez reconnu (à mon gout). Qu'il réalise Bmlockbuster ou film plus intimiste, il avait une patte, un style, chose que beaucoup de cinéastes actuels confondent avec des tics. L'équipe Allociné a néanmoins oublié son meilleur film, le plus intransigeant et le plus personnel : SECONDS avec Rock Hudson (1966), film qui fut amputé de 17 minutes à sa sortie et dont la ressortie en 1996 fut présentée en version restaurée. Il fit dire à John Frankenheimer qu'il ne présenterait plus aucun de se films dans des festivals, SECONDS ayant été refusé par le festival de cannes par la seule présence de Rock Hudson au générique.Surréaliste, cauchemardesque, désorientant....Du générique de Saul Bass à l'utilisation révolutionnaire de la caméra (Gerard Kargl et Gaspard Noe n'ont rien inventé, loin de là) à la une narration disjonctée jusqu'à une des fins les plus traumatisantes que le cinéma ait jamais connu, SECONDS est une pierre d'angle de la carrière de John Frankenheimer. So long, John.
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